La Zone
La Zone - Un peu de brute dans un monde de finesse
Publication de textes sombres, débiles, violents.
 
 

MDLC3 - Sujet 3 - Introspection insolite

Démarré par lapinchien, Février 10, 2024, 01:57:38

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lapinchien

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Lunatik

Je reconnais tout sauf moi même

J'étais à l'une de ces rares minutes où l'introspection descend jusqu'à des bas-fonds qu'elle n'a jamais éclairés encore. Certains, moins littéraires que l'obscur auteur de cette exquise phrase, prétendraient jusqu'au fondement et, ma foi, cela y ressemble, tant on y patauge dans la fange et le sang, dans la sueur et la pisse, tant on y découvre de cadavres aux ventres enflés, démesurés qui flottent sur une coulée brunâtre et nauséabonde. Ma tête, mon coeur, tout est fétide, et noir, tout est fécal. J'écris des vers, pour ne pas être vain, j'écris des vers pour ne pas être oublié, ni jugé à l'aune de la seule vacuité de mon âme, j'écris des vers pour Villonner, et justifier de ma laideur. J'écris pour confesser mes crimes, et qu'ils paraissent beaux, habillés de rimes.
Je suis poète, les vers grouillent dans ma tête et tombent sur ma feuille, par mes yeux, par mon nez, par ma bouche. Je suis abjecte, mais on l'oublie quand on me lit. Ou l'on pardonne, ou l'on s'aveugle. On prête au talent une grandeur d'âme, car il sait parer d'éclat les vices les plus communs, qui resplendissent comme des tourments outrageux et grandioses, quand ils ne sont que cela : des vices. Communs. Banals. Sans plus d'intérêt que leurs auteurs.
Je suis poète car sans cela je ne serais rien de plus qu'un pauvre type.

Le Thaumaturge

Bave

La coquille des escargots est plus complexe qu'il n'y paraît. Heureux et curieux ouvrage de la nature. Membrane calcaire en forme de spirale.
Un pourrait contempler la merveille de son anatomie sans jamais se demander : mais au final à quoi ça pense un escargot ? Pour m'être penché toute ma vie sur les gastéropodes, je vais vous répondre. Ca s'emmerde ferme.

lapinchien

Egotrip par Zbooba

J'suis trop en avance
Pour leur demander l'heure
Je vis une romance
Avec l'horodateur

Je fais un casse mental
Ton copain est pas net
C'est un débil' mental
Comme Marie Antoinette

Trop dans le tur-fu
Mon reflet dans mon miroir
Fait des coucous à mon cul-cul
Alors que j'suis dans l'couloir

Ne me géolocalise plus
Comme Bruno Lemaire
J'les aime dilatées de l'anu
Va culbuter mé-mère

Plus rapide que mon ombre
J'fous une branlée à Lucky Luke
Tu fais partie du nombre
T'arriv' plus en r'tard que ton uc

J'suis dans turfu faut pas m'embêter
Paxe j'sais d'jà s'qui va t'arriver
Tu l'a vois pas v'nir mais j't'ai déjà foutu une tate-pa
Je gol-ri déjà à ta prochaine mauvaise nne-va

Toi tu bronzes, moi je suis déjà bronzé
T'es dans les starting blocks alors qu'j'suis d'jà médaillé
Tu crois niquer ta gonz alors j'l'ai déjà engrossé
J'suis dans tur-fu, tu fais partie du passé


