La Zone
La Zone - Un peu de brute dans un monde de finesse
Publication de textes sombres, débiles, violents.
 
 

EHPAD avec des vieux satanistes, qui mangent des enfants et sodomisent des animo

Démarré par lapinchien, Août 03, 2026, 13:12:24

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bojarski alias cormary

Dans l'odeur fade et tenace des désinfectants qui s'infiltrait jusqu'aux draps amidonnés de sa couche d'oubli, Jack, misanthrope endurci et lucide jusqu'à l'os de son aliénation forcée, contemplait le plafond blafard de l'EHPAD comme on contemple l'abîme. Allongé dans ce lit qui n'était plus qu'un cercueil provisoire, il sentait le poids dérisoire de son corps décharné, andropausé aussi, et son esprit, encore vif et cruel, se détournait avec dégoût des infirmières empressées pour plonger dans une digression métaphysique. Ses yeux, durcis par tant d'années de mépris pour l'espèce humaine, se portaient alors, avec une fascination presque sacrée, vers ce qui restait de sa virilité oubliée : ces deux appendices ridés, pendants et inutiles, qui avaient jadis été le siège d'une puissance maintenant dissipée. N'étaient-ils pas, se demandait-il dans un murmure intérieur empreint d'ironie cosmique, le dernier temple d'un mystère ontologique, ces couilles qui incarnaient à la fois la vanité de la génération et l'absurdité d'un être réduit à sa chair déclinante ? Ainsi, dans le silence ouaté de sa chambre, il digressait sans fin sur leur existence paradoxale, y voyant non plus un organe, mais un symbole vertigineux de la condition humaine, suspendu entre le néant et l'écho lointain d'un désir éteint.

Jean-Paul Prépuce, des pompes funèbres Horizon Funeste avait emprunté le corbillard pour trimbaler le vieux jusqu'à la maison de retraite. "Allez pépé, en voiture!" il avait lancer à son paternel, sans lui laisser le temps de finir sa compote de pomme. L'ancêtre yoyotait depuis quelques mois, il savait pas ou il avait la tête, lui l'ancien prof de math de la communale ne savait même plus additionner deux plus deux, il était grand temps de le mettre "au rebus", comme en plaisantait Jean-Paul, dans cette société performative ou souffle la tempête du progrès, "y'a plus de place pour les ramolli du bulbe" expliquait-il en riant a qui voulait l'entendre. Donc: ouste, le vioque! On avait parlé à jean-Paul de cet EHPAD qui venait d'ouvrir en pleine forêt de Bouconne,le cadre était bucolique et semblait parfait pour attendre confortablement la mort, pousser son dernier soupir, aussi jean-Paul amena-t-il son vieux père dans son corbillard qui sentait le gaz-oil, car le gars avait un humour bien à lui et trouvait "franchement tordant, voire désopilant" d'amener un vieillard en camion funéraire jusqu'à sa dernière demeure ALORS MEME qu'il était encore vivant (si on peut dire!) ah ah ah et tout en conduisant Jean-Paul riait, se bidonnait, il en avait les larmes au yeux, et son vieux cru qu'il pleurait et lui dit "t'en fais pas pour moi fiston, ça va aller" et du coup Jean-Paul se pissa dessus tellement il se gondolait. Il freina brutalement devant l'entrée de la maison de retraite, fit crisser les pneus façon Starsky et Hutch, et aussitôt deux hommes en blanc se précipitèrent pour empoigner l'ancêtre dès qu'il mit pied à terre. "Bienvenue à l'EHPAD du Dernier Soupir" fit l'un des deux hommes et son accent sonna étrangement aux oreilles de Jean-Paul. "Ils doivent employer des étrangers pour les payer moins cher" se dit-il, et il comprenait tout à fait la démarche en tant qu'entrepreneur lui-même (il avait récemment embauché au secrétariat de sa boite  un trisomique dont le salaire était prit en charge par le Conseil Départemental).

Les deux types conduisirent le Vieux à travers les couloirs qui schlinguaient la paille mouillée.
-    Ou éhevé é ânes ? demanda le vieux (Jean-Paul avait oublié de lui laisser son dentier)
-    Paille c'est pour... le mort, expliqua celui qui ressemblait à Mimisicu.
-    Absorber le sang, pas cher, abonda le second, celui qui ressemblait à Raoni mais sans le couvercle Bonne Maman.
-    Accord, répondit le Vieux
Curieux, se dit-il, à travers ses brûmes. Le personnel de ferme avait bien changé depuis son époque. Il n'avait plus de force depuis longtemps : ses pieds nus trainaient sur les carreaux froids, tandis que Bill et Bull le tenaient par les coudes, sans trop de ménagement, mais pas non plus avec une vigueur excessive. Ces deux là savaient ce qu'ils faisaient. Soudain, un hurlement retentit, qui tira le Vieux de ses souvenirs de tracteurs.
-    Equeucé ? hein ?
-    Rien. Calme, répondit Bill.
-    A dié un bébé, postillonna le Vieux.
-    C'est poule, affirma Bull
-    Petite poule, abonda Bill.
Ils s'arrêtèrent devant une porte, et lui montrèrent une cellule qui ressemblait beaucoup à des latrines équipées d'un lit de camps.
-    Toi aussi on t'as balancé ici comme une vieille rosse ?
Le vieux redressa la tête. Un homme nu, dont les testicules pendaient affreusement, grattait son énorme ventre recouvert de poils gris, en lui souriant.
-    Moi c'est Jack. On m'appelle aussi le Croqueur. Et toi, l'ancien ?
-    Oi é le ieux. Enenté
- super, le "Ieux". Tu vas voir, on est bien ici. La piaule, c'est sec, mais la bouffe, mon gars...


Le papy hésitait à s'asseoir sur le matelas qui avait des tâches maronnasses et jaunes, des tâches qui dessinaient des continents. Tandis que Jack lui vantait les mérites de la bouffe servie dans l'établissement, le papy n'osait regarder le bonhomme a poil, avec ses jambes poilues écartées et sa bite qui pendouillait - sans parler des roustons qui touchaient presque le plancher. "D'ailleurs tu tombe bien, Ieux, ça va être l'heure".
- "eu l'eu? eu oi?"
-"J'entrave peau de zob à ce que tu me surine, mon pauvre ami! t'as un problème d'orthophonie ou un dentier mal ajusté...fais voir!...ho bordel, mais elles sont ou tes ratiches? "
- é oubié é entié"
- Ben merde, ça va être duraille pour mâcher la viande, et c'est bien dommage! passe à l'atelier de ma part et demande Boris. C'est un génie de la démerde. Ils retape les fauteuils roulant habituellement, mais il peut te bricoler un dentier avec une canette en alu et quelques clous, c'est un génie ce gars.Ensuite retrouve moi au réfectoire. Y'a fricadelle et purée aujourd'hui, le chef est un ancien criminel de guerre Serbe reconvertis dans une restauration collective de qualité, "alliant", je cite la brochure, " exigence nutritionnelle et plaisir gustatif".
Le papy sortis de la chambre et retrouva le couloir sombre et odorant, il marcha jusqu'à un hall faiblement éclairé et essaya de lire les indications d'un panneau mais sans ses lunettes, autant essayer d'enfiler une chatte dans une aiguille. Heureusement, une aide soignante à l'air bonhomme passait par là. "Il cherche quoi le vieux débris?" fit-elle d'un ton jovial.
Ainsi papy pu se faire accompagner jusqu'à l'atelier en question, ou un presbyte bossu faisait un boucan de tous les diables en tentant de redresser au marteau la roue voilée d'un fauteuil à roulettes.
Papy désigna l'intérieur de sa bouche, et l'autre, loin d'être con, compris aussitôt.
"Pas problème, mon ami, toi. assoir tes fesses pendant moi te bricoler nouvelles dents"
Il vida un fond de canette 8.6 et la tordit dans ses mains puis à l'aide de clous rouillés et de colle superglue réalisa un miracle: une prothèse élégante qu'il ajusta dans la bouche même du vieux.
- Toi faire jaloux avec ça" commenta le serbe, pas peu fier de lui.

lapinchien

Dans l'odeur fade et tenace des désinfectants qui s'infiltrait jusqu'aux draps amidonnés de sa couche d'oubli, Jack, misanthrope endurci et lucide jusqu'à l'os de son aliénation forcée, contemplait le plafond blafard de l'EHPAD comme on contemple l'abîme. Allongé dans ce lit qui n'était plus qu'un cercueil provisoire, il sentait le poids dérisoire de son corps décharné, andropausé aussi, et son esprit, encore vif et cruel, se détournait avec dégoût des infirmières empressées pour plonger dans une digression métaphysique. Ses yeux, durcis par tant d'années de mépris pour l'espèce humaine, se portaient alors, avec une fascination presque sacrée, vers ce qui restait de sa virilité oubliée : ces deux appendices ridés, pendants et inutiles, qui avaient jadis été le siège d'une puissance maintenant dissipée. N'étaient-ils pas, se demandait-il dans un murmure intérieur empreint d'ironie cosmique, le dernier temple d'un mystère ontologique, ces couilles qui incarnaient à la fois la vanité de la génération et l'absurdité d'un être réduit à sa chair déclinante ? Ainsi, dans le silence ouaté de sa chambre, il digressait sans fin sur leur existence paradoxale, y voyant non plus un organe, mais un symbole vertigineux de la condition humaine, suspendu entre le néant et l'écho lointain d'un désir éteint.

