La Zone
La Zone - Un peu de brute dans un monde de finesse
Publication de textes sombres, débiles, violents.
 
 

EHPAD avec des vieux satanistes, qui mangent des enfants et sodomisent des animo

Démarré par lapinchien, Août 03, 2026, 13:12:24

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lapinchien

Dans l'odeur fade et tenace des désinfectants qui s'infiltrait jusqu'aux draps amidonnés de sa couche d'oubli, Jack, misanthrope endurci et lucide jusqu'à l'os de son aliénation forcée, contemplait le plafond blafard de l'EHPAD comme on contemple l'abîme. Allongé dans ce lit qui n'était plus qu'un cercueil provisoire, il sentait le poids dérisoire de son corps décharné, andropausé aussi, et son esprit, encore vif et cruel, se détournait avec dégoût des infirmières empressées pour plonger dans une digression métaphysique. Ses yeux, durcis par tant d'années de mépris pour l'espèce humaine, se portaient alors, avec une fascination presque sacrée, vers ce qui restait de sa virilité oubliée : ces deux appendices ridés, pendants et inutiles, qui avaient jadis été le siège d'une puissance maintenant dissipée. N'étaient-ils pas, se demandait-il dans un murmure intérieur empreint d'ironie cosmique, le dernier temple d'un mystère ontologique, ces couilles qui incarnaient à la fois la vanité de la génération et l'absurdité d'un être réduit à sa chair déclinante ? Ainsi, dans le silence ouaté de sa chambre, il digressait sans fin sur leur existence paradoxale, y voyant non plus un organe, mais un symbole vertigineux de la condition humaine, suspendu entre le néant et l'écho lointain d'un désir éteint.

Jean-Paul Prépuce, des pompes funèbres Horizon Funeste avait emprunté le corbillard pour trimbaler le vieux jusqu'à la maison de retraite. "Allez pépé, en voiture!" il avait lancer à son paternel, sans lui laisser le temps de finir sa compote de pomme. L'ancêtre yoyotait depuis quelques mois, il savait pas ou il avait la tête, lui l'ancien prof de math de la communale ne savait même plus additionner deux plus deux, il était grand temps de le mettre "au rebus", comme en plaisantait Jean-Paul, dans cette société performative ou souffle la tempête du progrès, "y'a plus de place pour les ramolli du bulbe" expliquait-il en riant a qui voulait l'entendre. Donc: ouste, le vioque! On avait parlé à jean-Paul de cet EHPAD qui venait d'ouvrir en pleine forêt de Bouconne,le cadre était bucolique et semblait parfait pour attendre confortablement la mort, pousser son dernier soupir, aussi jean-Paul amena-t-il son vieux père dans son corbillard qui sentait le gaz-oil, car le gars avait un humour bien à lui et trouvait "franchement tordant, voire désopilant" d'amener un vieillard en camion funéraire jusqu'à sa dernière demeure ALORS MEME qu'il était encore vivant (si on peut dire!) ah ah ah et tout en conduisant Jean-Paul riait, se bidonnait, il en avait les larmes au yeux, et son vieux cru qu'il pleurait et lui dit "t'en fais pas pour moi fiston, ça va aller" et du coup Jean-Paul se pissa dessus tellement il se gondolait. Il freina brutalement devant l'entrée de la maison de retraite, fit crisser les pneus façon Starsky et Hutch, et aussitôt deux hommes en blanc se précipitèrent pour empoigner l'ancêtre dès qu'il mit pied à terre. "Bienvenue à l'EHPAD du Dernier Soupir" fit l'un des deux hommes et son accent sonna étrangement aux oreilles de Jean-Paul. "Ils doivent employer des étrangers pour les payer moins cher" se dit-il, et il comprenait tout à fait la démarche en tant qu'entrepreneur lui-même (il avait récemment embauché au secrétariat de sa boite  un trisomique dont le salaire était prit en charge par le Conseil Départemental).

Les deux types conduisirent le Vieux à travers les couloirs qui schlinguaient la paille mouillée.
-    Ou éhevé é ânes ? demanda le vieux (Jean-Paul avait oublié de lui laisser son dentier)
-    Paille c'est pour... le mort, expliqua celui qui ressemblait à Mimisicu.
-    Absorber le sang, pas cher, abonda le second, celui qui ressemblait à Raoni mais sans le couvercle Bonne Maman.
-    Accord, répondit le Vieux
Curieux, se dit-il, à travers ses brûmes. Le personnel de ferme avait bien changé depuis son époque. Il n'avait plus de force depuis longtemps : ses pieds nus trainaient sur les carreaux froids, tandis que Bill et Bull le tenaient par les coudes, sans trop de ménagement, mais pas non plus avec une vigueur excessive. Ces deux là savaient ce qu'ils faisaient. Soudain, un hurlement retentit, qui tira le Vieux de ses souvenirs de tracteurs.
-    Equeucé ? hein ?
-    Rien. Calme, répondit Bill.
-    A dié un bébé, postillonna le Vieux.
-    C'est poule, affirma Bull
-    Petite poule, abonda Bill.
Ils s'arrêtèrent devant une porte, et lui montrèrent une cellule qui ressemblait beaucoup à des latrines équipées d'un lit de camps.
-    Toi aussi on t'as balancé ici comme une vieille rosse ?
Le vieux redressa la tête. Un homme nu, dont les testicules pendaient affreusement, grattait son énorme ventre recouvert de poils gris, en lui souriant.
-    Moi c'est Jack. On m'appelle aussi le Croqueur. Et toi, l'ancien ?
-    Oi é le ieux. Enenté
- super, le "Ieux". Tu vas voir, on est bien ici. La piaule, c'est sec, mais la bouffe, mon gars...


Le papy hésitait à s'asseoir sur le matelas qui avait des tâches maronnasses et jaunes, des tâches qui dessinaient des continents. Tandis que Jack lui vantait les mérites de la bouffe servie dans l'établissement, le papy n'osait regarder le bonhomme a poil, avec ses jambes poilues écartées et sa bite qui pendouillait - sans parler des roustons qui touchaient presque le plancher. "D'ailleurs tu tombe bien, Ieux, ça va être l'heure".
- "eu l'eu? eu oi?"
-"J'entrave peau de zob à ce que tu me surine, mon pauvre ami! t'as un problème d'orthophonie ou un dentier mal ajusté...fais voir!...ho bordel, mais elles sont ou tes ratiches? "
- é oubié é entié"
- Ben merde, ça va être duraille pour mâcher la viande, et c'est bien dommage! passe à l'atelier de ma part et demande Boris. C'est un génie de la démerde. Ils retape les fauteuils roulant habituellement, mais il peut te bricoler un dentier avec une canette en alu et quelques clous, c'est un génie ce gars.Ensuite retrouve moi au réfectoire. Y'a fricadelle et purée aujourd'hui, le chef est un ancien criminel de guerre Serbe reconvertis dans une restauration collective de qualité, "alliant", je cite la brochure, " exigence nutritionnelle et plaisir gustatif".
Le papy sortis de la chambre et retrouva le couloir sombre et odorant, il marcha jusqu'à un hall faiblement éclairé et essaya de lire les indications d'un panneau mais sans ses lunettes, autant essayer d'enfiler une chatte dans une aiguille. Heureusement, une aide soignante à l'air bonhomme passait par là. "Il cherche quoi le vieux débris?" fit-elle d'un ton jovial.
Ainsi papy pu se faire accompagner jusqu'à l'atelier en question, ou un presbyte bossu faisait un boucan de tous les diables en tentant de redresser au marteau la roue voilée d'un fauteuil à roulettes.
Papy désigna l'intérieur de sa bouche, et l'autre, loin d'être con, compris aussitôt.
"Pas problème, mon ami, toi. assoir tes fesses pendant moi te bricoler nouvelles dents"
Il vida un fond de canette 8.6 et la tordit dans ses mains puis à l'aide de clous rouillés et de colle superglue réalisa un miracle: une prothèse élégante qu'il ajusta dans la bouche même du vieux.
- Toi faire jaloux avec ça" commenta le serbe, pas peu fier de lui.

