La lame argentée brille un instant dans un rayon de soleil, projetant des cercles lumineux sur le sol et les murs, le fil tranchant semblant même couper la poussière soulevée à chacun de ses pas.
Le parquet grince, menaçant de craquer, un autre nuage de poussière s’échappant d’entre les lattes, apportant avec lui un lourd parfum d’humidité qui se colle aux parois de l’œsophage.
C’est pour aujourd’hui.
Il ne va pas rester une seconde de plus dans cet endroit minable. Il est sûr que le plancher va l’engloutir s’il reste plus longtemps.
Il déglutit en s’approchant d’elle, assise dans le canapé éventré, la mousse s’accumulant sur le sol tels des boyaux. Ses doigts se crispent sur le manche du couteau, la paume humide le forçant à ajuster sa prise, et son cœur accélère, battant à grands coups puissants.
Onze pas.
Neuf pas.
Cinq pas.
Trois.
Deux.
Une boule remonte dans sa gorge, pulsant au même rythme effréné que son cœur.
Il lève le couteau et inspire profondément avant de...
- ... Tu fais quoi, là ?
Il se fige en plein geste, le couteau suspendu au-dessus d’elle, sans trop savoir où le planter, alors qu’elle le regarde en haussant les sourcils.
- Euh...
- Sérieusement ? Un couteau ?
- Bah... Ouais ?
Elle renifle avec mépris.
- Tellement pas original, même quand t’essaies de me tuer.
Son bras retombe mollement le long de son corps. Il se racle la gorge, une bouffée de chaleur montant à son visage.
- C'est que...
- T’as vu ça dans un film, et tu t’es dit : Mais oui, quelle bonne idée ? Je t’en prie, c’est tellement ennuyeux.
- ...Ouais, ouais j’imagine...
- En plus, tu comptais me poignarder où ? T’as levé ton couteau au pif et tu penses que ça va suffire ?
- Bah... ouais ? J’veux dire, c’est un couteau, ça coupe...
- Wow, bravo, quel sens de la déduction. Et tu penses que ton minable petit couteau de cuisine va me tuer si tu vises la tête ? Fais un effort au moins.
Il détourne la tête, ses doigts tapotant la lame du couteau, et son regard se pose sur les fissures humides du mur en face de lui.
Elle lève les yeux au ciel et retourne à sa lecture, son livre posé sur son ventre arrondi.
- Si tu veux me tuer pour t’épargner des complications, fais-le bien, et pas avec un bête couteau.
Il claque de la langue, agacé, et s’éloigne d’un pas rageur. Il monte les escaliers grinçants, jure bruyamment quand son pied traverse le bois pourri, et atteint finalement la porte bleue à la peinture écaillée. Il l’ouvre brutalement et la claque derrière lui.
Les charnières de la porte sautent, incapables de résister, et tintent les unes contre les autres, dans un bruit qui se mélange à celui des gouttes d’eau à l’intérieur des murs, des piécettes qui s’échappent toujours plus, à la haine battante pour cette existence, et aux battements de cœur de la vie qui grandit.
Le parquet grince, menaçant de craquer, un autre nuage de poussière s’échappant d’entre les lattes, apportant avec lui un lourd parfum d’humidité qui se colle aux parois de l’œsophage.
C’est pour aujourd’hui.
Il ne va pas rester une seconde de plus dans cet endroit minable. Il est sûr que le plancher va l’engloutir s’il reste plus longtemps.
Il déglutit en s’approchant d’elle, assise dans le canapé éventré, la mousse s’accumulant sur le sol tels des boyaux. Ses doigts se crispent sur le manche du couteau, la paume humide le forçant à ajuster sa prise, et son cœur accélère, battant à grands coups puissants.
Onze pas.
Neuf pas.
Cinq pas.
Trois.
Deux.
Une boule remonte dans sa gorge, pulsant au même rythme effréné que son cœur.
Il lève le couteau et inspire profondément avant de...
- ... Tu fais quoi, là ?
Il se fige en plein geste, le couteau suspendu au-dessus d’elle, sans trop savoir où le planter, alors qu’elle le regarde en haussant les sourcils.
- Euh...
- Sérieusement ? Un couteau ?
- Bah... Ouais ?
Elle renifle avec mépris.
- Tellement pas original, même quand t’essaies de me tuer.
Son bras retombe mollement le long de son corps. Il se racle la gorge, une bouffée de chaleur montant à son visage.
- C'est que...
- T’as vu ça dans un film, et tu t’es dit : Mais oui, quelle bonne idée ? Je t’en prie, c’est tellement ennuyeux.
- ...Ouais, ouais j’imagine...
- En plus, tu comptais me poignarder où ? T’as levé ton couteau au pif et tu penses que ça va suffire ?
- Bah... ouais ? J’veux dire, c’est un couteau, ça coupe...
- Wow, bravo, quel sens de la déduction. Et tu penses que ton minable petit couteau de cuisine va me tuer si tu vises la tête ? Fais un effort au moins.
Il détourne la tête, ses doigts tapotant la lame du couteau, et son regard se pose sur les fissures humides du mur en face de lui.
Elle lève les yeux au ciel et retourne à sa lecture, son livre posé sur son ventre arrondi.
- Si tu veux me tuer pour t’épargner des complications, fais-le bien, et pas avec un bête couteau.
Il claque de la langue, agacé, et s’éloigne d’un pas rageur. Il monte les escaliers grinçants, jure bruyamment quand son pied traverse le bois pourri, et atteint finalement la porte bleue à la peinture écaillée. Il l’ouvre brutalement et la claque derrière lui.
Les charnières de la porte sautent, incapables de résister, et tintent les unes contre les autres, dans un bruit qui se mélange à celui des gouttes d’eau à l’intérieur des murs, des piécettes qui s’échappent toujours plus, à la haine battante pour cette existence, et aux battements de cœur de la vie qui grandit.