Jean-Paul Prépuce, des pompes funèbres Horizon Funeste avait emprunté le corbillard pour trimbaler le vieux jusqu'à la maison de retraite. "Allez pépé, en voiture!" il avait lancer à son paternel, sans lui laisser le temps de finir sa compote de pomme. L'ancêtre yoyotait depuis quelques mois, il savait pas ou il avait la tête, lui l'ancien prof de math de la communale ne savait même plus additionner deux plus deux, il était grand temps de le mettre "au rebus", comme en plaisantait Jean-Paul, dans cette société performative ou souffle la tempête du progrès, "y'a plus de place pour les ramolli du bulbe" expliquait-il en riant a qui voulait l'entendre. Donc: ouste, le vioque! On avait parlé à jean-Paul de cet EHPAD qui venait d'ouvrir en pleine forêt de Bouconne,le cadre était bucolique et semblait parfait pour attendre confortablement la mort, pousser son dernier soupir, aussi jean-Paul amena-t-il son vieux père dans son corbillard qui sentait le gaz-oil, car le gars avait un humour bien à lui et trouvait "franchement tordant, voire désopilant" d'amener un vieillard en camion funéraire jusqu'à sa dernière demeure ALORS MEME qu'il était encore vivant (si on peut dire!) ah ah ah et tout en conduisant Jean-Paul riait, se bidonnait, il en avait les larmes au yeux, et son vieux cru qu'il pleurait et lui dit "t'en fais pas pour moi fiston, ça va aller" et du coup Jean-Paul se pissa dessus tellement il se gondolait. Il freina brutalement devant l'entrée de la maison de retraite, fit crisser les pneus façon Starsky et Hutch, et aussitôt deux hommes en blanc se précipitèrent pour empoigner l'ancêtre dès qu'il mit pied à terre. "Bienvenue à l'EHPAD du Dernier Soupir" fit l'un des deux hommes et son accent sonna étrangement aux oreilles de Jean-Paul. "Ils doivent employer des étrangers pour les payer moins cher" se dit-il, et il comprenait tout à fait la démarche en tant qu'entrepreneur lui-même (il avait récemment embauché au secrétariat de sa boite  un trisomique dont le salaire était prit en charge par le Conseil Départemental).

Les deux types conduisirent le Vieux à travers les couloirs qui schlinguaient la paille mouillée.
-    Ou éhevé é ânes ? demanda le vieux (Jean-Paul avait oublié de lui laisser son dentier)
-    Paille c'est pour... le mort, expliqua celui qui ressemblait à Mimisicu.
-    Absorber le sang, pas cher, abonda le second, celui qui ressemblait à Raoni mais sans le couvercle Bonne Maman.
-    Accord, répondit le Vieux
Curieux, se dit-il, à travers ses brûmes. Le personnel de ferme avait bien changé depuis son époque. Il n'avait plus de force depuis longtemps : ses pieds nus trainaient sur les carreaux froids, tandis que Bill et Bull le tenaient par les coudes, sans trop de ménagement, mais pas non plus avec une vigueur excessive. Ces deux là savaient ce qu'ils faisaient. Soudain, un hurlement retentit, qui tira le Vieux de ses souvenirs de tracteurs.
-    Equeucé ? hein ?
-    Rien. Calme, répondit Bill.
-    A dié un bébé, postillonna le Vieux.
-    C'est poule, affirma Bull
-    Petite poule, abonda Bill.
Ils s'arrêtèrent devant une porte, et lui montrèrent une cellule qui ressemblait beaucoup à des latrines équipées d'un lit de camps.
-    Toi aussi on t'as balancé ici comme une vieille rosse ?
Le vieux redressa la tête. Un homme nu, dont les testicules pendaient affreusement, grattait son énorme ventre recouvert de poils gris, en lui souriant.
-    Moi c'est Jack. On m'appelle aussi le Croqueur. Et toi, l'ancien ?
-    Oi é le ieux. Enenté
- super, le "Ieux". Tu vas voir, on est bien ici. La piaule, c'est sec, mais la bouffe, mon gars...


Le papy hésitait à s'asseoir sur le matelas qui avait des tâches maronnasses et jaunes, des tâches qui dessinaient des continents. Tandis que Jack lui vantait les mérites de la bouffe servie dans l'établissement, le papy n'osait regarder le bonhomme a poil, avec ses jambes poilues écartées et sa bite qui pendouillait - sans parler des roustons qui touchaient presque le plancher. "D'ailleurs tu tombe bien, Ieux, ça va être l'heure".
- "eu l'eu? eu oi?"
-"J'entrave peau de zob à ce que tu me surine, mon pauvre ami! t'as un problème d'orthophonie ou un dentier mal ajusté...fais voir!...ho bordel, mais elles sont ou tes ratiches? "
- é oubié é entié"
- Ben merde, ça va être duraille pour mâcher la viande, et c'est bien dommage! passe à l'atelier de ma part et demande Boris. C'est un génie de la démerde. Ils retape les fauteuils roulant habituellement, mais il peut te bricoler un dentier avec une canette en alu et quelques clous, c'est un génie ce gars.Ensuite retrouve moi au réfectoire. Y'a fricadelle et purée aujourd'hui, le chef est un ancien criminel de guerre Serbe reconvertis dans une restauration collective de qualité, "alliant", je cite la brochure, " exigence nutritionnelle et plaisir gustatif".
Le papy sortis de la chambre et retrouva le couloir sombre et odorant, il marcha jusqu'à un hall faiblement éclairé et essaya de lire les indications d'un panneau mais sans ses lunettes, autant essayer d'enfiler une chatte dans une aiguille. Heureusement, une aide soignante à l'air bonhomme passait par là. "Il cherche quoi le vieux débris?" fit-elle d'un ton jovial.
Ainsi papy pu se faire accompagner jusqu'à l'atelier en question, ou un presbyte bossu faisait un boucan de tous les diables en tentant de redresser au marteau la roue voilée d'un fauteuil à roulettes.
Papy désigna l'intérieur de sa bouche, et l'autre, loin d'être con, compris aussitôt.
"Pas problème, mon ami, toi. assoir tes fesses pendant moi te bricoler nouvelles dents"
Il vida un fond de canette 8.6 et la tordit dans ses mains puis à l'aide de clous rouillés et de colle superglue réalisa un miracle: une prothèse élégante qu'il ajusta dans la bouche même du vieux.
- Toi faire jaloux avec ça" commenta le serbe, pas peu fier de lui.

Pendant ce temps, Jack, 87 ans, poussait son déambulateur à deux à l'heure dans les couloirs puants de l'EHPAD, pourchassant furieusement Marcel qui lui avait piqué sa dernière couche-culotte Tena.
Marcel, le cul déjà à l'air, lâchait des jets de pisse jaune fluo qui claquaient sur le linoléum comme des coups de fusil, formant des flaques nauséabondes dans lesquelles Jack patinait en jurant.
Soudain une explosion de chiasse brune et liquide jaillit du fondement de Marcel, éclaboussant les murs, les portes des chambres et le visage de Jack d'un jet chaud et granuleux.
Jack, pris d'un accès de colère sénile, répondit "ENCUL2§§ RENDS6MOI MA PUTAIN DE COUCHE §" en vomissant un mélange de compote de pommes et de laxatif, projetant des filets verts collants qui collaient aux cheveux blancs de son rival.
La diarrhée de Marcel se fit encore plus violente, un véritable torrent de merde aqueuse qui inondait le couloir, emportant chaussons, lunettes et prothèses dentaires dans un fleuve de fange.
Jack, tout nu, pissait lui aussi abondamment le long de ses jambes tremblantes déjà trempées, ajoutant son urine ambrée au chaos, tandis que des pets retentissants accompagnés de jets de caca solidifiaient le sol en une boue répugnante.
Les deux vieillards continuaient leur course absurde à deux kilomètres-heure, glissant dans leur propre merde, se cognant aux murs couverts de vomi et de diarrhée qui dégoulinait en longues traînées gluantes.
Des explosions d'incontinence se succédaient sans répit : chiasse, pisse, vomi, tout giclait à profusion, transformant le couloir en un véritable abattoir de matières fécales et gastriques.
Jack hurla d'une voix chevrotante en s'aspergeant encore une fois de sa propre diarrhée, réalisant dans un éclair de lucidité nauséeux à quel point l'homme, après une vie entière, se réduisait à cette carcasse fétide qui ne savait plus que se vider de ses fluides.
Et tandis que le sol disparaissait sous une mer de merde, d'urine et de vomissure, Jack comprit que la fin de vie n'était rien d'autre qu'un retour brutal à l'état de bébé incontinent, abandonné dans sa propre crasse jusqu'au dernier souffle et que sa putain de couche Tena, il l'avait bien dans le cul car cet enfoiré de Marcel l'avait emportée pour toujours.

Nino St Félix

Bon courage pour la suite... Jack est mort... Mais le vieux Prépuce a retrouvé la voix. Et on a toujours par vu les enfants dévorés et les animaux insérés, je vous signale.

lapinchien

Ne passe pas ton tour. Jack n'est pas mort. Il a juste eu un petit accident. ça arrive fréquemment aux gens de son age. Il a juste besoin de beaucoup s'hydrater et tout ira bien, il pourra à nouveau s'adonner à ses considérations misanthropiques en contemplant ses couilles fripées.

Je n'étais pas trop inspiré alors j'ai décidé de reproduire la course poursuite de "la Cité de la peur" et celle de "OSS 117 Rio ne répond plus" ci dessous. Bien sûr comme on a plus de moyens pour les effets spéciaux sur la Zone, j'ai rajouté pléthore d'explosions de diarrhée et de vomi.


Nino St Félix

Dans l'odeur fade et tenace des désinfectants qui s'infiltrait jusqu'aux draps amidonnés de sa couche d'oubli, Jack, misanthrope endurci et lucide jusqu'à l'os de son aliénation forcée, contemplait le plafond blafard de l'EHPAD comme on contemple l'abîme. Allongé dans ce lit qui n'était plus qu'un cercueil provisoire, il sentait le poids dérisoire de son corps décharné, andropausé aussi, et son esprit, encore vif et cruel, se détournait avec dégoût des infirmières empressées pour plonger dans une digression métaphysique. Ses yeux, durcis par tant d'années de mépris pour l'espèce humaine, se portaient alors, avec une fascination presque sacrée, vers ce qui restait de sa virilité oubliée : ces deux appendices ridés, pendants et inutiles, qui avaient jadis été le siège d'une puissance maintenant dissipée. N'étaient-ils pas, se demandait-il dans un murmure intérieur empreint d'ironie cosmique, le dernier temple d'un mystère ontologique, ces couilles qui incarnaient à la fois la vanité de la génération et l'absurdité d'un être réduit à sa chair déclinante ? Ainsi, dans le silence ouaté de sa chambre, il digressait sans fin sur leur existence paradoxale, y voyant non plus un organe, mais un symbole vertigineux de la condition humaine, suspendu entre le néant et l'écho lointain d'un désir éteint.

