La Zone
La Zone - Un peu de brute dans un monde de finesse
Publication de textes sombres, débiles, violents.
 
 

Tri selectif : Putsch

Démarré par Aelez, Octobre 27, 2008, 16:16:38

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Aelez


Un matin de printemps
Posté le 21/10/2008
par Putsch



« Pardon?... Oh, non, ça, jamais. Comment ça?... Pourquoi? Moi je vais te dire pourquoi. Je pourrai comprendre le bien fondé de ton truc, mais il y a -et aura- toujours quelque chose qui gêne. Et que ce soit ça ou n'importe quelle entreprise qui ne soit pas lucrative au premier degré. Parce qu'évidemment, l'argent interpelle l'homme. Et malgré tout, certaines entreprises restent inachevées, même si il y est question d'argent. Et ton histoire, là, sous couvert de grandes idées, connaîtra le même échec que tout le reste, parce que desservi par ce qu'il y a de pire, de plus faillible: l'Homme. Imaginons. Je te donne de l'argent, et promets par écrit d'en donner une certaine somme tous les mois. L'argent passe de mains en mains, pour finir dans un pays que je n'ai jamais vu, aux mains de quelqu'un que je ne connais pas, et en qui je n'ai aucune confiance quant aux qualifications qu'il pourrait avoir, si évidemment j'ai donné mon fric dans le but réel de faire avancer les choses dans un monde déjà mort. Déjà, et avant tout, je ne suis même pas sûr de la tangibilité du problème. Moi, je crois ce que je vois, et ce n'est pas un reportage d'une heure à la télévision qui me fera croire quoi que ce soit. Ensuite, j'estime qu'aider un peuple, ou un certain type des personnes qui n'est pas capable de s'aider voire de se sortir de la merde dans laquelle il est, c'est donner des coups d'épées dans l'eau. Parce que s'ils sont dans la merde, c'est bien pour une raison qui ne leur est pas forcément étrangère. Et quant aux trisomiques, c'est aux parents d'assumer. Quand on a un génome défaillant, on se protège. Et pour finir, qu'est-ce qui me garantit que vous allez réussir quoi que ce soit? L'argent ne fait pas le talent, tu n'as qu'à écouter la radio, si tu veux des exemples. Je veux dire, c'est rien que des humains, avec des capacités connement humaines, qui sont sensés aider d'autres connards encore plus improductifs, donc déjà en deçà de l'homme.
-Monsieur, je dois...
-Ta gueule, laisse moi finir. Putain de hippie. Donc rien ne me garantit votre réussite, à ton association comme aux autres. D'autant plus que vous y travaillez depuis un certain temps, et qu'aucun progrès n'est visible. Donc, l'efficacité, c'est pas une question de moyens. Ah. Dernière chose. Rien ne me permet de croire que ce fric n'ira pas dans la poche d'un connard quelconque, parce que, finalement, un homme, ça a des besoins, et ça bave devant tout ce qui brille. Idem pour moi. C'est pour ça que j'en parle. Je préfère de loin utiliser cet argent pour m'acheter des cigarettes que je fumerai à la santé des « pauvres gens » que tu souhaites soi disant aider, et le type qui est à votre tête pense indéniablement la même chose. Donc, je vais me barrer, et tu devrai en faire de même. Bonne journée. »


Et nous nous séparâmes. Lui un peu moins fier peut-être, son badge « Amnesty International » luisant de manière plus discrète, et moi, béat d'admiration devant mon geste inutile. Je ne savais pas si j'avais raison, mais ce jour là, j'ai passé une bonne journée.



Visez la tête!

Putsch

Je crois que tu peux tous les mettre, sauf le troisième posté, celui là, il me plaît assez.

Aelez

Celui là, y'avait de l'idée, mais franchement, c'était trop gros, ça l'a rendu indigeste.
Visez la tête!