Pendant ce temps, Jack, 87 ans, poussait son déambulateur à deux à l'heure dans les couloirs puants de l'EHPAD, pourchassant furieusement Marcel qui lui avait piqué sa dernière couche-culotte Tena.
Marcel, le cul déjà à l'air, lâchait des jets de pisse jaune fluo qui claquaient sur le linoléum comme des coups de fusil, formant des flaques nauséabondes dans lesquelles Jack patinait en jurant.
Soudain une explosion de chiasse brune et liquide jaillit du fondement de Marcel, éclaboussant les murs, les portes des chambres et le visage de Jack d'un jet chaud et granuleux.
Jack, pris d'un accès de colère sénile, répondit "ENCUL2§§ RENDS6MOI MA PUTAIN DE COUCHE §" en vomissant un mélange de compote de pommes et de laxatif, projetant des filets verts collants qui collaient aux cheveux blancs de son rival.
La diarrhée de Marcel se fit encore plus violente, un véritable torrent de merde aqueuse qui inondait le couloir, emportant chaussons, lunettes et prothèses dentaires dans un fleuve de fange.
Jack, tout nu, pissait lui aussi abondamment le long de ses jambes tremblantes déjà trempées, ajoutant son urine ambrée au chaos, tandis que des pets retentissants accompagnés de jets de caca solidifiaient le sol en une boue répugnante.
Les deux vieillards continuaient leur course absurde à deux kilomètres-heure, glissant dans leur propre merde, se cognant aux murs couverts de vomi et de diarrhée qui dégoulinait en longues traînées gluantes.
Des explosions d'incontinence se succédaient sans répit : chiasse, pisse, vomi, tout giclait à profusion, transformant le couloir en un véritable abattoir de matières fécales et gastriques.
Jack hurla d'une voix chevrotante en s'aspergeant encore une fois de sa propre diarrhée, réalisant dans un éclair de lucidité nauséeux à quel point l'homme, après une vie entière, se réduisait à cette carcasse fétide qui ne savait plus que se vider de ses fluides.
Et tandis que le sol disparaissait sous une mer de merde, d'urine et de vomissure, Jack comprit que la fin de vie n'était rien d'autre qu'un retour brutal à l'état de bébé incontinent, abandonné dans sa propre crasse jusqu'au dernier souffle et que sa putain de couche Tena, il l'avait bien dans le cul car cet enfoiré de Marcel l'avait emportée pour toujours.

Pendant cette incontinence-là, c'est un Vieux rutilant de la gueule qui s'avança vers Mimisicu et Raonictamère.
-    Qui toi est ? demanda le second.
-    Nouveau ? ajouta le premier.
Pas peu fier, le Vieux leur exhiba son nouveau sourrire 16 soupapes.
-    Kje ksui kprépuce. Krobert krpépuce. Kré faim. Krou kelle est la krantine ?
A cet instant le flot de merde parvint jusqu'à eux, charriant le pauvre Jack, les quatres fers en l'air, et ce faisant révélant une hideuse boursoufflure qu'il avait toute irritée au fondement, que ses lâches testicules peinaient à dissimuler malgré leur volume exceptionnel. De leur côté les deux indiens roumains, habitués à ces péripéties, s'agrippèrent aux tuyaux de chaufferie et y restèrent suspendus, en position de traction à durée indéterminée.
-    Quoi la chose qui sort de son cul ? demanda Raoni.
-    Prolapsus, commenta Mimisicu
-    Kronneries
Robert Prépuce, lui, avait l'habitude d'avoir de la merde jusqu'aux genoux, et surtout, d'accoucher des génisse.  Il s'approcha en baissant la voix, du pauvre Jack tout merdeux et tremblant qui jappait comme une vieille chienne.
-    Chkruuut, chkruut. Krlaisse moi kfaire, mon krvieux.
-    J4AI MAL SA M7RE
-    Krc'est bien. Krpousse.
Alors, de l'anus de Jack, d'abord par les pattes avant, puis le museau, avant les pattes arrières, qui précédaient elles même la queue, sortit effectivement un veau tout dégoutant de merde et de sang. Il se mit à vagir aussitôt, et Robert Prépuce essuya une goutte qui glissait le long de sa joue.

Géraldine aimait ça, les fleuves de merde. Trois semaines à peine qu'elle bossait dans cet EHPAD et elle s'éclatait. Quand les résidents s'oubliaient dans les couloirs, elle avait pris l'habitude de surfer sur le caca en utilisant un plateau-repas comme une planche. Ce coup-là elle était servie, une véritable mer d'huile de fion se présentait à elle et elle n'allait pas louper ça. C'est ainsi debout sur son surf improvisé qu'elle atteignit le réfectoire, à fond les ballons, manquant de percuter une vieille en fauteuil, s'accrochant aux épaules frêles d'un vioque afin de ralentir sa course - le pépé se vautra avec son plateau la gueule dans la purée de poix cassée, ce qui déclencha l'hilarité générale. Oui, vraiment, c'était un boulot ou on se marrait bien. Elle reconnu Jack attablé en face d'un nouveau, un vieux avec un drôle de râtelier qui réfléchissait la lumière des néons pisseux.
- Comment allons-nous aujourd'hui, monsieur Jack?
Jack était occupé à désosser une cuisse de...de quoi au juste?
- krcé koi kom fiande? ahana le vieux Prépuce.
- J'sais pas mais ça m'a l'air au poil!  Je dirai...de l'ado boutonneux, du 14 ans maxi.
Prépuce observa mieux le contenu de sa propre assiette. De la purée couleur chiasse entourait un morceau de bidoche sur lequel semblait implantés des cheveux.
- T'as pas d'bol, toi! commenta Jack. T'as eu le front. Et ils ont laissé des cheveux!
- Jcroyai kre la bouff était top ici
- Prend ça comme un bizutage! T'es nouveau, c'est normal! et encore t'aurais pu hériter de la rondelle sauce diarrhée ou bien d'une salade de prostate au chèvre-miel. et tel que je connais l'humour du cuisto, il s'est surement soulagé dans ta purée. Allez, fais pas la tronche, c'est de bonne guerre!