Jean-Paul Prépuce, des pompes funèbres Horizon Funeste avait emprunté le corbillard pour trimbaler le vieux jusqu'à la maison de retraite. "Allez pépé, en voiture!" il avait lancer à son paternel, sans lui laisser le temps de finir sa compote de pomme. L'ancêtre yoyotait depuis quelques mois, il savait pas ou il avait la tête, lui l'ancien prof de math de la communale ne savait même plus additionner deux plus deux, il était grand temps de le mettre "au rebus", comme en plaisantait Jean-Paul, dans cette société performative ou souffle la tempête du progrès, "y'a plus de place pour les ramolli du bulbe" expliquait-il en riant a qui voulait l'entendre. Donc: ouste, le vioque! On avait parlé à jean-Paul de cet EHPAD qui venait d'ouvrir en pleine forêt de Bouconne,le cadre était bucolique et semblait parfait pour attendre confortablement la mort, pousser son dernier soupir, aussi jean-Paul amena-t-il son vieux père dans son corbillard qui sentait le gaz-oil, car le gars avait un humour bien à lui et trouvait "franchement tordant, voire désopilant" d'amener un vieillard en camion funéraire jusqu'à sa dernière demeure ALORS MEME qu'il était encore vivant (si on peut dire!) ah ah ah et tout en conduisant Jean-Paul riait, se bidonnait, il en avait les larmes au yeux, et son vieux cru qu'il pleurait et lui dit "t'en fais pas pour moi fiston, ça va aller" et du coup Jean-Paul se pissa dessus tellement il se gondolait. Il freina brutalement devant l'entrée de la maison de retraite, fit crisser les pneus façon Starsky et Hutch, et aussitôt deux hommes en blanc se précipitèrent pour empoigner l'ancêtre dès qu'il mit pied à terre. "Bienvenue à l'EHPAD du Dernier Soupir" fit l'un des deux hommes et son accent sonna étrangement aux oreilles de Jean-Paul. "Ils doivent employer des étrangers pour les payer moins cher" se dit-il, et il comprenait tout à fait la démarche en tant qu'entrepreneur lui-même (il avait récemment embauché au secrétariat de sa boite  un trisomique dont le salaire était prit en charge par le Conseil Départemental).

Les deux types conduisirent le Vieux à travers les couloirs qui schlinguaient la paille mouillée.
-    Ou éhevé é ânes ? demanda le vieux (Jean-Paul avait oublié de lui laisser son dentier)
-    Paille c'est pour... le mort, expliqua celui qui ressemblait à Mimisicu.
-    Absorber le sang, pas cher, abonda le second, celui qui ressemblait à Raoni mais sans le couvercle Bonne Maman.
-    Accord, répondit le Vieux
Curieux, se dit-il, à travers ses brûmes. Le personnel de ferme avait bien changé depuis son époque. Il n'avait plus de force depuis longtemps : ses pieds nus trainaient sur les carreaux froids, tandis que Bill et Bull le tenaient par les coudes, sans trop de ménagement, mais pas non plus avec une vigueur excessive. Ces deux là savaient ce qu'ils faisaient. Soudain, un hurlement retentit, qui tira le Vieux de ses souvenirs de tracteurs.
-    Equeucé ? hein ?
-    Rien. Calme, répondit Bill.
-    A dié un bébé, postillonna le Vieux.
-    C'est poule, affirma Bull
-    Petite poule, abonda Bill.
Ils s'arrêtèrent devant une porte, et lui montrèrent une cellule qui ressemblait beaucoup à des latrines équipées d'un lit de camps.
-    Toi aussi on t'as balancé ici comme une vieille rosse ?
Le vieux redressa la tête. Un homme nu, dont les testicules pendaient affreusement, grattait son énorme ventre recouvert de poils gris, en lui souriant.
-    Moi c'est Jack. On m'appelle aussi le Croqueur. Et toi, l'ancien ?
-    Oi é le ieux. Enenté
- super, le "Ieux". Tu vas voir, on est bien ici. La piaule, c'est sec, mais la bouffe, mon gars...


Le papy hésitait à s'asseoir sur le matelas qui avait des tâches maronnasses et jaunes, des tâches qui dessinaient des continents. Tandis que Jack lui vantait les mérites de la bouffe servie dans l'établissement, le papy n'osait regarder le bonhomme a poil, avec ses jambes poilues écartées et sa bite qui pendouillait - sans parler des roustons qui touchaient presque le plancher. "D'ailleurs tu tombe bien, Ieux, ça va être l'heure".
- "eu l'eu? eu oi?"
-"J'entrave peau de zob à ce que tu me surine, mon pauvre ami! t'as un problème d'orthophonie ou un dentier mal ajusté...fais voir!...ho bordel, mais elles sont ou tes ratiches? "
- é oubié é entié"
- Ben merde, ça va être duraille pour mâcher la viande, et c'est bien dommage! passe à l'atelier de ma part et demande Boris. C'est un génie de la démerde. Ils retape les fauteuils roulant habituellement, mais il peut te bricoler un dentier avec une canette en alu et quelques clous, c'est un génie ce gars.Ensuite retrouve moi au réfectoire. Y'a fricadelle et purée aujourd'hui, le chef est un ancien criminel de guerre Serbe reconvertis dans une restauration collective de qualité, "alliant", je cite la brochure, " exigence nutritionnelle et plaisir gustatif".
Le papy sortis de la chambre et retrouva le couloir sombre et odorant, il marcha jusqu'à un hall faiblement éclairé et essaya de lire les indications d'un panneau mais sans ses lunettes, autant essayer d'enfiler une chatte dans une aiguille. Heureusement, une aide soignante à l'air bonhomme passait par là. "Il cherche quoi le vieux débris?" fit-elle d'un ton jovial.
Ainsi papy pu se faire accompagner jusqu'à l'atelier en question, ou un presbyte bossu faisait un boucan de tous les diables en tentant de redresser au marteau la roue voilée d'un fauteuil à roulettes.
Papy désigna l'intérieur de sa bouche, et l'autre, loin d'être con, compris aussitôt.
"Pas problème, mon ami, toi. assoir tes fesses pendant moi te bricoler nouvelles dents"
Il vida un fond de canette 8.6 et la tordit dans ses mains puis à l'aide de clous rouillés et de colle superglue réalisa un miracle: une prothèse élégante qu'il ajusta dans la bouche même du vieux.
- Toi faire jaloux avec ça" commenta le serbe, pas peu fier de lui.

Pendant ce temps, Jack, 87 ans, poussait son déambulateur à deux à l'heure dans les couloirs puants de l'EHPAD, pourchassant furieusement Marcel qui lui avait piqué sa dernière couche-culotte Tena.
Marcel, le cul déjà à l'air, lâchait des jets de pisse jaune fluo qui claquaient sur le linoléum comme des coups de fusil, formant des flaques nauséabondes dans lesquelles Jack patinait en jurant.
Soudain une explosion de chiasse brune et liquide jaillit du fondement de Marcel, éclaboussant les murs, les portes des chambres et le visage de Jack d'un jet chaud et granuleux.
Jack, pris d'un accès de colère sénile, répondit "ENCUL2§§ RENDS6MOI MA PUTAIN DE COUCHE §" en vomissant un mélange de compote de pommes et de laxatif, projetant des filets verts collants qui collaient aux cheveux blancs de son rival.
La diarrhée de Marcel se fit encore plus violente, un véritable torrent de merde aqueuse qui inondait le couloir, emportant chaussons, lunettes et prothèses dentaires dans un fleuve de fange.
Jack, tout nu, pissait lui aussi abondamment le long de ses jambes tremblantes déjà trempées, ajoutant son urine ambrée au chaos, tandis que des pets retentissants accompagnés de jets de caca solidifiaient le sol en une boue répugnante.
Les deux vieillards continuaient leur course absurde à deux kilomètres-heure, glissant dans leur propre merde, se cognant aux murs couverts de vomi et de diarrhée qui dégoulinait en longues traînées gluantes.
Des explosions d'incontinence se succédaient sans répit : chiasse, pisse, vomi, tout giclait à profusion, transformant le couloir en un véritable abattoir de matières fécales et gastriques.
Jack hurla d'une voix chevrotante en s'aspergeant encore une fois de sa propre diarrhée, réalisant dans un éclair de lucidité nauséeux à quel point l'homme, après une vie entière, se réduisait à cette carcasse fétide qui ne savait plus que se vider de ses fluides.
Et tandis que le sol disparaissait sous une mer de merde, d'urine et de vomissure, Jack comprit que la fin de vie n'était rien d'autre qu'un retour brutal à l'état de bébé incontinent, abandonné dans sa propre crasse jusqu'au dernier souffle et que sa putain de couche Tena, il l'avait bien dans le cul car cet enfoiré de Marcel l'avait emportée pour toujours.

Pendant cette incontinence-là, c'est un Vieux rutilant de la gueule qui s'avança vers Mimisicu et Raonictamère.
-    Qui toi est ? demanda le second.
-    Nouveau ? ajouta le premier.
Pas peu fier, le Vieux leur exhiba son nouveau sourrire 16 soupapes.
-    Kje ksui kprépuce. Krobert krpépuce. Kré faim. Krou kelle est la krantine ?
A cet instant le flot de merde parvint jusqu'à eux, charriant le pauvre Jack, les quatres fers en l'air, et ce faisant révélant une hideuse boursoufflure qu'il avait toute irritée au fondement, que ses lâches testicules peinaient à dissimuler malgré leur volume exceptionnel. De leur côté les deux indiens roumains, habitués à ces péripéties, s'agrippèrent aux tuyaux de chaufferie et y restèrent suspendus, en position de traction à durée indéterminée.
-    Quoi la chose qui sort de son cul ? demanda Raoni.
-    Prolapsus, commenta Mimisicu
-    Kronneries
Robert Prépuce, lui, avait l'habitude d'avoir de la merde jusqu'aux genoux, et surtout, d'accoucher des génisse.  Il s'approcha en baissant la voix, du pauvre Jack tout merdeux et tremblant qui jappait comme une vieille chienne.
-    Chkruuut, chkruut. Krlaisse moi kfaire, mon krvieux.
-    J4AI MAL SA M7RE
-    Krc'est bien. Krpousse.
Alors, de l'anus de Jack, d'abord par les pattes avant, puis le museau, avant les pattes arrières, qui précédaient elles même la queue, sortit effectivement un veau tout dégoutant de merde et de sang. Il se mit à vagir aussitôt, et Robert Prépuce essuya une goutte qui glissait le long de sa joue.