Clacker

Est-ce que les femmes c'est vraiment comme des hommes, dans le fond ? Est-ce que ça fait une vraie différence, si par hasard y en a une qu'a moins de moquette dans le dos et des envies de ménages, et moi qui préfère faire un slam sur une grosse instru, genre un mix de Coeur de Pirate avec du Joe Dassin, et là bam je fais saturer les basses, et j'envoie des samples de violons qui crissent et des rayons de lumières dans toute la pièce ? Tu vois ce que je veux dire, mec, après tout, on est tous des frères, pas comme les francs-maçons en fait mais plus comme une grande famille, mais pas la famille Manson, mec, non, non, mec, très mauvais délire, ça, et pas trop comme les hippies non plus parce qu'en fait nous on baise pas entre nous, enfin tu captes je vais pas me taper ma soeur ou ma daronne ou le iench du voisin, on est quand même entre gens civilisés, tu sais. On a quand même appris certains trucs qui servent, je pense par exemple à la morale, en fait. C'est con, comme truc, quand t'y penses. Y a ceux qui ont de la morale et une éthique, comme moi qui fais du son, tu captes ? Je le sors pas n'importe comment, mon son c'est comme une pizza dans un four en pierre, à l'ancienne, bien fumée selon une recette éprouvée qu'a fait ses preuves, et puis je rajoute tout un tas de bons ingrédients, des aliments qui viennent du local, mais pas le local à poubelles, t'as compris ? T'as compris ? J'ai pas l'impression que tu comprennes. En fait ce que j'essaye de te faire comprendre c'est qu'on a tous une mission sur cette Terre, on est des émissaires venus d'ailleurs, moi je fais du son, OK, mais toi, tu fais quoi ? Hein ? J'entends pas, avec les basses. T'es pizzaiolo ? Tu fais des pizzas comme moi je fais du son ? Putain, c'est profond ce que tu dis, mec. Avant ça t'étais orpailleur en Amazonie ? Mais ça m'étonne même pas, dès que j'ai vu tout ton ratelier dans la gueule, là, tout jaune qui brille, je me suis dit : ce mec est en or massif. Et c'est vrai, quoi, t'es peut-être Midas ou je sais pas qui, tu vois le type qui changeait le plomb en or et après, les statues deviennent vivantes. Ouais, ouais. C'est une belle métaphore de la vie. Du genre qu'en fait c'est toi qui façonnes ton propre destin, parce que t'es en paix avec toi-même, t'es sur le droit chemin, tu fais du son ou des pizzas, t'as trouvé une pépite dans le cul de ta meuf, mais ouais c'est ça ! Attends, quoi ? T'as vraiment trouvé une pépite là-dedans, ou bien c'est plus comme une image, une métaphore ? Et du coup tu lui as ouvert le bide et t'as pompé tout dedans avec un aspirateur ? Euh... ouais, ouais, OK. Et donc maintenant t'es pizzaiolo, hein ? Moi je pense que l'important c'est de pas perdre son âme, dans son boulot. Tu vois, moi, je fais du son. Je fais du son. Du son. Ouais. Là, ce qui passe, avec les grosses basses, ben c'est de moi. Je te jure. Et je disais : l'important, c'est de garder son âme. Je pourrais faire du sale, je pourrais me salir et salir les autres, en créant des sons que j'ai pas vraiment concoctés avec amour, tu vois ? Je mets une partie de mon coeur, un morceau, à chaque titre. T'as capté ? Morceau, titre ? Exactement. Voilà. Comme Janis Joplin. Tout pareil. Même qu'elle y met des grumaux de gerbe, des fois aussi, quand ils sont pas tous restés collés dans ses cheveux. Non je déconne je suis bourré. Quesse tu bois, toi ? Hein ? C'est quoi ? Du sang de tamanoir ? Je peux goûter ? Ce truc a un goût infect, mais j'ai l'impression que ça me donne de la force. Comme si que l'énergie vitale du tamanoir refluait en moi, comme si qu'il avait décidé de me léguer sa puissance. Il est pas mort pour rien, ce con. Vas-y, renvoie un petit coup. Eh, ça pique un peu au début, mais c'est juste la première goulée. Après franchement ça passe crème. De quoi ? Comment ça tu déconnais ? A quel propos ? C'est pas du sang de tamanoir ? C'est quoi alors ? Tu te fous de moi, hein ? TU TE FOUS DE MA GUEULE ?! TU M'AS FAIT BOIRE LE SANG MENSTRUEL DE TA PETITE SOEUR ?! MAIS T'ES HITLER ! T'ES HITLER MON GARS !
Vas-y, refile un petit coup.

Dourak Smerdiakov

Sex Toy

C'était une fan de Kubrick,
Elle parlait de monolithe
D'une verve point trop contrite.
Je la sondais d'un œil lubrique.

