La Zone
La Zone - Un peu de brute dans un monde de finesse
Publication de textes sombres, débiles, violents.
 
 
Menu

Voir les contributions

Cette section vous permet de consulter les contributions (messages, sujets et fichiers joints) d'un utilisateur. Vous ne pourrez voir que les contributions des zones auxquelles vous avez accès.

Voir les contributions Menu

Messages - Lindsay S

#1

En refermant la page du magasin virtuel du jeu, lorsque je reçois instantanément - ding - la confirmation par mail de mon achat, j'ai toujours cette impression de m'être fait arnaquer, quoi que j'aie acheté. L'impression de voir le sourire d'un marchand ambulant, incrédule face à sa victoire totale, ou le haussement artificiel de sourcil d'un agent immobilier, proportionnel à sa commission et aux cadeaux qu'il pourra faire à ses maîtresses, grâce à moi. Quand l'achat a été compulsif, en règle générale et en supplément, je me frappe une partie aléatoire du corps, pour me remercier en personne de ma débilité. Mais le plus souvent, ça s'arrête là, et je reprends une vie normale, dépressive et sarcastique, à mon endroit comme à l'endroit du reste de l'univers, une vie altière et narquoise, et tout en maugréant contre le système, l'économie de l'attention, la grosse baleine que je suis dans ce jeu et l'efficacité des services de MasterCard, je reprends mes activités virtuelles.
Or ce matin-là, à réception du mail, j'ai - ding - inexplicablement ressenti un poids dans ma poitrine, un poids positif, un poids bienveillant, une petite masse de puissance au creux du diaphragme. Cette option-là était vraiment unique, cette fois-ci. Cet easter egg n'était pas une arnaque. J'avais vraiment touché du doigt un pouvoir que j'étais seul à posséder, désormais.

Sur le menu principal du jeu, un message cryptique apparu d'emblée : "la clef dans la clef sera votre clef vers..."

Je repris ma partie, depuis le point de respawn, et je montai les escaliers de bois du début du jeu, bois usé, plein d'échardes, fendu sous les marches. Quelque chose allait changer, je le savais.

La map défilait à mesure qu'avançait mon avatar personnel, un golgoth des temps modernes au corps bardé de matériel de protection et d'armes létales, insensible à la gravité, à la fatigue, à la pression sociale, ainsi qu'aux diarrhées chroniques et autres contraintes inhérentes à ma vie biologique. En consultant le menu déroulant de mon inventaire, parmi l'arsenal presque infini mis à ma disposition, j'avais choisis l'arme la plus rustique qui soit : un ancien modèle soviétique d'AK47.
Bien sûr, j'étais aussi équipé de la «clé», ou plutôt de la chose qui, malgré son aspect rebutant, était sensée ouvrir les mythiques Trous de Gloire disséminés un peu partout dans ce monde virtuel. A vrai dire, cela ressemblait plus à un organe fétide sortis du fond des entrailles d'une bête infernale : c'était chaud, gluant, rose, veiné. Une excitation molle s'empara de mon être, biologique s'entend, et j'ouvrais une porte surmontée d'une lourde inscription en lettres capitales: «Toilets of infinite destinies».

J'avançais depuis des heures dans ces chiottes sans fin. Un couloir dont je n'apercevais pas le bout, et tout le long, de chaque côté, des chiottes. Dégueulasses pour la plupart. Un cauchemars de dame pipi. Je vérifiai une nouvelle fois mon arme : dieu savait ce qui m'attendait derrière chaque porte. Dans ma poche, la chose palpitait sauvagement. Je ralentis. Quelque chose bougeait dans l'une des cabines. Le premier mouvement depuis... des jours. Oubliant toute prudence, je me ruai sur la porte, tentai de l'ouvrir. Un bruit étouffé me parvint. Un gémissement. Le pauvre bougre était peut être blessé. Je tentais d'enfoncer la porte, en vain.
- N'ayez pas peur, mon brave, m'écriai-je.
J'avisai la porte de droite, ouverte, et m'y glissai, me disant qu'il serait plus facile, peut-être, de défoncer la parois. A peine avais-je posé les pieds dans la cabine, que la porte s'en referma. Un déclic se produisit. Je m'étais fait avoir comme un bleu. A coté, le gémissement se fit plus fort. Je devais reprendre mes esprits. Quelqu'un avait besoin de mon aide.
- Courage ! Patience ! J'arrive.

