La Zone
La Zone - Un peu de brute dans un monde de finesse
Publication de textes sombres, débiles, violents.
 
 

Grand débat sur l’intentionnalité de l'auteur

Démarré par lapinchien, Juillet 21, 2026, 12:52:52

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lapinchien

une armée mexicaine de modérateurs travailleurs du clic, merci à toi au grand maître de la poésie, Pierre Gattaz, cela dit tu peux aussi mettre des milliards d'agents IA pour leur demander d'apprécier ou pas la poésie forée et faire le tri, ce serait un final twist parfait de Matrix 5, vivement que les soeurs Wachowski reçoivent le scénario

lapinchien

Perso, c'est marrant mais comme je n'y connais rien en poésie je vais juste utiliser le contre-exemple que j'utilise toujours dans les commentaires de textes de lazone.org pour tenter d'invalider ton point de vue sur l'inutilité de l'intentionnalité.

Je parle toujours d'American Psycho de Bret Easton Ellis

Je me le permets parce que le roman est extrêmement répétitif, rythmé, presque incantatoire. Les longues listes de marques, de vêtements, de soins du visage, de restaurants et de meurtres fonctionnent comme des litanies ou des refrains. Proche de certains textes zonards. Le style plat, froid, obsessionnel crée un effet hypnotique et déjà c'est marrant mais ce n'est pas l'intention ici de Bret Easton Ellis d'écrire un recueil de poésie mais si on ne le savait pas on pourrait se demander si ça en est ou pas.

On peut lire le livre "American Psycho" sans se demander quelle est l'intention de l'auteur et alors c'est l'histoire d'un yuppie riche et beau qui torture et tue sans conséquence, dans un monde où personne ne remarque rien. Et on pourrait même se dire que l'auteur fait l'apologie de tout ce qu'il s'y déroule et d'ailleurs à la sortie du bouquin des tas de lecteurs et de critiques y ont vu de la pornographie violente, de la misogynie gratuite, du trash sans profondeur. Le livre a été censuré, boycotté et Ellis a reçu des menaces de mort.

Mais si on connait Ellis, son background, ses engagement politiques, on comprend qu'en réalité :

- c'est une satire féroce de la culture yuppie des années 80 (Reagan, Wall Street, consumérisme extrême)
- c'est une critique de la superficialité, du vide narcissique et de la déshumanisation produite par le capitalisme de surface.

puis Ellis a même dit en interview que c'était aussi une réponse personnelle à son propre sentiment d'aliénation et de vide à son époque.

Les meurtres de Bateman au final on ne sait pas s'il sont réels ou pas mais ils peuvent très probablement être l'équivalent extrême de la façon dont les capitalistes traitent les gens comme des objets interchangeables.

Ellis dit en interview qu'il voulait laisser le doute : il s'agit moins de savoir ce qui s'est vraiment passé que de montrer à quel point la réalité elle-même est devenue irréelle dans ce monde de surfaces.

donc le texte se suffit à lui-même ? ça peut mais on passe probablement à coté de son sens réel

et ce serait placer la littérature comme un art à part d'en douter quand on voit l'importance de la médiation dans les musées et ailleurs











 






Nino St Félix

Le lecteur a toujours raison, même quand il a tort (c'est là tout le drame)

lapinchien

Tu fais probablement référence aux lecteurs de Freida McFadden dont parlait Dourak ? Je ne connaissais pas l'auteure puis j'ai lu sa bio et j'ai appris qu'elle était un auteur de bestsellers et là se pose toute la logique capitaliste des auteurs qui deviennent célèbres et sont lus puisque le capitalisme ose l'amalgame "qualité/argent rapporté" donc oui les lecteurs ont toujours raison globalement (en dehors du cadre d'initiatives comme lazone.org) puisqu'ils payent et que le client est roi.

Cela dit en lisant la bio de Freida McFadden j'ai aussi appris qu'elle était médecin spécialisée dans les lésions neuronales et qu'elle a donc un avantage certain pour tirer bénéfice des dégâts cérébraux de sa prose. Son intentionnalité est probablement de maximiser ses gains livres vendus plus nouveaux patients engendrés.

lapinchien

Sinon, Dourak, personnellement j'ai l'impression en lisant ton échange que pour toi il existe une uberlitterature que seuls des experts en expertise peuvent apprécier et je pense que si c'est le cas c'est là où ton raisonnement ne tient pas la route.

Le beau ça n'existe pas dans l'absolu figé dans le temps avec des critères bien définis pour le déterminer

des trucs comme le nombre d'or pour chercher à le théoriser ce sont des conneries selon moi

je crois que le seul vrai fétichisme dans votre échange avec gemini c'est celui pour des critères arbitraires de définition du beau

les critères que tu sembles apprécier naissent selon moi de contraintes humaines. J'y connais rien mais je crois bien que le décompte de syllabes et la rime ce sont des astuces trouvées à la base pour faciliter la vie des performeurs de poésie comme des aides mnémotechniques pour qu'ils apprennent plus facilement par cœur les poèmes et que ce n'est qu'à force de pratique que cela a fini par être considéré comme des critères de beauté en soi en oubliant l'utilité première mais je peux me tromper

je crois que le beau naît de la discussion entre les humains et que de la discussion naissent des écoles de pensée, des courants, des pratiques qui vivent leur vie et meurent

ce qu'on considère comme beau évolue dans le temps et change pour de multiples raisons comme les fluctuations de la rareté, de belles théories d'êtres charismatiques, des ruptures, de la lassitude, des parallèles avec la nature, les mathématiques ou la théologie du moment ou autres analogies avec tout et n'importe quoi dans l'air du temps

dans l'absolu le beau change, mute mais n'évolue pas vers une forme de perfection

le beau s'enrichit de son histoire mais ce n'est pas une évolution car de nouveaux beaux naîtront du dialogue dans la recherche de ruptures

le dialogue historiquement entre humains se poursuivra indubitablement en intégrant des IA

toute cette évolution n'a pas de sens ni de finalité


lapinchien

Certains auteurs sont particulièrement clairs sur leur intentionnalité :

CitationEntre ce que je pense,
ce que je veux dire,
ce que je crois dire,
ce que je dis,
ce que vous avez envie d'entendre,
ce que vous écoutez,
ce que vous entendez,
ce que vous comprenez,
et ce que vous retenez,
il y a au moins dix possibilités de ne pas s'entendre.
Mais essayons quand même...

Bernard WERBER

Nino St Félix

Citer Bernard Werber est à la fois la pire et la meilleure façon de clore tout débat.

lapinchien

Citer Bernard Werber vu que l'essentiel de son travail se résume à s'approprier les citations d'autres auteurs, c'est pas vouloir clore le débat mal ou bien mais créer une boucle infinie conduisant à un débordement de mémoire du débat