LA ZONE -

Promesses

Le 16/09/2006
par Nico
[illustration] "L'Anima est une bête suicidaire. Il vit toujours seul, du fait du peu de représentants de cette espèce. L'Anima vivote, craintif, maladif, appeuré. C'est une espèce plutôt laide, mais qui sait parler.
D'après mes premières constatations, il rechercherait désespérément une "Cité Bleue", sorte d'idéal paradisiaque. Ne la trouvant pas, la plupart des Animi semblent mettre fin à leurs jours au moindre soucis supplémentaire. A la vue d'un humain, par exemple, l'Anima passe l'arme à gauche. Les Animi sont vivants de l'extérieur mais déjà morts à l'intérieur. La Cité Bleue serait censé leur donner pleinement le sens de la vie.
Et moi, fusse aux prix de longues recherches, j'ai découvert comment l'animal se tue. L'Anima pleure et se dissout dans ses propres larmes.
C'est pour cela que nous autres humains ne les voyons presque jamais. Mais parfois lorsque vous marchez dans la forêt vous pouvez les entendre pleurer."
Professeur R. Glaücks, De Anima
Il était une fois l'un de ces Animi, herrant dans la forêt, ne pensant qu'à la Cité Bleue. Il se forçait à continuer à croire dans cette promesse de voir enfin la terre de son espèce et surtout -son rêve- de rencontrer d'autres comme lui. Il marchait craintivement de buisson en buisson pour explorer la forêt, avec l'impression grandissante qu'il l'avait déjà entièrement parcourue plusieurs fois.
Il n'avait aucun ami avec qui s'amuser et parfois, sous le coup du désespoir, il abandonnait son espérance et les larmes lui montaient aux yeux. Il ne riait jamais. Il ne connaissait ni le plaisir ni le bonheur ni la joie. Les fleurs du printemps lui semblaient aussi répulsives que les feuilles pourries d'automne. Les choses douces lui faisaient mal. Les oiseaux l'effrayaient comme les loups. Tout était gris, danger et tristesse. Il n'avait jamais croisé un autre Anima. Peut-être n'y en avait-il pas beaucoup hors de la Cité Bleue. Et si elle n'existait pas ? Et s'il était seul à tout jamais ? Il ne faut pas y penser. Il ne faut pas.
Un jour un homme vint à lui. Il était habillé tout en blanc et portait de gros ronds transparants devant les yeux. L'Anima eut peur, ses yeux s'agitaient en tous sens. Il sanglota et s'aprêta à pleurer lorsque l'homme cria :
- Je sais où est la Cité Bleue ! Ne pleure pas !
L'Anima hésita, timide, mais son envie de pleurer venait de s'évaporer. La voix de l'homme se fit plus douce :
- Viens à Glaücks, mon petit. Je te montrerais la Cité Bleue.
Le petit animal était toujours paralysé.
- Viens, nous seront amis toi et moi. Tu ne veux pas jouer avec moi ? Tu n'as jamais eu envie de t'amuser ? Viens, et nous irons aussi à la Cité Bleue.
L'Anima s'approcha à petits pas. Il était à quelques centimètres de l'homme lorsqu'il sentit quelque chose s'abattre sur sa tête. Il s'écroula.
- Je l'ai enfin ! Tu resteras toujours avec moi ! R. Glaücks va devenir célèbre !

* * *

Lorsqu'il revint à lui, l'Anima entendit du bruit autour de lui. Lentement il ouvrit les yeux, il était dans une cage, entouré d'hommes. Tout était si étrange ! Il sentit le sol froid et dur. Il n'avait jamais senti ce genre de matière auparavant. Celui qui l'avait attiré criait aux autres :
- Ceci est un Anima, mesdames et messieurs, un animal qui parle ! Un animal qui se suicide en pleurant. Et moi, R. Glaücks, je l'ai capturé et je lui ai retiré les glandes lacrymales ! Approchez, approchez ! Mesdames et Messieurs ! Dix écus pour lui parler ! Dix écus pour l'entendre parler !
Et il faisait de grands signes aux autres hommes. Ils lui donnaient quelques ronds brillants et s'approchaient. Ensuite, comme des fous, les yeux avides, il criaient des chosesà la petite bête. L'Anima terrorisé se blotissait contre les barreaux sans dire un mot. Il essayait désespérément de pleurer mais ses yeux restaient secs.
L'homme qui l'avait mené ici, lui ordonna de parler. Il frappa sur les barreaux tandis que les autres hommes éclataient de rire. L'Anima ferma les yeux et se boucha les oreilles, il se mit en boule. Il voulait mourir. Il ne parla pas.
Il se sentait oppressé comme jamais il ne l'avait été, il se sentait impuissant. Il ne comprenait pas se qui se passait. Tout tourbillonnait dans son esprit.
Lorsqu'il se redressa tout doucement, les hommes criaient après Glaücks. L'Anima ne comprenait pas grand chose à cette agitation. Glaücks rendait les ronds brillants aux hommes qui partaient l'air énervé.
Quelques jours passèrent et un jour Glaücks ouvrit la porte de la cage. L'Anima ne bougea pas.
- Vas t'en, misérable. J'ai voué dix ans de ma vie à essayer de trouver l'un des tiens. Et toi tu ne m'auras même pas rapporté dix écus. Alors qu'il te suffisait de dire un mot. File, mais sache qu'il n'y a géographiquement et rationnellement pas de Cité Bleue.
L'Anima courrut à toute vitesse. Il se retrouva sur un sol étrange, entouré de grandes constructions grises. Tout ce bruit lui donnait envie de pleurer, mais il retrouva bien vite le chemin de la forêt où il retourna se terrer.

