Rubriques
- Droguistan :
- Série à quatre mains de Nino St Felix et Laetitia Giudicelli. Univers dystopique. Pouvoir. Endoctrinement.
Textes :
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DROGUISTAN - 1.1 - Votez Ridge
par
Nino St Félix, Laetitia Giudicelli
Droguistan est le tout premier chapitre d’une bonne grosse série. Le décor est posé sans détour : un pays ravagé, saturé de déchets, de cris, de peur. Dans ce monde à la dérive, un homme tombe sur une affiche électorale, celle de Ridge Tahgui, sourire dominateur et promesse nationaliste parfumée de menace déguisée. Un début qui pose l’atmosphère sans en dévoiler trop. On imagine tout de suite une dystopie poisseuse, bien crado. Le rythme, plutôt linéaire, est efficace, mais reste sage. Pas de faux pas, pas de coup d’éclat non plus. On attend donc la suite. Prochain épisode : vendredi -
DROGUISTAN - 1.2 - Baiser la France
par
Nino St Félix, Laetitia Giudicelli
Droguistan nous plonge dans un quartier dégradé, entre épiceries désertes et trottoirs crasseux. On suit Ridge et Imane qui refourguent leur came à un gamin des rues. L’atmosphère violente est tendue et nous jette dans la misère sociale. Le passage bascule ensuite dans le discours politique, imposant loyauté et contrôle des jeunes recrues. L’écriture est immersive, presque cinématographique, mais le mélange d’éléments (drogue, politique, enjeux) peut perdre le lecteur si le contexte global n’est pas clair. On aimerait plus de précision sur les personnages et le monde dans lequel ils évoluent. À suivre… -
DROGUISTAN - 1.3 - Mère Teresa avance
par
Nino St Félix, Laetitia Giudicelli
France, 2034. Dans un pays au bord de l’effondrement moral et social, Ridge Tahgui, ancien prisonnier reconverti en travailleur social puis mafieux, s’apprête à prendre le pouvoir. Le récit suit Violette, journaliste déterminée, qui observe la société transformée par l’influence du « Dragon » – un univers où la drogue est omniprésente et où la corruption est l’instrument d’un pouvoir assumé. Violette s’engage alors dans une lutte pour empêcher l’élection de Tahgui. -
DROGUISTAN - 1.4 - Heil, meine Drache
par
Nino St Félix, Laetitia Giudicelli
Ce chapitre monte en puissance et nous révèle l’envers du décor. Ridge s’impose comme un prédateur froid et sans scrupules. Kalach, grotesque et servile, est l’incarnation parfaite du tyran. Les phrases cognent, les dialogues claquent comme des coups de trique, entre lyrisme noir et vulgarité brute. La victoire de ne se discute pas, elle s’impose aux hommes faibles. La porte se referme, et le pouvoir est déjà, à portée de main. -
DROGUISTAN - 1.5 - NBA
par
Nino St Félix, Laetitia Giudicelli
Droguistan la bonne grosse série de Nino et Laetitia. Mauvaise idée de commencer au chapitre 5. J’ai d’abord râlé : trop de monde, pas assez d’action, des détails qui m’énervent pour rien. J’ai même chanté Aznavour, c’est dire. Puis quelque chose s’est posé. Pas une intrigue, pas un événement, un type porté par le bruit, le pouvoir, la foule, déjà cerné : La geste épique de Ridge, roi des Champs-Élysées et des selfies au sommet d’une 406 blindée ; on sent l’ombre d’un James Dean de supermarché et la poésie d’un manuel de marketing politique. Les dialogues, entre menaces voilées, tutoiements et compliments présidentiels, sont un festival d’autocongratulation qui ferait pâlir un manuel de leadership douteux. Au final, il me reste une chose qui accroche vraiment : les trois dernières lignes. Après ça, j'attends la suite. -
DROGUISTAN - 1.6 - Interview sexclusive
par
Nino St Félix, Laetitia Giudicelli
En France, en 2034, le journaliste expérimenté Thomas Sotto se retrouve confronté à une situation déroutante : une rencontre avec Ridge, un personnage politique charismatique et controversé, dans le bureau du président. Il incarne à la fois le pouvoir, la provocation et une France marquée par l’instabilité, l’égoïsme et la violence. Dans ce récit, Thomas observe les interactions entre Ridge et sa directrice de cabinet Imane Rimani, ainsi qu’avec Violette, journaliste de la Zone, un média indépendant. Les thèmes récurrents à l’univers reviennent sur la table : conception du pouvoir, société, domination… -