Nino St Félix

Je pense qu'on pourra dédier ce texte a GD Lodace qui semble raffoler de ce genre de littérature

bojarski alias cormary

Dans l'odeur fade et tenace des désinfectants qui s'infiltrait jusqu'aux draps amidonnés de sa couche d'oubli, Jack, misanthrope endurci et lucide jusqu'à l'os de son aliénation forcée, contemplait le plafond blafard de l'EHPAD comme on contemple l'abîme. Allongé dans ce lit qui n'était plus qu'un cercueil provisoire, il sentait le poids dérisoire de son corps décharné, andropausé aussi, et son esprit, encore vif et cruel, se détournait avec dégoût des infirmières empressées pour plonger dans une digression métaphysique. Ses yeux, durcis par tant d'années de mépris pour l'espèce humaine, se portaient alors, avec une fascination presque sacrée, vers ce qui restait de sa virilité oubliée : ces deux appendices ridés, pendants et inutiles, qui avaient jadis été le siège d'une puissance maintenant dissipée. N'étaient-ils pas, se demandait-il dans un murmure intérieur empreint d'ironie cosmique, le dernier temple d'un mystère ontologique, ces couilles qui incarnaient à la fois la vanité de la génération et l'absurdité d'un être réduit à sa chair déclinante ? Ainsi, dans le silence ouaté de sa chambre, il digressait sans fin sur leur existence paradoxale, y voyant non plus un organe, mais un symbole vertigineux de la condition humaine, suspendu entre le néant et l'écho lointain d'un désir éteint.

Jean-Paul Prépuce, des pompes funèbres Horizon Funeste avait emprunté le corbillard pour trimbaler le vieux jusqu'à la maison de retraite. "Allez pépé, en voiture!" il avait lancer à son paternel, sans lui laisser le temps de finir sa compote de pomme. L'ancêtre yoyotait depuis quelques mois, il savait pas ou il avait la tête, lui l'ancien prof de math de la communale ne savait même plus additionner deux plus deux, il était grand temps de le mettre "au rebus", comme en plaisantait Jean-Paul, dans cette société performative ou souffle la tempête du progrès, "y'a plus de place pour les ramolli du bulbe" expliquait-il en riant a qui voulait l'entendre. Donc: ouste, le vioque! On avait parlé à jean-Paul de cet EHPAD qui venait d'ouvrir en pleine forêt de Bouconne,le cadre était bucolique et semblait parfait pour attendre confortablement la mort, pousser son dernier soupir, aussi jean-Paul amena-t-il son vieux père dans son corbillard qui sentait le gaz-oil, car le gars avait un humour bien à lui et trouvait "franchement tordant, voire désopilant" d'amener un vieillard en camion funéraire jusqu'à sa dernière demeure ALORS MEME qu'il était encore vivant (si on peut dire!) ah ah ah et tout en conduisant Jean-Paul riait, se bidonnait, il en avait les larmes au yeux, et son vieux cru qu'il pleurait et lui dit "t'en fais pas pour moi fiston, ça va aller" et du coup Jean-Paul se pissa dessus tellement il se gondolait. Il freina brutalement devant l'entrée de la maison de retraite, fit crisser les pneus façon Starsky et Hutch, et aussitôt deux hommes en blanc se précipitèrent pour empoigner l'ancêtre dès qu'il mit pied à terre. "Bienvenue à l'EHPAD du Dernier Soupir" fit l'un des deux hommes et son accent sonna étrangement aux oreilles de Jean-Paul. "Ils doivent employer des étrangers pour les payer moins cher" se dit-il, et il comprenait tout à fait la démarche en tant qu'entrepreneur lui-même (il avait récemment embauché au secrétariat de sa boite  un trisomique dont le salaire était prit en charge par le Conseil Départemental).

Les deux types conduisirent le Vieux à travers les couloirs qui schlinguaient la paille mouillée.
-    Ou éhevé é ânes ? demanda le vieux (Jean-Paul avait oublié de lui laisser son dentier)
-    Paille c'est pour... le mort, expliqua celui qui ressemblait à Mimisicu.
-    Absorber le sang, pas cher, abonda le second, celui qui ressemblait à Raoni mais sans le couvercle Bonne Maman.
-    Accord, répondit le Vieux
Curieux, se dit-il, à travers ses brûmes. Le personnel de ferme avait bien changé depuis son époque. Il n'avait plus de force depuis longtemps : ses pieds nus trainaient sur les carreaux froids, tandis que Bill et Bull le tenaient par les coudes, sans trop de ménagement, mais pas non plus avec une vigueur excessive. Ces deux là savaient ce qu'ils faisaient. Soudain, un hurlement retentit, qui tira le Vieux de ses souvenirs de tracteurs.
-    Equeucé ? hein ?
-    Rien. Calme, répondit Bill.
-    A dié un bébé, postillonna le Vieux.
-    C'est poule, affirma Bull
-    Petite poule, abonda Bill.
Ils s'arrêtèrent devant une porte, et lui montrèrent une cellule qui ressemblait beaucoup à des latrines équipées d'un lit de camps.
-    Toi aussi on t'as balancé ici comme une vieille rosse ?
Le vieux redressa la tête. Un homme nu, dont les testicules pendaient affreusement, grattait son énorme ventre recouvert de poils gris, en lui souriant.
-    Moi c'est Jack. On m'appelle aussi le Croqueur. Et toi, l'ancien ?
-    Oi é le ieux. Enenté
- super, le "Ieux". Tu vas voir, on est bien ici. La piaule, c'est sec, mais la bouffe, mon gars...


Le papy hésitait à s'asseoir sur le matelas qui avait des tâches maronnasses et jaunes, des tâches qui dessinaient des continents. Tandis que Jack lui vantait les mérites de la bouffe servie dans l'établissement, le papy n'osait regarder le bonhomme a poil, avec ses jambes poilues écartées et sa bite qui pendouillait - sans parler des roustons qui touchaient presque le plancher. "D'ailleurs tu tombe bien, Ieux, ça va être l'heure".
- "eu l'eu? eu oi?"
-"J'entrave peau de zob à ce que tu me surine, mon pauvre ami! t'as un problème d'orthophonie ou un dentier mal ajusté...fais voir!...ho bordel, mais elles sont ou tes ratiches? "
- é oubié é entié"
- Ben merde, ça va être duraille pour mâcher la viande, et c'est bien dommage! passe à l'atelier de ma part et demande Boris. C'est un génie de la démerde. Ils retape les fauteuils roulant habituellement, mais il peut te bricoler un dentier avec une canette en alu et quelques clous, c'est un génie ce gars.Ensuite retrouve moi au réfectoire. Y'a fricadelle et purée aujourd'hui, le chef est un ancien criminel de guerre Serbe reconvertis dans une restauration collective de qualité, "alliant", je cite la brochure, " exigence nutritionnelle et plaisir gustatif".
Le papy sortis de la chambre et retrouva le couloir sombre et odorant, il marcha jusqu'à un hall faiblement éclairé et essaya de lire les indications d'un panneau mais sans ses lunettes, autant essayer d'enfiler une chatte dans une aiguille. Heureusement, une aide soignante à l'air bonhomme passait par là. "Il cherche quoi le vieux débris?" fit-elle d'un ton jovial.
Ainsi papy pu se faire accompagner jusqu'à l'atelier en question, ou un presbyte bossu faisait un boucan de tous les diables en tentant de redresser au marteau la roue voilée d'un fauteuil à roulettes.
Papy désigna l'intérieur de sa bouche, et l'autre, loin d'être con, compris aussitôt.
"Pas problème, mon ami, toi. assoir tes fesses pendant moi te bricoler nouvelles dents"
Il vida un fond de canette 8.6 et la tordit dans ses mains puis à l'aide de clous rouillés et de colle superglue réalisa un miracle: une prothèse élégante qu'il ajusta dans la bouche même du vieux.
- Toi faire jaloux avec ça" commenta le serbe, pas peu fier de lui.

Pendant ce temps, Jack, 87 ans, poussait son déambulateur à deux à l'heure dans les couloirs puants de l'EHPAD, pourchassant furieusement Marcel qui lui avait piqué sa dernière couche-culotte Tena.
Marcel, le cul déjà à l'air, lâchait des jets de pisse jaune fluo qui claquaient sur le linoléum comme des coups de fusil, formant des flaques nauséabondes dans lesquelles Jack patinait en jurant.
Soudain une explosion de chiasse brune et liquide jaillit du fondement de Marcel, éclaboussant les murs, les portes des chambres et le visage de Jack d'un jet chaud et granuleux.
Jack, pris d'un accès de colère sénile, répondit "ENCUL2§§ RENDS6MOI MA PUTAIN DE COUCHE §" en vomissant un mélange de compote de pommes et de laxatif, projetant des filets verts collants qui collaient aux cheveux blancs de son rival.
La diarrhée de Marcel se fit encore plus violente, un véritable torrent de merde aqueuse qui inondait le couloir, emportant chaussons, lunettes et prothèses dentaires dans un fleuve de fange.
Jack, tout nu, pissait lui aussi abondamment le long de ses jambes tremblantes déjà trempées, ajoutant son urine ambrée au chaos, tandis que des pets retentissants accompagnés de jets de caca solidifiaient le sol en une boue répugnante.
Les deux vieillards continuaient leur course absurde à deux kilomètres-heure, glissant dans leur propre merde, se cognant aux murs couverts de vomi et de diarrhée qui dégoulinait en longues traînées gluantes.
Des explosions d'incontinence se succédaient sans répit : chiasse, pisse, vomi, tout giclait à profusion, transformant le couloir en un véritable abattoir de matières fécales et gastriques.
Jack hurla d'une voix chevrotante en s'aspergeant encore une fois de sa propre diarrhée, réalisant dans un éclair de lucidité nauséeux à quel point l'homme, après une vie entière, se réduisait à cette carcasse fétide qui ne savait plus que se vider de ses fluides.
Et tandis que le sol disparaissait sous une mer de merde, d'urine et de vomissure, Jack comprit que la fin de vie n'était rien d'autre qu'un retour brutal à l'état de bébé incontinent, abandonné dans sa propre crasse jusqu'au dernier souffle et que sa putain de couche Tena, il l'avait bien dans le cul car cet enfoiré de Marcel l'avait emportée pour toujours.