Aelez


Journal de l'insignifiance
Posté le 23/10/2008
par Putsch




08/03
Idée numéro 1: Faire le ménage dans ma vie, mes proches, mes amis et ennemis.
Idée numéro 2: Faire un vrai travail d'introspection, enfin savoir ce que je voudrai faire de ma vie.
Idée numéro 3: Eviter de lâchement abandonner ces envies là pour retourner dans ce qui me perd, le "rien".
Idée numéro 4 et 5: arrêter d'être médiocre dans tout ce que je fais par peur. Si impossibilité, apprendre à rester à ma place, et m'habituer à ce que cela me ronge.



09/03
J'ai pas vraiment envie d'écrire ce que je pense là-dessus, mais selon le médecin, c'est primordial. Et il veut le lire à la fin de la thérapie, donc je le fais. Là, je ne sais pas trop quoi écrire. J'ai faim, mais je n'ai plus rien à manger. J'ai donné ce que j'avais aux chats. J'ai regardé la télévision, et je me sentais vide. Je n'aime pas ce sentiment, je sens que je perds mon temps. C'est tout, je crois.

11/03
Hier, je dormais chez ma copine. Et je m'y ennuie, en général. Je n'y emporte plus de livres, car les seuls que j'ai, ça fait des années que je les ai, donc je les ai déjà lus plusieurs fois, et je n'ai pas d'argent pour en acheter. Et j'ai une haine profonde envers les bibliothèques. Donc, je fais l'amour avec elle. Et ça me ronge, parce que j'ai le sentiment d'être un animal. Ca me rabaisse. Je n'aime pas ça.

12/03
Aujourd'hui, je suis allé faire un tour. Je ne sais pas pourquoi, mais j'avais envie. Et dans ces moments là, je suis seul, sans avoir à être chez moi. Mais là, je n'ai pas réussi, malgré le fait que je quitte la ville. Il y a eu plusieurs jeunes, qui, quand je suis passé devant eux, se sont mis à m'insulter. Quand je suis avec mes amis, je parle de ce genre de personnes avec détachement, comme si ça ne me touchait pas. Je fanfaronne. Mais je tente souvent de me persuader que je suis capable de tenir tête à plusieurs personnes à la fois. Mais ça ne marche que lorsque je suis sûr d'avoir le dessus. C'est idiot, je suis presque sûr de pouvoir le faire.

13/03
Ce matin, je me suis levé en colère. J'ai l'impression douloureuse de rater ma vie. Mais je n'ai pas le courage de bouger, trouver du travail, ou bien tout simplement avoir une passion. J'ai beau expliquer aux gens que ce n'est pas de ma faute, je commence à le croire. Ou bien à le comprendre. Quand je suis sorti de ma chambre, j'ai tapé un de mes chats dans le ventre. Un chat, ça n'a pas besoin d'avoir une utilité, c'est facile pour eux. J'ai trois chats chez moi. Enfin, deux, ça fait une heure que je ne l'entends plus. Il faut que je le trouve, sinon dans deux jours il va puer.

14/03
Aujourd'hui, je suis passé à la banque. Je n'ai pas pu retirer, et j'ai insulté l'appareil. Les gens me regardaient bizarrement. Moi aussi. Je suis passé voir ma mère, pour lui demander de l'argent. Elle m'a dit que j'étais un minable, comme mon père. C'est vrai que mon père est un minable. Il a cinquante ans, il ne travaille pas. Mais c'est pas la même chose pour moi, je suis jeune, il faut juste que je trouve quelque chose. Ma mère m'a dit aussi que je finirai comme lui, et qu'elle ne m'aidera pas jusque là. J'ai alors donné un coup de pied dans la table, et un verre à pied s'est cassé par terre; elle est tombée dessus. Elle s'est ouvert la joue, et je lui ai pris cinquante euros. Je ne suis pas minable. Il faut juste que je trouve un boulot. Je n'ai que vingt cinq ans.

