Pour changer dans la zone où tous est possible, un peu de poésie.
C'est un texte sans prétentions si ce n'est son message à la réflexion et surtout pour moi, le plaisir de découvrir une autre forme d'expression en faux alexandrins.
Je sens que les partisans du désordre vont rugir MDR
C'est un texte sans prétentions si ce n'est son message à la réflexion et surtout pour moi, le plaisir de découvrir une autre forme d'expression en faux alexandrins.
Je sens que les partisans du désordre vont rugir MDR
Les hommes
Ce jour de grande pluie, le ciel était en rage :
Nul homme mouillé ne pouvait espérer meilleure
Destinée, tout ruisselant de nombre de pleurs.
Celui de Marbre maudissait tant d’orage.
Pénétrant dans l’auberge chaude, avec son air
Altier, il heurta, sans attention, son serviteur.
Celui-ci plia sous le choc ; mais un cri salvateur,
Un cri de douleur, sortit de ses viscères.
De ce son sourd, le Marbre n’en eut que cure.
En s’installant à une table, près de l’âtre,
Il considérait l’homme comme une ranâtre
Il était l’Éponge, et non sa vêture.
Malgré tout, il héla pour commander : pichet
De meilleur vin, et une soupe de champignons.
L’Éponge lui apporta celui d’Avignon,
L’instant d’après, une soupe chaude, sans déchet.
Marbre, par l’odeur, fut ravi, fit bombance
De ce met, tendrement parfumé d’épices.
Il manda le serveur pour une suite tentatrice :
Pour boire, il remplit son verre à outrance.
Brusquement, la porte de l’auberge, soudain,
S’ouvrit. Une bourrasque humide par elle
Entra, puis celui de Cristal, plein de tousselles
D’or ; et, par ses pas, l’eau coulait comme un andain.
Bien que transparent, il éclatait de splendeur.
Sur lui, les gouttes ruisselantes brillaient
En mille et une couleurs ; vers le sol, elles
Coulèrent, éclatantes, reflets émouvants de sa blondeur.
Lui aussi vit l’Éponge, et le considéra.
Il passa près de lui, avec son dédain haut,
Lui ordonna de vite sécher ces rehauts
Son éclat essuyé, il deviendrait translucide.
Marbre, réjoui par son arrivée, l’invita
À sa table. Cristal, ravi, trouva cela
Séant ; il accepta, et le rejoignit là.
Ils parlèrent, heureux, du vin de Civita.
Cristal commanda de belles cailles rôties
Sur un lit de légumes, à la sauce blanche,
Un pichet d’hypocras, et du pain en tranches ;
Pour dessert, un gâteau d’oranges confites.
Les reflets des flammes, au travers, lui brillaient,
Étincelaient en lui, tellement de couleurs.
Il était fier de sa transparence et de sa valeur,
De son charme surfait, lui-même en était troublé.
Quand l’Éponge apporta les mets, juste chauds,
Aucun des deux ne le remarqua : il n’était
Pas de leur monde, et pour eux, il n’existait.
Mais gare si le repas n’était pas trop chaud !
L’homme d’Acier observait ces nobles cuistres
De sa table bancale, non loin d’une fenêtre.
Il méditait sur la nature de l’être :
Ces deux-là croyaient, mais n’étaient pas des ministres.
Son regard erra au son de la musique.
Le tango résonnait dans son corps paisible.
Dame Soie l’attirait, lui parut raisonnable.
À la belle, il fit une demande volcanique.
Tout sourire, elle accepta d’unir son corps,
Le temps d’une danse, à ce cavalier d’acier.
Saisi par une main ferme, sans la disgracier,
Ses pas, par le rythme, ne nuisaient pas au décor.
Bien cabré, il avance, elle recule.
La tenant d’une main, fermement par les reins,
Sa cuisse, pénétrant, en mouvement sans frein,
Elle va en arrière, il la véhicule.
Elle se laisse déborder, elle chavire
À la cadence de la musique douce.
Marbre et Cristal la regardaient en douce :
Ils voyaient ses cuisses rosées quand elle virait.
Ils enviaient Acier d’avoir si belle compagne.
Le contenu des verres descendait vivement.
Les esprits devenaient embrumés doucement ;
Vers Acier, leurs basses ires l’accompagnaient.
Ils essayèrent d’attraper le couple dansant,
Près de la table, mais leur geste les fit choir,
Entraînant bancs, table, verres, couverts, crachoir :
Le tout dans un bruit d’Enfer, les deux se brisant.
Cristal s’éparpilla en mille fins morceaux ;
Marbre se rompit en darnes importantes.
Le patron de l’auberge pleura sur ses non-ventes.
