Ce texte correspond au premier chapitre du roman Schlag en cavale (un roman très sombre, totalement dépravé) sorti en 2022. FloVass est décédé au début de cette année 2025 d'une overdose. Depuis 2020, il vivait en errance, entre squats, ZAD et rue.
J'étais déjà levé, 7 heures du matin, du $uicideboy$ à fond dans les oreilles après mon premier pet de la journée. J'écoutais les paroles saccadées évoquant la mort et la dépression, des thèmes qui me parlaient bien forcément.
J’ai remis dans le bon sens mon amulette, une croix de Zagan, un bijou ésotérique inspiré de la magie du roi Salomon et de son grimoire. Ce collier possède la propriété de rendre plus sages les fous ; si ça pouvait m’aider… Il fallait que je fasse mon tirage de cartes pour savoir comment allait se passer ma journée, un vieux rituel. J’ai donc pris mon tarot des druides et j’ai tiré trois cartes : passé, présent, futur. La journée démarrait par un pardon et par des rencontres de tout type : je suis rentré bourré hier soir à la maison, mes parents m’ont « tué » en me voyant revenir les yeux en travers. Me pardonneraient-ils dans les minutes qui viennent ? Hum... Quant aux rencontres, elles pouvaient être spirituelles : les drogues que je prenais ce matin ? MD-Kétamine : cette mixture me transforme en chaman. Je ressens des vibrations de tout genre. Ouais j'étais déjà dans un état de transition avec la réalité, à 7h30 du mat ! Ouais on peut dire aussi que la drogue avait fait des dégâts sur moi, trop souvent désormais je ne contrôlais plus mes pensées ; perte de mémoire, absences, baisse de la vue, ça craint. Mais je continue, pour être entièrement et aussi souvent que possible dans un autre monde… Si, si, ça me fait voir les choses autrement, moi le dépressif : mes états anxieux s’apaisent, et curieusement j’apprends à me connaître car ça m'élève l'esprit, je sais c’est paradoxal.
En fait, ma philosophie consiste à vouloir me réinventer : me réinventer une vie où je suis qui je veux être. Si je veux être un mec possédé, avec des pouvoirs occultes, un charisme de vampire, je le suis. Si je veux être un beau gosse qui baise facile, je le suis. Si je veux être un artiste reconnu, je le suis quoique là, j’y suis pas encore arrivé concrètement... En gros je m'invente ma réalité.
Je vois un psychiatre, ces gens-là sont des charlatans faisant semblant de te comprendre et te bourrent de cachetons pour avoir la paix. Eux et leur définition d'un comportement normal, mais qui sont-ils pour déclarer ce qui est normal ou pas ? C'est eux les malades non ? J’admets, je voue une haine particulière à beaucoup de personnes, celles qui notamment régissent la société, les condés, les juges, les procs, les politiques, toutes les figures d'autorité en général. Nan mais sérieux t'es qui pour décider d’interner quelqu'un ? T'es qui pour décider qu'un tel doit filer en prison? Je pige pas.
Je vis en solo, dans mon tel y'a pas de noms de contacts avec des cœurs, comme tous ces cons et toutes ces connes. Durant mes rares instants de vie collective, je n’arrive pas à faire semblant d’être « comme eux ». Alors je reste moi-même, surtout pas me conformer, ça donne une attitude très provocante, deux alternatives, ou je fais peur ou je suis pris pour un fou. Je m'en tape mais non… je souffre quand même de cette mise à l’écart. La came représente d’ailleurs la seule chose pour laquelle je noue des relations avec les autres, au moins dans les contextes d’achat et de consommation. Quoi que non pour la conso, le plus souvent, je suis seul face à mes produits.
Il y a aussi cette vie avec ma famille, vu que j'habite chez mes darons. Une vraie épine dans le pied pour un kiffeur de l'underground comme moi. En plus, à 21 ans, pas terrible de squatter chez tes vieux quand tu as lâché les études et que tu n’as aucun boulot en vue ! Putain d'autorité parentale, quelle plaie sans déconner ! Elle m'empêche dans le raisonnable de ne pas me détruire. Mais c’est aussi ce paternalisme qui te juge tout le temps. Faut que je me l’avoue, j'suis le fruit démoniaque d'un couple raisonnable, ça matche pas trop en fait.
Tout au fond de moi, j’en ai conscience, l'enfer c'est pas les autres…. Je me suis intronisé démon, une façon de me protéger. M'endurcir pour moins souffrir. J'ai les pulsions d’un vieux viking barbare, je veux abattre tous ceux qui me font penser à la faiblesse (juste pour ne pas recevoir en pleine face ma propre faiblesse, si misérable). Pourquoi pas pactiser avec le Diable s'il me le proposait ?... OK la maladie m'emporte vers un nulle part, elle me fait consommer de la drogue, me tue socialement et… m'attire donc vers un vilain bonhomme affreux. Et c’est donc ça qui me fait encore tenir debout ? Trop chelou !