DROGUISTAN - 1.7 - Gant de kevlar
par
Nino St Félix, Laetitia Giudicelli
On touche ici à la faille principale de la gestion administrative de la Zone, où la répartition des tâches est si bancale que je me retrouve à chroniquer ce septième chapitre sans avoir lu les précédents, condamné à me faire spoiler la gueule par paresse de fouiller des archives que j'ai la flemme de consulter. Bon, je me lance quand même. On assiste à une collision frontale entre analyse macroéconomique de PMU avec des traumatismes de douches carcérales dignes du prochain bouquin de Sarkozy, le tout restitué dans un film d'action roumain où l'Élysée se retrouverait dans le 93 en tournante dans ta cave. Et à sa tête un gouvernement de repris de justesse. Si l'avenir ressemble un jour à Droguistan, le suicide collectif reste encore l'option la plus subtile. -
DROGUISTAN - 1.8 - Le Roisident
par
Nino St Félix, Laetitia Giudicelli
En 2034, la France bascule après l’élection de Philippe de Villiers, devenu un « Roisident » à la dérive monarchique et autoritaire. La première année ressemble à une comédie monarchique sous anxiolytiques, jusqu’au moment où le vieillard tente de réinventer la Justice du Roi et casse l’État comme on casse un jouet. La machine judiciaire se grippe, l’économie souterraine prospère, les banlieues flambent et l’anarchie s’installe. Un attentat au Tour de France achève de retourner l’opinion, pendant que le pouvoir s’enfonce dans la répression et le délire verbal. Dans ce chaos émerge le Dragon, drogue et symbole de la révolte, indissociable de Ridge, désormais désirée et redoutée de tous. -
DROGUISTAN - 1.9 - Tiré de la fange
par
Nino St Félix, Laetitia Giudicelli
Puisque la méthodologie actuelle de la Zone distribue toujours les textes au hasard et que je refuse de me spoiler le début, je passe pour un imbécile fini en m’obstinant à croire que l'enjeu crucial de ce récit de 2034 réside dans l'incapacité tragique d'un certain "Moustache Kalach" à se faire pousser trois poils sur le menton. Je m'excuse pour la gêne occasionnée, mais avec mon cerveau ramolli, j'ai pris ce portrait de "grand chambellan" pour un traité de dermatologie sur le duvet prépubère, m'imaginant bêtement que le destin du Droguistan basculerait à cause d'une absence de mousse à raser. Je suis sincèrement désolé de réduire cette épopée balzacienne à une bête histoire d'hormones en grève. -
DROGUISTAN - 1.10 - Tartiner du beurre
par
Nino St Félix, Laetitia Giudicelli
Voici un nouvel épisode de Droguistan, ce cloaque littéraire où l'on patauge avec une complaisance malsaine dans la fange d'une France en décomposition. On s'apprête à suivre les pérégrinations de ce déchet humain nommé Ferenc à travers une suite d'ignominies où la puanteur des cuves à compost ne sera qu'un doux parfum face à la noirceur des âmes qu'il s'apprête à croiser. L'intrigue va probablement s'enfoncer encore plus bas, là où la dignité n'est qu'un lointain souvenir et où chaque rencontre promet une nouvelle forme de souillure physique ou morale, juste pour le plaisir de nous étaler la misère au visage. -
DROGUISTAN - 1.11 - Des pines asiatiques
par
Nino St Félix, Laetitia Giudicelli
Kalach, son pouvoir et ses sphincters retrouvent Imane dans un décor politico-dystopique où tout — le corps, le fric, la politique, la came — patauge dans la même boue. Le monde est posé vite, sans mode d’emploi, et ça fait confiance au lecteur, ce qui est plutôt agréable. La toile de fond politique sert surtout à parler de contrôle et, surtout, de perte de contrôle. Kalach fonctionne bien : dégueulasse, puissant, ridicule, mais crédible. Il fait presque pitié sans jamais devenir attachant, et c’est cohérent. Imane arrive comme un contrepoint propre, froid, maîtrisé, et elle casse la dynamique juste ce qu’il faut. Le texte passe beaucoup par le corps : odeurs, ventre, tensions, honte physique, et ça rend tout très concret. Les Dragons marchent bien