Alors j'aperçus un trou. Un petit trou dans la parois, d'environ 2 cm de diamètre. Avec moult précautions, j'approchais l'œil de l'orifice. Quelle ne fut pas ma surprise ! Dans la cabine adjacente, se trouvait un individu penché vers l'avant, le visage plongé dans la cuvette. Le gémissement provenait de là : il essayait de respirer. Pourtant rien ni personne ne lui imposait de mettre sa tête là. J'observais son accoutrement : il portait un jean tombant trop large, avec une ceinture cloutée et un T shirt « Kyo » noir déchiré. Au-dessus de lui flottait son tag : « La Crampe (jean-marc-ducourtioux66@lazone.org) ». Quel drôle d'individu. Comme s'il lisait dans mes pensées, il releva la tête. L'eau merdeuse dégoulinait de ses cheveux filasses, sur son faciès euh... comment dire... Retardé, de toute evidence. Sa tête avait la forme d'un œuf kinder géant, et ses traits évoquaient ceux d'un chipmunk bouffi. Il m'observait, la bouche en O : je notais avec effroi qu'il ne se trouvait à l'intérieur qu'une petite langue rose, entourée d'une absence de dents. Il s'approcha du trou, et y passa un doigt à l'ongle crasseux, en gazouillant. Alors j'entendis un cliquetis : ma porte s'était déverrouillée. Je me précipitais à l'extérieur. La Crampe m'y rejoint en sautillant. Une cloche sonna, ce qui ne fit que l'exciter d'avantage. Alors apparut devant moi un gros gateau, plein de crème chantilly et de fraises tranchées.
« Bravo ! tu as libéré La Crampe. Maintenant, tu dois le laisser te guider jusqu'au Trou de la Gloire ».

La crampe mangeait son gâteau en laissant tomber des gros morceaux de crème chantilly sur le carrelage dégueulasse des chiottes infinies.
- Gnéé ... gniii aaaa...fin ?
Je n'osais pas le regarder. L'être qui lui avait fait ça ne méritait pas d'exister, et si je le retrouvais, je lui ferais payer.
- Oui, mon vieux,lui dis-je sur le ton le plus apaisant possible. Il y a forcément une sortie à ce truc. Normalement, il doit y avoir un portail, dans l'une de ces cabines.
- Dans hééééé totooooo ?
Ce faisant il me tendait une part du gâteau, pour que je la lui pré-mâche. Je m'éxecutai. Il tendit la bouche, et je me penchai doucement sur lui, mes lèvres effleurant les siennes. Il me regardait avec dévotion. Jamais je n'avais ressenti une telle confiance, si inconditionnelle, de la part d'aucun autre être humain. Certes, depuis ma sortie de l'hôpital, je n'avais parlé à personne, à part mon psy et l'officier chargé d'accompagner ma réinsertion : pas vraiment les types qui me faisaient le plus confiance, par définition. La Crampe gémit à nouveau. Je déversai dans sa bouche, depuis la mienne, le gâteau mâché, mêlé à ma salive. Nos langues s'effleurèrent dans l'opération. Il poussa un gloussement.
- Non, je ne crois pas que ça puisse être dans un des...
Mais déjà il se précipitait vers une des cabines, et me désignait une cuvette en sautillant. Je m'aprochai avec prudence.
- Recule, Jean-Ma... Crampe. Recule, c'est peut-être dangereux.
J'armais mon AK47 et me penchai à mon tour sur le chiotte.

