DROGUISTAN - Partie 1 - chapitre 1/33
Il s'avance au milieu des détritus, à la recherche de nourriture. Des rues voisines lui parviennent les hurlements des junkies en manque, le fracas des voitures qui s'emboutissent, les pleurs des enfants trop jeunes pour comprendre ce qui se passe. Depuis des mois, les habitants se traînent abrutis de misère, en silence, dans la peur de se faire planter pour un bout de pain ou quelques euros.
Ils ont cru à la révolution, un instant. Ils ont cru que ça allait changer. Et puis non.
Lui n'a pas peur. Il est trop vieux. Vingt fois par jour, il se demande pourquoi il s'entête. Il vit comme un rat qui aurait perdu jusqu'à l'agressivité. Un rat qui n'en finit plus de crever. Oui, pourquoi ? Il faut croire que c'est la vie elle-même qui résiste et s'accroche. Comme un arbre martyrisé à la hache et qui s'obstine à faire des rejets.
C'est un centimètre carré de couleur qui le fait se pencher au milieu de la crasse grisâtre. Il tire avec prudence pour dégager l'affiche d'un tas de déchets.
Il la tient devant lui. Un simple morceau de papier, délavé, déchiré par endroits. Le portrait d'un bel homme d'une trentaine d'années, un air de bad boy en costume, sans cravate ; le premier bouton de sa chemise ouverte. Les mains sont soudées, le poing gauche dans la main droite, comme si l'un venait de taper dans l'autre. On sent le dur, le mâle alpha. Il vous regarde droit dans les yeux et il vous sourit. Un sourire peut-être pas bienveillant, mais protecteur. Rassurant. Un sourire qui dit : Avec moi, vous n'aurez pas peur. Vous pourrez traverser la ville entière sans craindre les ombres derrière vous. Le genre de type qu'on a envie de suivre, sans poser de question, dans un monde si pourri qu'on n'y regarde pas sa propre mère sans défiance.
Oui, il a déjà vu cette affiche. Mais ça remonte à loin.
C’est ce sourire dominateur qui l'engrène. Pas le slogan, qu'il ne comprend pas, parce qu'il est hors circuit depuis trop longtemps :
Pour une nation pure comme le Dragon.
Votez Ridge Tahgui.
Ils ont cru à la révolution, un instant. Ils ont cru que ça allait changer. Et puis non.
Lui n'a pas peur. Il est trop vieux. Vingt fois par jour, il se demande pourquoi il s'entête. Il vit comme un rat qui aurait perdu jusqu'à l'agressivité. Un rat qui n'en finit plus de crever. Oui, pourquoi ? Il faut croire que c'est la vie elle-même qui résiste et s'accroche. Comme un arbre martyrisé à la hache et qui s'obstine à faire des rejets.
C'est un centimètre carré de couleur qui le fait se pencher au milieu de la crasse grisâtre. Il tire avec prudence pour dégager l'affiche d'un tas de déchets.
Il la tient devant lui. Un simple morceau de papier, délavé, déchiré par endroits. Le portrait d'un bel homme d'une trentaine d'années, un air de bad boy en costume, sans cravate ; le premier bouton de sa chemise ouverte. Les mains sont soudées, le poing gauche dans la main droite, comme si l'un venait de taper dans l'autre. On sent le dur, le mâle alpha. Il vous regarde droit dans les yeux et il vous sourit. Un sourire peut-être pas bienveillant, mais protecteur. Rassurant. Un sourire qui dit : Avec moi, vous n'aurez pas peur. Vous pourrez traverser la ville entière sans craindre les ombres derrière vous. Le genre de type qu'on a envie de suivre, sans poser de question, dans un monde si pourri qu'on n'y regarde pas sa propre mère sans défiance.
Oui, il a déjà vu cette affiche. Mais ça remonte à loin.
C’est ce sourire dominateur qui l'engrène. Pas le slogan, qu'il ne comprend pas, parce qu'il est hors circuit depuis trop longtemps :
Pour une nation pure comme le Dragon.
Votez Ridge Tahgui.