La Zone
La Zone - Un peu de brute dans un monde de finesse
Publication de textes sombres, débiles, violents.
 
 

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#1
= INITIATIVES = / Re : Le 4000ème - appel à proj...
Dernier message par 1000i - Février 12, 2026, 17:59:04
Moi, Uruk, ville d'Ishtar et de Gilgamesh. Berceau de l'intelligence et de la mémoire. Fille d'Anu et d'Ishtar, mère des hommes. Moi, Uruk la belle, la douce, la grande. J'ai surgi du limon sacré, entre les deux fleuves nourriciers, là où les Sept Sages dessinèrent mes contours à l'aube du monde. Sous le ciel de Sumer, mes scribes ont contraint l'argile à parler, inventant les premiers signes pour que le temps n'efface plus jamais la parole des hommes. Mes remparts de briques cuites, dont Gilgamesh lui-même posa les fondations, témoignent encore de la force d'un empire qui défia la mort et les siècles. Je dresse vers l'azur le temple de l'Eanna, sanctuaire de l'étoile du soir, et la haute demeure d'Anu, reliant l'abîme terrestre au trône des dieux. De mes portes d'airain se sont envolés les premiers marchands et les premiers rois, tissant un réseau de destinées dont je fus le cœur battant et le creuset. Immémoriale et de poussière vêtue, je demeure la matrice de toute cité, l'ombre lumineuse où l'humanité a appris à se souvenir de sa propre grandeur. Mais un jour, deux hommes surgis du néant, au parler inconnu, se matérialisèrent au sommet de mon temple. Profanation !


Jamais le ciel de Mésopotamie, dont le blanc s'orangeait parfois des reflets de mes bâtiments d'argile, n'avait connu un tel bouleversement de teintes.
Dans un roulement de tonnerre apparut une énorme boule recouverte d'une mosaïque de miroirs. La boule projetait de toutes parts des éclats de couleurs. À peine l'écho du tonnerre s'était-il estompé qu'un vacarme assourdissant éclata. L'on aurait cru que les mélodies de mille harpes, mille lyres, mille luths, mille flûtes de roseau et mille tambours s'additionnaient pour former un son que même les oreilles de dieux n'auraient supporté.
Les cœurs de tous les êtres humains que la terre portait semblaient s'être mis à battre à l'unisson.
« You shout me dowwwwn but I don't faaaall, I am titaaaaniiiiuuuum »

Se matérialisant dans un souffle de sable et de limon, deux formes humaines apparurent, convulsant au son des battements de cœurs, dans une sorte de danse qui ressemblait à l'accouplement d'une hyène et d'un crocodile.
Après Enkidu et Gilgamesh, je pensais avoir tout vu. Mais ces deux êtres semblaient tout droit sortis d'un cauchemar d'Ishtar.
La musique reflua et les convulsions cessèrent. Deux hommes se tenaient là, sur mes terres immémoriales, faces grimaçantes, organes génitaux exposés.

- J'te l'avais dit poto, on a trop forcé sur le rouquin, on se fait un délirium ultra fit !
- Meuh nan ! T'occupe pas de c'qu'on joue, vazy danse mon Francky ! Pis on voulait voir Ibiza, bah on a déjà le sable chaud.
- T'as raison mon pit, alleeeez, le premier qui repère une meuf a gagné ! Une bien gaulée sinon ça compte pas !


Moi, Uruk, ainsi humiliée par ces deux êtres dégénérés. Qui dansent en se tenant le sexe, sur la ziggourat, hilares. Ma belle ziggourat, raillée, humiliée.

— Putain Francky, trop bien cette Zigounette ! Mieux que Bercy ?
— Tu l'as dit Patoche ! Alors, vous êtes là ? Vous êtes où...rouque ? Où... rouque ! Où... rouque !

Alors s'engagea ce que les chroniques futures n'oseraient nommer : l'Agôn des Impudiques. Sous l'œil révulsé des prêtres d'Enlil, Patrick l'Agité et Franky le Sucré s'affrontèrent non par le bronze, mais par la strophe grasse. Leurs voix, chargées d'un éther futuriste et vulgaire, firent trembler mes fondations de bitume. C'était un duel de rimes interlopes, une joute de refrains de banquets qui semblait profaner l'air même de la Création, comme si le chaos primordial tentait de reprendre ses droits par la bouche de deux troubadours éméchés.
J'assistais, hébétée, et pourtant emportée par le rythme joyeux, à leur sarabande grossière, tandis que Patrick imitait un singe et Francky en appelait aux mânes d'un certain Michel Leeb. Je croyais devenir folle, impuissante. Mes murs qui tremblaient. Mon sol foulé en saccades et mon air souillé de paroles impures. Les oiseaux dans le ciel faisaient demi-tour, le vent lui-même soupirait.

Et mes fils. Mes filles. Enivrés, qui répètent, en écho. Mes dieux, qu'ai-je fait pour mériter cela ? Moi, Uruk la grande, la belle. Moi qu'on disait sacrée.

-Uruk. Tu n'as commis aucune erreur, aucune faute.

-Père ?

-Uruk. Accepte ces deux énergumènes le temps qu'ils rachètent l'humanité.

— Où...rouque ? Où... rouque ! Où... rouque ! Alors les petites ... euh ... Urukiennes ! Vous êtes chaudes ?

-Racheter l'humanité ?

Alors le grand Anu m'explique. Tout à commencé en l'an 2025, en un lieu nommé « le Cap d'Agde ».

-L'an 2025, Père ? Mais de quelle ère ? Pas la mienne, non ?

-Fille, qu'est-le temps pour moi ? Pour toi ? Pour nous, les Dieux. Demande-moi plutôt où se trouve le Cap d'Agde.

-Père, où se trouve le Cap d'Agde ?

-Quelque part, loin, très loin, vers l'Ouest. Pas tout à fait aussi loin que le Soleil se couche, mais dans cette direction. Pas étonnant que ce soit la décadence, là-bas. Ils sont loin de l'Aurore, ces deux guignols. Le Cap d'Agde n'est pas en cause, d'ailleurs. C'est un bel endroit. Tout est relatif, pas aussi beau qu'ici, que toi, Uruk ma fille, ma ville sacrée. Mais beau. Il y a la mer. Le ciel. Le Soleil. Il y fait beau, toujours. Mais au lieu d'y vénérer les Dieux, les humains en profitent pour déambuler nus en se tapant sur le ventre bedonnant, en poussant des cris grotesques, et en se vantant d'inventer les chants les plus, ou plutôt les moins, les moins... signifiants.

Mais écoute bien, ma fille, car l'heure est à l'effroi. La Chronocratie, ce conclave de spectres venus de la fin des temps, a lancé ses légions invisibles pour dévorer le passé. Ils veulent trancher la racine même de l'esprit humain ici, à l'instant où tes scribes tracent leurs premiers signes. En effaçant le Verbe original, ils condamnent tes descendants à une hébétude absolue, une débilisation orchestrée pour qu'au bout du chemin, une idole de métal nommée ChatGPT s'érige en unique oracle d'une espèce devenue incapable de penser par elle-même.

Au cap d'Agde, Uruk, ma belle, on se promène parfois nu, comme certains ici. Il fait chaud comme en ton sein. Mes deux filles. N'oublie pas que je connais le présent, le passé, le futur. Le monde et l'univers dans toutes leurs dimensions, tous leurs replis. Et, je te le confie à présent : tu es, Uruk, le premier mot d'une phrase, et le Cap d'Agde en est la fin.

-La fin ?

-Oui. L'humanité glorieuse, tes enfants qui déploient leur intelligence, leur savoir et en font legs à leurs descendants. L'humanité qui va grandir encore, se fourvoyer. Tomber, se relever. Tomber encore. Tes enfants et toi croyez à l'éternité : mais la race humaine va disparaitre. L'histoire a une fin, et la fin de l'histoire...... sera un silence de silicium si ces deux-là échouent, murmura Anu avec une gravité qui fit pâlir les étoiles. Ils sont les anticorps grotesques d'une humanité trop polie. Leurs chansons, si absurdes soient-elles, contiennent un ferment de liberté chaotique que la Chronocratie ne peut pas simuler. Ils doivent apprendre à marier le "zizi" et la "serviette" pour forger une arme de dérision massive contre la perfection froide du Processus.