Le truc était un cercle parfait. Un cercle à l'intérieur vide, donnant sur un monde aveugle. Intrigué, j'allumai ma lampe-torche et la pointai vers le trou. Les rayons lumineux n'altérèrent pas la surface sombre, elle resta effroyablement homogène. Mais la seconde d'après, le cercle se rétracta subrepticement, plusieurs fois, tel un petit animal géométrique respirant difficilement.
- Anti...ti ma-tière ! glapit la Crampe, sa mèche jaunâtre lui retombant sur le front. Un filet de bave vint s'écraser de sa bouche jusqu'au sol en émettant un minuscule splotch.

La Crampe sembla tout à coup s'éveiller, se réveiller, sembla prendre vie, sembla, je ne sais pas, il se mit soudain à manifester une volonté. Comportement inhabituel s'il en est, pour autant que je me sois habitué déjà à sa condition nouvelle de légume producteur de bave. Il sursauta, s'élança, et se défroqua d'un même mouvement. SALOPE §, hurla-t-il d'un ton décidé et dans une articulation parfaite, tout en ajoutant cependant, car point trop n'en faut, la ponctuation MGNRFLAAAÄPUTEHHH. Son élan, vertical au demeurant, mais probablement slicé dès l'origine, le propulsa vers l'avant lorsqu'il atteignit un mètre au-dessus du sol, comme si la physique newtonienne s'était abolie à cette altitude-là, et il plongea vers le cercle, le bassin en avant.

"Mais", dis-je, en espérant in petto faire ainsi cesser cette folie. C'eût été justice et simple respect.

Mais la Crampe au bout de sa trajectoire rejoignit le mur, le cercle, au moment précis où un éclair aveuglant brisa l'harmonie tout à fait inexistante de ce moment.

Je fus projeté en arrière. Une odeur de chair brûlée, de merde chaude et de plastique fondu envahit les toilettes. Là où se trouvait le cercle, un nouveau trou venait d'apparaître, plus petit, mais dont les contours semblaient animés d'une vie propre. Au-dessus, une inscription clignotait : « ÉTAPE 2 : INSÉREZ VOTRE CLEF ».

Je consultai mon inventaire. La chose rose y figurait toujours, palpitante, veineuse, et manifestement ravie de la situation. Je m'approchai du trou. Une légère aspiration se fit sentir. Je compris alors que le portail attendait autre chose qu'une clef ordinaire. J'aurais pu sortir mon AK47, mais je doutais qu'une rafale suffise à résoudre le problème, et je n'avais aucune envie de recommencer le niveau depuis le début.

Je baissai donc mon pantalon et approchai mon sexe de l'orifice.

Ce qui suivit fut difficile à interpréter. Quelque chose m'attrapa, m'aspira, puis se mit à me sucer avec une application méthodique qui évoquait davantage une opération de maintenance qu'une quelconque manifestation du désir. Je tentai de me dégager, mais le trou semblait exercer une force inversement proportionnelle à son diamètre. De l'autre côté, une créature inconnue s'affairait sur mon anatomie avec un enthousiasme qui me parut franchement déplacé.

Puis le cercle se mit à vibrer. Une lumière aveuglante jaillit de la cuvette et un message apparut :

« AUTHENTIFICATION RÉUSSIE. MERCI POUR VOTRE CONTRIBUTION. »

La chose me relâcha. Je tombai à genoux, haletant, tandis que mon inventaire se mettait à jour. La clef avait disparu. À sa place figurait désormais un objet intitulé « Portail personnel — usage unique ».

Je relevai la tête. Dans le mur, le cercle s'était inversé, révélant une pièce identique à la mienne, mais dont les toilettes étaient fixées au plafond. Un nouveau message s'afficha : « POUR POURSUIVRE, VEUILLEZ ACCEPTER LA RÉCIPROCITÉ ».

Je compris que le jeu attendait de moi que je rende la pareille à ce qui venait de me sucer la bite. Je n'avais aucune idée de la manière dont j'allais m'y prendre, ni même de ce qui m'attendait de l'autre côté. Mais je commençais à connaître les développeurs, et je savais qu'ils avaient un sens de l'humour particulièrement douteux.


