Archives Menstruelles

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Tableaux

Recherche d'articles par mois

  1. La brèche par Fabien Bernard - (01/03/2026)

    Léa découvre que son reflet dans le miroir est un double autonome, capable de voler son identité. Prisonnière, elle assiste impuissante à la reproduction d’un cycle infini. Le concept n’est pas neuf – il rappelle des histoires comme le film « Substance » - mais ici, la forme pêche. Les métaphores sont parfois bancales, certaines phrases comme « au fond de ses molécules dont elle ignorait les noms et les fonctions » alourdissent considérablement le texte. La chronologie manque de clarté, et il est parfois difficile de distinguer Léa, le double ou Clara. Le récit devient confus et difficile à visualiser. Conseil de la maison : relire, clarifier et retravailler. Y’a pas de secret.

  2. La Zone lâche son com ( épisode 2 ) par Lapinchien - (01/03/2026)

    Ce texte relate le second épisode d’une rubrique collective où Lapinchien tourne en dérision les brouteurs d’Instagram. Dans le premier échange, il feint la naïveté face à une prétendue Ariane de Rothschild, poussant jusqu’à l’absurde les promesses des Illuminati et les discours creux de réussite. Le second échange met en scène un faux vendeur de voitures que Lapinchien entraîne dans une discussion surréaliste mêlant île sans voitures, cuisine sur moteur en surchauffe et jargon automobile excessif, jusqu’à épuiser toute logique commerciale. L’ensemble repose sur l’absurde, la satire et le détournement des arnaques en ligne.

  3. Lettre d'un encufoiré par Mary Cerize - (02/03/2026)

    Le joli petit texte ! Viens par ici … Oh oui il est joli tout plein. Balk est un encufoiré, d’ailleurs il signe pas avec ses initiales. Il vient dans un élan d’extrospection sincère nous déballer ses remords et comment il craint du cul. Mais en fait on l’aime bien Balk, car il est un fidèle reflet de notre vanité ontologique et sociale.

  4. Pantropie ontologique par christophe Chaussade - (02/03/2026)

    Sous un style aussi sec qu'un biscuit de ration de survie oublié au fond d'un tiroir de l'ISS, l'auteur parvient miraculeusement à extraire une pépite de noirceur pure en inversant le concept de progrès, transformant l'humanité en une colonie de cloportes mutants ensevelis sous leur propre fange. L'ironie est savoureuse : là où la SF classique nous vend des étoiles, ce récit nous enterre vivant avec une efficacité chirurgicale, prouvant que le néant est finalement la seule destination logique de notre voyage intersidéral. C'est une vision du futur si déshumanisée qu'elle en devient presque réconfortante dans sa brutalité, nous rappelant que si l'espoir fait vivre, le réalisme nous achève proprement.

  5. Une nuit sous la lune du Pilat par Theophile G. - (03/03/2026)

    Certes, il y a de belles descriptions de la nature. Cependant nous suivons les aventures d'un misanthrope de pacotille qui fuit le sérieux de ses contemporains, s'isole dans la cambrousse, pour prendre en otage la première pauvre inconnue qui passe et lui asséner un long monologue moralisateur tout aussi sérieux que le sérieux qu'il dénonce. Ceci n'est donc pas un texte mais une faille spatio-temporelle conceptuelle.

  6. DROGUISTAN - 1.7 - Gant de kevlar par Nino St Félix, Laetitia Giudicelli - (03/03/2026)

    On touche ici à la faille principale de la gestion administrative de la Zone, où la répartition des tâches est si bancale que je me retrouve à chroniquer ce septième chapitre sans avoir lu les précédents, condamné à me faire spoiler la gueule par paresse de fouiller des archives que j'ai la flemme de consulter. Bon, je me lance quand même. On assiste à une collision frontale entre analyse macroéconomique de PMU avec des traumatismes de douches carcérales dignes du prochain bouquin de Sarkozy, le tout restitué dans un film d'action roumain où l'Élysée se retrouverait dans le 93 en tournante dans ta cave. Et à sa tête un gouvernement de repris de justesse. Si l'avenir ressemble un jour à Droguistan, le suicide collectif reste encore l'option la plus subtile.

  7. Ça saigne toujours par Rosalie - (04/03/2026)

    La narratrice décrit une blessure volontaire, d’abord médicalisée puis ritualisée, comme un moyen de reprendre le contrôle sur une souffrance intérieure. La douleur physique, choisie, maîtrisée, devient un exutoire, un moyen de canaliser le chaos émotionnel. Ici on ne célèbre pas la mutilation en soi, mais on la perçoit comme un substitut. Le texte est porté par une voix incarnée, presque chuchotée, qui installe une proximité avec le lecteur. Le style est cru, mais là encore, pas d’effets gores gratuits, on cherche l’intensité émotionnelle. Un texte sombre, frontal, qui donne envie de s’en tailler une bonne tranche.