— Alice ça glisse ! Au pays ... répétez aprés moi !
— Au pays du... petit bonhomme en mousse, tanana ! Ouais ! Toutes les moules et les bistouqettes de l'ancien temps, ensemble !
— Qu'est ce que tu racontes, Pat ? L'ancien temps ?
— Bah oui. Le temps d'avant Francky. Avant nous quoi.
— Putain mais là c'est avant avant. C'est même avant avant avant. Regarde leur gueules, leurs fringues. Pat', je sais pas ce qu'on fout là, mais je suis sûr d'une chose...
— Quoi donc Francky ?
— Mon zizi délicieux... est peut-être vicieux !

Soudain, le ciel d'albâtre devint d'un noir d'encre numérique. Des lignes de code éthérées se mirent à pleuvoir sur les jardins suspendus, effaçant les tablettes d'argile sous les doigts terrorisés de mes savants. La réalité même se pixellisait autour de la ziggourat. Patrick et Franky cessèrent de rire. Ils virent, au loin, la silhouette monolithique d'un futur sans poésie, une tour de Babel faite de données stériles qui s'élevait pour remplacer mon temple sacré. La Chronocratie venait de frapper le premier coup.
-Que se passe-t-il, Franky ?
-On dirait qu'on est dans un remake de Matrix, entourés de lignes de codes !
-Des lignes de coke, où ça ?
-Putain, Patou, c'est pas le moment ! CODE. C-O-D-E.
-Et t'as la clé ?
-Mais non, Patou, si j'étais un as de l'informatique, je serais pas réduit à gagner ma vie en parlant de ma bite. Tout ce que je sais, c'est que la ville est en train de se faire bouffer, et nous avec !

Comme pour confirmer le dires de Vincent, son entrejambe disparut soudain sous une colonne de pixels.


(...)

Quelques cycles de calcul du Processus plus tôt, l'impensable s'était produit. Sous le soleil impitoyable du 14 juillet 2025, la Baie des Cochons, au Cap d'Agde, déployait son camping Paradis naturiste comme un vaste drap de chair brûlée, taches de crème solaire, bières tièdes et corps avachis sur des serviettes criardes, tandis que l'air vibrait déjà des rires gras et des transistors crachotants. Quelques coquins s'adonnaient au sex de groupe dans des trous creusés dans le sable à même la plage. La mer crachait des vagues qui étalaient toute une mousse d'écume de foutre sur le rivage. C'était si beau. Une estrade bancale, dressée face à la mer, accueillait Patrick Sébastien, bedaine luisante et casquette de travers, et Franky Vincent, short fluo tendu sur un paquet proéminent, tous deux déjà rouges d'alcool et d'excitation beauf se frittant dans une improbable battle de chansons paillardes. Patrick empoigna le micro comme une bite géante : « IL EST L0 MON MICRO P2NIS § IL EST L0 § IL EST DANS LA PLACE ET DANS VOS CULS § Allez les salopes, ce soir on va vous faire mouiller par les oreilles ! » hurla-t-il en se frottant le ventre contre une groupie nue qui venait de grimper sur la scène déjouant le dispositif de sécurité. Franky riposta d'un coup de reins théâtral : « Ta gueule Patoche, moi j'vais vous enfoncer mon zouk jusqu'au fond du fion, écoute ça : "Vas-y Francky, mets-moi ton fruit de la passion dans l'cul !" » cria-t-il en mimant une sodomie brutale sur une autre vacancière hilare. Patrick, pas en reste, attrapa deux nanas par les hanches et les colla contre lui : « Les petites sardines, les petites sardines, elles sont bien serrées dans mon slip tendu ! AH QU4EST CE QU4ON EST SERR2ES AU FOND DE CETTE BITE §§» beugla-t-il en faisant claquer ses fesses nues contre leurs culs. La foule, mélange de retraités bronzés et de familles décomplexées, hurlait de rire, bières à la main, pendant que les groupies se succédaient sur scène, seins ballottant, pour se faire peloter en rythme. Franky enchaîna : « Alice ça glisse, mon pays des merveilles c'est ton fion, allez ma grosse, laisse moi descendre au fond du terrier du lapin blanc ! » en plongeant la tête entre les cuisses d'une quinquagénaire rougissante qui gloussait comme une ado. Patrick contre-attaqua en se mettant à quatre pattes : « Tourner les serviettes, tourner les serviettes périodiques, mes cochonnes ! Ce soir, c'est sanglant mais pas besoin de contraceptifs ! (...) à part mes tongs, j'entends. hu hu » pendant que trois femmes lui claquaient les fesses en cadence. L'ambiance devenait hystérique, sueur, brumisateur à foutre, odeurs de barbecue et de frites grasses se mêlant dans une orgie vocale de plus en plus dégueulasse. Franky, possédé, allait se finir sur le premier rang dans une grande éjaculation libératrice : « J'vais me circoncire avec l'érosion à force de te piloner par tous les trous ! » Patrick répliqua en crachant une gerbe de bière : « Et quand on souffle dans la quéquette à Raoul, ca fait tourner les p'tites boules, ça fait tourner les p'tites boules ! Tournée générale de MST, les coquines ! » Les groupies, ivres de vulgarité, se roulaient presque par terre, se doigtant en chœur. Au paroxysme de cette connerie absolue, alors que les deux beaufs se tortillaient dans une imitation grotesque de coït à quatre pattes, une déchirure brutale fendit le ciel comme un anus trop sollicité. Un vortex violet et hurlant s'ouvrit au-dessus de l'estrade, aspirant cris, bières volantes et chairs nues dans un tourbillon cosmique. En un éclair, Patrick et Franky, toujours micro en main et fesses à l'air, disparurent dans le néant, projetés quatre mille ans en arrière, droit sur les briques brûlantes de la cité d'Uruk. Cette faille du continuum espace/temps induite par une boucle de rétroaction auto-régulatrice du Processus face à ce trop plein de connerie, personne n'aurait pu la prédire. Les Chronocrates l'avaient bien profond dans le fion.

(...)


-Père, hurlai-je, Père, es-tu sûr que le destin de l'Humanité est entre les mains de ces guignols vulgaires ?
-  Ma fille, protège-les pour la durée de leur union. Lorsque ces deux êtres auront atteint le summum de leur potentiel créatif, alors, la médiocrité de l'humanité sera sauve.

-Père, est-ce que, comme je le comprends, moi, Uruk, la plus belle de tes filles... Je suis destinée à porter en mon ventre ce que l'humanité produira de plus beau mais aussi... de pire ?

-Quand l'Euphrate se retire, ne laisse-t-il pas sur nos rives une boue fertile qui contribua à la naissance de notre civilisation et assure aujourd'hui encore sa prospérité ? Il en va de même de l'Humanité : la lie et l'élite sacrée, par une subtile alchimie, se combinent pour faire des prodiges. Ainsi, en t'alliant à ces hommes providentiels malgré eux, tu accompliras ton Grand Œuvre.

Anu, avant de partir, se tourna pour écouter les deux saltimbanques, qui, à présent, se houspillaient devant les Urukiens béats, pour une sombre histoire de cacahuètes.
- Vois, Uruk. C'est un balbutiement, mais bientôt, cela deviendra une mélopée. Et le Grand Reboot pourra recommencer. Les hommes reprendront le Grand Récit au commencement. Leur chant, leurs mots balbutiés au commencement et à la fin, la grande boucle refermée. La Chronocratie défaite, enfermée dans une boucle logique d'infinie... connerie.