15/03
Aujourd'hui, je n'ai rien fait. Je suis resté chez moi, et j'ai eu une idée. Il faut que je fasse du sport. Ca ne peut que m'aider. J'ai écrit le programme que je me donne à suivre tous les jours sur une feuille A4, et je l'ai scotchée sur la porte d'entrée. J'ai cinq appels en absence de ma mère, mais je ne veux pas écouter les messages. Je vais me débrouiller. Demain je dois voir ma copine, et je ne sais pas si j'ai envie. Elle a une vie facile, elle ne sait pas ce que j'endure.

16/03
J'ai emmené ma copine dans un bar. J'ai payé toutes les tournées, pour lui montrer que j'avais de l'argent. Quand elle m'a demandé d'où il venait, je lui ai dit que je bossais à mi temps. Elle avait l'air contente. Moi je ne sais pas. J'en ai marre de savoir qu'elle puisse avoir un jugement sur ce que je fais. Et elle continuait, en me disant que je pourrai enfin faire des choses que j'aime, etc.... Je lui ai dit de se taire. Après on s'est engueulés, je ne me souviens pas ce que je lui ai dit, seulement que je lui ai donné un coup de poing dans la gueule. Elle avait deux dents en moins et elle pleurait. Je suis rentré chez moi. Au fait, je n'ai pas fait de sport le matin, je me suis levé à une heure de l'après midi. Ca aussi, ça me fait chier.

17/03
Ce matin, j'ai pensé au suicide. Pas le mien, mais l'idée générale. Puis, on a toqué à la porte. C'était le père de ma copine. En y repensant, je me dis que j'ai bien fait de lui ouvrir. La porte à peine ouverte, il est rentré et s'est mis à me rouer de coups. Je ne sentais pas grand-chose, à cause de la surprise. Puis il m'a frappé au visage. Là, j'ai eu mal. Et chaque parcelle de mon corps, chaque muscle, chaque nerf, se sont mis à hurler, à m'envoyer des signaux d'alarme. Je ne pensai pas avoir une telle force. J'ai réussi à me relever, puis à prendre un peu de distance. Il m'a alors foncé dessus, à la manière d'un rugbyman. Nous avons échoué près de la table basse, où s'amoncelaient les restes pourris de mon repas de la semaine dernière. Sentant qu'à cause du poids de son corps sur le mien, j'allais de nouveau perdre le contrôle, je me suis mis tant bien que mal à farfouiller sur la table. J'y ai pris une cuillère, et je l'ai enfoncée de force dans la bouche de mon adversaire, jusqu'à la gorge. Il s'est dégagé, étouffant et crachant des glaires de sang. J'ai dû y mettre trop de force, je lui avait déchiré les muqueuses. Une fois debout, j'ai pris un couteau. Il était particulièrement sale, il y avait de la moisissure sur la lame. Et j'ai tenté de lui enfoncer la lame dans l'œil gauche. C'est marrant de voir comme un œil peut résister à la pression d'un couteau de table bon marché. La lame s'est cassée une fois à l'intérieur. Et lui hurlait de rage et de douleur, se tortillant comme un ver à qui on aurait enfoncé un cure dent dans le corps, suffocant, le visage partagé entre le rouge, le violet, et le noir. Il a dû mourir peu de temps après, car il ne bougeait plus. J'ai continué à jouer avec lui jusqu'à la fin d'après midi. C'était assez drôle. Maintenant, j'ai l'impression d'être quelqu'un, je sais que j'ai du pouvoir. Oui, j'ai bien fait d'ouvrir la porte.