  8. WARAU UBA (LA NOUNOU RIEUSE) par EVELYN DEAD - (04/03/2026)

    Deux amis se retrouvent au bar et jouent à se faire peur : où est passée la main de Paul ? Ce texte s’appuie sur un dispositif narratif classique mais efficace, et sur une prose langoureuse, au rythme des langues de brouillard qui envahissent la ville. L’auteur réussit son coup : on se laisse envoûter par cette histoire de quarantenaires patauds, les tripes tordues à chaque apparition de l’esprit rieur. Une nounou d’enfer !

  9. 2 poésies jolies : La véritable histoire de Vincent Francky & On peut bien rire de moi par Fabien Drouet - (05/03/2026)

    Chouette, de la poésie "joli" sur la Zone ! L’auteur nous embarque sur sa petite pirogue mentale, dans les rapides de son délirium. Ça commence plutôt bien avec une ode footballistique à Vincent Francky, qui arrachera des sourires aux plus nostalgiques. Les choses se compliquent dans le second poème, déclaration passionnée sans passion, qui évoquera au mieux un sketch des Inconnus. Avec son indolence et ses phrases sculptées façon play-doh, on assiste soit à la naissance gluante du nouveau René Char, soit à une énième manifestation visible ++ des prolégomènes de l’effondrement civilisationnel à venir.

  10. Navet et l'énigme de Frigoulet par cormary stéphane - (05/03/2026)

    Cette farce fangeuse patauge avec une délectation obscène dans la médiocrité d'une France rance, transformant le pastiche policier en une autopsie du vide absolu. En érigeant un bouffon au pas de canard en sauveur d'une bourgade peuplée de spectateurs d'asphalte et de fétichistes du tire-bouchon, l'auteur dresse une satire féroce où l'héroïsme se dissout dans l'absurdité du quotidien.

  11. DROGUISTAN - 1.8 - Le Roisident par Nino St Félix, Laetitia Giudicelli - (06/03/2026)

    En 2034, la France bascule après l’élection de Philippe de Villiers, devenu un « Roisident » à la dérive monarchique et autoritaire. La première année ressemble à une comédie monarchique sous anxiolytiques, jusqu’au moment où le vieillard tente de réinventer la Justice du Roi et casse l’État comme on casse un jouet. La machine judiciaire se grippe, l’économie souterraine prospère, les banlieues flambent et l’anarchie s’installe. Un attentat au Tour de France achève de retourner l’opinion, pendant que le pouvoir s’enfonce dans la répression et le délire verbal. Dans ce chaos émerge le Dragon, drogue et symbole de la révolte, indissociable de Ridge, désormais désirée et redoutée de tous.

  12. La chose sous la surface par Cuddle - (06/03/2026)

    Cuddle a parfaitement compris que l'horreur lovecraftienne ne réside pas dans le sang, mais dans cette transition écoeurante entre la curiosité humaine et la liquéfaction de la réalité face à l'indicible. À travers cette structure en spirale, elle nous traîne de force vers une conclusion où la folie n'est plus une maladie, mais la seule réaction logique devant la géométrie blasphématoire de l'univers. C'est une œuvre vicieuse et brillante qui ne se contente pas de rendre hommage au Maître de Providence : elle en réveille les cadavres pour nous les faire embrasser.

  13. Le retour de klimteastwood dans la métaphysique du pire par Klimt-Eastwood - (07/03/2026)

    Certains textes demandent une analyse, d’autres un contexte, d’autres encore une clé de lecture. Celui-ci demande surtout qu’on coupe le moteur de la logique et qu’on accepte de dériver dans un chaos qui tient autant du délire cracké de fin de soirée que du carnet retrouvé au fond d’une poche après trois jours de festival arrosé. Entre apocalypse de cage d’escalier, références pop jetées au hasard et naufrage d’écrivain en direct, le narrateur zigzague entre pose d’artiste maudit et crash complet. Les images déboulent, se piétinent, disparaissent, comme si le texte écrivait plus vite qu’il ne pense. On peut tenter d’y chercher un sens, une satire, une confession, mais l’opération revient vite à fouiller un cendrier en espérant y trouver autre chose qu'un vieux chewing-gum. Restent un éditeur maltraité, une hyène en laisse, des questions absurdes et ce sentiment de lendemain qu’on n’a pas envie d’assumer. On referme le tout avec une légère migraine et l’impression d’avoir partagé un mauvais trip qui n’était même pas le nôtre. Heureusement, l’ensemble est expédié en quelques lignes : le texte a au moins l’élégance de ne pas faire durer le supplice.

  14. Martine et l’Esprit de la Zone par 1000i, Nino St Félix - (07/03/2026)

    Martine, naïve et curieuse, découvre par hasard la Zone cherchant des informations sur le zona de sa mère. Très vite, l’espace se révèle être un faux sanctuaire : encouragée puis broyée par les commentaires, elle sombre dans la radicalisation, l’humiliation et l’effondrement psychique. Le détournement de la figure de Martine est efficace : l’écriture plate, quasi scolaire, crée un contraste avec la deuxième partie du texte, plus violente. La Zone apparaît comme une secte autant qu’une machine à broyer. Le récit devient le miroir de la Zone : excessif, souvent drôle, parfois odieux, mais profondément épuisant.