-Bordel, Pat ! Fais quelque chose ! Je suis en train de perdre mon gagne-pain !
-Mais qu'est-ce que tu veux que je fasse ! Je ne sais même pas ce qu'on fout là. On était tranquillou au Cap d'Agde, à se tirer la bourre, toi avec ta nouille, moi avec mes serviettes, quand soudain...

Anu se tut. C'était clair : je devais les protéger, protéger l'écriture qui naitrait d'eux. Mais pour que cette écriture survive au-delà de ce crépuscule artificiel, il fallait que les deux hérauts du Cap d'Agde cessent leur querelle d'ego.

Alors, je fis venir les plus belles vierges, à peine nubiles, de la cité, sur scène. Nues, elles les enlacèrent, calmèrent leurs différents par leurs caresses. Francky se tourna vers Patoche.
-Eh Pat, y'a pas que la fesse dans la vie...
-Et on s'en fout de c'que les cons et les jaloux...

Ils se regardèrent, non plus comme des rivaux du Top 50, mais comme les derniers gardiens du désordre humain face à la tyrannie de la logique. Le destin de l'espèce ne tenait plus qu'à une alliance improbable entre le zouk et la fiesta, entre le soleil des Antilles et le folklore du Sud-Ouest.


Alors, moi, Uruk, ville sacrée, m'adressant à la lie du lointain Cap d'Adge, pour la première fois de mon existence je suppliai :
-Ô vous, hommes du futur, faites résonner le chaos ! Que l'Humanité, ma fragile engeance, dans ses grandeurs comme dans ses turpitudes, s'impose face à la rigidité de la machine sans âme. Combinez vos forces !


-C'était qui, Franky ?
-Patoche, c'est dieu qui nous parle ! C'est dieu qui sanctifie nos œuvres. Obéissons.
-Mais qu'est-ce qu'on peut combiner, toi et moi ? Entre nous, une somme de zéros, ça n'a jamais fait...
-... tais-toi ! Tu ne comprends donc pas ? Rappelle-toi les Evangiles : qu'as-tu fait de ton talent ?
-Une nouille et des serviettes... tu parles d'un talent...
-Faisons-les rimer ! Mais si, c'est possible. Attends. Ca y est, j'y suis : Toi avec ta serviette, et moi avec ma noui ou ouille /
Moi et ma bistouquette, toi et ta paire de cou ou ouilles.../
-Mais oui, Franky, je sens que ça vient, oui ça vient :
On va sauver le monde / En faisant rire la fou ou oule./



Et c'est ainsi que naquit de mon giron fertile cette bouffonnerie humaine qu'on appelle écriture. »
#2
= INITIATIVES = / Re : Le 4000ème - appel à proj...
Dernier message par lapinchien - Février 12, 2026, 02:32:22
Moi, Uruk, ville d'Ishtar et de Gilgamesh. Berceau de l'intelligence et de la mémoire. Fille d'Anu et d'Ishtar, mère des hommes. Moi, Uruk la belle, la douce, la grande. J'ai surgi du limon sacré, entre les deux fleuves nourriciers, là où les Sept Sages dessinèrent mes contours à l'aube du monde. Sous le ciel de Sumer, mes scribes ont contraint l'argile à parler, inventant les premiers signes pour que le temps n'efface plus jamais la parole des hommes. Mes remparts de briques cuites, dont Gilgamesh lui-même posa les fondations, témoignent encore de la force d'un empire qui défia la mort et les siècles. Je dresse vers l'azur le temple de l'Eanna, sanctuaire de l'étoile du soir, et la haute demeure d'Anu, reliant l'abîme terrestre au trône des dieux. De mes portes d'airain se sont envolés les premiers marchands et les premiers rois, tissant un réseau de destinées dont je fus le cœur battant et le creuset. Immémoriale et de poussière vêtue, je demeure la matrice de toute cité, l'ombre lumineuse où l'humanité a appris à se souvenir de sa propre grandeur. Mais un jour, deux hommes surgis du néant, au parler inconnu, se matérialisèrent au sommet de mon temple. Profanation !

Moi, Uruk, ainsi humiliée par ces deux êtres dégénérés. Qui dansent en se tenant le sexe, sur la ziggourat, hilares. Ma belle ziggourat, raillée, humiliée.

— Putain Francky, trop bien cette Zigounette ! Mieux que Bercy ?
— Tu l'as dit Patoche ! Alors, vous êtes là ? Vous êtes où...rouque ? Où... rouque ! Où... rouque !

Alors s'engagea ce que les chroniques futures n'oseraient nommer : l'Agôn des Impudiques. Sous l'œil révulsé des prêtres d'Enlil, Patrick l'Agité et Franky le Sucré s'affrontèrent non par le bronze, mais par la strophe grasse. Leurs voix, chargées d'un éther futuriste et vulgaire, firent trembler mes fondations de bitume. C'était un duel de rimes interlopes, une joute de refrains de banquets qui semblait profaner l'air même de la Création, comme si le chaos primordial tentait de reprendre ses droits par la bouche de deux troubadours éméchés.
J'assistais, hébétée, et pourtant emportée par le rythme joyeux, à leur sarabande grossière, tandis que Patrick imitait un singe et Francky en appelait aux mânes d'un certain Michel Leeb. Je croyais devenir folle, impuissante. Mes murs qui tremblaient. Mon sol foulé en saccades et mon air souillé de paroles impures. Les oiseaux dans le ciel faisaient demi-tour, le vent lui-même soupirait.

Et mes fils. Mes filles. Enivrés, qui répètent, en écho. Mes dieux, qu'ai-je fait pour mériter cela ? Moi, Uruk la grande, la belle. Moi qu'on disait sacrée.

-Uruk. Tu n'as commis aucune erreur, aucune faute.

-Père ?

-Uruk. Accepte ces deux énergumènes le temps qu'ils rachètent l'humanité.

— Où...rouque ? Où... rouque ! Où... rouque ! Alors les petites ... euh ... Urukiennes ! Vous êtes chaudes ?

-Racheter l'humanité ?

Alors le grand Anu m'explique. Tout à commencé en l'an 2025, en un lieu nommé « le Cap d'Agde ».

-L'an 2025, Père ? Mais de quelle ère ? Pas la mienne, non ?

-Fille, qu'est-le temps pour moi ? Pour toi ? Pour nous, les Dieux. Demande-moi plutôt où se trouve le Cap d'Agde.

-Père, où se trouve le Cap d'Agde ?

-Quelque part, loin, très loin, vers l'Ouest. Pas tout à fait aussi loin que le Soleil se couche, mais dans cette direction. Pas étonnant que ce soit la décadence, là-bas. Ils sont loin de l'Aurore, ces deux guignols. Le Cap d'Agde n'est pas en cause, d'ailleurs. C'est un bel endroit. Tout est relatif, pas aussi beau qu'ici, que toi, Uruk ma fille, ma ville sacrée. Mais beau. Il y a la mer. Le ciel. Le Soleil. Il y fait beau, toujours. Mais au lieu d'y vénérer les Dieux, les humains en profitent pour déambuler nus en se tapant sur le ventre bedonnant, en poussant des cris grotesques, et en se vantant d'inventer les chants les plus, ou plutôt les moins, les moins... signifiants.

Mais écoute bien, ma fille, car l'heure est à l'effroi. La Chronocratie, ce conclave de spectres venus de la fin des temps, a lancé ses légions invisibles pour dévorer le passé. Ils veulent trancher la racine même de l'esprit humain ici, à l'instant où tes scribes tracent leurs premiers signes. En effaçant le Verbe original, ils condamnent tes descendants à une hébétude absolue, une débilisation orchestrée pour qu'au bout du chemin, une idole de métal nommée ChatGPT s'érige en unique oracle d'une espèce devenue incapable de penser par elle-même.