J’ai remis dans le bon sens mon amulette, une croix de Zagan, un bijou ésotérique inspiré de la magie du roi Salomon et de son grimoire. Ce collier possède la propriété de rendre plus sages les fous ; si ça pouvait m’aider… Il fallait que je fasse mon tirage de cartes pour savoir comment allait se passer ma journée, un vieux rituel. J’ai donc pris mon tarot des druides et j’ai tiré trois cartes : passé, présent, futur. La journée démarrait par un pardon et par des rencontres de tout type : je suis rentré bourré hier soir à la maison, mes parents m’ont « tué » en me voyant revenir les yeux en travers. Me pardonneraient-ils dans les minutes qui viennent ? Hum... Quant aux rencontres, elles pouvaient être spirituelles : les drogues que je prenais ce matin ? MD-Kétamine : cette mixture me transforme en chaman. Je ressens des vibrations de tout genre. Ouais j'étais déjà dans un état de transition avec la réalité, à 7h30 du mat ! Ouais on peut dire aussi que la drogue avait fait des dégâts sur moi, trop souvent désormais je ne contrôlais plus mes pensées ; perte de mémoire, absences, baisse de la vue, ça craint. Mais je continue, pour être entièrement et aussi souvent que possible dans un autre monde… Si, si, ça me fait voir les choses autrement, moi le dépressif : mes états anxieux s’apaisent, et curieusement j’apprends à me connaître car ça m'élève l'esprit, je sais c’est paradoxal.
En fait, ma philosophie consiste à vouloir me réinventer : me réinventer une vie où je suis qui je veux être. Si je veux être un mec possédé, avec des pouvoirs occultes, un charisme de vampire, je le suis. Si je veux être un beau gosse qui baise facile, je le suis. Si je veux être un artiste reconnu, je le suis quoique là, j’y suis pas encore arrivé concrètement... En gros je m'invente ma réalité.
Je vois un psychiatre, ces gens-là sont des charlatans faisant semblant de te comprendre et te bourrent de cachetons pour avoir la paix. Eux et leur définition d'un comportement normal, mais qui sont-ils pour déclarer ce qui est normal ou pas ? C'est eux les malades non ? J’admets, je voue une haine particulière à beaucoup de personnes, celles qui notamment régissent la société, les condés, les juges, les procs, les politiques, toutes les figures d'autorité en général. Nan mais sérieux t'es qui pour décider d’interner quelqu'un ? T'es qui pour décider qu'un tel doit filer en prison? Je pige pas.
Je vis en solo, dans mon tel y'a pas de noms de contacts avec des cœurs, comme tous ces cons et toutes ces connes. Durant mes rares instants de vie collective, je n’arrive pas à faire semblant d’être « comme eux ». Alors je reste moi-même, surtout pas me conformer, ça donne une attitude très provocante, deux alternatives, ou je fais peur ou je suis pris pour un fou. Je m'en tape mais non… je souffre quand même de cette mise à l’écart. La came représente d’ailleurs la seule chose pour laquelle je noue des relations avec les autres, au moins dans les contextes d’achat et de consommation. Quoi que non pour la conso, le plus souvent, je suis seul face à mes produits.
Il y a aussi cette vie avec ma famille, vu que j'habite chez mes darons. Une vraie épine dans le pied pour un kiffeur de l'underground comme moi. En plus, à 21 ans, pas terrible de squatter chez tes vieux quand tu as lâché les études et que tu n’as aucun boulot en vue ! Putain d'autorité parentale, quelle plaie sans déconner ! Elle m'empêche dans le raisonnable de ne pas me détruire. Mais c’est aussi ce paternalisme qui te juge tout le temps. Faut que je me l’avoue, j'suis le fruit démoniaque d'un couple raisonnable, ça matche pas trop en fait.
Tout au fond de moi, j’en ai conscience, l'enfer c'est pas les autres…. Je me suis intronisé démon, une façon de me protéger. M'endurcir pour moins souffrir. J'ai les pulsions d’un vieux viking barbare, je veux abattre tous ceux qui me font penser à la faiblesse (juste pour ne pas recevoir en pleine face ma propre faiblesse, si misérable). Pourquoi pas pactiser avec le Diable s'il me le proposait ?... OK la maladie m'emporte vers un nulle part, elle me fait consommer de la drogue, me tue socialement et… m'attire donc vers un vilain bonhomme affreux. Et c’est donc ça qui me fait encore tenir debout ? Trop chelou !