LA ZONE -
Résumé : Bon alors, les démons avec des grandes bites qui hantent le début de cet épisode, on s'en passerait. Très kitsch. La narration au passé aussi, commence à être pesante. L'impression d'être toujours dans une introduction. Et on perd de plus en plus l'aspect psychologique au profit de scènes putrides récitées de manière laconique. Bref, c'est comme un creux dans la rubrique.

La nuit noire (6)

Le 16/08/2008
par Konsstrukt
[illustration] 25 : 09

La nuit, les démons allaient empoisonner tous les fils de pute de ma classe, élèves, professeurs, tous sans distinction. Des démons femelles allaient les baiser toute la nuit et les vampiriser, et leurs bouches à tous portaient la puanteur des chattes malsaines. Des démons males allaient les sodomiser, et d’autres démons allaient leur montrer leur mort afin de briser leur sommeil et de détruire leur paix.
Toutes les nuits, je fantasmais là-dessus. J’avais énormément d’énergie à l’époque, énormément de haine. Peut-être qu’elle se manifestait sous une forme magique. J’avais peut-être des pouvoirs, peut-être que ma haine parvenait à atteindre tous ces enculés. J’avais déjà des rituels, même s’ils étaient rudimentaires. Je me masturbais chaque soir, pour invoquer les démons. Je conservais mon sperme dans un mouchoir, nuit après nuit. J’avais des phrases. Par mon sperme pourri, par mon sperme séché. Je disais ça. Que les démons les sodomisent. Qu’ils crèvent tous, tous, dans la souffrance et dans la peur. Que des serpents pénètrent dans leurs anus et leurs chattes. Je jouissais, nuit après nuit, dans le même mouchoir, qui prenait une odeur de sperme rance, de sueur et de moisir. Il était moite et poisseux. Je voulais qu’ils souffrent, et je voulais qu’ils meurent.
Je m’endormais souvent avec le mouchoir gluant de sperme pressé contre mon bas-ventre, et je rêvais. Mes rêves étaient morbides et désordonnés, remplis de violence. Le matin, je n’étais pas vraiment reposé. Dès le réveil, j’étais anxieux. J’avais des pensées dépressives, et envie de me branler tout le temps. J’observais les autres attentivement. Ma magie n’avait aucun effet visible. Peut-être qu’ils se sentaient plus mal, à cause de moi. Je l’espérais de tout mon cœur.
Nuit après nuit, je recommençais. J’avais l’impression de détruire le monde, une cellule après l’autre. J’étais naïf. Je fantasmais sur des filles. Anteros baisait ces filles, et moi aussi. Toutes ces pétasses de merde qui ne me lançaient même pas un regard durant la journée. La nuit, elles étaient à moi. Toutes les nuits.

26 : 08

Dans mon sanctuaire, quelquefois, je me suicidais aussi. Ou alors je me sacrifiais. C’était peu avant quatorze ans, peu avant la fin. Il m’arrivait de boire mon sang. Je priais les démons. C’était l’été. Il faisait une chaleur à crever, là-dedans. Les odeurs, décuplées, prenaient à la gorge et au front. Il me suffisait de respirer l’air chargé de merde et de pourriture, pour être saisi de nausées et de visions. Je vomissais et mes relents, qui se mêlaient à tout le reste, augmentaient l’intensité de mes nausées, en une spirale qui me coupait le souffle et me forçait à avaler encore plus de cet air empoisonné. La chaleur humide du sanctuaire plâtrait ma bouche, me collait à la peau, me bouchait chaque pore. Mon cœur ralentissait. J’avais l’impression de crever, et j’utilisais ce qui me restait de volonté pour ralentir encore mon rythme cardiaque. Je respirais de plus en plus lentement. Des nuages noirs éclataient sans bruit devant mes yeux. Les démons approchaient. J’entrais en transes. Les visions affluaient. Là, je me coupais. Je m’ouvrais le ventre, ou je me tranchais les veines. Avec la chaleur et toutes les bactéries, j’aurais pu mourir. Pour de vrai, pas comme ma mère. Les démons m’entouraient, me murmuraient des choses de leur voix empoisonnées. Anteros lubrifiait son sexe à l’aide de mon sang, et ensuite il me sodomisait. Ses éjaculations étaient de feu. Il me révélait l’avenir. Il me disait comment j’allais tous les tuer, et mourir, et finir en enfer, avec eux. Je l’écoutais. Il me déchirait. Il me rendait fou de plaisir. Il me baisait à fond. Il me parlait. Il me disait que si je faisais les choses comme il fallait, il serait avec moi tout le temps. Il me rendrait immortel, et je deviendrais sa chose. Quelquefois, il me baisait par la bouche, et sa bite de feu déversait des lames de rasoir dans ma gorge. Ses phrases entraient directement dans mon ventre. Ils me faisaient jouir, chacun leur tour. Anteros.