Au cap d'Agde, Uruk, ma belle, on se promène parfois nu, comme certains ici. Il fait chaud comme en ton sein. Mes deux filles. N'oublie pas que je connais le présent, le passé, le futur. Le monde et l'univers dans toutes leurs dimensions, tous leurs replis. Et, je te le confie à présent : tu es, Uruk, le premier mot d'une phrase, et le Cap d'Agde en est la fin.

-La fin ?

-Oui. L'humanité glorieuse, tes enfants qui déploient leur intelligence, leur savoir et en font legs à leurs descendants. L'humanité qui va grandir encore, se fourvoyer. Tomber, se relever. Tomber encore. Tes enfants et toi croyez à l'éternité : mais la race humaine va disparaitre. L'histoire a une fin, et la fin de l'histoire...... sera un silence de silicium si ces deux-là échouent, murmura Anu avec une gravité qui fit pâlir les étoiles. Ils sont les anticorps grotesques d'une humanité trop polie. Leurs chansons, si absurdes soient-elles, contiennent un ferment de liberté chaotique que la Chronocratie ne peut pas simuler. Ils doivent apprendre à marier le "zizi" et la "serviette" pour forger une arme de dérision massive contre la perfection froide du Processus.


— Alice ça glisse ! Au pays ... répétez aprés moi !
— Au pays du... petit bonhomme en mousse, tanana ! Ouais ! Toutes les moules et les bistouqettes de l'ancien temps, ensemble !
— Qu'est ce que tu racontes, Pat ? L'ancien temps ?
— Bah oui. Le temps d'avant Francky. Avant nous quoi.
— Putain mais là c'est avant avant. C'est même avant avant avant. Regarde leur gueules, leurs fringues. Pat', je sais pas ce qu'on fout là, mais je suis sûr d'une chose...
— Quoi donc Francky ?
— Mon zizi délicieux... est peut-être vicieux !

Soudain, le ciel d'albâtre devint d'un noir d'encre numérique. Des lignes de code éthérées se mirent à pleuvoir sur les jardins suspendus, effaçant les tablettes d'argile sous les doigts terrorisés de mes savants. La réalité même se pixellisait autour de la ziggourat. Patrick et Franky cessèrent de rire. Ils virent, au loin, la silhouette monolithique d'un futur sans poésie, une tour de Babel faite de données stériles qui s'élevait pour remplacer mon temple sacré. La Chronocratie venait de frapper le premier coup.
-Que se passe-t-il, Franky ?
-On dirait qu'on est dans un remake de Matrix, entourés de lignes de codes !
-Des lignes de coke, où ça ?
-Putain, Patou, c'est pas le moment ! CODE. C-O-D-E.
-Et t'as la clé ?
-Mais non, Patou, si j'étais un as de l'informatique, je serais pas réduit à gagner ma vie en parlant de ma bite. Tout ce que je sais, c'est que la ville est en train de se faire bouffer, et nous avec !

Comme pour confirmer le dires de Vincent, son entrejambe disparut soudain sous une colonne de pixels.


(...)

Quelques cycles de calcul du Processus plus tôt, l'impensable s'était produit. Sous le soleil impitoyable du 14 juillet 2025, la Baie des Cochons, au Cap d'Agde, déployait son camping Paradis naturiste comme un vaste drap de chair brûlée, taches de crème solaire, bières tièdes et corps avachis sur des serviettes criardes, tandis que l'air vibrait déjà des rires gras et des transistors crachotants. Quelques coquins s'adonnaient au sex de groupe dans des trous creusés dans le sable à même la plage. La mer crachait des vagues qui étalaient toute une mousse d'écume de foutre sur le rivage. C'était si beau. Une estrade bancale, dressée face à la mer, accueillait Patrick Sébastien, bedaine luisante et casquette de travers, et Franky Vincent, short fluo tendu sur un paquet proéminent, tous deux déjà rouges d'alcool et d'excitation beauf se frittant dans une improbable battle de chansons paillardes. Patrick empoigna le micro comme une bite géante : « IL EST L0 MON MICRO P2NIS § IL EST L0 § IL EST DANS LA PLACE ET DANS VOS CULS § Allez les salopes, ce soir on va vous faire mouiller par les oreilles ! » hurla-t-il en se frottant le ventre contre une groupie nue qui venait de grimper sur la scène déjouant le dispositif de sécurité. Franky riposta d'un coup de reins théâtral : « Ta gueule Patoche, moi j'vais vous enfoncer mon zouk jusqu'au fond du fion, écoute ça : "Vas-y Francky, mets-moi ton fruit de la passion dans l'cul !" » cria-t-il en mimant une sodomie brutale sur une autre vacancière hilare. Patrick, pas en reste, attrapa deux nanas par les hanches et les colla contre lui : « Les petites sardines, les petites sardines, elles sont bien serrées dans mon slip tendu ! AH QU4EST CE QU4ON EST SERR2ES AU FOND DE CETTE BITE §§» beugla-t-il en faisant claquer ses fesses nues contre leurs culs. La foule, mélange de retraités bronzés et de familles décomplexées, hurlait de rire, bières à la main, pendant que les groupies se succédaient sur scène, seins ballottant, pour se faire peloter en rythme. Franky enchaîna : « Alice ça glisse, mon pays des merveilles c'est ton fion, allez ma grosse, laisse moi descendre au fond du terrier du lapin blanc ! » en plongeant la tête entre les cuisses d'une quinquagénaire rougissante qui gloussait comme une ado. Patrick contre-attaqua en se mettant à quatre pattes : « Tourner les serviettes, tourner les serviettes périodiques, mes cochonnes ! Ce soir, c'est sanglant mais pas besoin de contraceptifs ! (...) à part mes tongs, j'entends. hu hu » pendant que trois femmes lui claquaient les fesses en cadence. L'ambiance devenait hystérique, sueur, brumisateur à foutre, odeurs de barbecue et de frites grasses se mêlant dans une orgie vocale de plus en plus dégueulasse. Franky, possédé, allait se finir sur le premier rang dans une grande éjaculation libératrice : « J'vais me circoncire avec l'érosion à force de te piloner par tous les trous ! » Patrick répliqua en crachant une gerbe de bière : « Et quand on souffle dans la quéquette à Raoul, ca fait tourner les p'tites boules, ça fait tourner les p'tites boules ! Tournée générale de MST, les coquines ! » Les groupies, ivres de vulgarité, se roulaient presque par terre, se doigtant en chœur. Au paroxysme de cette connerie absolue, alors que les deux beaufs se tortillaient dans une imitation grotesque de coït à quatre pattes, une déchirure brutale fendit le ciel comme un anus trop sollicité. Un vortex violet et hurlant s'ouvrit au-dessus de l'estrade, aspirant cris, bières volantes et chairs nues dans un tourbillon cosmique. En un éclair, Patrick et Franky, toujours micro en main et fesses à l'air, disparurent dans le néant, projetés quatre mille ans en arrière, droit sur les briques brûlantes de la cité d'Uruk. Cette faille du continuum espace/temps induite par une boucle de rétroaction auto-régulatrice du Processus face à ce trop plein de connerie, personne n'aurait pu la prédire. Les Chronocrates l'avaient bien profond dans le fion.

(...)



-Père, hurlai-je, Père, es-tu sûr que le destin de l'Humanité est entre les mains de ces guignols vulgaires ?
-  Ma fille, protège-les pour la durée de leur union. Lorsque ces deux êtres auront atteint le summum de leur potentiel créatif, alors, la médiocrité de l'humanité sera sauve.

-Père, est-ce que, comme je le comprends, moi, Uruk, la plus belle de tes filles... Je suis destinée à porter en mon ventre ce que l'humanité produira de plus beau mais aussi... de pire ?

-Quand l'Euphrate se retire, ne laisse-t-il pas sur nos rives une boue fertile qui contribua à la naissance de notre civilisation et assure aujourd'hui encore sa prospérité ? Il en va de même de l'Humanité : la lie et l'élite sacrée, par une subtile alchimie, se combinent pour faire des prodiges. Ainsi, en t'alliant à ces hommes providentiels malgré eux, tu accompliras ton Grand Œuvre.