19/03
Je me suis promené toute la journée d'hier. J'avais emporté des morceaux du cadavre pour les jeter dans la rivière, une fois sorti de la ville. Il n'y avait pas grand monde dans les rues, et heureusement, car j'ai pu faire plusieurs allers retours. Maintenant, il n'y a plus que sa tête et la colonne vertébrale chez moi; je ne sais pas quoi en faire. Je vais les ranger proprement en attendant d'avoir une idée. J'ai tellement marché hier qu'en rentrant, je me suis endormi sur le canapé.
Aujourd'hui, je n'ai presque rien fait. Ce matin, j'ai été utiliser l'argent que le père de ma copine avait sur lui, pour acheter un gros couteau de chasse. J'ai prétendu avoir un cochon à tuer, dans la soi disant ferme où je travaillais. Quel con, ce vendeur. Je l'ai affuté une partie de la journée, et après, je me suis reposé. J'ai préparé des vêtements de sport, pour ce soir. J'ai enfin trouvé une activité physique qui me plait.

Visez la tête!

nihil

Bordel!
Posté le 03/10/2008
par Putsch


Alors, encore un texte de merde, mais pour une fois, il sera utile à au moins une personne, c'est-à-dire moi. Et, petite précision, je me contrecarre de ce que vous pouvez en penser, si à tenter que vous pensiez. Donc ce texte, c'est juste quelques réponses à quelques idées données par des connaissances, dont je n'avais pas sur ce moment, par fatigue devant tant de dégueulis, relevé. Mais aujourd'hui, c'est différent, je suis fatigué d'être fatigué de ce genre de choses. Donc au hasard...


La gentillesse, ça n'existe pas. C'est une chimère, dont les plus proches stigmates sont forcément motivés par un intérêt plus ou moins cernable. Comme la compassion, qui n'est rien de plus qu'une invention de publicitaire. Et c'est tant mieux, bande de sous races, parce que moi, dans le cas contraire, ça me ferait gerber de l'acide nitrique, vu l'état actuel de ma santé mentale.

Ensuite... Oui, voilà.

La faim dans le monde, on s'en cogne. C'est un effet de mode, sans plus. Ca permet aux ministrables de le rester. Et puis, c'est facile de porter des jugements sur ces famines successives du haut de son petit confort, dans le seul but de pouvoir se taper une petite connasse de hippie. « Et mon confort, à moi? » Je le porte à la plus haute importance, et je tuerai ta mère pour le garder. Donc, moi, je suis franc, je le dis, que je m'en tape du petit africain qui crève. Petite fiotte.

Aussi...


La musique moderne, quelle qu'elle soit, c'est-à-dire rap, rock, métal, trip hop, ou n'importe quoi d'autre, c'est de la merde avilissante. Tu auras beau dire ce que tu veux, d'une chanson à l'autre, tu écoutes la même chose. Même l'idée de création est abolie; l'original, c'est mort depuis bien avant nos naissances à tous. Dans tous les cas, c'est pas parce que je n'en fais pas que je ne dois pas demander l'excellence, même si ça équivaut à donner des coups d'épée dans l'eau, ou, plus simplement, se passer de « musique ». Ce qui est mon cas. Et je t'emmerde.


Encore...

Alors, si, les clochards ont le choix. D'une parce que la plupart a décidé d'être à la rue, obéissant à leur concept chéri de « liberté », liberté qui consiste ici à avoir le sida, des poux, et ne pas manger à sa faim. Ca c'est surtout pour les punks à chiens que tu retrouveras en rave, ceux là mêmes qui tenteront de t'enculer pour un gramme de speed. Attention ce n'est pas du vécu, je ne suis pas une sous merde. Ensuite les autres. Rien que ça, ils touchent le RMI - comme vos amis les punks - et donc, de là, c'est franchement une question de volonté pour s'en sortir, de la rue. Disons plutôt que finalement, les cloches, c'est rien qu'un ramassis de feignasses incapables de se lever le matin pour travailler - et ce, d'autant plus s'ils ont le sida, ces toxicos.


