La Zone
La Zone - Un peu de brute dans un monde de finesse
Publication de textes sombres, débiles, violents.
 
 

Réservoir de citations aléatoires

Démarré par Dourak Smerdiakov, Mars 12, 2017, 21:47:53

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Dourak Smerdiakov

Deux sources contradictoires, soit un propos de Pound à une éditrice rapporté par un de ses biographe, soit un texte de Pound sur un sculpteur tué pendant 14-18.

https://books.google.be/books?id=Z_Zi4EZvYPsC&pg=PA48&lpg=PA48&dq=pound+the+real+trouble+with+war&source=bl&ots=zOnBClg9Xo&sig=SpcCP8Tws9I_BTpBAei9BzQTC8k&hl=nl&sa=X&ved=0ahUKEwjY18-N8uPTAhXpHJoKHc6nBiIQ6AEINTAM

https://books.google.be/books?id=oAY3cprcsQoC&pg=PA140&lpg=PA140&dq=The+real+trouble+with+war+%28modern+war%29+is+that+it+gives+no+one+the+chance+to+kill+the+right+people.&source=bl&ots=l59u9r9H5I&sig=PkNVnQkTYUOdlVDX-CfQBkvIH_k&hl=nl&sa=X&ved=0ahUKEwi43P-n6ePTAhUKahoKHdPEC1sQ6AEILDAJ

Il semble que ce soit plutôt un genre de propos élitiste sur le fait que la guerre moderne ne fait pas le détail et tue aussi des gens d'exception comme ce sculpteur, au lieu de ne faucher que des interchangeables dont on se fiche, avec aussi le regret que la guerre soit menée pour l'intérêt de gros riches capitalistes.

A priori, on n'est pas encore dans le fascisme, mais on y va tout droit...
Pour le débat citoyen et convivial dans le respect indivisiblement démocratique de la diversité multi-culturelle des valeurs républicaines oecuméniques.

Muscadet

C'est une réaction traumatique post-électorale.

Lourdes Phalanges

Sénèque | Ah, ne vous effarouchez pas, je vous en conjure, de ces souffrances dont les dieux immortels se servent pour aiguillonner les âmes. Le malheur est l'occasion de la vertu. Ceux que l'on peut appeler à bon droit malheureux, ce sont ceux qui s'engourdissent dans une excessive félicité et que le calme plat paralyse, pour ainsi dire, sur une mer immobile. Le moindre accident les surprendra : les rigueurs du sort sont plus rudes à qui n'en a jamais subi. 
« Allons bon ! s'écria Socrate ; nous étions à la recherche d'une vertu : en voici tout un essaim ! »

Lourdes Phalanges

Louis-Ferdinand Céline | « (...) La grande prétention au bonheur, voilà l'énorme imposture ! C'est elle qui complique toute la vie ! Qui rend les gens si venimeux, crapules, imbuvables. Y a pas de bonheur dans l'existence, y a que des malheurs plus ou moins grands, plus ou moins tardifs, éclatants, secrets, différés, sournois... " C'est avec des gens heureux qu'on fait les meilleurs damnés. " Le principe du diable tient bon. Il avait raison comme toujours, en braquant l'Homme sur la matière. Ça n'a pas traîné. En deux siècles, tout fou d'orgueil, dilaté par la mécanique, il est devenu impossible. Tel nous le voyons aujourd'hui, hagard, saturé, ivrogne d'alcool, de gazoline, défiant, prétentieux, l'univers avec un pouvoir en secondes ! Éberlué, démesuré, irrémédiable, mouton et taureau mélangé, hyène aussi. Charmant. Le moindre obstrué trou du cul, se voit Jupiter dans la glace. Voilà le grand miracle moderne. Une fatuité gigantesque, cosmique. L'envie tient la planète en rage, en tétanos, en surfusion. Le contraire de ce qu'on voulait arrive forcément. Tout créateur au premier mot se trouve à présent écrasé de haines, concassé, vaporisé. Le monde entier tourne critique, donc effroyablement médiocre. Critique collective, torve, larbine, bouchée, esclave absolue. (...) »
« Allons bon ! s'écria Socrate ; nous étions à la recherche d'une vertu : en voici tout un essaim ! »

Lourdes Phalanges

Paul Valéry | « Il n'existe pas d'être capable d'aimer un autre être tel qu'il est. On demande des modifications, car on n'aime jamais qu'un fantôme. Ce qui est réel ne peut être désiré, car il est réel. Je t'adore... mais ce nez, mais cet habit que vous avez...
Peut-être le comble de l'amour partagé consiste dans la fureur de se transformer l'un l'autre, de s'embellir l'un l'autre dans un acte qui devient comparable à un acte artiste, - et comme celui-ci, qui excite je ne sais quelle source de l'infini personnel. »
« Allons bon ! s'écria Socrate ; nous étions à la recherche d'une vertu : en voici tout un essaim ! »