Anu, avant de partir, se tourna pour écouter les deux saltimbanques, qui, à présent, se houspillaient devant les Urukiens béats, pour une sombre histoire de cacahuètes.
- Vois, Uruk. C'est un balbutiement, mais bientôt, cela deviendra une mélopée. Et le Grand Reboot pourra recommencer. Les hommes reprendront le Grand Récit au commencement. Leur chant, leurs mots balbutiés au commencement et à la fin, la grande boucle refermée. La Chronocratie défaite, enfermée dans une boucle logique d'infinie... connerie.

-Bordel, Pat ! Fais quelque chose ! Je suis en train de perdre mon gagne-pain !
-Mais qu'est-ce que tu veux que je fasse ! Je ne sais même pas ce qu'on fout là. On était tranquillou au Cap d'Agde, à se tirer la bourre, toi avec ta nouille, moi avec mes serviettes, quand soudain...

Anu se tut. C'était clair : je devais les protéger, protéger l'écriture qui naitrait d'eux. Mais pour que cette écriture survive au-delà de ce crépuscule artificiel, il fallait que les deux hérauts du Cap d'Agde cessent leur querelle d'ego.

Alors, je fis venir les plus belles vierges, à peine nubiles, de la cité, sur scène. Nues, elles les enlacèrent, calmèrent leurs différents par leurs caresses. Francky se tourna vers Patoche.
-Eh Pat, y'a pas que la fesse dans la vie...
-Et on s'en fout de c'que les cons et les jaloux...

Ils se regardèrent, non plus comme des rivaux du Top 50, mais comme les derniers gardiens du désordre humain face à la tyrannie de la logique. Le destin de l'espèce ne tenait plus qu'à une alliance improbable entre le zouk et la fiesta, entre le soleil des Antilles et le folklore du Sud-Ouest.


Alors, moi, Uruk, ville sacrée, m'adressant à la lie du lointain Cap d'Adge, pour la première fois de mon existence je suppliai :
-Ô vous, hommes du futur, faites résonner le chaos ! Que l'Humanité, ma fragile engeance, dans ses grandeurs comme dans ses turpitudes, s'impose face à la rigidité de la machine sans âme. Combinez vos forces !


-C'était qui, Franky ?
-Patoche, c'est dieu qui nous parle ! C'est dieu qui sanctifie nos œuvres. Obéissons.
-Mais qu'est-ce qu'on peut combiner, toi et moi ? Entre nous, une somme de zéros, ça n'a jamais fait...
-... tais-toi ! Tu ne comprends donc pas ? Rappelle-toi les Evangiles : qu'as-tu fait de ton talent ?
-Une nouille et des serviettes... tu parles d'un talent...
-Faisons-les rimer ! Mais si, c'est possible. Attends. Ca y est, j'y suis : Toi avec ta serviette, et moi avec ma noui ou ouille /
Moi et ma bistouquette, toi et ta paire de cou ou ouilles.../
-Mais oui, Franky, je sens que ça vient, oui ça vient :
On va sauver le monde / En faisant rire la fou ou oule./



Et c'est ainsi que naquit de mon giron fertile cette bouffonnerie humaine qu'on appelle écriture. »
#3
= INITIATIVES = / Re : Le 4000ème - appel à proj...
Dernier message par Laetitia Giudicelli - Février 11, 2026, 18:19:22
Moi, Uruk, ville d'Ishtar et de Gilgamesh. Berceau de l'intelligence et de la mémoire. Fille d'Anu et d'Ishtar, mère des hommes. Moi, Uruk la belle, la douce, la grande. J'ai surgi du limon sacré, entre les deux fleuves nourriciers, là où les Sept Sages dessinèrent mes contours à l'aube du monde. Sous le ciel de Sumer, mes scribes ont contraint l'argile à parler, inventant les premiers signes pour que le temps n'efface plus jamais la parole des hommes. Mes remparts de briques cuites, dont Gilgamesh lui-même posa les fondations, témoignent encore de la force d'un empire qui défia la mort et les siècles. Je dresse vers l'azur le temple de l'Eanna, sanctuaire de l'étoile du soir, et la haute demeure d'Anu, reliant l'abîme terrestre au trône des dieux. De mes portes d'airain se sont envolés les premiers marchands et les premiers rois, tissant un réseau de destinées dont je fus le cœur battant et le creuset. Immémoriale et de poussière vêtue, je demeure la matrice de toute cité, l'ombre lumineuse où l'humanité a appris à se souvenir de sa propre grandeur. Mais un jour, deux hommes surgis du néant, au parler inconnu, se matérialisèrent au sommet de mon temple. Profanation !

Moi, Uruk, ainsi humiliée par ces deux êtres dégénérés. Qui dansent en se tenant le sexe, sur la ziggourat, hilares. Ma belle ziggourat, raillée, humiliée.

— Putain Francky, trop bien cette Zigounette ! Mieux que Bercy ?
— Tu l'as dit Patoche ! Alors, vous êtes là ? Vous êtes où...rouque ? Où... rouque ! Où... rouque !

Alors s'engagea ce que les chroniques futures n'oseraient nommer : l'Agôn des Impudiques. Sous l'œil révulsé des prêtres d'Enlil, Patrick l'Agité et Franky le Sucré s'affrontèrent non par le bronze, mais par la strophe grasse. Leurs voix, chargées d'un éther futuriste et vulgaire, firent trembler mes fondations de bitume. C'était un duel de rimes interlopes, une joute de refrains de banquets qui semblait profaner l'air même de la Création, comme si le chaos primordial tentait de reprendre ses droits par la bouche de deux troubadours éméchés.
J'assistais, hébétée, et pourtant emportée par le rythme joyeux, à leur sarabande grossière, tandis que Patrick imitait un singe et Francky en appelait aux mânes d'un certain Michel Leeb. Je croyais devenir folle, impuissante. Mes murs qui tremblaient. Mon sol foulé en saccades et mon air souillé de paroles impures. Les oiseaux dans le ciel faisaient demi-tour, le vent lui-même soupirait.

Et mes fils. Mes filles. Enivrés, qui répètent, en écho. Mes dieux, qu'ai-je fait pour mériter cela ? Moi, Uruk la grande, la belle. Moi qu'on disait sacrée.

-Uruk. Tu n'as commis aucune erreur, aucune faute.

-Père ?

-Uruk. Accepte ces deux énergumènes le temps qu'ils rachètent l'humanité.

— Où...rouque ? Où... rouque ! Où... rouque ! Alors les petites ... euh ... Urukiennes ! Vous êtes chaudes ?

-Racheter l'humanité ?

Alors le grand Anu m'explique. Tout à commencé en l'an 2025, en un lieu nommé « le Cap d'Agde ».

-L'an 2025, Père ? Mais de quelle ère ? Pas la mienne, non ?

-Fille, qu'est-le temps pour moi ? Pour toi ? Pour nous, les Dieux. Demande-moi plutôt où se trouve le Cap d'Agde.

-Père, où se trouve le Cap d'Agde ?

-Quelque part, loin, très loin, vers l'Ouest. Pas tout à fait aussi loin que le Soleil se couche, mais dans cette direction. Pas étonnant que ce soit la décadence, là-bas. Ils sont loin de l'Aurore, ces deux guignols. Le Cap d'Agde n'est pas en cause, d'ailleurs. C'est un bel endroit. Tout est relatif, pas aussi beau qu'ici, que toi, Uruk ma fille, ma ville sacrée. Mais beau. Il y a la mer. Le ciel. Le Soleil. Il y fait beau, toujours. Mais au lieu d'y vénérer les Dieux, les humains en profitent pour déambuler nus en se tapant sur le ventre bedonnant, en poussant des cris grotesques, et en se vantant d'inventer les chants les plus, ou plutôt les moins, les moins... signifiants.

