In extremis

Le 19/02/2026
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par KORBUA
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Thèmes / Obscur / Tranches de vie
Un homme surnommé le Glaude vit reclus dans une bâtisse délabrée. Le récit déroule une journée ordinaire comme une chronique sèche et clinique, scandée par une ponctuation minimale et une syntaxe hachée. Le narrateur adopte une distance froide pour raconter des faits dérangeants produisant un malaise constant. La violence n’est jamais excessive stylistiquement, juste exposée comme un élément ordinaire du décor. Le lecteur assiste, impuissant, à une scène de domination brutale où le Glaude exerce un pouvoir total. La chute, torchée en quelques lignes, prolonge cette logique d’indifférence.
C'est l'histoire d'un quidam.. qui a sauvé sa peau in extremis..
Sur un site défensif.. un château médiéval en ruine..
Le Glaude habitait la petite maison attenante au château de plan carré.. du moins ce qu'il en restait.. quatre murs et une tour.. avec une brèche béante dans la façade sud.. parfois une pierre se détachait des murailles et tombait dans le jardin.. mais cet état de délabrement général ne semblait pas inquiéter le maître des lieux..
Le Glaude avait la cinquantaine.. hédoniste cultivé.. jouisseur invétéré.. décadent.. il était né riche.. avait hérité d'une grande entreprise familiale à la mort de son père.. sans parler des biens immobiliers.. mais il avait dépensé sans compter.. habitué à une vie oisive entretenue lors de longues études.. agrémentées de jolies filles.. de belles voitures.. ponctuées de voyages.. et de fêtes..
Finalement l'entreprise a été liquidée et tous les biens ont été vendus pour éponger les dettes.. le Glaude avait été obligé de travailler pour survivre.. c'est ainsi qu'il était devenu courtier en assurances.. un job qui lui allait bien car c'était un homme élégant.. toujours tiré à quatre épingles.. dans un costume sur mesure.. avec cravate assortie.. et des chaussures anglaises.. un vrai dandy qui achetait son eau de toilette favorite à Paris.. chez le parfumeur de Baudelaire..
L'intérieur de la petite maison accolée à la ruine était un cloaque où une chienne n'aurait pas retrouvée ses chiots.. des tas de vêtements élimés étaient remisés en vrac dans la chambre et le petit séjour.. parmi des objets insolites.. il y en avait jusque dans la cuisine où l'évier débordait de vaisselle sale.. et où la table encombrée de choses diverses servait de piste d'atterrissage aux mouches noires ou vertes.. mais le Glaude restait droit.. soigné.. indifférent au chaos qui se déroulait sous son toit..
Son mariage avec Aline avait été un échec.. Aline était une prof d'anglais bien plus jeune que lui.. idéaliste et naïve.. mais Aline était folle.. selon le Glaude.. elle a même essayé de l'écraser avec sa voiture quand elle est partie..
Ce matin là Le Glaude avait attaché sa femme.. peut-être à sa demande.. il avait noué ses poignets et chevilles avec une petite corde.. puis l'avait retournée sur le ventre.. la laissant ainsi captive.. offerte à son bon vouloir.. mais c'était jour de marché au village.. et le Glaude est allé faire les courses.. a rencontré des gens.. s'est attardé au café du Commerce.. a préféré déjeuner sur place.. suivi d'une petite marche digestive avec sa secrétaire.. une belle eurasienne qui ne s'en laissait pas compter..
La nuit tombait quand le Glaude est rentré chez lui.. Aline était toujours sur le lit.. ligotée depuis des heures.. alors le Glaude l'a sodomisée pour se satisfaire.. avant de la détacher.. mais il n'a pas compris pourquoi elle hurlait.. ni pourquoi elle brisait un vase Ming sur son crâne.. laissant une belle entaille sanglante.. peu après il est sorti dans le jardin.. un peu étourdi.. ce sont les phares de la voiture d'Aline qui l'ont alerté du danger quand elle a démarré.. le Glaude a eu le réflexe de se jeter à temps sur le côté.. ainsi il a sauvé sa peau.. in extremis..