Émeline, elle disait « je ».
Elle disait toujours « je ».
Elle disait « je » même quand elle ne voulait pas.
Et chaque « je » venait avec son petit pet.
Pet.
Pas fort. Suffisant. Suffisant pour marquer.
Pet.
Pas fort. Suffisant pour faire rougir.
Pet.
Pas fort. Suffisant pour que le monde entier remarque.
Au travail, elle disait « je ».
Elle disait « je » en réunion.
Elle disait « je » devant le patron.
Pet.
Elle disait « je » au téléphone.
Elle disait « je » dans le couloir.
Pet.
Chaque « je » était accompagné d’un petit pet embarrassant. Chaque phrase était ponctuée par ce pet.
Et plus elle essayait de se retenir, plus le pet sortait. Incontrôlable. Implacable.
Elle essayait de respirer.
Elle essayait de parler doucement.
Elle essayait de dire des phrases sans « je ».
Elle essayait tout.
Tout.
Rien ne marchait.
Chaque « je » venait avec son pet.
pet pet pet pet pet pet pet pet pet pet pet pet pet pet pet pet pet pet
pet pet pet pet pet pet pet pet pet pet pet pet pet
pet pet pet pet pet pet pet pet
pet pet pet
pet
À la cantine : « Je… » Pet.
Les voisins de table sursautaient légèrement. Elle baissait la tête et continuait à manger en silence.
Dans le métro : « Je… » Pet.
Un regard de travers. Une petite grimace. Et elle se demandait si le monde entier venait de l’entendre.
Au téléphone : « Je… » Pet.
Un silence gêné à l’autre bout du fil. Elle bafouillait, tentait de continuer.
P E T
Chez elle, ce n’était pas mieux.
Elle parlait seule devant le miroir : « Je… » Pet.
Elle essayait de regarder la télévision : « Je… » Pet.
Elle voulait répondre à un texto : « Je… » Pet.
Elle voulait juste se laver les mains : « Je… » Pet.
Elle essayait parfois de reformuler : « le sous-traitant de mon moi… »
Pet.
Même en parlant comme ça, le pet venait. Même avec des mots compliqués, même avec des phrases longues, le pet ne manquait jamais.
Les jours passaient.
Chaque jour : Pet.
Chaque phrase : Pet.
Chaque respiration : Pet.
Chaque pensée à voix haute : Pet.
Et parfois, elle s’arrêtait pour écouter.
Un soir, elle a pris une grande inspiration.
« Je… » Pet.
Elle a ri.
Elle a ri parce que c’était ridicule.
Elle a ri parce que c’était incontrôlable.
Elle a ri parce qu’elle pouvait pas faire autrement.
Elle était Émeline.
Elle disait « je ».
Et chaque « je » venait avec son pet.
Le matin, le midi, le soir.
En marchant, en mangeant, en discutant (même de trucs chiants, même de trucs intéressants).
Chaque « je » avait son pet. Vous l’avez compris, je crois.
Chaque « je » était ponctué par ce petit pet.
Et demain, elle dirait encore « je ».
Et le pet serait là.
Et puis de toute manière Émeline elle n’était déjà pas très aimée.
Elle n’était pas super sympa Émeline. Un peu passive-agressive avec un rire super relou.
Elle était très peu intelligente Émeline, pour ne pas dire con comme un cul.
Quelle ironie.
Elle disait toujours « je ».
Elle disait « je » même quand elle ne voulait pas.
Et chaque « je » venait avec son petit pet.
Pet.
Pas fort. Suffisant. Suffisant pour marquer.
Pet.
Pas fort. Suffisant pour faire rougir.
Pet.
Pas fort. Suffisant pour que le monde entier remarque.
Au travail, elle disait « je ».
Elle disait « je » en réunion.
Elle disait « je » devant le patron.
Pet.
Elle disait « je » au téléphone.
Elle disait « je » dans le couloir.
Pet.
Chaque « je » était accompagné d’un petit pet embarrassant. Chaque phrase était ponctuée par ce pet.
Et plus elle essayait de se retenir, plus le pet sortait. Incontrôlable. Implacable.
Elle essayait de respirer.
Elle essayait de parler doucement.
Elle essayait de dire des phrases sans « je ».
Elle essayait tout.
Tout.
Rien ne marchait.
Chaque « je » venait avec son pet.
pet pet pet pet pet pet pet pet pet pet pet pet pet pet pet pet pet pet
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À la cantine : « Je… » Pet.
Les voisins de table sursautaient légèrement. Elle baissait la tête et continuait à manger en silence.
Dans le métro : « Je… » Pet.
Un regard de travers. Une petite grimace. Et elle se demandait si le monde entier venait de l’entendre.
Au téléphone : « Je… » Pet.
Un silence gêné à l’autre bout du fil. Elle bafouillait, tentait de continuer.
P E T
Chez elle, ce n’était pas mieux.
Elle parlait seule devant le miroir : « Je… » Pet.
Elle essayait de regarder la télévision : « Je… » Pet.
Elle voulait répondre à un texto : « Je… » Pet.
Elle voulait juste se laver les mains : « Je… » Pet.
Elle essayait parfois de reformuler : « le sous-traitant de mon moi… »
Pet.
Même en parlant comme ça, le pet venait. Même avec des mots compliqués, même avec des phrases longues, le pet ne manquait jamais.
Les jours passaient.
Chaque jour : Pet.
Chaque phrase : Pet.
Chaque respiration : Pet.
Chaque pensée à voix haute : Pet.
Et parfois, elle s’arrêtait pour écouter.
Un soir, elle a pris une grande inspiration.
« Je… » Pet.
Elle a ri.
Elle a ri parce que c’était ridicule.
Elle a ri parce que c’était incontrôlable.
Elle a ri parce qu’elle pouvait pas faire autrement.
Elle était Émeline.
Elle disait « je ».
Et chaque « je » venait avec son pet.
Le matin, le midi, le soir.
En marchant, en mangeant, en discutant (même de trucs chiants, même de trucs intéressants).
Chaque « je » avait son pet. Vous l’avez compris, je crois.
Chaque « je » était ponctué par ce petit pet.
Et demain, elle dirait encore « je ».
Et le pet serait là.
Et puis de toute manière Émeline elle n’était déjà pas très aimée.
Elle n’était pas super sympa Émeline. Un peu passive-agressive avec un rire super relou.
Elle était très peu intelligente Émeline, pour ne pas dire con comme un cul.
Quelle ironie.