Mais écoute bien, ma fille, car l'heure est à l'effroi. La Chronocratie, ce conclave de spectres venus de la fin des temps, a lancé ses légions invisibles pour dévorer le passé. Ils veulent trancher la racine même de l'esprit humain ici, à l'instant où tes scribes tracent leurs premiers signes. En effaçant le Verbe original, ils condamnent tes descendants à une hébétude absolue, une débilisation orchestrée pour qu'au bout du chemin, une idole de métal nommée ChatGPT s'érige en unique oracle d'une espèce devenue incapable de penser par elle-même.

Au cap d'Agde, Uruk, ma belle, on se promène parfois nu, comme certains ici. Il fait chaud comme en ton sein. Mes deux filles. N'oublie que je connais le présent, le passé, le futur. Le monde et l'univers dans toutes leurs dimensions, tous leurs replis. Et, je te le confie à présent : tu es, Uruk, le premier mot d'une phrase, et le Cap d'Agde en est la fin.

-La fin ?

-Oui. L'humanité glorieuse, tes enfants qui déploient leur intelligence, leur savoir et en font legs à leurs descendants. L'humanité qui va grandir encore, se fourvoyer. Tomber, se relever. Tomber encore. Tes enfants et toi croyez à l'éternité : mais la race humaine va disparaitre. L'histoire a une fin, et la fin de l'histoire...... sera un silence de silicium si ces deux-là échouent, murmura Anu avec une gravité qui fit pâlir les étoiles. Ils sont les anticorps grotesques d'une humanité trop polie. Leurs chansons, si absurdes soient-elles, contiennent un ferment de liberté chaotique que la Chronocratie ne peut pas simuler. Ils doivent apprendre à marier le "zizi" et la "serviette" pour forger une arme de dérision massive contre la perfection froide du Processus.


— Alice ça glisse ! Au pays ... répétez aprés moi !
— Au pays du... petit bonhomme en mousse, tanana ! Ouais ! Toutes les moules et les bistouqettes de l'ancien temps, ensemble !
— Qu'est ce que tu racontes, Pat ? L'ancien temps ?
— Bah oui. Le temps d'avant Francky. Avant nous quoi.
— Putain mais là c'est avant avant. C'est même avant avant avant. Regarde leur gueules, leurs fringues. Pat', je sais pas ce qu'on fout là, mais je suis sûr d'une chose...
— Quoi donc Francky ?
— Mon zizi délicieux... est peut-être vicieux !

Soudain, le ciel d'albâtre devint d'un noir d'encre numérique. Des lignes de code éthérées se mirent à pleuvoir sur les jardins suspendus, effaçant les tablettes d'argile sous les doigts terrorisés de mes savants. La réalité même se pixellisait autour de la ziggourat. Patrick et Franky cessèrent de rire. Ils virent, au loin, la silhouette monolithique d'un futur sans poésie, une tour de Babel faite de données stériles qui s'élevait pour remplacer mon temple sacré. La Chronocratie venait de frapper le premier coup.
-Que se passe-t-il, Franky ?
-On dirait qu'on est dans un remake de Matrix, entourés de lignes de codes !
-Des lignes de coke, où ça ?
-Putain, Patou, c'est pas le moment ! CODE. C-O-D-E.
-Et t'as la clé ?
-Mais non, Patou, si j'étais un as de l'informatique, je serais pas réduit à gagner ma vie en parlant de ma bite. Tout ce que je sais, c'est que la ville est en train de se faire bouffer, et nous avec !

Comme pour confirmer le dires de Vincent, son entrejambe disparut soudain sous une colonne de pixels.


-Père, hurlai-je, Père, es-tu sûr que le destin de l'Humanité est entre les mains de ces guignols vulgaires ?

-  Ma fille, protège-les pour la durée de leur union. Lorsque ces deux êtres auront atteint le summum de leur potentiel créatif, alors, la médiocrité de l'humanité sera sauve.

-Père, est-ce que, comme je le comprends, moi, Uruk, la plus belle de tes filles... Je suis destinée à porter en mon ventre ce que l'humanité produira de plus beau mais aussi... de pire ?

-Quand l'Euphrate se retire, ne laisse-t-il pas sur nos rives une boue fertile qui contribua à la naissance de notre civilisation et assure aujourd'hui encore sa prospérité ? Il en va de même de l'Humanité : la lie et l'élite sacrée, par une subtile alchimie, se combinent pour faire des prodiges. Ainsi, en t'alliant à ces hommes providentiels malgré eux, tu accompliras ton Grand Œuvre.

Anu, avant de partir, se tourna pour écouter les deux saltimbanques, qui, à présent, se houspillaient devant les Urukiens béats, pour une sombre histoire de cacahuètes.
- Vois, Uruk. C'est un balbutiement, mais bientôt, cela deviendra une mélopée. Et le Grand Reboot pourra recommencer. Les hommes reprendront le Grand Récit au commencement. Leur chant, leurs mots balbutiés au commencement et à la fin, la grande boucle refermée. La Chronocratie défaite, enfermée dans une boucle logique d'infinie... connerie.

-Bordel, Pat ! Fais quelque chose ! Je suis en train de perdre mon gagne-pain !
-Mais qu'est-ce que tu veux que je fasse ! Je ne sais même pas ce qu'on fout là. On était tranquillou au Cap d'Agde, à se tirer la bourre, toi avec ta nouille, moi avec mes serviettes, quand soudain...


Anu se tut. C'était clair : je devais les protéger, protéger l'écriture qui naitrait d'eux. Mais pour que cette écriture survive au-delà de ce crépuscule artificiel, il fallait que les deux hérauts du Cap d'Agde cessent leur querelle d'ego.

Alors, je fis venir les plus belles vierges, à peine nubiles, de la cité, sur scène. Nues, elles les enlacèrent, calmèrent leurs différents par leurs caresses. Francky se tourna vers Patoche.
-Eh Pat, y'a pas que la fesse dans la vie...
-Et on s'en fout de c'que les cons et les jaloux...

Ils se regardèrent, non plus comme des rivaux du Top 50, mais comme les derniers gardiens du désordre humain face à la tyrannie de la logique. Le destin de l'espèce ne tenait plus qu'à une alliance improbable entre le zouk et la fiesta, entre le soleil des Antilles et le folklore du Sud-Ouest.


Alors, moi, Uruk, ville sacrée, m'adressant à la lie du lointain Cap d'Adge, pour la première fois de mon existence je suppliai :
-Ô vous, hommes du futur, faites résonner le chaos ! Que l'Humanité, ma fragile engeance, dans ses grandeurs comme dans ses turpitudes, s'impose face à la rigidité de la machine sans âme. Combinez vos forces !


-C'était qui, Franky ?
-Patoche, c'est dieu qui nous parle ! C'est dieu qui sanctifie nos œuvres. Obéissons.
-Mais qu'est-ce qu'on peut combiner, toi et moi ? Entre nous, une somme de zéros, ça n'a jamais fait...
-... tais-toi ! Tu ne comprends donc pas ? Rappelle-toi les Evangiles : qu'as-tu fait de ton talent ?
-Une nouille et des serviettes... tu parles d'un talent...
-Faisons-les rimer ! Mais si, c'est possible. Attends. Ca y est, j'y suis : Toi avec ta serviette, et moi avec ma noui ou ouille /
Moi et ma bistouquette, toi et ta paire de cou ou ouilles.../
-Mais oui, Franky, je sens que ça vient, oui ça vient :
On va sauver le monde / En faisant rire la fou ou oule./




Et c'est ainsi que naquit de mon giron fertile cette bouffonnerie humaine qu'on appelle écriture. »
#4
= INITIATIVES = / Re : Le 4000ème - appel à proj...
Dernier message par Nino St Félix - Février 11, 2026, 17:47:34
Moi, Uruk, ville d'Ishtar et de Gilgamesh. Berceau de l'intelligence et de la mémoire. Fille d'Anu et d'Ishtar, mère des hommes. Moi, Uruk la belle, la douce, la grande. J'ai surgi du limon sacré, entre les deux fleuves nourriciers, là où les Sept Sages dessinèrent mes contours à l'aube du monde. Sous le ciel de Sumer, mes scribes ont contraint l'argile à parler, inventant les premiers signes pour que le temps n'efface plus jamais la parole des hommes. Mes remparts de briques cuites, dont Gilgamesh lui-même posa les fondations, témoignent encore de la force d'un empire qui défia la mort et les siècles. Je dresse vers l'azur le temple de l'Eanna, sanctuaire de l'étoile du soir, et la haute demeure d'Anu, reliant l'abîme terrestre au trône des dieux. De mes portes d'airain se sont envolés les premiers marchands et les premiers rois, tissant un réseau de destinées dont je fus le cœur battant et le creuset. Immémoriale et de poussière vêtue, je demeure la matrice de toute cité, l'ombre lumineuse où l'humanité a appris à se souvenir de sa propre grandeur.