Lourdes Phalanges

Jean Clair | « (...) l'amour de la culture aussi est un monothéisme. A l'école, on appelait cet Universel la culture « générale ». Et l'on apprenait que le passage du polythéisme au monothéisme avait été décisif. La loi du Père contre la pullulation des idoles.
Que dire alors du chemin inverse ? Atomisée, pulvérisée, « éclatée », « explosée », la culture ne cesse de retomber en cotillons et confettis. On dit désormais  « culture » pour dire la petite religion du local, le triomphe de la proximité, le goût du particulier, le denier du culte, le chatouillis idiosyncrasique, le jargon de la secte, le verlan des banlieues, l'habitus domestique, la manie du quidam, la dévotion du gri-gri, la prière aux lares, l'islamo-bouddhisme en six leçons, le port du pantalon effrangé, l'araignée dans le plafond, l'exotisme culinaire, l'apprentissage des patois disparus, le double anneau dans le nez, les sports de l'extrême, l'exhibition de l'unicum anatomique, la fièvre obsidionale, Proust en trois cents mots, le règlement d'entreprise, le grillon du foyer, la lecture pour illettrés, le musée pour aveugles, le vu à la télé, le Campus pour tous et le voyage aux îles...
Au nom de l'Autre, mais non d'autrui, la culture de proximité, non du prochain, avec son tutoiement obligatoire, soumet chacun, non sans hargne, à la singularité linguistique, à la particularité ethnique, à l'entomologie vestimentaire, à la tératologie physiologique, à la marginalité comportementale, au vocabulaire inouï, aux syntaxes extravagantes, aux décibels d'enfer. A chacun sa culture, donc, collages saugrenus de débris, de vestiges, de fonds de pot ou de tiroir, mœurs de flibustiers pullulant autour d'un naufrage. »

Jean Dutourd | « (...) la culture est une espèce de nuage intellectuel, fait de réminiscences approximatives et de bribes de savoir attrapées à l'occasion. Elle s'exprime principalement par allusions, ce qui présente une double commodité : on n'a pas besoin de connaître ce à quoi l'on se réfère et on a l'air savant au point de ne plus se servir de sa science que comme d'un ornement du « discours ». Le lecteur y trouve son compte car vos allusions, à force d'être répétées, lui deviennent transparentes, ce qui le porte à croire qu'il est, lui aussi, « un homme de culture », et qu'il saisit le « non-dit » avec autant de facilité qu'un « tennisman » rattrape une balle par un « passing » (...) »
« Allons bon ! s'écria Socrate ; nous étions à la recherche d'une vertu : en voici tout un essaim ! »

lapinchien

ça compte pas. T'es énervé à cause de "la fête de la musique".

Lourdes Phalanges

Aldous Huxley | « (...) A mesure que diminue la liberté économique et politique, la liberté sexuelle a tendance à s'accroître en compensation. Et le dictateur (à moins qu'il n'ait besoin de chair à canon et de familles pour coloniser les territoires vides ou conquis) fera bien d'encourager cette liberté-là.  Conjointement avec la liberté de se livrer aux songes en plein jour sous l'influence des drogues, du cinéma et de la radio, elle contribuera à réconcilier ses sujets avec la servitude qui sera leur sort. (...) »
« Allons bon ! s'écria Socrate ; nous étions à la recherche d'une vertu : en voici tout un essaim ! »

Muscadet

Croustillant de la part d'Huxley, le libertin beat californien sous mescaline.

Lourdes Phalanges

Cioran | "A mesure que l'art s'enfonce dans l'impasse, les artistes se multiplient. Cette anomalie cesse d'en être une, si l'on songe que l'art, en voie d'épuisement, est devenu à la fois impossible et facile."
« Allons bon ! s'écria Socrate ; nous étions à la recherche d'une vertu : en voici tout un essaim ! »

lapinchien

ça se voit que tu cherches à ce que les gens s'indignent pour qu'ils soient chauds pour participer à ton initiative.

Lourdes Phalanges

Georges Bernanos | « (...) L'homme d'autrefois ne ressemblait pas à celui d'aujourd'hui. Il n'eût jamais fait partie de ce bétail que les démocraties ploutocratiques, marxistes ou racistes, nourrissent pour l'usine ou le charnier. Il n'eût jamais appartenu aux troupeaux que nous voyons s'avancer tristement les uns contre les autres, en masses immenses derrière leurs machines, chacun avec ses consignes, son idéologie, ses slogans, décidés à tuer, résignés à mourir, et répétant jusqu'à la fin, avec la même résignation imbécile, la même conviction mécanique : « C'est pour mon bien... c'est pour mon bien... » Loin de penser comme nous, à faire de l'État son nourricier, son tuteur, son assureur, l'homme d'autrefois n'était pas loin de le considérer comme un adversaire contre lequel n'importe quel moyen de défense est bon, parce qu'il triche toujours. C'est pourquoi les privilèges ne froissaient nullement son sens de la justice ; il les considérait comme autant d'obstacles à la tyrannie, et, si humble que fût le sien, il le tenait - non sans raison d'ailleurs - pour solidaire des plus grands, des plus illustres. Je sais parfaitement que ce point de vue nous est devenu étranger, parce qu'on nous a perfidement dressés à confondre la justice et l'égalité. Ce préjugé est même poussé si loin que nous supporterions volontiers d'être esclaves, pourvu que personne ne puisse se vanter de l'être moins que nous. Les privilèges nous font peur, parce qu'il en est de plus ou moins précieux. Mais l'homme d'autrefois les eût volontiers comparés aux vêtements qui nous préservent du froid. Chaque privilège était une protection contre l'État. Un vêtement peut être plus ou moins élégant, plus ou moins chaud, mais il est encore préférable d'être vêtu de haillons que d'aller tout nu. Le citoyen moderne, lorsque ses privilèges auront été confisqués jusqu'au dernier, y compris le plus bas, le plus vulgaire, le moins utile de tous, celui de l'argent, ira tout nu devant ses maîtres. »
« Allons bon ! s'écria Socrate ; nous étions à la recherche d'une vertu : en voici tout un essaim ! »