Pendant cette incontinence-là, c'est un Vieux rutilant de la gueule qui s'avança vers Mimisicu et Raonictamère.
-    Qui toi est ? demanda le second.
-    Nouveau ? ajouta le premier.
Pas peu fier, le Vieux leur exhiba son nouveau sourrire 16 soupapes.
-    Kje ksui kprépuce. Krobert krpépuce. Kré faim. Krou kelle est la krantine ?
A cet instant le flot de merde parvint jusqu'à eux, charriant le pauvre Jack, les quatres fers en l'air, et ce faisant révélant une hideuse boursoufflure qu'il avait toute irritée au fondement, que ses lâches testicules peinaient à dissimuler malgré leur volume exceptionnel. De leur côté les deux indiens roumains, habitués à ces péripéties, s'agrippèrent aux tuyaux de chaufferie et y restèrent suspendus, en position de traction à durée indéterminée.
-    Quoi la chose qui sort de son cul ? demanda Raoni.
-    Prolapsus, commenta Mimisicu
-    Kronneries
Robert Prépuce, lui, avait l'habitude d'avoir de la merde jusqu'aux genoux, et surtout, d'accoucher des génisse.  Il s'approcha en baissant la voix, du pauvre Jack tout merdeux et tremblant qui jappait comme une vieille chienne.
-    Chkruuut, chkruut. Krlaisse moi kfaire, mon krvieux.
-    J4AI MAL SA M7RE
-    Krc'est bien. Krpousse.
Alors, de l'anus de Jack, d'abord par les pattes avant, puis le museau, avant les pattes arrières, qui précédaient elles même la queue, sortit effectivement un veau tout dégoutant de merde et de sang. Il se mit à vagir aussitôt, et Robert Prépuce essuya une goutte qui glissait le long de sa joue.

Géraldine aimait ça, les fleuves de merde. Trois semaines à peine qu'elle bossait dans cet EHPAD et elle s'éclatait. Quand les résidents s'oubliaient dans les couloirs, elle avait pris l'habitude de surfer sur le caca en utilisant un plateau-repas comme une planche. Ce coup-là elle était servie, une véritable mer d'huile de fion se présentait à elle et elle n'allait pas louper ça. C'est ainsi debout sur son surf improvisé qu'elle atteignit le réfectoire, à fond les ballons, manquant de percuter une vieille en fauteuil, s'accrochant aux épaules frêles d'un vioque afin de ralentir sa course - le pépé se vautra avec son plateau la gueule dans la purée de poix cassée, ce qui déclencha l'hilarité générale. Oui, vraiment, c'était un boulot ou on se marrait bien. Elle reconnu Jack attablé en face d'un nouveau, un vieux avec un drôle de râtelier qui réfléchissait la lumière des néons pisseux.
- Comment allons-nous aujourd'hui, monsieur Jack?
Jack était occupé à désosser une cuisse de...de quoi au juste?
- krcé koi kom fiande? ahana le vieux Prépuce.
- J'sais pas mais ça m'a l'air au poil!  Je dirai...de l'ado boutonneux, du 14 ans maxi.
Prépuce observa mieux le contenu de sa propre assiette. De la purée couleur chiasse entourait un morceau de bidoche sur lequel semblait implantés des cheveux.
- T'as pas d'bol, toi! commenta Jack. T'as eu le front. Et ils ont laissé des cheveux!
- Jcroyai kre la bouff était top ici
- Prend ça comme un bizutage! T'es nouveau, c'est normal! et encore t'aurais pu hériter de la rondelle sauce diarrhée ou bien d'une salade de prostate au chèvre-miel. et tel que je connais l'humour du cuisto, il s'est surement soulagé dans ta purée. Allez, fais pas la tronche, c'est de bonne guerre! 

lapinchien

Dans l'odeur fade et tenace des désinfectants qui s'infiltrait jusqu'aux draps amidonnés de sa couche d'oubli, Jack, misanthrope endurci et lucide jusqu'à l'os de son aliénation forcée, contemplait le plafond blafard de l'EHPAD comme on contemple l'abîme. Allongé dans ce lit qui n'était plus qu'un cercueil provisoire, il sentait le poids dérisoire de son corps décharné, andropausé aussi, et son esprit, encore vif et cruel, se détournait avec dégoût des infirmières empressées pour plonger dans une digression métaphysique. Ses yeux, durcis par tant d'années de mépris pour l'espèce humaine, se portaient alors, avec une fascination presque sacrée, vers ce qui restait de sa virilité oubliée : ces deux appendices ridés, pendants et inutiles, qui avaient jadis été le siège d'une puissance maintenant dissipée. N'étaient-ils pas, se demandait-il dans un murmure intérieur empreint d'ironie cosmique, le dernier temple d'un mystère ontologique, ces couilles qui incarnaient à la fois la vanité de la génération et l'absurdité d'un être réduit à sa chair déclinante ? Ainsi, dans le silence ouaté de sa chambre, il digressait sans fin sur leur existence paradoxale, y voyant non plus un organe, mais un symbole vertigineux de la condition humaine, suspendu entre le néant et l'écho lointain d'un désir éteint.

Jean-Paul Prépuce, des pompes funèbres Horizon Funeste avait emprunté le corbillard pour trimbaler le vieux jusqu'à la maison de retraite. "Allez pépé, en voiture!" il avait lancer à son paternel, sans lui laisser le temps de finir sa compote de pomme. L'ancêtre yoyotait depuis quelques mois, il savait pas ou il avait la tête, lui l'ancien prof de math de la communale ne savait même plus additionner deux plus deux, il était grand temps de le mettre "au rebus", comme en plaisantait Jean-Paul, dans cette société performative ou souffle la tempête du progrès, "y'a plus de place pour les ramolli du bulbe" expliquait-il en riant a qui voulait l'entendre. Donc: ouste, le vioque! On avait parlé à jean-Paul de cet EHPAD qui venait d'ouvrir en pleine forêt de Bouconne,le cadre était bucolique et semblait parfait pour attendre confortablement la mort, pousser son dernier soupir, aussi jean-Paul amena-t-il son vieux père dans son corbillard qui sentait le gaz-oil, car le gars avait un humour bien à lui et trouvait "franchement tordant, voire désopilant" d'amener un vieillard en camion funéraire jusqu'à sa dernière demeure ALORS MEME qu'il était encore vivant (si on peut dire!) ah ah ah et tout en conduisant Jean-Paul riait, se bidonnait, il en avait les larmes au yeux, et son vieux cru qu'il pleurait et lui dit "t'en fais pas pour moi fiston, ça va aller" et du coup Jean-Paul se pissa dessus tellement il se gondolait. Il freina brutalement devant l'entrée de la maison de retraite, fit crisser les pneus façon Starsky et Hutch, et aussitôt deux hommes en blanc se précipitèrent pour empoigner l'ancêtre dès qu'il mit pied à terre. "Bienvenue à l'EHPAD du Dernier Soupir" fit l'un des deux hommes et son accent sonna étrangement aux oreilles de Jean-Paul. "Ils doivent employer des étrangers pour les payer moins cher" se dit-il, et il comprenait tout à fait la démarche en tant qu'entrepreneur lui-même (il avait récemment embauché au secrétariat de sa boite  un trisomique dont le salaire était prit en charge par le Conseil Départemental).

Les deux types conduisirent le Vieux à travers les couloirs qui schlinguaient la paille mouillée.
-    Ou éhevé é ânes ? demanda le vieux (Jean-Paul avait oublié de lui laisser son dentier)
-    Paille c'est pour... le mort, expliqua celui qui ressemblait à Mimisicu.
-    Absorber le sang, pas cher, abonda le second, celui qui ressemblait à Raoni mais sans le couvercle Bonne Maman.
-    Accord, répondit le Vieux
Curieux, se dit-il, à travers ses brûmes. Le personnel de ferme avait bien changé depuis son époque. Il n'avait plus de force depuis longtemps : ses pieds nus trainaient sur les carreaux froids, tandis que Bill et Bull le tenaient par les coudes, sans trop de ménagement, mais pas non plus avec une vigueur excessive. Ces deux là savaient ce qu'ils faisaient. Soudain, un hurlement retentit, qui tira le Vieux de ses souvenirs de tracteurs.
-    Equeucé ? hein ?
-    Rien. Calme, répondit Bill.
-    A dié un bébé, postillonna le Vieux.
-    C'est poule, affirma Bull
-    Petite poule, abonda Bill.
Ils s'arrêtèrent devant une porte, et lui montrèrent une cellule qui ressemblait beaucoup à des latrines équipées d'un lit de camps.
-    Toi aussi on t'as balancé ici comme une vieille rosse ?
Le vieux redressa la tête. Un homme nu, dont les testicules pendaient affreusement, grattait son énorme ventre recouvert de poils gris, en lui souriant.
-    Moi c'est Jack. On m'appelle aussi le Croqueur. Et toi, l'ancien ?
-    Oi é le ieux. Enenté
- super, le "Ieux". Tu vas voir, on est bien ici. La piaule, c'est sec, mais la bouffe, mon gars...