 "Putain mais", dis-je, tandis que croissait mon angoisse et la certitude que je m'étais, au bout du compte, bien fait niquer la gueule en achetant cet easter egg dans la boutique en ligne.

#2
Citation de: RIENAFOUTRE le Février 28, 2026, 00:04:12La bonne nouvelle c'est qu'il m'a dit qu'il participerait à la Saint-Con 2026. La mauvaise c'est qu'il va très probablement la remporter. La très très mauvaise c'est que Faustine Bollaert et Maxime Chattam se sont quittés.

Trop bien, je suis trop contente!!!
#3
J'apprécie les deux toutefois, je suis repassée au mode clair, mes yeux fatiguaient trop vite en mode sombre.
#4
Je suis totalement d'accord avec ça.
Le plus important c'est que tu ailles bien RAF.
#5
celui de Haikulysse avec copilot

Une fresque apocalyptico‑baroque s'y déploie avec la grâce d'un concours de métaphores sous amphétamines, où chaque vision d'Allison semble vouloir battre le record mondial du « trop », mais au moins l'auteur a le mérite d'oser une imagination qui ne connaît manifestement aucune limite.
Les références à Hansel et Gretel, recyclées comme un vieux décor de théâtre qu'on repeint chaque saison, donnent un charme involontairement touchant à l'ensemble, comme si le texte tentait de prouver que le grotesque peut encore faire office de fil narratif.
Les scènes de sang, de fraiseurs cérébraux et de visions hallucinées s'enchaînent avec la subtilité d'un marteau-piqueur philosophique, mais on doit reconnaître une certaine cohérence dans la volonté de tout pousser jusqu'à l'absurde.
Les personnages, oscillant entre prophètes de pacotille et héros de cauchemars psychotropes, semblent évoluer dans un univers où la logique a été remplacée par un générateur automatique de catastrophes, ce qui a au moins le mérite d'être audacieux.
Et au bout de cette odyssée délirante, on se surprend presque à admirer la ténacité du texte à vouloir être unique, même s'il finit par prouver qu'aucune histoire, aussi déjantée soit‑elle, n'échappe jamais vraiment au bon vieux chaos narratif universel.
#6
Citation de: Glaüx le Janvier 02, 2026, 16:26:36
Citation de: RIENAFOUTRE le Janvier 02, 2026, 16:23:57en les bombardant de trucs différents, marrants et plein d'idées originales

Méga d'accord et c'est exactement ce que tu fais mieux que personne.

Le débat sur l'IA n'est que secondaire, comme tu le dis c'est juste un des modes de présentation du texte, y en a plein d'autres qui touchent beaucoup plus les gens.

et je suis d'accord avec ça
#7
"Lis ce texte et fais-en une présentation cruellement ironique, comme si tous les textes du monde étaient ridicules. Moque-toi des clichés, du style, des intentions des auteurs... mais souligne toujours une petite qualité réelle ou un détail intéressant du texte, aussi minime soit-il. Le ton doit être mordant, drôle, et cynique, mais jamais complètement injuste : la vérité doit transparaître derrière l'humour. Conclus par une phrase qui fait rire en montrant que, malgré tout, le texte n'échappe pas à la banalité ou aux travers universels de l'écriture. Fais le en 5 phrases sans commencer par "ce texte"

test sur le mien :

Ah, voilà un festival de clichés adolescents emballé dans des phrases qui se veulent nerveuses mais ressemblent surtout à un clip mal monté de harcèlement et de pulsions sexuelles. Le texte réussit à créer un vrai malaise, et la fin avec le regard de Lindsay surprend agréablement par sa simplicité et sa force. Entre les insultes répétitives et les descriptions « réalistes » des corps, on sent une volonté d'intensité qui frôle parfois le grotesque. L'intention est là, on devine une volonté de montrer la violence et la domination, mais tout se noie dans la surenchère et l'exagération permanente. Résultat : on sort du texte en pensant que même le chaos adolescent a ses règles... et qu'écrire avec autant de panache prévisible reste un art universellement raté.