Dans l'odeur nauséabonde qui s'élevait encore des flaques de son récent et involontaire accouchement anal, Jack, les testicules toujours pendants comme deux oracles cyniques de la déchéance humaine, contemplait Prépuce d'un regard chargé de mépris cosmique et digressait sur cet accident scatalogique qui avait, selon lui, révélé la vérité ultime de l'espèce : l'homme n'était qu'un conduit fétide destinée à se vider jusqu'à l'extinction.  "Vois-tu, mon pauvre Prépuce aux dents d'aluminium, ce petit incident n'était point une faute, mais une prophétie : nos boyaux, plus fidèles que nos âmes, annoncent déjà le déluge que la société du loisir s'obstine à nier sous ses mensonges de piscines chlorées et de toboggans plastiques."

Il proposa alors, d'une voix chevrotante imprégnée d'ironie misanthropique, de transformer l'EHPAD du Dernier Soupir en un Aquaboulevard apocalyptique où la diarrhée collective des résidents remplacerait l'eau rare et précieuse que le changement climatique confisquait déjà aux naïfs. Géraldine, la surfeuse invétérée, deviendrait instructrice de glisse sur vagues de chiasse, tandis que Marcel, incontinent professionnel, alimenterait en permanence les bassins de ses jets jaunes et bruns. Bill et Bull, suspendus jadis aux tuyaux, serviraient de sauveteurs suspendus au-dessus des torrents fécaux, et Boris le bossu fabriquerait des bouées à partir de canettes 8.6 et de couches Tena usagées. Le chef serbe, criminel reconverti, cuisinerait des snacks de viande douteuse à déguster entre deux descentes de toboggan intestinal, et Jean-Paul Prépuce transformerait son corbillard en navette funéraire amphibie pour ramener les clients saturés de plaisir. Quant au veau sorti de ses entrailles, il patrouillerait comme mascotte aquatique, tétonnant les flots de merde sous le regard indifférent des dieux morts. Au centre de ce business modèle génial, Jack plaçait ses propres couilles, temples ridés et ontologiques, qui, trempées dans le limon universel, symboliseraient à la fois la vanité de toute génération et l'absurdité d'une humanité réduite à s'amuser dans ses propres excréments tandis que la planète se desséchait. Ainsi, dans ce parc de loisirs scatologique, la société du divertissement atteindrait enfin sa vérité métaphysique : l'homme, face au climat qui s'effondre, ne savait plus que se vautrer dans sa propre fange, suspendu entre le néant et l'écho lointain d'un désir éteint, et Prépuce, râtelier étincelant, n'avait plus qu'à signer le contrat de cette ultime farce.

Sauf que Robert, il ne comprenait pas grand-chose. Il se contentait de hocher la tête en touillant son bout de front. Il repensait à Jean-Paul. Les images des derniers... mois ? Années ? restaient troubles dans son esprit. Il savait juste que Jean-Paul s'était occupé de lui, et son fils lui manquait à présent.  Jack finit par s'apercevoir que Robert ne l'écoutait plus. Des cheveux restaient bloqués dans les clous dans sa bouche.
-    Si t'en veux pas, je peux le finir ?
Comme le vieux Shnok commençait à pleurnicher, le regard dans le vide, Jack, après avoir jeté un coup d'œil vers Gerladine pour s'assurer qu'elle se curait le pif sans les regarder, fit glisser le scalp dans son écuelle.
-    T'es un seigneur, Prépuce.
Plus tard, Krobert reposait allongé sur le dos, sur sa paillasse. Il regardait le plafond en béton de sa cell...chambre, se demandant comment les traces de pisse avaient pu atteindre cet endroit aussi. La porte s'ouvrit, et Géraldine passa le groin.
-    Gronk. Comment ça groink, monsieur Prépuce, gronk ?
-    Krj'ai krle vague à l'akrme, Makrdame.
-    C'est groink rien, hoonk. J'ai ce qu'il vous grunk faut, Robert.
Elle sortit de sa poche une énorme seringue et s'approcha de Robert. Une goink piqure de ça, assurait gronk t'elle, l'aiderait a bien des grouiiik égards. Mais quelqu'un cria dans le couloir, cri suivi d'une cavalcade. Le veau s'arrêta un instant dans l'embrasure. Il avait la peau toute scarifiée et il lui manquait une jambe.
-    Attrape bête, Géraldine, commanda Bill
-    Par les pattes, précisa Bull-Raoni.
Géraldine voulut bondir, mais elle loupa l'animal, qui reprit sa course. Elle se précipita après lui en jurant, suivie par les deux autres clowns. Robert lui se sentait tout a coup totalement épuisé. Il ferma les yeux.
Lorsqu'il les rouvrit, il faisait nuit. Seul les néons encrassés de toiles d'araignés diffusaient leur lueur bolchévique dans les couloirs déserts. Mais... Krminute, Krobert, se dit-il, si tu krpeu voir le krouloir... Il se leva en grimaçant. Il faudrait lui changer sa couche. Puis s'avança jusqu'à la porte. Oui... Géraldine avait oublié de l'enfermer, grâce au veau de Jack.  Il mit un pied dans le couloir : c'était collant. Il se pencha et passa un doigt, puis goutta, et reconnu le gout acre et ferrugineux du sang frais. Une rigole en coulait depuis le bout du couloir. Là, derrière une grosse porte de fer, brillait une lueur rouge. Alors il entendit un cri, et reconnut la voix de Jack.

Robert Prépuce demeura un instant pétrifié, et ce n'était pas a cause de la merde liquide qui gonflait sa couche. Que se passait-il derrière cette porte en fer? le cri qu'il venait d'entendre était presque inhumain. Il pressentait des choses terribles, et  se mit à claquer des clous - puisqu'il n'avait plus de dents. Il avait envie de chialer car il repensait à sa ferme douillette, a ses poules qui allaient crever car son fils n'en avait rien à secouer, a son chien Philippe, un rottweiler de 12 ans qui marchait sur trois pattes, a la photo de Bernadette dans son cadre au-dessus de la télé, son épouse partie trop tôt, qui avait été avalé par une moissonneuse batteuse et recrachée sous forme de bottes de foin. Le couloir sentait le sang frais et la merde - on était loin de la brochure publicitaire qui vantait le calme et l'harmonie, les sols moquettés et parfumé a la lavande, mais Robert Prépuce n'était pas une poule mouillée, ça non, il avait de la ressource, il l'avait prouvé en Algérie et en Indochine, on l'avait baptisé "la baïonnette", parce qu'il aimait travailler à l'ancienne, au corps à corps, regarder l'ennemi dans le blanc des yeux, entendre le doux bruit du métal transperçant la chair, c'était son petit plaisir à lui, il plantait tout ce qui ressemblait pas à un français, on l'avait même décoré de la médaille de l'Ordre Des Bouchers pour services rendus. Aussi Robert s'approcha en claudiquant de la fameuse porte, tendit sa main  vers la poignée, l'actionna et fut un peu surpris qu'elle soit ouverte.  La première chose qu'il vit était la grande carcasse de Jack crucifié sur une croix chrétienne mais à l'envers, les jambes écartées à la place des bras, un pieu dans le fondement, couvert de merde et de sang, tandis qu'autour de lui des individus avec des têtes de boucs psalmodiaient une chanson du groupe de black metal norvégien Darkthrone, en tapant sur des barils de lessives, un spectacle croquignolesque s'il en fut, qui laissa Robert Prépuce pantois et interdit. Jack hurlait de douleur d'autant que pour pimenter le tout, on lui avait attaché à chaque testicule un poids de 15 kilos qui étirait ses bourses au-delà de l'imaginable, faisant de Jack le pendant obscène de Mr Fantastic, l'homme-élastique des quatre fantastiques.

