Discours sur la pensée, ce grand bazar

Le 30/05/2026
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par GD Lodace
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Thèmes / Divers / Sans texte
Un texte sur la pensée. Enfin, plutôt sur le moment où elle part en vrille et où plus personne ne fait semblant de tenir le volant. Ça ressemble à un truc un peu con : ça déborde, ça s’éparpille, ça enchaîne des images qui ont l’air posées là au hasard. Une soupe tiède avec des morceaux douteux. Sauf que non. C’est maîtrisé. Juste assez pour qu’on y croie, pas assez pour qu’on s’en sorte. Le texte fait le débile avec application. Il casse la logique, il embrouille les mots, et il nous laisse dedans comme des gens polis qui n’osent pas dire qu’ils ont rien compris. On cherche un fil, un sens, une sortie… et lui, il continue. Tranquille. Au fond, c’est peut-être ça le plus sale : il ne nous perd pas vraiment. Il nous regarde nous perdre tout seuls.
La preuve par 3
Mesdames et messieurs,

    Aujourd’hui, parlons de la pensée, rien que de la pensée. Pas de ces longs discours de Descartes qui font croire qu’on contrôle tout, non. Parlons de ce qui se passe vraiment dans nos têtes : ce bazar, ce fatras, ce gros n’importe quoi.
    On nous dit sans arrêt : « Il faut penser par soi-même ! » Comme si c’était aussi facile que d’allumer une lampe. « Réfléchis ! » , « Sois logique ! » , « Fais un effort ! »
    Mais personne ne nous explique comment. Personne ne dit si ça sert. Alors, on reste là, avec notre tête qui tourne, nos neurones qui cherchent des idées qui nous glissent entre les doigts comme des anguilles.
    La pensée, c’est une soupe. Une soupe très mal faite, avec morceaux qui flottent : nos souvenirs, nos peurs, nos envies, nos doutes. Alors on prend notre cuillère, on tente attraper quelque chose, mais la cuillère a des trous. On attrape souvent que l'air du temps. On attrape des mots parfois. Mais des mots étranges qui filent, qui changent de sens, dans un bal qui nous échappent. On dit « liberté », et chacun voit ce qu’il veut : un oiseau qui s’envole, une cage ouvert, un drapeau qui flotte, un cri de rage ou pourquoi pas un pavé qui nous fuit comme dans un rêve. On montre la lune, mais certains voient un fromage, d’autres une lampe. C’est n’importe quoi.
    Et puis, il y a la logique. La logique, c’est une voie. Une voie toute droite, avec des panneaux. « Ici, tourne à gauche. Là, stop. ». Mais cette voie mène souvent dans un mur. Ou dans un trou. Ou tourne en rond. Et nous, comme des idiots, on suit ces panneaux. Mais qui les a mis ? Sans doute, un gars bourré, un jour, sous la pluie, avec un marteau, qui voulait finir son boulot. Voilà pourquoi on termine dans le décor.
    La pensée, c’est aussi un jeu. Un jeu où on invente des lois. « Si A, alors B. » Mais A, c’est une ombre. B, c’est un nuage. Les chefs aiment ce jeu. Ils parlent fort, avec des mots gros comme des ballons. « Progrès ! », « Justice ! », « Avenir ! » Mais leurs mots, c’est du vent. Des bulles. Ça gonfle, ça éclate comme un volcan de boue et il ne reste rien. Rien, juste des bouts de merde en plastique par terre.
    Et les autres, dans tout ça ? Les autres, ce sont des miroirs. Des miroirs qui mentent car ils sont sourds. Tu dis « J’ai mal », ils entendent « Je râle ». Tu demandes « Aide-moi », ils répondent « Fous-moi la paix ». Alors tu cries, et eux, ils ferment les yeux pour dormir. Ou ils sourient bêtement aux corneilles qui passent. Et quand ils te donnent un conseil, c'est toujours le mauvais, le plus mauvais.
    Et le temps, ce voleur. Il te pique tes idées avant que tu ne les penses. Si tu as une idée, tu la tournes dans ta tête. Et pouf — elle s’envole. Comme un oiseau, mais sans chant. Juste un courant d'air, et plus rien. Alors tu prends une autre idée, encore plus tordue, une sans queue, sans tête, et tu cours encore pour l’attraper. Comme un chien fada, après sa propre queue. Mais la queue, c’est toi.
    Et la politique ? Ah, la politique… C’est le grand cirque du pouvoir. Des clowns tristes en costume, crachent des mots en sucre d'orge amères. « Je vais tout changer ! », « Demain, ça sera mieux ! » Mais demain, c’est déjà là. Et aujourd’hui, c’est pareil qu’hier : mêmes mensonges, mêmes petits chefs, mêmes lois bidon. Ils jouent au meilleur. On les regarde et écoute quand on a le temps. On vote en croyant parfois au moins le pire ou pour celui qui est porté par l'air du temps, certains pour le plus jeune (des fois le plus con), certaines même pour le plus beau pour elles. On espère. Comme des gosses qui croient au Père Noël. Sauf que le Père Noël au mois de mai, c’est un type en plastique, qui rigole jaune et qui nous chie sur la gueule en piquant, sans honte, dans notre monnaie.
    Alors, la pensée, ça sert à quoi ? À rien. Ou à tout. À faire semblant de bien voir, de contrôler sa vie. Mais en vrai, c’est comme prendre de la fumée dans la main. Tu saisis, tu serres, et il ne reste rien. Juste un souffle de litanie qui s’en va.
    La prochaine fois qu’on te dit « Réfléchis ! », demande « À quoi ? ». Il n’y aura pas de réponse. Juste un silence poli. Ou une autre question. C'est sans fin. C'est comme un serpent qui se mord la queue.
    Alors, on fait quoi ? On rit. On pleure. On va boire un coup. Mais on ne peut pas arrêter de penser. Même si c’est fou. Même si ça ne mène nulle part. Parce que c’est tout ce qu’il nous reste.
    La pensée, c’est un cirque. Un grand cirque où tout le monde court après Éole. Mais c’est notre cirque. Alors on y reste. On regarde le show. On siffle, on applaudit, ou on jette des cailloux. Et parfois, on se demande : « Mais pourquoi j'ai payé l’entrée ? »


Ce texte est aussi un petit jeu pour réfléchir, il n'y a qu'un mot qui a plus de trois syllabes.
A vous de le trouver, car la pensée, c'est aussi s'amuser à réfléchir avec parfois.