Aie, ca pique!
#8
mea culpa. c'est du jargon parano...
Pour moi c'est 0
Et ... c'est tout
#9
= BAC A SABLE = / Re : GRAND COMPLOT
Janvier 02, 2026, 15:51:04
Je propose que tous les commentaires publiés sur la Zone soient rédigés selon le modèle de la Communication Non Violente (CNV), avec l'inspiration de la PNL. Chaque contribution devra commencer par un retour positif, mettant en valeur un aspect apprécié ou réussi, puis exposer clairement les éléments problématiques ou négatifs, et enfin se terminer par une proposition concrète indiquant la modification souhaitée ou l'action attendue.

Mode d'emploi pour les noobies :

Trouver quelque chose de bien : commencez par dire ce qui vous a plu. Exemple : "J'ai apprécié la clarté de ton histoire..."

Pointer ce qui pose problème : dites ce qui vous dérange, mais restez factuel. Exemple : "...mais je suis confus.e par le passage sur...".

Proposer une solution concrète : suggérez ce que vous attendez. Exemple : "...je propose de reformuler cette partie ainsi : ...".

Respecter la structure : positif → négatif → proposition. Pas de saut, pas d'improvisation sauvage.

Consigner ses efforts : tout écart de la méthode sera noté dans le Grand Dossier à charge... juste au cas où le Grand Dessein passerait par là.

Ainsi, la Zone devient un sanctuaire de politesse, de rigueur et de discipline bienveillante, où chacun se sentira valorisé.
#10
Citation de: Glaüx le Janvier 02, 2026, 14:12:27Bon courage pour ton taf sur ART ; y a moyen de faire des choses sûrement, je me souviens qu'il fallait juste beaucoup beaucoup d'énergie, et ne pas trop glisser dans le roleplay (doit encore y avoir des gens englués dedans et incapables d'en sortir, j'imagine).



Et bravo pour la critique par IA des critiques par IA, on va bientôt pouvoir lancer un vortex et s'en servir comme source d'énergie infinie.

Je pensais quitter la fonction, j'ai l'impression de ramer seule pour rien.
Et je suis une GRR, le RP c'est ma seule religion, et celle de l'Ordi en plus pute
Je suis un peu frustrée sur les secteurs non RP mais pas au point de finir VAM ou MIB...

Merci. on essaie déjà dans le recrutement, ca ne prend pas.
#11
Citation de: Glaüx le Janvier 02, 2026, 14:13:112002 à 2009, on a dû se côtoyer alors.
C'était Delesquif, mon pseudo.

Connais pas.
#12
Citation de: Glaüx le Janvier 02, 2026, 13:24:01Ohla, parano.be, ça me rappelle des péripéties tout à fait rigolotes.

Je ne suis pas retourné sur le site depuis mon ban qui doit dater d'il y a dix ans, à vue de nez, voire plus, donc je ne sais pas ce qu'il est devenu ; mais à mon époque, à aucun endroit il ne faisait vraiment fonction de site littéraire. Le secteur ART où je suis né était un baisodrome, je m'en suis barré après être monté jusqu'à Bleu et en voyant qu'y avait rien à en faire ; la DMZ où j'ai été Vi, personne la lisait, y avait douze commentaires de connivence sous chaque article, même super abouti, même super sérieux. Le secteur UND qu'on a hijh-jacké à la pote de Charlie qui s'en désintéressait, il a vécu ce que vivent les espaces de liberté, puis on s'est tous fait ban.

Tu y fais quoi, Lindsay ? Y a un intérêt aujourd'hui ? Autrefois c'était devenu un simple site de rencontre déguisé.

Ici c'est une autre problématique.