Dans le sang et la merde qui recouvraient déjà le sol de l'EHPAD, Robert Prépuce, ancien baïonnette d'Indochine, sentit remonter un souvenir précis de l'instructeur Hartmann au moment où ses propres entrailles se préparèrent à servir d'arme. Face à Jack crucifié à l'envers par les employés à tête de bouc, il se rappela distinctement la voix qui avait un jour hurlé " 1m75, jamais vu un tas de merde aussi haut que ça ! " en le toisant, et cette phrase lui donna soudain le courage de presser son ventre et relacher ses sphincters. Les boucs continuaient leur psalmodie black-metal, plus graves, plus lentes, comme s'ils pressentaient l'intrus ; Robert avança d'abord en silence, calculant les distances, repérant les angles morts entre les barils de lessive, le poids de quinze kilos qui balançait encore, le pieu enfoncé. La tension montait à chaque pas glissant : un faux mouvement, un pet trop bruyant, et le rituel se transformerait en exécution. Il se répéta une autre réplique exacte de Hartmann " Je veux que ces chiottes soient nickel à y bouffer dedans, et que la Sainte-Vierge elle-même soit très très fière d'y venir pour s'y assoir et y lâcher sa pêche ! " pour se donner le rythme d'un vrai commando. Puis le premier jet s'éleva, abondant et précis, arrosant les masques de face, faisant reculer deux employés aveuglés ; le rituel satanique bascula net en parcours du combattant dans la boue intestinale.

La tension bascula en action pure. Robert chargea en glissant, second jet plus violent, plus large, une vraie rafale qui balaya les jambes de trois boucs et les envoya s'étaler dans leur propre psalmodie interrompue. Il entendit Hartmann déclarer " ça c'est mon flingue et ça c'est mon dard ! " pendant qu'il pivotait, utilisant un déambulateur renversé comme couverture, et lâchait le troisième jet en pleine trajectoire pour couvrir sa progression vers la croix. Un employé tenta de le saisir par le bras ; le quatrième jet, pointé à bout portant, le cloua au sol dans une gerbe brune. Jack, les yeux exorbités, comprit enfin qu'on venait le sortir : les poids de quinze kilos se détachèrent sous la pression combinée de la fange et des secousses, le pieu glissa, et le corps du misanthrope s'effondra dans les bras de Robert au moment où le cinquième et dernier jet, le plus massif, noya complètement la salle, emportant masques, barils et derniers résistants. Alors il se vit ridiculiser le sergent instructeur Hartmann " Est ce que c'est toi john wayne ou est ce que c'est moi ?", et Robert, épuisé mais victorieux, traîna Jack hors de la zone pendant que le silence retombait. Il comprit alors que tout cela n'était qu'une version dégénérée d'Apocalypse Now et non de Full Metal Jacket, sauf que le napalm avait été remplacé par sa propre chiasse. Il aimait l'odeur de la chiasse au petit matin. Elle sentait la victoire.

bojarski alias cormary

Un récit qui fonctionne comme un puissant laxatif, je recommande à tous les constipés de France et d'Outremer, pour libérer les chakrakras et dilater les sphincters les plus récalcitrant

Nino St Félix

Fini ou pas ? Je trouve que la dernière phrase laisse ouvert pour la suite et conclue bien l'épopée de Robert et Jack.
Mais si besoin je peux en remettre une couche (uh uh)

lapinchien

comme tu le sens (huhu).
Je propose un final du type "Que sont-ils devenus ?" après l'incident.

Nino St Félix

Dans l'odeur fade et tenace des désinfectants qui s'infiltrait jusqu'aux draps amidonnés de sa couche d'oubli, Jack, misanthrope endurci et lucide jusqu'à l'os de son aliénation forcée, contemplait le plafond blafard de l'EHPAD comme on contemple l'abîme. Allongé dans ce lit qui n'était plus qu'un cercueil provisoire, il sentait le poids dérisoire de son corps décharné, andropausé aussi, et son esprit, encore vif et cruel, se détournait avec dégoût des infirmières empressées pour plonger dans une digression métaphysique. Ses yeux, durcis par tant d'années de mépris pour l'espèce humaine, se portaient alors, avec une fascination presque sacrée, vers ce qui restait de sa virilité oubliée : ces deux appendices ridés, pendants et inutiles, qui avaient jadis été le siège d'une puissance maintenant dissipée. N'étaient-ils pas, se demandait-il dans un murmure intérieur empreint d'ironie cosmique, le dernier temple d'un mystère ontologique, ces couilles qui incarnaient à la fois la vanité de la génération et l'absurdité d'un être réduit à sa chair déclinante ? Ainsi, dans le silence ouaté de sa chambre, il digressait sans fin sur leur existence paradoxale, y voyant non plus un organe, mais un symbole vertigineux de la condition humaine, suspendu entre le néant et l'écho lointain d'un désir éteint.

Jean-Paul Prépuce, des pompes funèbres Horizon Funeste avait emprunté le corbillard pour trimbaler le vieux jusqu'à la maison de retraite. "Allez pépé, en voiture!" il avait lancer à son paternel, sans lui laisser le temps de finir sa compote de pomme. L'ancêtre yoyotait depuis quelques mois, il savait pas ou il avait la tête, lui l'ancien prof de math de la communale ne savait même plus additionner deux plus deux, il était grand temps de le mettre "au rebus", comme en plaisantait Jean-Paul, dans cette société performative ou souffle la tempête du progrès, "y'a plus de place pour les ramolli du bulbe" expliquait-il en riant a qui voulait l'entendre. Donc: ouste, le vioque! On avait parlé à jean-Paul de cet EHPAD qui venait d'ouvrir en pleine forêt de Bouconne,le cadre était bucolique et semblait parfait pour attendre confortablement la mort, pousser son dernier soupir, aussi jean-Paul amena-t-il son vieux père dans son corbillard qui sentait le gaz-oil, car le gars avait un humour bien à lui et trouvait "franchement tordant, voire désopilant" d'amener un vieillard en camion funéraire jusqu'à sa dernière demeure ALORS MEME qu'il était encore vivant (si on peut dire!) ah ah ah et tout en conduisant Jean-Paul riait, se bidonnait, il en avait les larmes au yeux, et son vieux cru qu'il pleurait et lui dit "t'en fais pas pour moi fiston, ça va aller" et du coup Jean-Paul se pissa dessus tellement il se gondolait. Il freina brutalement devant l'entrée de la maison de retraite, fit crisser les pneus façon Starsky et Hutch, et aussitôt deux hommes en blanc se précipitèrent pour empoigner l'ancêtre dès qu'il mit pied à terre. "Bienvenue à l'EHPAD du Dernier Soupir" fit l'un des deux hommes et son accent sonna étrangement aux oreilles de Jean-Paul. "Ils doivent employer des étrangers pour les payer moins cher" se dit-il, et il comprenait tout à fait la démarche en tant qu'entrepreneur lui-même (il avait récemment embauché au secrétariat de sa boite  un trisomique dont le salaire était prit en charge par le Conseil Départemental).