Donc on revient à la « liberté ». Ca aussi, ça ne vaut rien. Pourquoi? Parce qu'il y aura toujours quelqu'un ou quelque chose qui t'empêchera de penser de manière vraiment personnelle, qui te fera réfléchir dans un sens plutôt qu'un autre. Donc, de là, le choix ne t'appartiens plus dans l'absolu, sans pour autant appartenir à quelqu'un d'autre (quoique ce soit plus plausible). Donc, franchement, tes histoires de libre arbitre qui sentent bon le sperme de révolutionnaire...


Mais là, vous commencez à me faire chier. J'aurais d'autres trucs à dire, mais je crois que ce soir je vais plutôt taper dans un mur jusqu'à éclatement des phalanges. Ca m'évitera d'écrire des conneries mal expliquées à cause de mes nerfs... Et puis merde, allez vous faire foutre.



Bande de cons.


Message complémentaire : Alors, si avec ça, on se fait pas un max de potes Quebecois, je ne comprendrai vraiment pas... Au fait, je sais que ce truc est franchement merdique, tant dans l'idée que dans la phrase, mais bon, moi ça m'a permis d'éjaculer un bon coup, donc...Enfin bref, c'est nul à chier.


Trafiquant d'organes
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Putsch

Le temps que ça a mis pour passer ce truc dans le tri sélectif me fait proprement halluciner.
J'assume.

Evariste

Je ne suis pas franchement émoustillé par les textes que je viens de lire sur cette pages, mais j'aime bien le ton. Oui, sachez-le, j'aime bien le ton. Je pense d'ailleurs que si l'auteur se foulait un peu ou osait écrire vraiment un texte, eh bien je pense que cela ne serait pas forcément nul.

nihil

L'inégalable imbécile
Posté le 23/10/2008
par Putsch



Chaque jour, il se lève, envers et contre tous. Chaque jour, il se lève, et surtout contre lui-même. Parce qu'il sait ce qu'il est, et qu'il ne peut se défaire de lui même, alors que sa propre existence est pour lui corrosive. Il est son propre poison, et chaque jour, en se levant, il tente de le nier. Le combat d'une vie. Une vie de misère, puant le paradoxe de l'existence, de son existence. Peut-être celle des autres aussi, mais il ne tente plus de comparer; ça ne le rassure plus. Et aussi ne parvient il plus à trouver les maux qui se cachent derrière les sourires las et les visages confiants et naïfs qu'il croise au fil des errances dont il n'a jamais été maître. Car, il le sait maintenant, la vie d'un homme ne lui appartient pas. C'est une chimère. Et par suprême ironie, la vie d'un homme n'en appartient pas à un autre. Du moins, plus maintenant. C'est d'autant plus douloureux: lorsque l'on est esclave d'un homme, l'espoir n'existe pas, mais dans le cas contraire, il vient allumer le brasier de la déception.
Et une fois l'effort rituel d'abdication effectué, il sait avoir tant encore à endurer. Car au-delà de son propre fardeau, se juxtapose, lourd, terrassant, celui des autres. Il suffoque, du haut de sa stupidité fondamentale, au contact de la leur, éclatante de transparence. Car ils la montrent, ostensiblement, ce qui est compréhensible dans un monde où l'imbécilité pathologique est légitime, considérée comme une vertu, et qui par-dessus tout semble constituer le fer de lance de la nouvelle génération. Et la satisfaction que cela semble leur procurer le ronge.
Il la connaît plus qu'il ne se connaît lui-même, la gueule de l'autosatisfaction. Chaque regard qu'il croise en est saturé, dans le métro, dans la rue, au travail. Les murs de plâtre de son bureau en suintent, tant l'air est lourd de naïve prétention. Et lors de la pause de midi, abandonnant ses collègues pour le calme fugitif de l'entreprise alors désertée, c'est face à sa propre femme qu'il peine. Elle qui, tentant avec témérité de cacher le prosaïque implacable qui transparaît dans la conversation téléphonique, développe pour son seul mâle des trésors de rhétorique amoureuse, pré ou post coïtale, laissant alors son homme chercher des réponses stylisées qu'il n'a plus la force, ou l'envie, de trouver. Deux automates qui communiquent, sans substance.
Et ce monde là, il le portera jusqu'à la nuit, où il retrouvera son combat le plus intime.