Pour moi, l'IA comme présentatrice, pourquoi pas, à condition qu'on se foute de sa gueule. Un trigger warning initial, et la possibilité de lui tirer explicitement dans la gueule en commentaire, et je serai content.

tu vas rire : Je suis bleue sur ART GNIIII

Ce n'est pas un site de rencontre mais la communauté est quand même très passive.
Moi j'y étais de 2002 à 2009. j'aimais beaucoup. Je me suis réinscrite il y a seulement quelques mois.
#13
1. Redondances lexicales (très nettes)

On retrouve les mêmes champs lexicaux, parfois quasi à l'identique, dans des textes pourtant très différents.

a) La saturation / l'excès / l'intensité

Reviens partout, souvent sous forme laudative :

puissance, intensité rare, uppercut, sidérante

hypnotique, envoûtante, captivante

flux, spirale, montée dramatique implacable

asphyxiant, sans échappatoire, haleine glaçante

➡️ Effet :
À force de tout qualifier d'extrême, plus rien ne l'est vraiment. L'intensité devient un automatisme rhétorique.

b) Le corps organique / la matière qui suinte

Présent dans au moins 5 textes :

organique, viscéral, putride, venin, bile, sang

suinter, corrosif, décomposition

mains gelées, marmites, olfactif

➡️ Effet :
Même quand le sujet ne l'exige pas (dystopie politique, satire, récit intime), le commentaire revient au corps qui dégouline comme preuve de profondeur.

c) Le couple sublime / répugnant

Formule quasi systématique :

beauté terrifiante

horreur poétique

grotesque et fascinant

sublime et répugnant

cruauté transformée en art

➡️ Effet :
C'est devenu un tic critique, un raccourci valorisant mais peu discriminant.

2. Redondances de posture critique
a) La posture du « texte qui hante / marque / laisse une trace »

Très fréquente :

hante longtemps après la lecture

marque l'esprit comme une cicatrice

laisse le lecteur ivre, souillé

marque durablement

➡️ Effet :
On est plus dans l'effet de slogan critique que dans une analyse située. Ça pourrait s'appliquer à presque tous les textes.

b) Le même équilibre éloge + mini-réserve

Schéma récurrent :

Éloge massif, très lyrique

Une petite réserve molle, souvent formulée ainsi :

aurait pu gagner en profondeur

frôle parfois

certains lecteurs pourraient

➡️ Effet :
La critique est prévisible. On sait à l'avance qu'il y aura un léger bémol, jamais structurant.

c) La fin consensuelle et sécurisante

Beaucoup de textes se terminent par :

invite à une réflexion

questionne notre rapport à...

méditation sur...

potentiel de toucher profondément

➡️ Effet :
Ça ferme bien, mais ça neutralise. La conclusion ne prend pas de risque réel.

3. Redondances stylistiques
a) Syntaxe longue, ample, très chargée

Phrases longues, empilement d'adjectifs

Accumulations ternaires

Métaphores qui se succèdent sans hiérarchie

➡️ Effet :
Même quand les sujets changent radicalement (hamburger tueur / Noël familial / dystopie woke), la musique est la même.

b) Vocabulaire « critique littéraire premium »

On sent un registre très installé :

fresque, parabole universelle, édifice narratif

voix brisée, altérité fascinante

dimension onirique et universelle

➡️ Effet :
Ça crée une uniformisation du regard, presque une signature... mais aussi une fatigue.

Analyse évidemment réalisée par Pute à Frange - sur les 10 dernières présentations.
Pas besoin de modifier l'existant, c'était plus pour le dire. En vrai, si je suis pas contente, j'ai qu'à le faire moi-même.
#14
Juste pour revenir sur le fait d'utiliser une IA pour créer des présentations, en ce moment, parce que les admins sont débordés, peut-être que Lindsay S peut nous parler de la chose parce qu'elle a aussi un rôle important sur https://parano.be/ et que la bas cet usage ne fait pas polémique, même si après comme ici, chacun est libre de rebondir ou pas dessus ?
#15
Je peux promettre que ce sera objectif, comme le veut Chouette Glow, sans affect pour l'auteur (promis, juré!) et dans l'esprit de lazone (parce que j'ai pas/plus peur qu'il m'invite à sucer ma mère) (promis, juré, craché!).