Les deux types conduisirent le Vieux à travers les couloirs qui schlinguaient la paille mouillée.
-    Ou éhevé é ânes ? demanda le vieux (Jean-Paul avait oublié de lui laisser son dentier)
-    Paille c'est pour... le mort, expliqua celui qui ressemblait à Mimisicu.
-    Absorber le sang, pas cher, abonda le second, celui qui ressemblait à Raoni mais sans le couvercle Bonne Maman.
-    Accord, répondit le Vieux
Curieux, se dit-il, à travers ses brûmes. Le personnel de ferme avait bien changé depuis son époque. Il n'avait plus de force depuis longtemps : ses pieds nus trainaient sur les carreaux froids, tandis que Bill et Bull le tenaient par les coudes, sans trop de ménagement, mais pas non plus avec une vigueur excessive. Ces deux là savaient ce qu'ils faisaient. Soudain, un hurlement retentit, qui tira le Vieux de ses souvenirs de tracteurs.
-    Equeucé ? hein ?
-    Rien. Calme, répondit Bill.
-    A dié un bébé, postillonna le Vieux.
-    C'est poule, affirma Bull
-    Petite poule, abonda Bill.
Ils s'arrêtèrent devant une porte, et lui montrèrent une cellule qui ressemblait beaucoup à des latrines équipées d'un lit de camps.
-    Toi aussi on t'as balancé ici comme une vieille rosse ?
Le vieux redressa la tête. Un homme nu, dont les testicules pendaient affreusement, grattait son énorme ventre recouvert de poils gris, en lui souriant.
-    Moi c'est Jack. On m'appelle aussi le Croqueur. Et toi, l'ancien ?
-    Oi é le ieux. Enenté
- super, le "Ieux". Tu vas voir, on est bien ici. La piaule, c'est sec, mais la bouffe, mon gars...


Le papy hésitait à s'asseoir sur le matelas qui avait des tâches maronnasses et jaunes, des tâches qui dessinaient des continents. Tandis que Jack lui vantait les mérites de la bouffe servie dans l'établissement, le papy n'osait regarder le bonhomme a poil, avec ses jambes poilues écartées et sa bite qui pendouillait - sans parler des roustons qui touchaient presque le plancher. "D'ailleurs tu tombe bien, Ieux, ça va être l'heure".
- "eu l'eu? eu oi?"
-"J'entrave peau de zob à ce que tu me surine, mon pauvre ami! t'as un problème d'orthophonie ou un dentier mal ajusté...fais voir!...ho bordel, mais elles sont ou tes ratiches? "
- é oubié é entié"
- Ben merde, ça va être duraille pour mâcher la viande, et c'est bien dommage! passe à l'atelier de ma part et demande Boris. C'est un génie de la démerde. Ils retape les fauteuils roulant habituellement, mais il peut te bricoler un dentier avec une canette en alu et quelques clous, c'est un génie ce gars.Ensuite retrouve moi au réfectoire. Y'a fricadelle et purée aujourd'hui, le chef est un ancien criminel de guerre Serbe reconvertis dans une restauration collective de qualité, "alliant", je cite la brochure, " exigence nutritionnelle et plaisir gustatif".
Le papy sortis de la chambre et retrouva le couloir sombre et odorant, il marcha jusqu'à un hall faiblement éclairé et essaya de lire les indications d'un panneau mais sans ses lunettes, autant essayer d'enfiler une chatte dans une aiguille. Heureusement, une aide soignante à l'air bonhomme passait par là. "Il cherche quoi le vieux débris?" fit-elle d'un ton jovial.
Ainsi papy pu se faire accompagner jusqu'à l'atelier en question, ou un presbyte bossu faisait un boucan de tous les diables en tentant de redresser au marteau la roue voilée d'un fauteuil à roulettes.
Papy désigna l'intérieur de sa bouche, et l'autre, loin d'être con, compris aussitôt.
"Pas problème, mon ami, toi. assoir tes fesses pendant moi te bricoler nouvelles dents"
Il vida un fond de canette 8.6 et la tordit dans ses mains puis à l'aide de clous rouillés et de colle superglue réalisa un miracle: une prothèse élégante qu'il ajusta dans la bouche même du vieux.
- Toi faire jaloux avec ça" commenta le serbe, pas peu fier de lui.

Pendant ce temps, Jack, 87 ans, poussait son déambulateur à deux à l'heure dans les couloirs puants de l'EHPAD, pourchassant furieusement Marcel qui lui avait piqué sa dernière couche-culotte Tena.
Marcel, le cul déjà à l'air, lâchait des jets de pisse jaune fluo qui claquaient sur le linoléum comme des coups de fusil, formant des flaques nauséabondes dans lesquelles Jack patinait en jurant.
Soudain une explosion de chiasse brune et liquide jaillit du fondement de Marcel, éclaboussant les murs, les portes des chambres et le visage de Jack d'un jet chaud et granuleux.
Jack, pris d'un accès de colère sénile, répondit "ENCUL2§§ RENDS6MOI MA PUTAIN DE COUCHE §" en vomissant un mélange de compote de pommes et de laxatif, projetant des filets verts collants qui collaient aux cheveux blancs de son rival.
La diarrhée de Marcel se fit encore plus violente, un véritable torrent de merde aqueuse qui inondait le couloir, emportant chaussons, lunettes et prothèses dentaires dans un fleuve de fange.
Jack, tout nu, pissait lui aussi abondamment le long de ses jambes tremblantes déjà trempées, ajoutant son urine ambrée au chaos, tandis que des pets retentissants accompagnés de jets de caca solidifiaient le sol en une boue répugnante.
Les deux vieillards continuaient leur course absurde à deux kilomètres-heure, glissant dans leur propre merde, se cognant aux murs couverts de vomi et de diarrhée qui dégoulinait en longues traînées gluantes.
Des explosions d'incontinence se succédaient sans répit : chiasse, pisse, vomi, tout giclait à profusion, transformant le couloir en un véritable abattoir de matières fécales et gastriques.
Jack hurla d'une voix chevrotante en s'aspergeant encore une fois de sa propre diarrhée, réalisant dans un éclair de lucidité nauséeux à quel point l'homme, après une vie entière, se réduisait à cette carcasse fétide qui ne savait plus que se vider de ses fluides.
Et tandis que le sol disparaissait sous une mer de merde, d'urine et de vomissure, Jack comprit que la fin de vie n'était rien d'autre qu'un retour brutal à l'état de bébé incontinent, abandonné dans sa propre crasse jusqu'au dernier souffle et que sa putain de couche Tena, il l'avait bien dans le cul car cet enfoiré de Marcel l'avait emportée pour toujours.