* * *

Dans la forêt, il lui arrivait de croiser des hommes, mais comme il ne pouvait pas pleurer, il se cachait dans les buissons et les regardait passer. Au début il se faisait surprendre et devait détaler à toute vitesse. Mais petit à petit il acquit plus d'expérience et se cachait sans bruit. Il n'était plus obligé de fuir.
Au début il se trouvait honteux de ne pouvoir mourir. Puis il pensa que cela était peut-être une chance. Il releva la tête et scruta les petites tâches de bleu du ciel dans les trous du feuillage des arbres.
Avec tous les humains qu'il croisa dans la forêt, combien de fois aurait-il dû mourir s'il avait pu pleurer ? 150 fois ? 200 fois ? Jamais aucun Anima n'avait pu survivre aussi longtemps ! Cette pensée le gorgea de courage et il s'aventura hors de la forêt.
Tous les jours il répondait mentalement à Glaücks : "Il y a une Cité Bleue, je le sais. Elle se cache derrière ta faible imagination. Je connaitrais d'autres comme moi et pas toi. Je connaitrais l'histoire de la vie et pas toi".
D'abord il explora les clairières, sans jamais trop s'éloigner de la forêt. Puis il parcourut résolument les plaines et les champs.
Et un jour, derrière une colline, il vit apparaïtre une Cité de nuages bleus. Sa Cité, celle des siens. Elle avait toujours été si près de lui. Pour la première fois il sourit, il rit même. Il courut comme un fou vers elle et vit qu'elle était peuplée d'autres Animi comme lui.
L'un d'eux s'approcha, lui tapota l'épaule et dit, la main tendue vers la Cité Bleue :
- Salut l'ami, nous t'attendions. Bienvenue à la maison.

= commentaires =

Glaüx-le-Chouette


    le 16/09/2006 à 01:29:25
Animae.
Pas animi, connard.
Première déclinaison.
Ou alors Animus. Faut choisir.
Ou alors Animas, si tu veux faire ton bâtard franco-latin.
Mais ça fait nom de grolle.

A part ça, quand je lis la dernière phrase, je me dis que tiens, ça aurait pu faire partie d'un mauvais western (ou de la Petite Maison Dans La Prairie, d'ailleurs). Mais même ça, j'aurais pas aimé. M'enfin plus qu'un mauvais conte. Au moins, dans un mauvais western, y a de la crasse et du foutre. Un peu d'humanité, quoi. De la vie.


Ah, quand même un truc bien : ça m'a rappelé involontairement Manimal, cette série fantastique à tous les sens du terme.


Ah, et encore un truc : qu'est-ce que mon homonyme phonétique fout dans cette galère ?
Dourak Smerdiakov


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    le 16/09/2006 à 01:58:54
Un conte sans inceste ? C'est quoi ce bordel ? C'est psychédélique, un truc de hippie, tu reviens des années soixante ? T'as les cheveux longs, sale fiotte, tu joues de la guitare, hein, tu joues de la guitare, c'est ça ? Mais putain avoue le que tu joues de la guitare ?

À relire plus tard, pour tirer cette sombre histoire au clair de lune triste et beau.
dwarf     le 16/09/2006 à 14:18:54
Pendant un moment j'ai cru qu'il y avait quelque chose à retirer de cette histoire, mais ça ressemble plus à un truc de bisounours qu'autre chose, surtout avec une fin en guimauve.
Ca part un peu comme du Dick, mais à cause de ce qu'il y a derrière c'est juste du Werber.
dwarf     le 16/09/2006 à 14:22:01
Je pense d'ailleurs que c'est en hommage à ce dernier que ton ton homonyme phonétique est dans cette galère, Glaüx.
Le Duc


    le 03/10/2006 à 19:34:30
voici un commentaire constructif :
c nul, mais j'aime bien l'image
Arkanya


    le 11/06/2007 à 23:00:18
Putain, je choisis un texte au pif pour tuer dix minutes de temps, et faut que j'tombe là-dessus...

J'ai rien compris, rien de rien, y'a aucun intérêt, aucun sens caché, aucune symbolique, ou alors c'est tellement confus que ça en devient hyper hermétique. Faut se droguer avant de le lire ?
Nico


    le 13/06/2007 à 09:44:49
JE SAIS PAS JE SAIS PAS JE SAIS PAS.

Non, même torché je trouve toujours ça naze.

MERDE MERDE MERDE
MantaalF4ct0re


    le 25/06/2007 à 23:34:07
j'ai lu le texte à cause de son illustration. je vais essayer de n'en retenir que l'illustation, tout compte fait.
Nico


    le 27/06/2007 à 19:42:55
Je peux pas le refourguer pour la semaine texte de merde ? Ca le fait non ?
Narak


    le 27/06/2007 à 21:30:16
Attendez 5 minutes, " La cité des nuages bleus " ?!?
Vous croyez vraiment que je vais lire ça ?
Le Duc


    le 26/04/2009 à 17:27:06
Putain c'est dans quoi déjà ces bestioles ? C'est un Miasaky il me semble non ?
(je parle de l'illustration hein, le texte, on va l'oublier hein.)

commentaire édité par Le Duc le 2009-4-26 17:27:45

commentaire édité par Le Duc le 2009-4-26 17:27:59
nihil


    le 26/04/2009 à 17:30:07
Tiens, le Duc fait aussi des fautes en japonais.
Intéressant.
Le Duc


    le 26/04/2009 à 17:32:56
bah je sais pas écrire, alors mandarin tu parles.. Miazaky ?

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