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  1. RISING SAND par SANDRINE-JEANNE - (01/02/2026)

    D'une plume incisive et sensorielle, l'écriture déploie un univers brut où les vibrations d'une moto sur l'asphalte brûlant se mêlent aux échos intérieurs d'un esprit rongé par les termites du passé, capturant avec une intensité rare la fuite en avant d'un narrateur en quête de vitesse pour étouffer les voix persistantes. Les images viscérales tissent une toile hypnotique qui immerge le lecteur dans les contrastes crus de Miami, entre béton impitoyable et routes infinies promettant une illusoire libération. Ce flux narratif torrentiel, alternant confidences crues et réflexions acérées sur la trahison et le deuil, révèle une maîtrise stylistique audacieuse, où l'humour noir et la poésie brute se fondent pour explorer les abysses humains sans complaisance. L'hommage subtil à John Irving, à travers le motif récurrent de la liberté animale, enrichit le texte d'une couche intertextuelle poignante, transformant une bouteille à la mer personnelle en un cri universel contre l'enfermement intérieur. Enfin, cette prose magnétique, à la fois violente et lyrique, laisse une empreinte durable, invitant à relire pour saisir les multiples strates d'une âme en perpétuel mouvement vers l'inconnu.

  2. Jacky l'Abo par Nino St Félix - (01/02/2026)

    Le flux de conscience ivre et débridé plonge le lecteur dans un tourbillon sensoriel où l’alcool dilue les frontières entre réalité et hallucination, créant une atmosphère moite et chaotique qui colle à la peau comme l’humidité tropicale. Les images crues explosent avec une vitalité brutale, mêlant humour absurde et menace latente d’une nature impitoyable. Sous l’apparence d’une errance anarchique, une méditation sourde sur la sélection naturelle et la vacuité des désirs masculins affleure, portée par la figure tragique et comique de Jacky l’Abo, totem pathétique d’une virilité en perdition. Le rythme haletant, ponctué de digressions qui s’emboîtent comme des rêves fiévreux, reflète avec une précision cruelle l’esprit embrumé d’une jeunesse perdue dans l’immensité australienne. Cette prose dense et sans concession captive par son énergie brute, son ironie mordante et sa capacité à transformer le banal en épique grotesque, laissant une impression tenace de vertige existentiel.

  3. DÉFONCE (3) par Charly Pratique - (02/02/2026)

    Le flux de conscience fragmenté captive immédiatement par sa cadence haletante, mimant l'état altéré de la narratrice et plongeant le lecteur dans une intimité brute et chaotique. Les images sensorielles, des nuits blanches aux festins matinaux voraces, se déploient avec une précision viscérale qui rend palpable le mélange de vide et d'euphorie. La voix de Blanche, à la fois lucide et égarée, oscille entre confession impudique et regret diffus, créant une tension poignante sans jamais verser dans le pathos facile. Le langage oral, répétitif et haché, renforce l'authenticité d'une mémoire qui se délite sous l'effet des substances et du temps. Cette prose minimaliste et hypnotique laisse une empreinte durable, transformant une relation évanescente en un miroir troublant de l'absence et du désir d'ancrage.

  4. Dimanche soir, le quatriéme jour par furoncle - (02/02/2026)

    Sous une plume crue et nerveuse, l’auteur transforme un simple dimanche soir pourri en fresque viscérale d’une jeunesse étudiante qui se noie dans l’ennui et l’autodestruction avec une jubilation contagieuse. Le style oral, truffé d’argot lillois et de répétitions volontairement lourdes, claque comme une conversation de 4h du mat’ où plus personne ne filtre rien, et pourtant chaque phrase est ciselée pour faire mal au ventre de rire ou de malaise. L’espace exigu de l’appartement devient un personnage à part entière, oppressant, puant, vivant, jusqu’à donner l’impression de sentir soi-même l’odeur chimique du speed et la moiteur des corps entassés. La descente progressive du groupe, décrite sans filtre moralisateur, atteint une puissance tragique presque antique : on rit jaune, on grimace, on reconnaît malgré soi cette panique douce de ne pas vouloir que la nuit s’arrête. C’est sale, c’est brillant, c’est un uppercut d’énergie désespérée qui laisse le lecteur à la fois hilare et légèrement nauséeux – exactement ce que la littérature de la lose doit être.

  5. Déréliction par christophe Chaussade - (03/02/2026)

    L’écriture déploie une puissance hypnotique rare, une prose organique et visqueuse qui semble suinter directement du cerveau en train de se réveiller, créant une immersion presque physique où le lecteur se sent lui-même dilué dans ce non-lieu poisseux. Le vertige ontologique est servi par un flux de conscience d’une densité exceptionnelle, où chaque phrase se tord comme une veine palpitante, alternant fulgurances poétiques et spasmes de terreur métaphysique avec une maîtrise qui frôle le génie. L’absence totale de repères spatiaux et temporels, loin d’être un gadget, devient une arme sensorielle terrifiante qui transforme la page en matrice amniotique cauchemardesque. Quelques redondances délibérées, qui pourraient sembler excessives, finissent par renforcer l’effet de boucle obsessionnelle, comme si le texte lui-même refusait de naître ou de mourir. On sort de cette expérience lessivé, hanté, avec l’impression d’avoir été expulsé d’un ventre cosmique qui n’a jamais voulu ni de nous ni de personne.

  6. Rage par GD Lodace - (03/02/2026)

    D’une puissance tellurique presque suffocante, le texte frappe comme un marteau-pilon de forge incandescente, saturant l’air d’odeurs de rouille, de poudre et de chair brûlée jusqu’à rendre chaque respiration douloureuse. Son langage viscéral, charriant un torrent d’images crues et de métaphores animales, transforme la rage en matière palpable, en sueur acide et en sang qui gicle sur la page. Cette furie poétique, loin de se disperser, se resserre autour d’un seul axe obsessionnel : la liberté comme arrachement sauvage, comme viol plutôt que comme don, et cette idée claque avec la force d’un uppercut répété. Si l’excès de violence verbale et l’accumulation frénétique peuvent parfois frôler la saturation, c’est précisément cette outrance qui fait la signature brute et inoubliable de l’œuvre, une œuvre qui ne cherche pas à plaire mais à lacérer. On en ressort sonné, la gorge râpée par les cendres, avec l’impression d’avoir été témoin d’un incendie qui refuse de s’éteindre.