lapinchien

sur ce passage : "...pourvu que personne ne puisse se vanter de l'être moins que nous." aujourd'hui ce serait "...pourvu que quelqu'un puisse se vanter de l'être plus que nous."

Lourdes Phalanges

#43
Raymond Guérin | « (...) En tout, les gens aiment et veulent qu'on leur mente ! C'est un fait. Le fait est plus patent encore en littérature. Ce que les lecteurs attendent et exigent d'un livre, et donc d'un auteur, c'est qu'ils le mystifient et l'ensorcellent d'une matière ou d'une autre. Ils veulent de l'illusion, de la poudre aux yeux, du conte de fée, des sentences en pilules dorées, voire même quelque drogue qui les pourra tour à tour stupéfier ou exciter, engourdir ou tonifier, endormir ou stimuler ; opium, cocaïne, vulnéraire ou morphine, orviétan ou rhubarbe, tout leur est bon pourvu que l'écrivain le leur sache administrer en habile potion ou en dragée, en piqûre ou sinapisme. Comme des malades inhibés, ces lecteurs se présentent dans une librairie comme dans une pharmacie où ne seraient débités que des remèdes pour l'esprit. Étrange médication ! Et qui a tout prévu, pourtant ! du curatif au révulsif, de l'émollient au fébrifuge et de l'antidote à la panacée en passant par le dépuratif et le roboratif... Vertuchou ! on dirait autant d'alouettes, en quête de miroirs où elles pourront s'aller faire prendre, ou autant d'autruches qui n'auraient d'autre politique que de posséder des yeux pour ne point voir et des oreilles pour ne point entendre.
Donc... le lecteur aime qu'on le mithridatise. Et, parbleu, quel écrivain qui fait profession de plume hésiterait à lui procurer ces paradis artificiels ? C'est la loi de l'offre et de la demande. Sur quoi nous suffise d'imaginer que se conçoit mal qu'un écrivain soit assez mauvais commerçant pour refuser à ses lecteurs les secours de son art, pour se présenter à eux comme un Hippocrate qui n'userait que d'une thérapeutique préventive, qui ne s'emploierait qu'à les pencher de force sur leurs maux et, bref, ne les fixerait que sur les poisons auxquels ils doivent tant de tourments, étant fort malaisé de contenter à la fois sa conscience et l'opinion publique. Écoutez-les, nos grabataires : De grâce, docteur, soulagez-moi ! calmez ma douleur ! puis, si vous le pouvez, faites que je guérisse ! Eh oui, eh oui, c'est l'antienne !... D'où qu'il se prodigue tant de charlatans pour les servir, ces lecteurs poltrons, tant de charlatans pour flatter leurs préventions ou exacerber leurs préférences, désireux qu'ils sont de ne les fâcher en rien. (...) »

Friedrich Nietzsche x 3 | «Qu'est-ce qui est bon ? Tout ce qui exalte en l'homme le sentiment de puissance, la volonté de puissance, la puissance même. Qu'est-ce qui est mauvais ? Tout ce qui vient de la faiblesse. Qu'est-ce que le bonheur ? Le sentiment que la puissance croît, qu'une résistance est en voie d'être surmontée. Non d'être satisfait, mais d'avoir davantage de puissance. Non pas la paix, mais la guerre. Non la vertu, mais la valeur (vertu dans le sens de la Renaissance, virtu, une vertu « garantie sans moraline »). Périssent les faibles et les ratés ! Premier principe de notre philanthropie. Et il faut même les y aider. Qu'est-ce qui est plus nuisible qu'aucun vice ? La compassion active pour tous les ratés et les faibles.»

«Le poète trouble son eau pour la faire paraître profonde.»

«Le poète mène triomphalement ses idées dans le char du rythme : parce que d'ordinaire celles-ci ne sont pas capables d'aller à pied.»
« Allons bon ! s'écria Socrate ; nous étions à la recherche d'une vertu : en voici tout un essaim ! »

Lourdes Phalanges

Paul Léautaud | "Je suis d'avis que les livres n'apprennent rien. Ils nous aident seulement, quelquefois, à nous formuler de façon plus précise ce que nous pensons."
« Allons bon ! s'écria Socrate ; nous étions à la recherche d'une vertu : en voici tout un essaim ! »