Le papy hésitait à s'asseoir sur le matelas qui avait des tâches maronnasses et jaunes, des tâches qui dessinaient des continents. Tandis que Jack lui vantait les mérites de la bouffe servie dans l'établissement, le papy n'osait regarder le bonhomme a poil, avec ses jambes poilues écartées et sa bite qui pendouillait - sans parler des roustons qui touchaient presque le plancher. "D'ailleurs tu tombe bien, Ieux, ça va être l'heure".
- "eu l'eu? eu oi?"
-"J'entrave peau de zob à ce que tu me surine, mon pauvre ami! t'as un problème d'orthophonie ou un dentier mal ajusté...fais voir!...ho bordel, mais elles sont ou tes ratiches? "
- é oubié é entié"
- Ben merde, ça va être duraille pour mâcher la viande, et c'est bien dommage! passe à l'atelier de ma part et demande Boris. C'est un génie de la démerde. Ils retape les fauteuils roulant habituellement, mais il peut te bricoler un dentier avec une canette en alu et quelques clous, c'est un génie ce gars.Ensuite retrouve moi au réfectoire. Y'a fricadelle et purée aujourd'hui, le chef est un ancien criminel de guerre Serbe reconvertis dans une restauration collective de qualité, "alliant", je cite la brochure, " exigence nutritionnelle et plaisir gustatif".
Le papy sortis de la chambre et retrouva le couloir sombre et odorant, il marcha jusqu'à un hall faiblement éclairé et essaya de lire les indications d'un panneau mais sans ses lunettes, autant essayer d'enfiler une chatte dans une aiguille. Heureusement, une aide soignante à l'air bonhomme passait par là. "Il cherche quoi le vieux débris?" fit-elle d'un ton jovial.
Ainsi papy pu se faire accompagner jusqu'à l'atelier en question, ou un presbyte bossu faisait un boucan de tous les diables en tentant de redresser au marteau la roue voilée d'un fauteuil à roulettes.
Papy désigna l'intérieur de sa bouche, et l'autre, loin d'être con, compris aussitôt.
"Pas problème, mon ami, toi. assoir tes fesses pendant moi te bricoler nouvelles dents"
Il vida un fond de canette 8.6 et la tordit dans ses mains puis à l'aide de clous rouillés et de colle superglue réalisa un miracle: une prothèse élégante qu'il ajusta dans la bouche même du vieux.
- Toi faire jaloux avec ça" commenta le serbe, pas peu fier de lui.

Pendant ce temps, Jack, 87 ans, poussait son déambulateur à deux à l'heure dans les couloirs puants de l'EHPAD, pourchassant furieusement Marcel qui lui avait piqué sa dernière couche-culotte Tena.
Marcel, le cul déjà à l'air, lâchait des jets de pisse jaune fluo qui claquaient sur le linoléum comme des coups de fusil, formant des flaques nauséabondes dans lesquelles Jack patinait en jurant.
Soudain une explosion de chiasse brune et liquide jaillit du fondement de Marcel, éclaboussant les murs, les portes des chambres et le visage de Jack d'un jet chaud et granuleux.
Jack, pris d'un accès de colère sénile, répondit "ENCUL2§§ RENDS6MOI MA PUTAIN DE COUCHE §" en vomissant un mélange de compote de pommes et de laxatif, projetant des filets verts collants qui collaient aux cheveux blancs de son rival.
La diarrhée de Marcel se fit encore plus violente, un véritable torrent de merde aqueuse qui inondait le couloir, emportant chaussons, lunettes et prothèses dentaires dans un fleuve de fange.
Jack, tout nu, pissait lui aussi abondamment le long de ses jambes tremblantes déjà trempées, ajoutant son urine ambrée au chaos, tandis que des pets retentissants accompagnés de jets de caca solidifiaient le sol en une boue répugnante.
Les deux vieillards continuaient leur course absurde à deux kilomètres-heure, glissant dans leur propre merde, se cognant aux murs couverts de vomi et de diarrhée qui dégoulinait en longues traînées gluantes.
Des explosions d'incontinence se succédaient sans répit : chiasse, pisse, vomi, tout giclait à profusion, transformant le couloir en un véritable abattoir de matières fécales et gastriques.
Jack hurla d'une voix chevrotante en s'aspergeant encore une fois de sa propre diarrhée, réalisant dans un éclair de lucidité nauséeux à quel point l'homme, après une vie entière, se réduisait à cette carcasse fétide qui ne savait plus que se vider de ses fluides.
Et tandis que le sol disparaissait sous une mer de merde, d'urine et de vomissure, Jack comprit que la fin de vie n'était rien d'autre qu'un retour brutal à l'état de bébé incontinent, abandonné dans sa propre crasse jusqu'au dernier souffle et que sa putain de couche Tena, il l'avait bien dans le cul car cet enfoiré de Marcel l'avait emportée pour toujours.

Pendant cette incontinence-là, c'est un Vieux rutilant de la gueule qui s'avança vers Mimisicu et Raonictamère.
-    Qui toi est ? demanda le second.
-    Nouveau ? ajouta le premier.
Pas peu fier, le Vieux leur exhiba son nouveau sourrire 16 soupapes.
-    Kje ksui kprépuce. Krobert krpépuce. Kré faim. Krou kelle est la krantine ?
A cet instant le flot de merde parvint jusqu'à eux, charriant le pauvre Jack, les quatres fers en l'air, et ce faisant révélant une hideuse boursoufflure qu'il avait toute irritée au fondement, que ses lâches testicules peinaient à dissimuler malgré leur volume exceptionnel. De leur côté les deux indiens roumains, habitués à ces péripéties, s'agrippèrent aux tuyaux de chaufferie et y restèrent suspendus, en position de traction à durée indéterminée.
-    Quoi la chose qui sort de son cul ? demanda Raoni.
-    Prolapsus, commenta Mimisicu
-    Kronneries
Robert Prépuce, lui, avait l'habitude d'avoir de la merde jusqu'aux genoux, et surtout, d'accoucher des génisse.  Il s'approcha en baissant la voix, du pauvre Jack tout merdeux et tremblant qui jappait comme une vieille chienne.
-    Chkruuut, chkruut. Krlaisse moi kfaire, mon krvieux.
-    J4AI MAL SA M7RE
-    Krc'est bien. Krpousse.
Alors, de l'anus de Jack, d'abord par les pattes avant, puis le museau, avant les pattes arrières, qui précédaient elles même la queue, sortit effectivement un veau tout dégoutant de merde et de sang. Il se mit à vagir aussitôt, et Robert Prépuce essuya une goutte qui glissait le long de sa joue.

Géraldine aimait ça, les fleuves de merde. Trois semaines à peine qu'elle bossait dans cet EHPAD et elle s'éclatait. Quand les résidents s'oubliaient dans les couloirs, elle avait pris l'habitude de surfer sur le caca en utilisant un plateau-repas comme une planche. Ce coup-là elle était servie, une véritable mer d'huile de fion se présentait à elle et elle n'allait pas louper ça. C'est ainsi debout sur son surf improvisé qu'elle atteignit le réfectoire, à fond les ballons, manquant de percuter une vieille en fauteuil, s'accrochant aux épaules frêles d'un vioque afin de ralentir sa course - le pépé se vautra avec son plateau la gueule dans la purée de poix cassée, ce qui déclencha l'hilarité générale. Oui, vraiment, c'était un boulot ou on se marrait bien. Elle reconnu Jack attablé en face d'un nouveau, un vieux avec un drôle de râtelier qui réfléchissait la lumière des néons pisseux.
- Comment allons-nous aujourd'hui, monsieur Jack?
Jack était occupé à désosser une cuisse de...de quoi au juste?
- krcé koi kom fiande? ahana le vieux Prépuce.
- J'sais pas mais ça m'a l'air au poil!  Je dirai...de l'ado boutonneux, du 14 ans maxi.
Prépuce observa mieux le contenu de sa propre assiette. De la purée couleur chiasse entourait un morceau de bidoche sur lequel semblait implantés des cheveux.
- T'as pas d'bol, toi! commenta Jack. T'as eu le front. Et ils ont laissé des cheveux!
- Jcroyai kre la bouff était top ici
- Prend ça comme un bizutage! T'es nouveau, c'est normal! et encore t'aurais pu hériter de la rondelle sauce diarrhée ou bien d'une salade de prostate au chèvre-miel. et tel que je connais l'humour du cuisto, il s'est surement soulagé dans ta purée. Allez, fais pas la tronche, c'est de bonne guerre!

Dans l'odeur nauséabonde qui s'élevait encore des flaques de son récent et involontaire accouchement anal, Jack, les testicules toujours pendants comme deux oracles cyniques de la déchéance humaine, contemplait Prépuce d'un regard chargé de mépris cosmique et digressait sur cet accident scatalogique qui avait, selon lui, révélé la vérité ultime de l'espèce : l'homme n'était qu'un conduit fétide destinée à se vider jusqu'à l'extinction.  "Vois-tu, mon pauvre Prépuce aux dents d'aluminium, ce petit incident n'était point une faute, mais une prophétie : nos boyaux, plus fidèles que nos âmes, annoncent déjà le déluge que la société du loisir s'obstine à nier sous ses mensonges de piscines chlorées et de toboggans plastiques."

Il proposa alors, d'une voix chevrotante imprégnée d'ironie misanthropique, de transformer l'EHPAD du Dernier Soupir en un Aquaboulevard apocalyptique où la diarrhée collective des résidents remplacerait l'eau rare et précieuse que le changement climatique confisquait déjà aux naïfs. Géraldine, la surfeuse invétérée, deviendrait instructrice de glisse sur vagues de chiasse, tandis que Marcel, incontinent professionnel, alimenterait en permanence les bassins de ses jets jaunes et bruns. Bill et Bull, suspendus jadis aux tuyaux, serviraient de sauveteurs suspendus au-dessus des torrents fécaux, et Boris le bossu fabriquerait des bouées à partir de canettes 8.6 et de couches Tena usagées. Le chef serbe, criminel reconverti, cuisinerait des snacks de viande douteuse à déguster entre deux descentes de toboggan intestinal, et Jean-Paul Prépuce transformerait son corbillard en navette funéraire amphibie pour ramener les clients saturés de plaisir. Quant au veau sorti de ses entrailles, il patrouillerait comme mascotte aquatique, tétonnant les flots de merde sous le regard indifférent des dieux morts. Au centre de ce business modèle génial, Jack plaçait ses propres couilles, temples ridés et ontologiques, qui, trempées dans le limon universel, symboliseraient à la fois la vanité de toute génération et l'absurdité d'une humanité réduite à s'amuser dans ses propres excréments tandis que la planète se desséchait. Ainsi, dans ce parc de loisirs scatologique, la société du divertissement atteindrait enfin sa vérité métaphysique : l'homme, face au climat qui s'effondre, ne savait plus que se vautrer dans sa propre fange, suspendu entre le néant et l'écho lointain d'un désir éteint, et Prépuce, râtelier étincelant, n'avait plus qu'à signer le contrat de cette ultime farce.