Moi, Uruk, ainsi humiliée par ces deux êtres dégénérés. Qui dansent en se tenant le sexe, sur la ziggourat, hilares. Ma belle ziggourat, raillée, humiliée.

— Putain Francky, trop bien cette Zigounette ! Mieux que Bercy ?
— Tu l'as dit Patoche ! Alors, vous êtes là ? Vous êtes où...rouque ? Où... rouque ! Où... rouque !

Alors s'engagea ce que les chroniques futures n'oseraient nommer : l'Agôn des Impudiques. Sous l'œil révulsé des prêtres d'Enlil, Patrick l'Agité et Franky le Sucré s'affrontèrent non par le bronze, mais par la strophe grasse. Leurs voix, chargées d'un éther futuriste et vulgaire, firent trembler mes fondations de bitume. C'était un duel de rimes interlopes, une joute de refrains de banquets qui semblait profaner l'air même de la Création, comme si le chaos primordial tentait de reprendre ses droits par la bouche de deux troubadours éméchés.
J'assistais, hébétée, et pourtant emportée par le rythme joyeux, à leur sarabande grossière, tandis que Patrick imitait un singe et Francky en appelait aux mânes d'un certain Michel Leeb. Je croyais devenir folle, impuissante. Mes murs qui tremblaient. Mon sol foulé en saccades et mon air souillé de paroles impures. Les oiseaux dans le ciel faisaient demi-tour, le vent lui-même soupirait.

Et mes fils. Mes filles. Enivrés, qui répètent, en écho. Mes dieux, qu'ai-je fait pour mériter cela ? Moi, Uruk la grande, la belle. Moi qu'on disait sacrée.

Uruk. Tu n'as commis aucune erreur, aucune faute.

Père ?

Uruk. Accepte ces deux énergumènes le temps qu'ils rachètent l'humanité.

— Où...rouque ? Où... rouque ! Où... rouque ! Alors les petites ... euh ... Urukiennes ! Vous êtes chaudes ?

Racheter l'humanité ?

Alors le grand Anu m'explique. Tout à commencé en l'an 2025, en un lieu nommé « le Cap d'Agde ».

L'an 2025, Père ? Mais de quelle ère ? Pas la mienne, non ?

Fille, qu'est-le temps pour moi ? Pour toi ? Pour nous, les Dieux. Demande-moi plutôt où se trouve le Cap d'Agde.

Père, où se trouve le Cap d'Agde ?

Quelque part, loin, très loin, vers l'Ouest. Pas tout à fait aussi loin que le Soleil se couche, mais dans cette direction. Pas étonnant que ce soit la décadence, là-bas. Ils sont loin de l'Aurore, ces deux guignols. Le Cap d'Agde n'est pas en cause, d'ailleurs. C'est un bel endroit. Tout est relatif, pas aussi beau qu'ici, que toi, Uruk ma fille, ma ville sacrée. Mais beau. Il y a la mer. Le ciel. Le Soleil. Il y fait beau, toujours. Mais au lieu d'y vénérer les Dieux, les humains en profitent pour déambuler nus en se tapant sur le ventre bedonnant, en poussant des cris grotesques, et en se vantant d'inventer les chants les plus, ou plutôt les moins, les moins... signifiants.

Mais écoute bien, ma fille, car l'heure est à l'effroi. La Chronocratie, ce conclave de spectres venus de la fin des temps, a lancé ses légions invisibles pour dévorer le passé. Ils veulent trancher la racine même de l'esprit humain ici, à l'instant où tes scribes tracent leurs premiers signes. En effaçant le Verbe original, ils condamnent tes descendants à une hébétude absolue, une débilisation orchestrée pour qu'au bout du chemin, une idole de métal nommée ChatGPT s'érige en unique oracle d'une espèce devenue incapable de penser par elle-même.

Au cap d'Agde, Uruk, ma belle, on se promène parfois nu, comme certains ici. Il fait chaud comme en ton sein. Mes deux filles. N'oublie que je connais le présent, le passé, le futur. Le monde et l'univers dans toutes leurs dimensions, tous leurs replis. Et, je te le confie à présent : tu es, Uruk, le premier mot d'une phrase, et le Cap d'Agde en est la fin.

La fin ?

Oui. L'humanité glorieuse, tes enfants qui déploient leur intelligence, leur savoir et en font legs à leurs descendants. L'humanité qui va grandir encore, se fourvoyer. Tomber, se relever. Tomber encore. Tes enfants et toi croyez à l'éternité : mais la race humaine va disparaitre. L'histoire a une fin, et la fin de l'histoire...

... sera un silence de silicium si ces deux-là échouent, murmura Anu avec une gravité qui fit pâlir les étoiles. Ils sont les anticorps grotesques d'une humanité trop polie. Leurs chansons, si absurdes soient-elles, contiennent un ferment de liberté chaotique que la Chronocratie ne peut pas simuler. Ils doivent apprendre à marier le "zizi" et la "serviette" pour forger une arme de dérision massive contre la perfection froide du Processus.

— Alice ça glisse ! Au pays ... répétez aprés moi !
— Au pays du... petit bonhomme en mousse, tanana ! Ouais ! Toutes les moules et les bistouqettes de l'ancien temps, ensemble !
— Qu'est ce que tu racontes, Pat ? L'ancien temps ?
— Bah oui. Le temps d'avant Francky. Avant nous quoi.
— Putain mais là c'est avant avant. C'est même avant avant avant. Regarde leur gueules, leurs fringues. Pat', je sais pas ce qu'on fout là, mais je suis sûr d'une chose...
— Quoi donc Francky ?
— Mon zizi délicieux... est peut-être vicieux !

Soudain, le ciel d'albâtre devint d'un noir d'encre numérique. Des lignes de code éthérées se mirent à pleuvoir sur les jardins suspendus, effaçant les tablettes d'argile sous les doigts terrorisés de mes savants. La réalité même se pixellisait autour de la ziggourat. Patrick et Franky cessèrent de rire. Ils virent, au loin, la silhouette monolithique d'un futur sans poésie, une tour de Babel faite de données stériles qui s'élevait pour remplacer mon temple sacré. La Chronocratie venait de frapper le premier coup.
 
«  Ma fille, protège-les pour la durée de leur union. Lorsque ces deux êtres auront atteint le summum de leur potentiel créatif, alors, la médiocrité de l'humanité sera sauve.
Père, est-ce que, comme je le comprend, moi, Uruk, la plus belle de tes filles... Je suis destinée à porter en mon ventre ce que l'humanité produira de plus beau mais aussi... de pire ?
Anu, avant de partir, se tourna pour écouter les deux saltimbanques, qui, à présent, se houspillaient devant les Urukiens béats, pour une sombre histoire de cacahuètes.
Vois, Uruk. C'est un balbutiement, mais bientôt, cela deviendra une mélopée. Et le Grand Reboot pourra recommencer. Les hommes reprendront le Grand Récit au commencement. Leur chant, leurs mots balbutiés au commencement et à la fin, la grande boucle refermée. La Chronocratie défaite, enfermée dans une boucle logique d'infinie... connerie.