Peut-être qu'un jour, lorsque son esprit vomira toute cette nourriture métaphysique, il trouva une solution. Non pas à la gangrène qui bouffe ce monde boiteux, mais tout simplement à la manière dont il le perçoit. Et la seule réponse possible lui apparaîtra dans toute sa globalité, limpide. Et il n'aura pas besoin de grand-chose: un peu de rage, un profond dégoût de soi même, et un objet tranchant.
Et peut être même, voyant la clairvoyance qui découle de son geste, et quelques anecdotiques taches de sang sur le costume bon marché de son propriétaire, que les autres, apprendront à se faire plus petits qu'ils ne le sont déjà.
Avec de la chance, c'en deviendra peut-être un jeu.

Trafiquant d'organes
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Das

C'est bizarre. C'est une introspection hétérogène, avec des moments très valables, et d'autres chiants.
Le style, fluide, agréable, excepté quelques tâches, ici et là, genre "post coïtale" avec quelques lignes plus loin "bouffe ce monde". L'écart de langue jure un peu, quoique ça ajoute un peu de spontanéité au texte, un peu d'autenthicité, ce dont il manque.
Il n'en reste pas moins qu'il faut choisir un registre et s'y tenir, et injecter l'autenthicité autrement.

Mais surtout, c'est ce "il" qui ressemble à un procédé de distanciation.
J'ignore si c'est voulu, mais on ne cesse de buter sur cet indéfini dont les pensées sont surdéfinies.
Particulier, général, tout ça, bref, ça colle pas.

Explication de l'auteur?

Putsch

#9
Si tu veux.
Le "il" distancié définit l'inégalable imbécile, donc ça peut être toi, ou moi, voire l'homme en général. Dans l'idée, c'était moi, mais j'ai voulu que ça reste général.
Le style? C'est pas compliqué, j'étais sur les nerfs, et quand je suis sur les nerfs, je ne me relis pas. Je l'ai écrit directement sur le truc de la zone, un peu au pif.

A présent, je sais que je travaillerai un petit peu plus mes textes avant de les poster; ça évitera à nihil de perdre son temps à lire des textes inégaux.

A la relecture, les images sont merdiques, et le style inégal; mais bon. Je ferai mieux la prochaine fois. Ou alors de la merde, mais travaillée.

nihil

Toi en fait, t'es chiant. Presque pour tous tes textes, je me dis qu'il manque pas grand-chose pour en faire quelque chose de valable. Mais y a toujours un truc qui merde un peu trop. Autant dans 'marriage' que dans celui-ci, c'est le début qui merde. Ca blablate, pour ne rien dire en plus, et c'est assez confus. Je veux dire, on est loin de la démonstration du siècle. On a du mal à bouger dans l'argumentation, ça patine, on pige pas bien les liens de cause à effet. Bref c'est pas clair.
Et c'est con, parce que l'idée et l'ambiance sont bien, la fin aussi, qui pour le coup devient péremptoire et faussement distante. Mais forcément, avec un début ennuyeux qui pèse 75% du texte, c'est plus jouable.
Trafiquant d'organes
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Putsch

En parlant mariage, tu as lu les corrections (qui n'en sont pas vraiment, d'ailleurs)?
Tu veux quel genre de robe?