Pendant cette incontinence-là, c'est un Vieux rutilant de la gueule qui s'avança vers Mimisicu et Raonictamère.
-    Qui toi est ? demanda le second.
-    Nouveau ? ajouta le premier.
Pas peu fier, le Vieux leur exhiba son nouveau sourrire 16 soupapes.
-    Kje ksui kprépuce. Krobert krpépuce. Kré faim. Krou kelle est la krantine ?
A cet instant le flot de merde parvint jusqu'à eux, charriant le pauvre Jack, les quatres fers en l'air, et ce faisant révélant une hideuse boursoufflure qu'il avait toute irritée au fondement, que ses lâches testicules peinaient à dissimuler malgré leur volume exceptionnel. De leur côté les deux indiens roumains, habitués à ces péripéties, s'agrippèrent aux tuyaux de chaufferie et y restèrent suspendus, en position de traction à durée indéterminée.
-    Quoi la chose qui sort de son cul ? demanda Raoni.
-    Prolapsus, commenta Mimisicu
-    Kronneries
Robert Prépuce, lui, avait l'habitude d'avoir de la merde jusqu'aux genoux, et surtout, d'accoucher des génisse.  Il s'approcha en baissant la voix, du pauvre Jack tout merdeux et tremblant qui jappait comme une vieille chienne.
-    Chkruuut, chkruut. Krlaisse moi kfaire, mon krvieux.
-    J4AI MAL SA M7RE
-    Krc'est bien. Krpousse.
Alors, de l'anus de Jack, d'abord par les pattes avant, puis le museau, avant les pattes arrières, qui précédaient elles même la queue, sortit effectivement un veau tout dégoutant de merde et de sang. Il se mit à vagir aussitôt, et Robert Prépuce essuya une goutte qui glissait le long de sa joue.

Géraldine aimait ça, les fleuves de merde. Trois semaines à peine qu'elle bossait dans cet EHPAD et elle s'éclatait. Quand les résidents s'oubliaient dans les couloirs, elle avait pris l'habitude de surfer sur le caca en utilisant un plateau-repas comme une planche. Ce coup-là elle était servie, une véritable mer d'huile de fion se présentait à elle et elle n'allait pas louper ça. C'est ainsi debout sur son surf improvisé qu'elle atteignit le réfectoire, à fond les ballons, manquant de percuter une vieille en fauteuil, s'accrochant aux épaules frêles d'un vioque afin de ralentir sa course - le pépé se vautra avec son plateau la gueule dans la purée de poix cassée, ce qui déclencha l'hilarité générale. Oui, vraiment, c'était un boulot ou on se marrait bien. Elle reconnu Jack attablé en face d'un nouveau, un vieux avec un drôle de râtelier qui réfléchissait la lumière des néons pisseux.
- Comment allons-nous aujourd'hui, monsieur Jack?
Jack était occupé à désosser une cuisse de...de quoi au juste?
- krcé koi kom fiande? ahana le vieux Prépuce.
- J'sais pas mais ça m'a l'air au poil!  Je dirai...de l'ado boutonneux, du 14 ans maxi.
Prépuce observa mieux le contenu de sa propre assiette. De la purée couleur chiasse entourait un morceau de bidoche sur lequel semblait implantés des cheveux.
- T'as pas d'bol, toi! commenta Jack. T'as eu le front. Et ils ont laissé des cheveux!
- Jcroyai kre la bouff était top ici
- Prend ça comme un bizutage! T'es nouveau, c'est normal! et encore t'aurais pu hériter de la rondelle sauce diarrhée ou bien d'une salade de prostate au chèvre-miel. et tel que je connais l'humour du cuisto, il s'est surement soulagé dans ta purée. Allez, fais pas la tronche, c'est de bonne guerre!

Dans l'odeur nauséabonde qui s'élevait encore des flaques de son récent et involontaire accouchement anal, Jack, les testicules toujours pendants comme deux oracles cyniques de la déchéance humaine, contemplait Prépuce d'un regard chargé de mépris cosmique et digressait sur cet accident scatalogique qui avait, selon lui, révélé la vérité ultime de l'espèce : l'homme n'était qu'un conduit fétide destinée à se vider jusqu'à l'extinction.  "Vois-tu, mon pauvre Prépuce aux dents d'aluminium, ce petit incident n'était point une faute, mais une prophétie : nos boyaux, plus fidèles que nos âmes, annoncent déjà le déluge que la société du loisir s'obstine à nier sous ses mensonges de piscines chlorées et de toboggans plastiques."

Il proposa alors, d'une voix chevrotante imprégnée d'ironie misanthropique, de transformer l'EHPAD du Dernier Soupir en un Aquaboulevard apocalyptique où la diarrhée collective des résidents remplacerait l'eau rare et précieuse que le changement climatique confisquait déjà aux naïfs. Géraldine, la surfeuse invétérée, deviendrait instructrice de glisse sur vagues de chiasse, tandis que Marcel, incontinent professionnel, alimenterait en permanence les bassins de ses jets jaunes et bruns. Bill et Bull, suspendus jadis aux tuyaux, serviraient de sauveteurs suspendus au-dessus des torrents fécaux, et Boris le bossu fabriquerait des bouées à partir de canettes 8.6 et de couches Tena usagées. Le chef serbe, criminel reconverti, cuisinerait des snacks de viande douteuse à déguster entre deux descentes de toboggan intestinal, et Jean-Paul Prépuce transformerait son corbillard en navette funéraire amphibie pour ramener les clients saturés de plaisir. Quant au veau sorti de ses entrailles, il patrouillerait comme mascotte aquatique, tétonnant les flots de merde sous le regard indifférent des dieux morts. Au centre de ce business modèle génial, Jack plaçait ses propres couilles, temples ridés et ontologiques, qui, trempées dans le limon universel, symboliseraient à la fois la vanité de toute génération et l'absurdité d'une humanité réduite à s'amuser dans ses propres excréments tandis que la planète se desséchait. Ainsi, dans ce parc de loisirs scatologique, la société du divertissement atteindrait enfin sa vérité métaphysique : l'homme, face au climat qui s'effondre, ne savait plus que se vautrer dans sa propre fange, suspendu entre le néant et l'écho lointain d'un désir éteint, et Prépuce, râtelier étincelant, n'avait plus qu'à signer le contrat de cette ultime farce.