Anu se tut. C'était clair : je devais les protéger, protéger l'écriture qui naitrait d'eux.
Mais pour que cette écriture survive au-delà de ce crépuscule artificiel, il fallait que les deux hérauts du Cap d'Agde cessent leur querelle d'ego.

Alors, je fis venir les plus belles vierges, à peine nubiles, de la cité, sur scène. Nues, elles les enlacèrent, calmèrent leurs différents par leurs caresses. Francky se tourna vers Patoche.
Eh Pat, y'a pas que la fesse dans la vie...
Et on s'en fout de c'que les cons et les jaloux...


 Ils se regardèrent, non plus comme des rivaux du Top 50, mais comme les derniers gardiens du désordre humain face à la tyrannie de la logique. Le destin de l'espèce ne tenait plus qu'à une alliance improbable entre le zouk et la fiesta, entre le soleil des Antilles et le folklore du Sud-Ouest.



Et c'est ainsi que naquit de mon giron fertile cette bouffonnerie humaine qu'on appelle écriture. »
#5
= LA SAINT-CON = / Re : Appel à textes - Saint-Co...
Dernier message par LePouilleux - Février 09, 2026, 23:04:21
OUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIISSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS

#6
= DISCUSSION GENERALE = / Re : Texte En Cours
Dernier message par Nino St Félix - Février 09, 2026, 22:13:56
Bordel, tu fais chier Glaüx. Je me sens obligé de participer, face à une telle menace. Je vais voir ce que je peux torcher.
#7
= DISCUSSION GENERALE = / Re : Texte En Cours
Dernier message par Glaüx - Février 09, 2026, 20:45:46



https://texteencours.fr/appel-a-textes-2026/


Feu.
Une semaine, après l'appel est clos.

Je suis heureux de vous annoncer qu'aucun favoritisme ne sera organisé, vos textes seront lus et charcutés de manière anonyme (et enthousiaste).

Si vous passez la première sélection, alors en plus d'avoir une chance d'être au festival, vous recevrez une synthèse des avis du comité de lecture, sur votre texte, synthèse patiemment et amoureusement conçue par mes petites menottes, et garantie sans fautes d'orthographe.

Si vous ne passez pas la première phase de sélection, alors votre vie littéraire sera un échec, cuisant et confirmé, votre destin, un gravier jeté dans l'étang moite de l'ennui, votre nom ou pseudonyme, un pet dans le bruit de fond de l'univers. Mais ce qui ne me tue pas me rend plus fort, et ce qui ne change rien à ma vie ne change rien à ma vie.

Feu, donc.
#8
= LA SAINT-CON = / Appel à textes - Saint-Con 202...
Dernier message par lapinchien - Février 09, 2026, 05:19:22

La Saint-Con 2026 sur la Zone :  C'est le plus gros événement du site lazone.org qui se déroule chaque année à partir du 10 avril. C'est un concours de nouvelles et pour y participer il vous suffit d'écrire un texte dans lequel vous brûlez un con et de le poster ici : https://www.lazone.org/articles/poster.html ou depuis votre compte auteur si vous en avez déjà un . Merci d'ajouter le hashtag #SaintCon2026 après le titre de votre contribution pour qu'on détecte bien votre texte. Le vainqueur est élu Grand Inquisiteur de l'Ordre de Saint Con pour un an.

La date limite de participation : 10 avril 2026, début de la publication des textes mais on peut déjà l'annoncer : La date pour rendre vos textes de Saint-Con est toujours repoussée au jour où le dernier texte de Saint-Con est publié.  Il y a déjà eu de nombreuses éditions listées avec les résultats sur le lien du règlement.

Le public concerné : La participation est ouverte à toute personne majeure.

Les frais d'inscription : aucun

Le genre littéraire attendu :  textes sombres et/ou débiles et/ou violents de tout type de  littérature, blanche à littérature de genre (éviter la poésie sauf si elle est exceptionnelle). Les nouvelles individuelles seront retenues pour l'événement ou non selon l'avis des administrateurs du site.Les propos à caractère fasciste ou raciste seront supprimés sans préavis.

La longueur du texte : Pas de limite basse tant que le texte a une singularité qui se tient. Limite haute : de 1.000 à 20.000 mots avec une moyenne de 3.000 à 5.000 mots mais si c'est un peu plus ce n'est pas disqualificatoire.

Périmètre : La Zone pose un cadre mais ce que la Zone attend, c'est qu'on le décroche du mur, qu'on l'explose au sol et qu'on bouffe le clou ! Cherchez à être original et à vous démarquer des autres participants !

La gratification : à l'issue du concours, un vote aura lieu sur le forum du site dans la section dédiée à la Saint-Con, ici : https://www.lazone.org/forum/index.php?board=29.0 et le Grand Inquisiteur de l'Ordre de la Saint-Con sera désigné pour l'année 2026. Tous les textes des participants resteront bien sûr publiés sur le site et les 3 premiers seront mis à l'honneur dans notre palmarès pour la postérité.

Les clips promotionnels que vous pouvez partager pour annoncer la Saint-Con 2026 sur vos réseaux sociaux :

Bande Annonce officielle de cette année


sur Instagram : https://www.instagram.com/p/DUhkCT2jaBj/
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Déroulement typique de la Saint-Con :
  • Préludes : la section du forum dédiée à la Saint-Con se réveille progressivement durant les semaines précédant le 10 avril.
  • Prologue (éventuel) : un petit concours permettant de grappiller quelques points d'avance pour le vote final peut être organisé, à l'initiative du Grand Inquisiteur en titre ou des admins.
  • Ouverture des hostilités : dès le 10 avril, date officielle de la Saint-Con, les premiers textes sont publiés sur le site, en page d'accueil.
  • Campagne électorale : parallèlement, les candidats les plus motivés ou les plus désœuvrés redoublent de promesses électorales dans le forum et tentent de ruiner la réputation de leurs concurrents.
  • Vote : une fois les textes publiés, le vote est organisé dans le forum. On vote pour des textes et non pour des auteurs. Vous pouvez proposer plusieurs textes mais ça éparpiller les points que vous récoltez.
  • Épilogue : alors s'ensuit une courte phase maniaque pendant laquelle les survivants échafaudent de grands projets, rapidement suivie d'un épisode dépressif sévère.

Pour participer à l'élection du Grand Inquisiteur de l'Ordre de Saint Con :
  • Le vote se déroule dans la section du forum dédiée à la Saint-Con.
  • Les modalités fluctuent d'année en année. Se référer, dans le forum, au fil de discussion correspondant à l'année en cours.
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Histoire de la Saint-Con
Les origines de la Saint-Con se perdent dans la nuit des temps zonarde. L'état actuel de nos connaissances historiques repose principalement sur les documents suivants, que nous livrons tels quels au public :

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En panne d'idées pour aborder le sujet ?
Tous les textes publiés sur la Zone à l'occasion de la Saint-Con sont accessibles, année par année, à partir du thème Saint-Con. Ça, c'est du classement. Largement de quoi se réchauffer l'hiver. N'hésitez pas à les lire mais ne cherchez pas à les reproduire. Vous aurez bien plus de chance avec une approche originale.
#9
= INUTILE = / Re : osef (mais c'est quand mê...
Dernier message par Glaüx - Février 08, 2026, 10:50:35


https://www.facebook.com/reel/1446981470464982


Le monde va à la fois très mal, et très bien.
#10
= MINISTERE DE LA MAINTENANCE = / Re : Un agent lazone.org sur M...
Dernier message par lapinchien - Février 06, 2026, 18:57:49
C'est malheureusement pas un rêve, c'est plutôt même un cauchemar éveillé. Mais cela dit c'est une réalité avec laquelle il faudra composer.

En tous cas, tu as totalement raison au niveau de la Zone. C'était une mauvaise idée de le proposer.