Nino St Félix

Bin je crois que c'est clos là dessus non ? Si le texte recoit une bonne giclée d'enthousiasme il sera toujours possible d'écrire la suite. On a les animaux dans le cul, et les petits enfants servis à la cantine, donc le cahier des charges est rempli. Enfin, on a pas abordé le satanisme, mais point trop n'en faut, chaque chose en son temps, ne gachons pas tout le plaisir.

bojarski alias cormary

Hein? C'est pas finis non d'un clebs! On a pas abordé la question sataniste et fait qu'effleurer certains aspects du bousin. Il me semble que tu esquive un peu vite, peut-être le sujet te touche de trop près car tu t'approche de l'âge de la maison de retraite, dans ce cas je comprends ton malaise, je comprend aussi si le sujet des fuites urinaires et autres liquide brunatre te concerne aussi, désolé, l'intention n'était pas de blesser.

Nino St Félix

Non c'est plutot l'appareil dentaire qui ravive des mauvais souvenirs. Mais surtout merde donc c'est à mon tour je suppose vu qu'on est qu'a 3 dans cette tournante. Je vais essayer de pondre quelque chose dans la soirée

bojarski alias cormary

Ce serait bien si d'autres plumes venaient partouzer avec nous, histoire de rajouter du piment d'Espelette

Nino St Félix

Dans l'odeur fade et tenace des désinfectants qui s'infiltrait jusqu'aux draps amidonnés de sa couche d'oubli, Jack, misanthrope endurci et lucide jusqu'à l'os de son aliénation forcée, contemplait le plafond blafard de l'EHPAD comme on contemple l'abîme. Allongé dans ce lit qui n'était plus qu'un cercueil provisoire, il sentait le poids dérisoire de son corps décharné, andropausé aussi, et son esprit, encore vif et cruel, se détournait avec dégoût des infirmières empressées pour plonger dans une digression métaphysique. Ses yeux, durcis par tant d'années de mépris pour l'espèce humaine, se portaient alors, avec une fascination presque sacrée, vers ce qui restait de sa virilité oubliée : ces deux appendices ridés, pendants et inutiles, qui avaient jadis été le siège d'une puissance maintenant dissipée. N'étaient-ils pas, se demandait-il dans un murmure intérieur empreint d'ironie cosmique, le dernier temple d'un mystère ontologique, ces couilles qui incarnaient à la fois la vanité de la génération et l'absurdité d'un être réduit à sa chair déclinante ? Ainsi, dans le silence ouaté de sa chambre, il digressait sans fin sur leur existence paradoxale, y voyant non plus un organe, mais un symbole vertigineux de la condition humaine, suspendu entre le néant et l'écho lointain d'un désir éteint.

Jean-Paul Prépuce, des pompes funèbres Horizon Funeste avait emprunté le corbillard pour trimbaler le vieux jusqu'à la maison de retraite. "Allez pépé, en voiture!" il avait lancer à son paternel, sans lui laisser le temps de finir sa compote de pomme. L'ancêtre yoyotait depuis quelques mois, il savait pas ou il avait la tête, lui l'ancien prof de math de la communale ne savait même plus additionner deux plus deux, il était grand temps de le mettre "au rebus", comme en plaisantait Jean-Paul, dans cette société performative ou souffle la tempête du progrès, "y'a plus de place pour les ramolli du bulbe" expliquait-il en riant a qui voulait l'entendre. Donc: ouste, le vioque! On avait parlé à jean-Paul de cet EHPAD qui venait d'ouvrir en pleine forêt de Bouconne,le cadre était bucolique et semblait parfait pour attendre confortablement la mort, pousser son dernier soupir, aussi jean-Paul amena-t-il son vieux père dans son corbillard qui sentait le gaz-oil, car le gars avait un humour bien à lui et trouvait "franchement tordant, voire désopilant" d'amener un vieillard en camion funéraire jusqu'à sa dernière demeure ALORS MEME qu'il était encore vivant (si on peut dire!) ah ah ah et tout en conduisant Jean-Paul riait, se bidonnait, il en avait les larmes au yeux, et son vieux cru qu'il pleurait et lui dit "t'en fais pas pour moi fiston, ça va aller" et du coup Jean-Paul se pissa dessus tellement il se gondolait. Il freina brutalement devant l'entrée de la maison de retraite, fit crisser les pneus façon Starsky et Hutch, et aussitôt deux hommes en blanc se précipitèrent pour empoigner l'ancêtre dès qu'il mit pied à terre. "Bienvenue à l'EHPAD du Dernier Soupir" fit l'un des deux hommes et son accent sonna étrangement aux oreilles de Jean-Paul. "Ils doivent employer des étrangers pour les payer moins cher" se dit-il, et il comprenait tout à fait la démarche en tant qu'entrepreneur lui-même (il avait récemment embauché au secrétariat de sa boite  un trisomique dont le salaire était prit en charge par le Conseil Départemental).

Les deux types conduisirent le Vieux à travers les couloirs qui schlinguaient la paille mouillée.
-    Ou éhevé é ânes ? demanda le vieux (Jean-Paul avait oublié de lui laisser son dentier)
-    Paille c'est pour... le mort, expliqua celui qui ressemblait à Mimisicu.
-    Absorber le sang, pas cher, abonda le second, celui qui ressemblait à Raoni mais sans le couvercle Bonne Maman.
-    Accord, répondit le Vieux
Curieux, se dit-il, à travers ses brûmes. Le personnel de ferme avait bien changé depuis son époque. Il n'avait plus de force depuis longtemps : ses pieds nus trainaient sur les carreaux froids, tandis que Bill et Bull le tenaient par les coudes, sans trop de ménagement, mais pas non plus avec une vigueur excessive. Ces deux là savaient ce qu'ils faisaient. Soudain, un hurlement retentit, qui tira le Vieux de ses souvenirs de tracteurs.
-    Equeucé ? hein ?
-    Rien. Calme, répondit Bill.
-    A dié un bébé, postillonna le Vieux.
-    C'est poule, affirma Bull
-    Petite poule, abonda Bill.
Ils s'arrêtèrent devant une porte, et lui montrèrent une cellule qui ressemblait beaucoup à des latrines équipées d'un lit de camps.
-    Toi aussi on t'as balancé ici comme une vieille rosse ?
Le vieux redressa la tête. Un homme nu, dont les testicules pendaient affreusement, grattait son énorme ventre recouvert de poils gris, en lui souriant.
-    Moi c'est Jack. On m'appelle aussi le Croqueur. Et toi, l'ancien ?
-    Oi é le ieux. Enenté
- super, le "Ieux". Tu vas voir, on est bien ici. La piaule, c'est sec, mais la bouffe, mon gars...


Le papy hésitait à s'asseoir sur le matelas qui avait des tâches maronnasses et jaunes, des tâches qui dessinaient des continents. Tandis que Jack lui vantait les mérites de la bouffe servie dans l'établissement, le papy n'osait regarder le bonhomme a poil, avec ses jambes poilues écartées et sa bite qui pendouillait - sans parler des roustons qui touchaient presque le plancher. "D'ailleurs tu tombe bien, Ieux, ça va être l'heure".
- "eu l'eu? eu oi?"
-"J'entrave peau de zob à ce que tu me surine, mon pauvre ami! t'as un problème d'orthophonie ou un dentier mal ajusté...fais voir!...ho bordel, mais elles sont ou tes ratiches? "
- é oubié é entié"
- Ben merde, ça va être duraille pour mâcher la viande, et c'est bien dommage! passe à l'atelier de ma part et demande Boris. C'est un génie de la démerde. Ils retape les fauteuils roulant habituellement, mais il peut te bricoler un dentier avec une canette en alu et quelques clous, c'est un génie ce gars.Ensuite retrouve moi au réfectoire. Y'a fricadelle et purée aujourd'hui, le chef est un ancien criminel de guerre Serbe reconvertis dans une restauration collective de qualité, "alliant", je cite la brochure, " exigence nutritionnelle et plaisir gustatif".
Le papy sortis de la chambre et retrouva le couloir sombre et odorant, il marcha jusqu'à un hall faiblement éclairé et essaya de lire les indications d'un panneau mais sans ses lunettes, autant essayer d'enfiler une chatte dans une aiguille. Heureusement, une aide soignante à l'air bonhomme passait par là. "Il cherche quoi le vieux débris?" fit-elle d'un ton jovial.
Ainsi papy pu se faire accompagner jusqu'à l'atelier en question, ou un presbyte bossu faisait un boucan de tous les diables en tentant de redresser au marteau la roue voilée d'un fauteuil à roulettes.
Papy désigna l'intérieur de sa bouche, et l'autre, loin d'être con, compris aussitôt.
"Pas problème, mon ami, toi. assoir tes fesses pendant moi te bricoler nouvelles dents"
Il vida un fond de canette 8.6 et la tordit dans ses mains puis à l'aide de clous rouillés et de colle superglue réalisa un miracle: une prothèse élégante qu'il ajusta dans la bouche même du vieux.
- Toi faire jaloux avec ça" commenta le serbe, pas peu fier de lui.

Pendant ce temps, Jack, 87 ans, poussait son déambulateur à deux à l'heure dans les couloirs puants de l'EHPAD, pourchassant furieusement Marcel qui lui avait piqué sa dernière couche-culotte Tena.
Marcel, le cul déjà à l'air, lâchait des jets de pisse jaune fluo qui claquaient sur le linoléum comme des coups de fusil, formant des flaques nauséabondes dans lesquelles Jack patinait en jurant.
Soudain une explosion de chiasse brune et liquide jaillit du fondement de Marcel, éclaboussant les murs, les portes des chambres et le visage de Jack d'un jet chaud et granuleux.
Jack, pris d'un accès de colère sénile, répondit "ENCUL2§§ RENDS6MOI MA PUTAIN DE COUCHE §" en vomissant un mélange de compote de pommes et de laxatif, projetant des filets verts collants qui collaient aux cheveux blancs de son rival.
La diarrhée de Marcel se fit encore plus violente, un véritable torrent de merde aqueuse qui inondait le couloir, emportant chaussons, lunettes et prothèses dentaires dans un fleuve de fange.
Jack, tout nu, pissait lui aussi abondamment le long de ses jambes tremblantes déjà trempées, ajoutant son urine ambrée au chaos, tandis que des pets retentissants accompagnés de jets de caca solidifiaient le sol en une boue répugnante.
Les deux vieillards continuaient leur course absurde à deux kilomètres-heure, glissant dans leur propre merde, se cognant aux murs couverts de vomi et de diarrhée qui dégoulinait en longues traînées gluantes.
Des explosions d'incontinence se succédaient sans répit : chiasse, pisse, vomi, tout giclait à profusion, transformant le couloir en un véritable abattoir de matières fécales et gastriques.
Jack hurla d'une voix chevrotante en s'aspergeant encore une fois de sa propre diarrhée, réalisant dans un éclair de lucidité nauséeux à quel point l'homme, après une vie entière, se réduisait à cette carcasse fétide qui ne savait plus que se vider de ses fluides.
Et tandis que le sol disparaissait sous une mer de merde, d'urine et de vomissure, Jack comprit que la fin de vie n'était rien d'autre qu'un retour brutal à l'état de bébé incontinent, abandonné dans sa propre crasse jusqu'au dernier souffle et que sa putain de couche Tena, il l'avait bien dans le cul car cet enfoiré de Marcel l'avait emportée pour toujours.