Sauf que Robert, il ne comprenait pas grand-chose. Il se contentait de hocher la tête en touillant son bout de front. Il repensait à Jean-Paul. Les images des derniers... mois ? Années ? restaient troubles dans son esprit. Il savait juste que Jean-Paul s'était occupé de lui, et son fils lui manquait à présent.  Jack finit par s'apercevoir que Robert ne l'écoutait plus. Des cheveux restaient bloqués dans les clous dans sa bouche.
-    Si t'en veux pas, je peux le finir ?
Comme le vieux Shnok commençait à pleurnicher, le regard dans le vide, Jack, après avoir jeté un coup d'œil vers Gerladine pour s'assurer qu'elle se curait le pif sans les regarder, fit glisser le scalp dans son écuelle.
-    T'es un seigneur, Prépuce.
Plus tard, Krobert reposait allongé sur le dos, sur sa paillasse. Il regardait le plafond en béton de sa cell...chambre, se demandant comment les traces de pisse avaient pu atteindre cet endroit aussi. La porte s'ouvrit, et Géraldine passa le groin.
-    Gronk. Comment ça groink, monsieur Prépuce, gronk ?
-    Krj'ai krle vague à l'akrme, Makrdame.
-    C'est groink rien, hoonk. J'ai ce qu'il vous grunk faut, Robert.
Elle sortit de sa poche une énorme seringue et s'approcha de Robert. Une goink piqure de ça, assurait gronk t'elle, l'aiderait a bien des grouiiik égards. Mais quelqu'un cria dans le couloir, cri suivi d'une cavalcade. Le veau s'arrêta un instant dans l'embrasure. Il avait la peau toute scarifiée et il lui manquait une jambe.
-    Attrape bête, Géraldine, commanda Bill
-    Par les pattes, précisa Bull-Raoni.
Géraldine voulut bondir, mais elle loupa l'animal, qui reprit sa course. Elle se précipita après lui en jurant, suivie par les deux autres clowns. Robert lui se sentait tout a coup totalement épuisé. Il ferma les yeux.
Lorsqu'il les rouvrit, il faisait nuit. Seul les néons encrassés de toiles d'araignés diffusaient leur lueur bolchévique dans les couloirs déserts. Mais... Krminute, Krobert, se dit-il, si tu krpeu voir le krouloir... Il se leva en grimaçant. Il faudrait lui changer sa couche. Puis s'avança jusqu'à la porte. Oui... Géraldine avait oublié de l'enfermer, grâce au veau de Jack.  Il mit un pied dans le couloir : c'était collant. Il se pencha et passa un doigt, puis goutta, et reconnu le gout acre et ferrugineux du sang frais. Une rigole en coulait depuis le bout du couloir. Là, derrière une grosse porte de fer, brillait une lueur rouge. Alors il entendit un cri, et reconnut la voix de Jack.

Robert Prépuce demeura un instant pétrifié, et ce n'était pas a cause de la merde liquide qui gonflait sa couche. Que se passait-il derrière cette porte en fer? le cri qu'il venait d'entendre était presque inhumain. Il pressentait des choses terribles, et  se mit à claquer des clous - puisqu'il n'avait plus de dents. Il avait envie de chialer car il repensait à sa ferme douillette, a ses poules qui allaient crever car son fils n'en avait rien à secouer, a son chien Philippe, un rottweiler de 12 ans qui marchait sur trois pattes, a la photo de Bernadette dans son cadre au-dessus de la télé, son épouse partie trop tôt, qui avait été avalé par une moissonneuse batteuse et recrachée sous forme de bottes de foin. Le couloir sentait le sang frais et la merde - on était loin de la brochure publicitaire qui vantait le calme et l'harmonie, les sols moquettés et parfumé a la lavande, mais Robert Prépuce n'était pas une poule mouillée, ça non, il avait de la ressource, il l'avait prouvé en Algérie et en Indochine, on l'avait baptisé "la baïonnette", parce qu'il aimait travailler à l'ancienne, au corps à corps, regarder l'ennemi dans le blanc des yeux, entendre le doux bruit du métal transperçant la chair, c'était son petit plaisir à lui, il plantait tout ce qui ressemblait pas à un français, on l'avait même décoré de la médaille de l'Ordre Des Bouchers pour services rendus. Aussi Robert s'approcha en claudiquant de la fameuse porte, tendit sa main  vers la poignée, l'actionna et fut un peu surpris qu'elle soit ouverte.  La première chose qu'il vit était la grande carcasse de Jack crucifié sur une croix chrétienne mais à l'envers, les jambes écartées à la place des bras, un pieu dans le fondement, couvert de merde et de sang, tandis qu'autour de lui des individus avec des têtes de boucs psalmodiaient une chanson du groupe de black metal norvégien Darkthrone, en tapant sur des barils de lessives, un spectacle croquignolesque s'il en fut, qui laissa Robert Prépuce pantois et interdit. Jack hurlait de douleur d'autant que pour pimenter le tout, on lui avait attaché à chaque testicule un poids de 15 kilos qui étirait ses bourses au-delà de l'imaginable, faisant de Jack le pendant obscène de Mr Fantastic, l'homme-élastique des quatre fantastiques.

Dans le sang et la merde qui recouvraient déjà le sol de l'EHPAD, Robert Prépuce, ancien baïonnette d'Indochine, sentit remonter un souvenir précis de l'instructeur Hartmann au moment où ses propres entrailles se préparèrent à servir d'arme. Face à Jack crucifié à l'envers par les employés à tête de bouc, il se rappela distinctement la voix qui avait un jour hurlé " 1m75, jamais vu un tas de merde aussi haut que ça ! " en le toisant, et cette phrase lui donna soudain le courage de presser son ventre et relacher ses sphincters. Les boucs continuaient leur psalmodie black-metal, plus graves, plus lentes, comme s'ils pressentaient l'intrus ; Robert avança d'abord en silence, calculant les distances, repérant les angles morts entre les barils de lessive, le poids de quinze kilos qui balançait encore, le pieu enfoncé. La tension montait à chaque pas glissant : un faux mouvement, un pet trop bruyant, et le rituel se transformerait en exécution. Il se répéta une autre réplique exacte de Hartmann " Je veux que ces chiottes soient nickel à y bouffer dedans, et que la Sainte-Vierge elle-même soit très très fière d'y venir pour s'y assoir et y lâcher sa pêche ! " pour se donner le rythme d'un vrai commando. Puis le premier jet s'éleva, abondant et précis, arrosant les masques de face, faisant reculer deux employés aveuglés ; le rituel satanique bascula net en parcours du combattant dans la boue intestinale.