comme symbole du pouvoir total… qui reste toujours fragile. L’humour est noir, sale, assumé, pas là pour être sympa. On sent que l’objectif n’est pas de choquer gratuitement, mais de montrer un monde où absolument rien n’est sain. Le style, lui, reste propre, lisible, maîtrisé. Ça avance bien, ça n’en fait pas des tonnes, ça alterne narration et dialogue sans lourdeur. Les images sont frontales mais globalement utiles, pas juste posées pour faire “trash”. L’intention est claire : tout est pourri, du sommet de l’État jusqu’aux tripes. Ce n’est pas forcément révolutionnaire dans la provocation, mais c’est tenu du début à la fin. Et au final, malgré le sujet crasseux, ça glisse tout seul. Ça se lit bien. -
DROGUISTAN - 1.12 - Feu, Cardiff
par
Nino St Félix, Laetitia Giudicelli
Cette France de 2034 n'est qu'un cadavre en décomposition où des psychopathes shootés au Dragon s'amusent à jouer aux soldats dans un snuff movie de luxe validé par des énarques puceaux. L'horreur s'y déploie avec une banalité crasse, transformant l'exécution d'une femme et l'ombre d'un gosse en de simples interférences techniques au milieu d'une géopolitique de bas étage. Imane, cette "tueuse en jarretelles" aux mains sales, n'est que le symptôme pathétique d'un monde qui a remplacé l'espoir par le surin, cherchant vainement à noyer ses traumatismes d'enfance dans le sang de ses semblables. On en ressort avec une envie de douche acide, car ce récit ne propose aucune rédemption, seulement le bruit lancinant des jouets qui s'écrasent sous les bottes de barbares qui n'ont même plus le mérite de la folie. -
DROGUISTAN - 1.13 - Gros loir poilu
par
Nino St Félix, Laetitia Giudicelli
On savoure cette vision d'une France 2034 où la mégalomanie présidentielle transforme une vulgaire baston familiale pour de l'argenterie en une grande théorie mystique sur le don souverain. Le dialogue entre Ridge et Violette cultive avec un sérieux presque touchant les codes du thriller viriliste, mêlant érotisme de balcon et philosophie de super-prédateur. Une grande claque dans la gueule à ceux qui croient que la politique est un grand jeu d'échecs métaphysique alors qu'il s'agit manifestement d'une simple distribution de miettes en loucedé. -
DROGUISTAN - 1.14 - Une femme à terre
par
Nino St Félix, Laetitia Giudicelli
En France, en 2034, une manifestation bascule dans le chaos. Lucie, prise au cœur de la foule, comprend trop tard que les explosions ne viennent pas de groupes contestataires mais des forces de sécurité du Président. Gaz lacrymogènes, rues bouclées, sirènes et avions de chasse transforment la ville en piège. Emportée vers la place centrale, consciente que la répression va s’abattre là en premier, elle aperçoit les “Dragons”, soldats d’élite en armure noire, et se raccroche à l’illusion d’un salut. -
DROGUISTAN - 1.15 - La Purge
par
Nino St Félix, Laetitia Giudicelli
En 2034, Kalach, ministre loyal à Ridge et figure centrale du régime, défend devant l’Assemblée la loi « Justice du Dragon ». Le texte prévoit d’accorder aux consommateurs assermentés du Dragon un pouvoir de justice en cas d’état d’urgence, consolidant encore l’autorité présidentielle. Mais au cœur même de la majorité, la contestation éclate. Des députés refusent ce basculement autoritaire. Les échanges virent à l’affrontement, la séance dérape, et l’Assemblée bascule dans le chaos. -
DROGUISTAN - 1.16 - La Main qui nourrit
par
Nino St Félix, Laetitia Giudicelli
France, 2034. Violette, alias Corinne, se glisse dans l’usine du Dragon, entre drones vrombissants et néons blafards. Senek, le type aux dents manquantes, teste sa crédibilité et la balade à travers les cuves, bras mécaniques et palettes de comprimés. Partout, des jeunes en combinaison goûtent, étiquettent, mélangent, dans une chorégraphie clinique et un brin cruelle. Violette observe, note, calcule, tandis que la drogue circule, normalisée et omniprésente, et que le monde continue son chaos légal. Bienvenue au royaume du Dragon, où chacun joue sa partition, entre survie, mensonge et curiosité morbide.