Putsch

Voilà, j'ai écris une connerie pour noël, c'est mon cadeau.
(Je ne crois pas que ça vaille grand chose, c'est pourquoi je le mets direct à la poubelle)

     NOËL


    J'arpente les allées mornes et monochromes de pastel et de joie. Je louvoie entre les masses de visages répugnants, tout sourire, et je sue. J'étouffe déjà, sans fin; je suis déjà mort. Je me noie en eux, dans le vide de leurs yeux, l'uniforme de leurs âmes. Ils sont tous les mêmes et je leur ressemble; je me hais, passivement.
     Tout est verbiage vain, mains prestes et avides, avides de plaisir, cause de leur extinction. Ils ne sont rien, n'existent pas, mais ne le sauront jamais. C'est leur fardeau de ne pas savoir. Ce que je fais, ce n'est que leur donner la consistance physique de ce qu'ils ont en eux. Rien de plus. Et je les rejoindrai, car je suis eux, tout aussi vide. 
    Demain, car je le sais d'expérience, il n'en paraîtra rien. Ils sont trop nombreux, à tel point qu'ils en sont identiques.  Mon œuvre sera vaine, comme l'est toute offrande. Mais ce n'est pas un problème, je ne cherche qu'à rendre l'homme plus beau, et non pas meilleur. Tout concept a ses limites.
    J'ai peu de temps, car leur laideur, ils l'admirent, et la protègent; j'espère être à la hauteur de mes attentes. Malgré moi, j'ai la sensation que l'on me regarde. Pourtant, n'importe où que mes yeux se posent, il n'y a qu'entités flasques fouillant désespérément à la recherche de l'objet de leurs désirs.  Leur manie de possession est forte, en cette période de froid rigoureux, et personne ne me prête attention.  Je trouve ça mignon.
    Mon repérage terminé, il me faut aller à la meilleure place d'exposition possible. 3ème étage, jouets, articles pour enfants. La foule y est plus que dense, je parviens à peine à marcher. Peut être, pense-je en souriant, que c'est leur manière de me prouver leur existence. Le contact physique. Le point parfait est à quelques mètres, je mets la machine est route. J'ai une minute trente pour y parvenir, et j'y offrirai la meilleure face de l'homme, et tous, voyant le tableau, ne pourront que s'incliner devant la beauté de l'œuvre. Il faut être profondément humaniste, me dis-je, pour tenter ainsi de sublimer l'humain.
    Je nous aime, pour ce que nous pourrions être, et nous hais, pour ce que nous sommes.
    Vingt secondes. Tous passent, repassent, inexorablement attirés vers ce qui brille. Je les aime, comme par habitude. Pas de surprise, c'est là la clé de l'amour véritable. Tout comme de la haine sourde.
    Le mécanisme se déclenche, je me sens libre. Libre comme nos viscères, qui de concert, se sont mises à voler, décrivant un ballet dont la logique nous est inconnue. Je n'entends rien, mais je sais qu'ils crient, ce doit être leur manière de remercier. C'est beau, et j'en aurai pleuré. Mais déjà j'oublie, je suis autre. Tout est déjà fini, les membres ont succombé à la gravité. Tout est cendre, sang, et chair. Mon seul œil valide entrevoit l'œuvre, et ce qui me reste de crâne sait que même les dieux ne pourront qu'approuver ce regard neuf sur l'homme, totalement nu, et véritable. Tout est écarlate, c'est magnifique...

nihil

En effet, je suis pas convaincu. Pour être précis, ton narrateur semble pas convaincu non plus. On a vraiment l'impression qu'il s'en fout un peu de tout ça. Ca pourrait être bien, mais avec les petites réflexions oiseuses qui parsèment le texte, ça colle qu'à moitié.
Trafiquant d'organes
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Putsch

Je sais, j'ai du mal à savoir décrire correctement le paradoxe qu'il l'habite, et surtout rendre avec fidélité la passion qu'il ressent. C'est effectivement morne, c'est pour ça que je l'y ai tout de suite placé dans ce topic.
Ca viendra avec le temps, ou de l'entrainement, je pense. 
Un jour peut être écrirais je quelque chose de bien. En attendant j'y travaille.