L’Éponge sourit, prit son balai et son seau.
Moralité
Qui se croit beau finira toujours en tombeau.
L’humble nettoiera encore les dégâts.
Le patron de l’auberge oubliera ces argas.
Petite histoire restera : celle des sots beaux.
Ce jour de grande pluie, le ciel était en rage :
Nul homme mouillé ne pouvait espérer meilleure
Destinée, tout ruisselant de nombre de pleurs.
Celui de Marbre maudissait tant d’orage.
Pénétrant dans l’auberge chaude, avec son air
Altier, il heurta, sans attention, son serviteur.
Celui-ci plia sous le choc ; mais un cri salvateur,
Un cri de douleur, sortit de ses viscères.
De ce son sourd, le Marbre n’en eut que cure.
En s’installant à une table, près de l’âtre,
Il considérait l’homme comme une ranâtre
Il était l’Éponge, et non sa vêture.
Malgré tout, il héla pour commander : pichet
De meilleur vin, et une soupe de champignons.
L’Éponge lui apporta celui d’Avignon,
L’instant d’après, une soupe chaude, sans déchet.
Marbre, par l’odeur, fut ravi, fit bombance
De ce met, tendrement parfumé d’épices.
Il manda le serveur pour une suite tentatrice :
Pour boire, il remplit son verre à outrance.
Brusquement, la porte de l’auberge, soudain,
S’ouvrit. Une bourrasque humide par elle
Entra, puis celui de Cristal, plein de tousselles
D’or ; et, par ses pas, l’eau coulait comme un andain.
Bien que transparent, il éclatait de splendeur.
Sur lui, les gouttes ruisselantes brillaient
En mille et une couleurs ; vers le sol, elles
Coulèrent, éclatantes, reflets émouvants de sa blondeur.
Lui aussi vit l’Éponge, et le considéra.
Il passa près de lui, avec son dédain haut,
Lui ordonna de vite sécher ces rehauts
Son éclat essuyé, il deviendrait translucide.
Marbre, réjoui par son arrivée, l’invita
À sa table. Cristal, ravi, trouva cela
Séant ; il accepta, et le rejoignit là.
Ils parlèrent, heureux, du vin de Civita.
Cristal commanda de belles cailles rôties
Sur un lit de légumes, à la sauce blanche,
Un pichet d’hypocras, et du pain en tranches ;
Pour dessert, un gâteau d’oranges confites.
Les reflets des flammes, au travers, lui brillaient,
Étincelaient en lui, tellement de couleurs.
Il était fier de sa transparence et de sa valeur,
De son charme surfait, lui-même en était troublé.
Quand l’Éponge apporta les mets, juste chauds,
Aucun des deux ne le remarqua : il n’était
Pas de leur monde, et pour eux, il n’existait.
Mais gare si le repas n’était pas trop chaud !
L’homme d’Acier observait ces nobles cuistres
De sa table bancale, non loin d’une fenêtre.
Il méditait sur la nature de l’être :
Ces deux-là croyaient, mais n’étaient pas des ministres.
Son regard erra au son de la musique.
Le tango résonnait dans son corps paisible.
Dame Soie l’attirait, lui parut raisonnable.
À la belle, il fit une demande volcanique.
Tout sourire, elle accepta d’unir son corps,
Le temps d’une danse, à ce cavalier d’acier.
Saisi par une main ferme, sans la disgracier,
Ses pas, par le rythme, ne nuisaient pas au décor.
Bien cabré, il avance, elle recule.
La tenant d’une main, fermement par les reins,
Sa cuisse, pénétrant, en mouvement sans frein,
Elle va en arrière, il la véhicule.
Elle se laisse déborder, elle chavire
À la cadence de la musique douce.
Marbre et Cristal la regardaient en douce :
Ils voyaient ses cuisses rosées quand elle virait.
Ils enviaient Acier d’avoir si belle compagne.
Le contenu des verres descendait vivement.
Les esprits devenaient embrumés doucement ;
Vers Acier, leurs basses ires l’accompagnaient.
Ils essayèrent d’attraper le couple dansant,
Près de la table, mais leur geste les fit choir,
Entraînant bancs, table, verres, couverts, crachoir :
Le tout dans un bruit d’Enfer, les deux se brisant.
Cristal s’éparpilla en mille fins morceaux ;
Marbre se rompit en darnes importantes.
Le patron de l’auberge pleura sur ses non-ventes.
L’Éponge sourit, prit son balai et son seau.
Moralité
Qui se croit beau finira toujours en tombeau.
L’humble nettoiera encore les dégâts.
Le patron de l’auberge oubliera ces argas.
Petite histoire restera : celle des sots beaux.