Pendant cette incontinence-là, c'est un Vieux rutilant de la gueule qui s'avança vers Mimisicu et Raonictamère.
-    Qui toi est ? demanda le second.
-    Nouveau ? ajouta le premier.
Pas peu fier, le Vieux leur exhiba son nouveau sourrire 16 soupapes.
-    Kje ksui kprépuce. Krobert krpépuce. Kré faim. Krou kelle est la krantine ?
A cet instant le flot de merde parvint jusqu'à eux, charriant le pauvre Jack, les quatres fers en l'air, et ce faisant révélant une hideuse boursoufflure qu'il avait toute irritée au fondement, que ses lâches testicules peinaient à dissimuler malgré leur volume exceptionnel. De leur côté les deux indiens roumains, habitués à ces péripéties, s'agrippèrent aux tuyaux de chaufferie et y restèrent suspendus, en position de traction à durée indéterminée.
-    Quoi la chose qui sort de son cul ? demanda Raoni.
-    Prolapsus, commenta Mimisicu
-    Kronneries
Robert Prépuce, lui, avait l'habitude d'avoir de la merde jusqu'aux genoux, et surtout, d'accoucher des génisse.  Il s'approcha en baissant la voix, du pauvre Jack tout merdeux et tremblant qui jappait comme une vieille chienne.
-    Chkruuut, chkruut. Krlaisse moi kfaire, mon krvieux.
-    J4AI MAL SA M7RE
-    Krc'est bien. Krpousse.
Alors, de l'anus de Jack, d'abord par les pattes avant, puis le museau, avant les pattes arrières, qui précédaient elles même la queue, sortit effectivement un veau tout dégoutant de merde et de sang. Il se mit à vagir aussitôt, et Robert Prépuce essuya une goutte qui glissait le long de sa joue.

Géraldine aimait ça, les fleuves de merde. Trois semaines à peine qu'elle bossait dans cet EHPAD et elle s'éclatait. Quand les résidents s'oubliaient dans les couloirs, elle avait pris l'habitude de surfer sur le caca en utilisant un plateau-repas comme une planche. Ce coup-là elle était servie, une véritable mer d'huile de fion se présentait à elle et elle n'allait pas louper ça. C'est ainsi debout sur son surf improvisé qu'elle atteignit le réfectoire, à fond les ballons, manquant de percuter une vieille en fauteuil, s'accrochant aux épaules frêles d'un vioque afin de ralentir sa course - le pépé se vautra avec son plateau la gueule dans la purée de poix cassée, ce qui déclencha l'hilarité générale. Oui, vraiment, c'était un boulot ou on se marrait bien. Elle reconnu Jack attablé en face d'un nouveau, un vieux avec un drôle de râtelier qui réfléchissait la lumière des néons pisseux.
- Comment allons-nous aujourd'hui, monsieur Jack?
Jack était occupé à désosser une cuisse de...de quoi au juste?
- krcé koi kom fiande? ahana le vieux Prépuce.
- J'sais pas mais ça m'a l'air au poil!  Je dirai...de l'ado boutonneux, du 14 ans maxi.
Prépuce observa mieux le contenu de sa propre assiette. De la purée couleur chiasse entourait un morceau de bidoche sur lequel semblait implantés des cheveux.
- T'as pas d'bol, toi! commenta Jack. T'as eu le front. Et ils ont laissé des cheveux!
- Jcroyai kre la bouff était top ici
- Prend ça comme un bizutage! T'es nouveau, c'est normal! et encore t'aurais pu hériter de la rondelle sauce diarrhée ou bien d'une salade de prostate au chèvre-miel. et tel que je connais l'humour du cuisto, il s'est surement soulagé dans ta purée. Allez, fais pas la tronche, c'est de bonne guerre!

Dans l'odeur nauséabonde qui s'élevait encore des flaques de son récent et involontaire accouchement anal, Jack, les testicules toujours pendants comme deux oracles cyniques de la déchéance humaine, contemplait Prépuce d'un regard chargé de mépris cosmique et digressait sur cet accident scatalogique qui avait, selon lui, révélé la vérité ultime de l'espèce : l'homme n'était qu'un conduit fétide destinée à se vider jusqu'à l'extinction.  "Vois-tu, mon pauvre Prépuce aux dents d'aluminium, ce petit incident n'était point une faute, mais une prophétie : nos boyaux, plus fidèles que nos âmes, annoncent déjà le déluge que la société du loisir s'obstine à nier sous ses mensonges de piscines chlorées et de toboggans plastiques."

Il proposa alors, d'une voix chevrotante imprégnée d'ironie misanthropique, de transformer l'EHPAD du Dernier Soupir en un Aquaboulevard apocalyptique où la diarrhée collective des résidents remplacerait l'eau rare et précieuse que le changement climatique confisquait déjà aux naïfs. Géraldine, la surfeuse invétérée, deviendrait instructrice de glisse sur vagues de chiasse, tandis que Marcel, incontinent professionnel, alimenterait en permanence les bassins de ses jets jaunes et bruns. Bill et Bull, suspendus jadis aux tuyaux, serviraient de sauveteurs suspendus au-dessus des torrents fécaux, et Boris le bossu fabriquerait des bouées à partir de canettes 8.6 et de couches Tena usagées. Le chef serbe, criminel reconverti, cuisinerait des snacks de viande douteuse à déguster entre deux descentes de toboggan intestinal, et Jean-Paul Prépuce transformerait son corbillard en navette funéraire amphibie pour ramener les clients saturés de plaisir. Quant au veau sorti de ses entrailles, il patrouillerait comme mascotte aquatique, tétonnant les flots de merde sous le regard indifférent des dieux morts. Au centre de ce business modèle génial, Jack plaçait ses propres couilles, temples ridés et ontologiques, qui, trempées dans le limon universel, symboliseraient à la fois la vanité de toute génération et l'absurdité d'une humanité réduite à s'amuser dans ses propres excréments tandis que la planète se desséchait. Ainsi, dans ce parc de loisirs scatologique, la société du divertissement atteindrait enfin sa vérité métaphysique : l'homme, face au climat qui s'effondre, ne savait plus que se vautrer dans sa propre fange, suspendu entre le néant et l'écho lointain d'un désir éteint, et Prépuce, râtelier étincelant, n'avait plus qu'à signer le contrat de cette ultime farce.

Sauf que Robert, il ne comprenait pas grand-chose. Il se contentait de hocher la tête en touillant son bout de front. Il repensait à Jean-Paul. Les images des derniers... mois ? Années ? restaient troubles dans son esprit. Il savait juste que Jean-Paul s'était occupé de lui, et son fils lui manquait à présent.  Jack finit par s'apercevoir que Robert ne l'écoutait plus. Des cheveux restaient bloqués dans les clous dans sa bouche.
-    Si t'en veux pas, je peux le finir ?
Comme le vieux Shnok commençait à pleurnicher, le regard dans le vide, Jack, après avoir jeté un coup d'œil vers Gerladine pour s'assurer qu'elle se curait le pif sans les regarder, fit glisser le scalp dans son écuelle.
-    T'es un seigneur, Prépuce.
Plus tard, Krobert reposait allongé sur le dos, sur sa paillasse. Il regardait le plafond en béton de sa cell...chambre, se demandant comment les traces de pisse avaient pu atteindre cet endroit aussi. La porte s'ouvrit, et Géraldine passa le groin.
-    Gronk. Comment ça groink, monsieur Prépuce, gronk ?
-    Krj'ai krle vague à l'akrme, Makrdame.
-    C'est groink rien, hoonk. J'ai ce qu'il vous grunk faut, Robert.
Elle sortit de sa poche une énorme seringue et s'approcha de Robert. Une goink piqure de ça, assurait gronk t'elle, l'aiderait a bien des grouiiik égards. Mais quelqu'un cria dans le couloir, cri suivi d'une cavalcade. Le veau s'arrêta un instant dans l'embrasure. Il avait la peau toute scarifiée et il lui manquait une jambe.
-    Attrape bête, Géraldine, commanda Bill
-    Par les pattes, précisa Bull-Raoni.
Géraldine voulut bondir, mais elle loupa l'animal, qui reprit sa course. Elle se précipita après lui en jurant, suivie par les deux autres clowns. Robert lui se sentait tout a coup totalement épuisé. Il ferma les yeux.
Lorsqu'il les rouvrit, il faisait nuit. Seul les néons encrassés de toiles d'araignés diffusaient leur lueur bolchévique dans les couloirs déserts. Mais... Krminute, Krobert, se dit-il, si tu krpeu voir le krouloir... Il se leva en grimaçant. Il faudrait lui changer sa couche. Puis s'avança jusqu'à la porte. Oui... Géraldine avait oublié de l'enfermer, grâce au veau de Jack.  Il mit un pied dans le couloir : c'était collant. Il se pencha et passa un doigt, puis goutta, et reconnu le gout acre et ferrugineux du sang frais. Une rigole en coulait depuis le bout du couloir. Là, derrière une grosse porte de fer, brillait une lueur rouge. Alors il entendit un cri, et reconnut la voix de Jack.

Nino St Félix

ceci dit le fait qu'on soit en nombre restreint fait aussi que ça se tient de manière surprenante jusque là