Comme j'avais un peu la trique,
je lui fis remarquer ma bite.
C'était une fan de Kubrick
Elle parlait de monolithe

Las ! à la fin d'un strip comique
Je débandai, perclus d'arthrite.
Je possédais un coprolithe
Qui ne l'a pas rendu mutique.
C'était une fan de Kubrick.
Pour le débat citoyen et convivial dans le respect indivisiblement démocratique de la diversité multi-culturelle des valeurs républicaines oecuméniques.

Charogne

« La fièvre du dimanche matin »

J'émerge difficilement du trou noir qu'est mon esprit. Mes yeux le regrettent ; la lumière perce mes paupières comme des aiguilles. Au moins, ça tangue un peu moins autour de moi. Puis, peu à peu, les souvenirs me reviennent.

C'est moelleux autour de moi. Un peu humide, aussi. Je crois que c'est de l'urine. Je me concentre. Ma vision se fait plus nette. Je suis chez moi, sur mon matelas. Une quantité importante de bouteilles traîne par terre. Il y a un peu de vomi, aussi.

Je grogne, puis attrape une bouteille qui ne me semble pas vide. « Lussac Saint-Emilion », lit l'étiquette. J'ai la gorge sèche, mais les effluves de mes fluides corporels remontent jusqu'à mon nez, et je dois boucher d'urgence mon nez pour ne pas régurgiter à nouveau mes acides gastriques. Mais alors, la muse vignoble m'appelle. Dans mon esprit, elle m'interpelle, elle me parle. Une petite voix qui me chuchote : « Verse le vin par terre. »

Instinctivement, je rejette cette voix. Quelle horreur ! Jeter un vin qui m'a coûté 6 balles ! Mais la voix reprends. « Verse le vin ! » Et plus j'entends cette petite voix me susurrer l'idée, plus elle paraît tentante, bien que complètement déraisonnée. Alors, je tente l'expérience. D'un délicat mouvement de poignet, je fait pencher le goulot de la bouteille vers mon sol en plastique. Puis c'est un filet de couleur rubis qui commence à couler jusqu'au sol, en n'en renversant presque pas sur le matelas, jusqu'à former une flaque.

Je me demande pourquoi j'ai fait ça. Mais la voix me reprends de plus belle. « Penche-toi ! Penche-toi ! » Pour la lécher ? Intrigué, je me penche, et observe mon reflet dans la surface rouge.

Il paraît que certaines personnes lisent l'avenir dans le café. C'est complètement con, le café ça te réveille, ça a rien de mystique. Alors que le vin, nectar sublime qui exerce une attirance fantastique sur ses adeptes, ça c'est plus logique. Je me concentre donc. Si j'arrive à lire mon avenir dans cette flaque, peut-être que je pourrais me consoler d'avoir perdu vingt centilitres de liqueur dans une pulsion de démence.

Alors j'ai l'impression que d'un coup, mon reflet s'approche de moi, comme pour m'attraper par les côtés de la tête et me faire passer de l'autre côté du miroir. En passant à travers la flaque, j'ai l'impression de m'être cogné contre le sol, mais la douleur n'est qu'éphémère, car je ressort de l'autre côté, pour découvrir ce que mon avenir me réserve. Mon double me tiens par la main, et un large palais s'élève devant moi. « Tout ce que tu vois sera à toi », me déclare mon double en mode Roi Lion. Puis, en s'avançant vers la structure, je vois tous mes amis de beuverie m'accueillir et m'offrir chacun une bouteille de Jack Daniel's ! Fou de joie, je me retourne, et vois mes femmes préférées (Clara Morgane, Katsuni, et Ségolène Royal) me faire signe de la main en petite tenue.

C'est un rêve ! C'est un putain de rêve ! « Bien sûr que c'est un rêve. » me répondit mon double. Mais il reprit : « Ce rêve se réalisera, sois en sûr ! Quand tu sera réveillé, tu pourras mettre la main sur toutes ces choses. Tu sera l'homme le plus puissant du monde, Jackson ! »



Les policiers retrouvèrent le cadavre de Jackson quelques jours plus tard, la tronche éclatée dans une mare de vin moisie, quand le voisin du dessous avait commencé à se plaindre des odeurs et des liquides étranges qui s'infiltraient dans son plafond.