La tension bascula en action pure. Robert chargea en glissant, second jet plus violent, plus large, une vraie rafale qui balaya les jambes de trois boucs et les envoya s'étaler dans leur propre psalmodie interrompue. Il entendit Hartmann déclarer " ça c'est mon flingue et ça c'est mon dard ! " pendant qu'il pivotait, utilisant un déambulateur renversé comme couverture, et lâchait le troisième jet en pleine trajectoire pour couvrir sa progression vers la croix. Un employé tenta de le saisir par le bras ; le quatrième jet, pointé à bout portant, le cloua au sol dans une gerbe brune. Jack, les yeux exorbités, comprit enfin qu'on venait le sortir : les poids de quinze kilos se détachèrent sous la pression combinée de la fange et des secousses, le pieu glissa, et le corps du misanthrope s'effondra dans les bras de Robert au moment où le cinquième et dernier jet, le plus massif, noya complètement la salle, emportant masques, barils et derniers résistants. Alors il se vit ridiculiser le sergent instructeur Hartmann " Est ce que c'est toi john wayne ou est ce que c'est moi ?", et Robert, épuisé mais victorieux, traîna Jack hors de la zone pendant que le silence retombait. Il comprit alors que tout cela n'était qu'une version dégénérée d'Apocalypse Now et non de Full Metal Jacket, sauf que le napalm avait été remplacé par sa propre chiasse. Il aimait l'odeur de la chiasse au petit matin. Elle sentait la victoire.

***
Jean-Paul gara le corbillard sur la place réservée. Une vieille pute qui passait par là s'arrêta a hauteur de la vitre pendant qu'il vapotait senteur menthe. Elle portait une voilette dont les motifs ressemblaient à ceux de son porte-jartelle.
-   C'est une belle grosse voiture bien brillante que tu as là, mon beau.
Il haussa les épaules.
-   On fait ce qu'on peut.
Une sourrire édenté s'étala sur la tronche de la  courtisane décatie.
-   J'astique très bien, moi-même, et pour un tarif tout à fait modique.
Jean-Paul renifla.
-   Désolé, ma belle. Je suis pas de service.
Un tic chafouin agita la vieille.
-   Oh. Dommage, j'accepte les tickets restaurants.
Il acheva sa clope, puis, soupirant, descendit du véhicule. Le vent d'automne balayait les feuilles mortes entre les tombes moussues, sous un ciel de chiotte. Quelque part quelqu'un jouait un air triste au pipot. La vielle, accroupie sur un autel, pissait en marmonnant, ses jupes relevées sur ses genoux caleux. Il marcha encore jusqu'au fond du cimetière. Là, un peu à l'écart, derrière un bosquet d'orties, il trouva les deux tombes en bois, recouvertes de crottes de chien, qu'il déblaya du bout du pied. Puis il se remit à téter sa vapoteuse menthe d'un air sceptique.
-   Bon dieu, les vieux. Je sais pas ou vous pouvez bien vous trouver, ni ce que vous avez traversé ensemble. Tout ce que je sais, Papa, et vous Monsieur Jack, c'est que... Ou que vous soyez...
Deux mirage 2000 qui faisaient la course passèrent le mur du son juste au dessus de lui. Une chanson de Véronique Sanson s'imposa par association dans son esprit – heureusement, il parvient à la chasser aussitôt.
«  Ou que vous soyez, reprit-il... Je vous retrouverais.
Il jeta sa vapoteuse dans un geste théâtral, et remonta son col. La pluie commençait à tomber, huileuse. Puis il sortit ses billets et commenca à les compter, tout en s'éloignant.
Jean-Paul Prépuce était un connard fini. Mais un connard qui aimait le travail bien fait.


Nino St Félix

Je crois qu'on a la les ingrédients d'un best seller. Jean Paul qui traque Jack et Robert, qui sont poursuivis aussi par les satanistes de l'EHPAD (et surtout : qu'ont ils implanté dans le cul de Jack durant la cérémonie ? Robert est-il intervenu à temps ? Retrouvera t'il toute sa mémoire, et de bonnes ratiches ... ? Putain, y'a au moins 4 ou 5 arcs narratifs, ça troue le cul.

bojarski alias cormary

J'ai pas bien pigé du coup...on arrête ou on continue? Stop ou encore? J'ignore de le savoir. Dans tous les cas, est-ce que Grasset acceptera de le publier?

Nino St Félix

Je dirais stop, toutes les bonnes choses ont une fin.
MAIS
il est possible de faire des insert rétroactifs pour consolider (ou rajouter de la connerie). En gros je propose que l'histoire se termine là (JP dans le cimetière) mais si vous voulez rajoute des insert rétroactifs pourquoi pas. Pour développer la psyché de Géraldine, ou décrire les recettes du cuisinier, ou même faire des flashbacks de l'enfance de Jack

Nino St Félix

Ou juste raconter votre vie ou commenter l'actualité ou déposer une petite annonce ou que sais je

bojarski alias cormary

Géraldine Bénichou était logée au sous-sol, dans une petite pièce aveugle et humide. C'était pas top, mais bon, elle ferait avec, après tout c'était le seul inconvénient qu'elle trouvait a ce job. Elle avait appréhender les changement de couches et les toilettes des vieux, mais à tort, car elle s'était rendu compte qu'à l'EHPAD du Dernier Soupir, on avait l'habitude de laisser les résidents dans leur merde, et quand il schlinguaient vraiment trop, on les passait au karcher. Elle s'assis a la petite table sur sa chaise d'écolier, et entrepris d'écrire à ses parents. "Cher papa, chère petite maman. J'ai commencé mon travail a la maison de retraite. Le cadre ici est vraiment sympa, quand les vioques cessent leurs jérémiades, on entend les oiseaux chanter. C'est un environnement sain et bucolique, un peu comme dans le magicien d'Oz. Je regrette de ne pas avoir emporté ma planche, car même si nous sommes loin de la mer, les occasions de surfer ne manque pas! Je vous expliquerai...Les vieux sont gentils avec moi, et quand ils tentent de me peloter je les prive de nourriture ou bien je les enferme dans un petit réduit pendant quelques heures, pour leur apprendre - le dernier, je l'ai oublié trois jours, il a faillit y rester...le directeur, monsieur Fayol, m'a sermonné - pour la forme, car il est très gentil lui aussi, malgré son physique inquiétant. C'est un géant de deux mètres avec des pieds immenses, très maigre, la première fois que je l'ai vu j'ai eu très peur, mais je m'y suis faite. Bref ça fait une semaine que je suis là et je me suis fait des amis, comme monsieur Jack, un des résidents, il se promène toujours à poil, avec ses roubignoles qui pendent et s'entrechoquent - c'est rigolo!Je l'apprécie beaucoup, tout comme le cuisinier, un serbe ou croate, je sais plus, lui aussi est spécial mais il me fais beaucoup rire surtout quand il urine dans la sauce ou prépare sa fameuse omelette aux crottes de nez. Voilà, donc vous voyez que tout va bien pour moi. je vous embrasse et vous écris a nouveau très vite!"

Nino St Félix

Ok ! mais il faut maintenant que tu l'intègre quelque part dans le bloc du texte, là ou ca te semble le mieux ; un peu comme si tu faisait le montage quoi. Et pour que le suivant (Lapinchien) voit ce que t'as rajouté et ou ça se situe