LA ZONE -

Je suis une imprimante

Le 03/01/2007
par Carc
[illustration] Je suis une imprimante. Remarquez, par rapport à la condition humaine, ça a du bon, on m'allume toute la journée. Et puis, une fois que je suis prête, je reste chaude aussi, on a plus que besoin de m'envoyer des documents, je les traite, je les recrache...
C'est intéressant la vie d'une imprimante, en fait. surtout qu'il existe pleins de différences entre une imprimante et une autre. Moi, j'ai pas eu de chance, j'ai atterri dans un collège, et quand personne me surveille, des petits cons viennent se déshabiller devant moi et scannent leurs appareils génitaux que je suis ensuite obligé d'imprimer. Je hais ce boulot, c'est dégoutant de devoir compter les morpions d'un sixième qui voulait une photo pour faire peur à une fille faisant semblant d’être dégoutée et lorgnant sur le prépuce du petit con avec grand intérêt.

La fille, je m'en fous, car maintenant je suis une pissotière, et ce genre de gens à qui il manque un chromosome Y ne me fréquentent que très rarement, et quand ils me fréquentent, c'est pour faire profiter la cuvette de la cabine à coté de moi d'une scène pornographique. Tous les jours, je vois des XY cherchant à masquer leur sensibilité aux yeux d'autres XY cherchant à faire pareil, essayant de prendre un air dégagé pour ne pas que les autres remarquent leur gêne , tout en cherchant à regarder si la sensibilité de l'individu XY d'à côté ne serait pas un peu plus ou un peu moins longe, histoire de se rassurer ou pas sur sa virilité débordante.

La virilité débordante, je connais, car je viens de me transformer en boite de viagra. Une fois par mois, un XY d'une soixantaine d'années vient me voir , m'ôte mon contenu et ôte trois petites pilules de ce contenu avant de le remettre en moi. Devant moi, en se cachant du regard de la personne XX - différente chaque mois, reniflant la fille de l’est importée par quelque nostalgique du régime communiste et aimant partager ses biens, surtout quand ça paye - qui l'accompagne, il avale les trois fragments de mon contenu, lève une fois les yeux au ciel , fait un signe de croix et murmure "pourvu que ça marche" en commençant à s’avancer vers la jeune fille en relevant sa soutane. Que voulez-vous, la vieillesse peut parfois être horrible.

La vieillesse , je connais aussi, en ma fonction de ver. Des vieux, j'en vois tous les jours, je m'en nourris même. j'ai choisi mon domicile dans une petite tombe familiale à côté du mur, et vu qu'on vient de me livrer le père (56 ans) la mère(53 ans) et les trois filles (21, 19 et 17 ans), tous morts dans un accident de voiture (où rien n'a brûlé, je n'ai donc même pas à me farcir ce goût de porc trop cuit assurément cancérigène) je pense y rester un certain temps. Car autant le père a un subtil arrière goût de mauvais vin, autant croquer dans la poitrine de la cadette est tout à fait exquis. De temps en tems, un homme vient me voir, déterre cette belle famille et repart après quelques heures, me laissant toujours un brin d'assaisonnement crémeux dans l'utérus de la cadette.

Moi, je n'aime pas me faire assaisonner, car je viens de devenir une salade. une batavia pour être exacte. avec des feuilles rongées par les poux, déjà un peu vieille. je suis en train de pourrir tranquillement au fond d'un frigo, et, vraiment, je ne veux rien changer à cela. Ca me plait, même , pour être franc, de pourrir l'odeur des concombres débiles placés juste à côté de moi. Mais ça, ils ne peuvent pas comprendre. tout comme ce putain de saucisson, qui essaye de me convaincre du bien fondé de sa théorie raciste infondée. Ben oui, prétendre que c'st à cause du steak haché placé en haut à gauche que l'on va tous finir par être mangé, je trouve ça un peu plat, comme argumentation. Et puis vu mon état, personne me mangera.

Moi par contre, j'aimerais bien être mangé car je suis un poison, et je préfèrerais finir ma vie dans l'estomac d'un enfant de moins de 4 ans me confondant avec son sirop pour la toux ou dans celui d'une jeune fille en manque d'affection plutôt que dans le caniveau, ce qui arriverait inexorablement, si les parents de la jeune fille en manque d'affection me trouvaient dans cette armoire à pharmacie.
Que l'on est en train d'ouvrir d'ailleurs. Tiens, , on me prend. On m'ouvre. On me boit. on me pose sur une étagère. sur cette étagère, à la lumière pâle d'un néon blafard, tracé dans la poussière, on peut lire le mot "suicide" en penchant légèrement la tête.

Le suicide, c’est pas pour moi, car je suis une imprimante. Une belle, flambant neuve avec des boutons sur les côtés et un tiroir à papier. Je suis stationné dans une chambre, ou une vieille grand-mère en état de putréfaction avancé aggravé par une canicule ayant sévi il y a deux ans attend patiemment que son petit-fils reprenne des nouvelles d’elles. Bon, entre temps mon niveau technique est un peu dépassé, ca fait longtemps quand même. L’odeur est intenable, je pense aller vomir. Mais vu que je ne sens rien, je continue à regarder le spectacle saisissant de cette grosse vache m’ayant confondu avec son téléphone portable plus d’une fois se décomposant. Bientôt on pourra faire pousser des carottes dans ce tas de compost.

= commentaires =

nihil


    le 03/01/2007 à 14:44:47
Dixit l'auteur : "petit texte que je trouve assez pitoyable. je travaille à mieux". Y a intérêt oui.
Abbé Pierre


    le 03/01/2007 à 14:49:10
Ca sert à rien. Je l'ai lu d'une traite, j'ai l'impression d'avoir laissé mes yeux sur le titre. C'est pas mal écrit, c'est joliment fait, comme une bouteille de cognac vide. Mais ça sert à rien. Sauf à se la mettre profond dans le cul.

Juste une phrase pour laquelle mes yeux ont tapé le combo double salto pirouette arrière :

"Moi, je n'aime pas me faire assaisonner, car je viens de devenir une salade. une batavia pour être exacte."

Là, j'ai éclaté mes dents du rire de ma langue frétillante, par contre. Mais j'ai un problème, avec la salade.
Aka


    le 03/01/2007 à 17:24:16
Première impression : j'adore le titre.
Deuxième impression : cette image au réveil (oui oui je me réveille) c'est dur.
Bon maintenant je vais lire.
Bah moi j'ai vachement aimé, on dirait un remix du "Poids du silence" version déjantée. Encore.

Commentaire édité par Aka.
Narak


    le 03/01/2007 à 21:53:37
Mon impression sur ce texte est à jets d'encre.








Je suis blagueman.
23h27
    le 03/01/2007 à 23:27:28
On s'en fout un peu que ce texte soit absurde. On se fait pas chier, c'est drôle.

Ce texte est très bien.
Aka


    le 03/01/2007 à 23:29:16
Et ça c'est bien dit bordel de merde.
Carc


    le 04/01/2007 à 23:37:33
Wow, aurais-je des fans? Bon, d'accord, je la ferme. Le résume m'a bien fait rire ^^

en fait, le but est justement que ça ne veuille rien dire, et que ça soit le plus confus possible. Bon, là c'est pas encore le summum à ce niveau là. Et j'emmerde les salades.

Par contre, Aka, le poids du silence, c'est quoi ?
nihil


    le 05/01/2007 à 00:09:45
C'est ça : http://zone.apinc.org/article.php?id=539

Et c'est vrai que la construction est un peu identique. Vu sous cet angle, ton texte pourrait presque en être une parodie. En tous cas y aurait un mix rigolo à faire.
Winteria


    le 08/01/2007 à 18:10:09
Voilà, c'est ça, on se fait pas chier : c'est drôle.
Glaüx-le-Chouette


    le 08/01/2007 à 18:26:10
Ouais. Mais je veux, au choix, soit plus de gore, soit plus de débilitage Gotlibéen. Et savoir si Carc suce et, le cas échéant, avale.
Winteria


    le 08/01/2007 à 21:12:26
Eh ouais, Carc, Glaüx aime bien quand un nouveau suce et avale, et encore plus avec un style Gotlibéen. C'est vrai qu'une petite coccinelle en lieu et place de glotte pour te chatoui...

Mais je m'emporte.
Glaüx-le-Chouette


    le 08/01/2007 à 21:17:14
Le pseudo joue aussi beaucoup. Par exemple, Ophélie Winter, elle m'excite. Un carcinome, ça m'excite aussi. Un carcan, pareil. Une carcasse, pareil. Un carcajou, ça me procure direct une éjaculation.
Winteria


    le 08/01/2007 à 21:57:04
Me faire chercher des mots dans le dictionnaire, ça fait aussi partie de tes jeux sexuels bizarres ?

Sinon, Carc, évite de poster trop de textes, s'il-te-plaît : ce serait dommage de perdre un auteur qui se découpe la peau des couilles à cause d'un pauvre asséchement testiculaire.
Invisible


    le 10/01/2007 à 02:17:34
"Par exemple, Ophélie Winter, elle m'excite."

Ca devient vraiment malsain ici.
Glaüx-le-Chouette


    le 10/01/2007 à 02:28:44
L'Homme Invisible aussi, quand il enlève ses bandelettes et qu'il a pas de tête dessous, ça me donne immédiatement envie de mettre des tas de trucs sales, dont ma bite, dans le trou de son cou.
nihil


    le 10/01/2007 à 06:34:44
Ah bon, la zoophilie c'est malsain maintenant ?
Carc


    le 10/01/2007 à 09:18:34
Glaux, je suce et j'avale, mais seulement si t'es un gentil skinhead homosexuel qui me chatouille timidement le cou avec un couteau de chasse. dans d'autres cas, je me fais payer à boire et je me casse. Et puis la zoophilie, je trouve ca malsain, si c'est des troubadours.

ah, et pour le trop de textes... ca risque pas, je me couche avant minuit en ce moment ^^
Astarté


    le 10/01/2007 à 17:16:35
Moi j'ai voulu arrêter au premier XY, j'ai contiué ...et poubelle me suis emmerdée...
Saoc


    le 08/03/2007 à 02:46:13
hey carc sal con depuis quand j'ai besoin d'etre un skinned. J'aime bien ton premier texte, t'aurais put me le linker. Je pense pas que le mien soit aussi bon.
Kolokoltchiki


site blog fb
    le 04/11/2011 à 18:46:51
J'avais jamais lu, c'est bien, ça mériterait d'être un peu plus étoffé, mais j'aime les objets et ce texte m'en présente un formidable panel. Moi aussi j'aimerai bien être un ver de temps en temps.

= ajouter un commentaire =