27 : 07

J’ai sacrifié les animaux seulement au cours de la dernière année. Avant ça, je les tuais simplement, comme ça venait, le plus souvent lorsqu’ils étaient pris au piège, en leur cassant le crâne avec une pierre, ou en leur ouvrant la gorge avec mon couteau. C’était un geste pragmatique, sans rien de planifié. Les sacrifices d’animaux ont découlé de l’automutilation. Je me découpais, j’écrivais sur mon corps avec le couteau, je buvais mon sang. Il était alors naturel que j’en fasse autant avec les proies. C’était un processus normal, un progrès. Mon premier animal sacrifié a été un chien que j’ai capturé vivant dans un jardin, et étranglé à l’aide d’un lasso jusqu’à ce qu’il perde conscience. Il a beaucoup aboyé, mais personne n’est venu voir. C’était en pleine nuit. Le risque était grand, et ce risque ajoutait à l’excitation. Je lui ai donné un somnifère. Je l’ai dilué dans de l’eau, et injecté au fond de sa gorge au moyen d’une seringue pour animaux. J’ai fourré le chien dans un sac et je l’ai emporté au sanctuaire. C’était le premier être vivant à y pénétrer, à part moi. Les insectes ne comptaient pas.
Je l’ai attaché à un pied de parasol. Il avait une posture ridicule. Les liens le retenaient par le cou, le poitrail et le bassin. Ses pattes étaient libres mais il ne pouvait pas faire grand-chose. Le mat était planté dans la fosse, au milieu de la viande pourrie. Je l’ai planté suffisamment profond pour qu’il ne se déracine pas. Le chien était dans un drôle d’état, à cause des sédatifs et de la strangulation. Il remuait lentement la tête dans tous les sens. Il emettait de façon sporadique un son grave et irrégulier, comme s’il gémissait au ralenti. Une bave mousseuse s’écoulait de sa gueule. Je suppose que l’odeur le stressait beaucoup.
Moi, j’étais nu. J’avais couvert ma peau d’une couche de viande pourrie presque liquide. J’avais vomi trois fois durant l’opération. Le sacrifice proprement dit pouvait commencer.

28 : 06

J’ai plongé mes mains dans la fosse, et je m’en suis mis aussi sur le visage. Les sons du chien se mélangeaient aux hallucinations sonores que produisaient les médicaments, et les odeurs se mélangeaient à tout. Anteros n’allaient pas tarder à arriver. J’ai sorti le couteau, et je me suis ouvert le bras, depuis la saignée du coude jusqu’au poignet. Ensuite, j’ai changé de main et j’ai ouvert l’autre bras, de la même manière. Le sang coulait faiblement. J’avais à la fois trop chaud et trop froid. J’ai tranché la gorge du chien. J’étais trop défoncé, et, j’ai du m’y reprendre à cinq fois. Le sang m’a éclaboussé, puis a coulé régulièrement. Contre ma peau, c’était chaud et lourd, comme de l’huile. Il y avait moins de sang que je ne l’aurais imaginé. Je me suis mis sous la blessure et j’ai bu. Mon estomac s’est tordu. J’ai vomi. J’ai recommencé à boire. Cette fois mon estomac a mieux toléré le sang. J’avais des spasmes et des nausées mais je n’ai pas vomi.
Le chien était mort. La plus grande partie de son sang avait coulé sur le sol couvert de viande pourrie et de merde. L’ensemble formait un tapis mou, spongieux et à la puanteur extrêmement forte. Comme si le sang tiède avait ravivé les anciennes odeurs. J’ai dit des phrases, mais je ne me souviens plus quoi. J’ai perdu conscience. A mon réveil j’étais très faible. J’ai détaché le chien. J’ai découpé sa tête. J’ai brûlé le reste de son corps, en inhalant la fumée. J’ai eu une transe, les démons sont venus. Anteros. J’ai subi une deuxième perte de conscience. A mon réveil, il faisait nuit. Je savais que ma mère ne s’inquièterait pas, si je dormais ici, c’était la dernière année, j’avais quatorze ans et elle avait peur de moi. Elle éprouvait un mélange d’attirance et de terreur qui la rendait vulnérable. J’ai mangé les restes carbonisés du chien. J’ai vomi, encore, et je me suis à nouveau évanoui.

29 : 05

J’ai sacrifié une dizaine d’animaux dans le sanctuaire, tous en suivant la même cérémonie. A la fin, je parvenais à retenir la viande dans mon estomac. Les évanouissements se transformaient en transes ou en possessions. J’avais des visions incroyables. Les démons me faisaient visiter des lieux de plaisir et des lieux de souffrance, et tout se confondait.
Au cours des trois derniers mois, j’ai beaucoup réfléchi à la manière de sacrifier ma mère. J’en ai rêvé. Je l’ai vu. Des centaines de fois. Les phrases que j’allais lui dire. Ce que j’allais lui faire. Sa tête irait rejoindre celles des autres animaux. Je brûlerai son corps, et puis je le mangerai. Le cœur d’abord, peut-être. Je boirais son sang. Baiser avec elle avant tout ça, une dernière fois. Ejaculer dans tous ses orifices. La faire jouir. La faire jouir comme une dingue, qu’elle n’en puisse plus de jouir. Comme les démons me font jouir, moi. Et puis l’amener ici, et m’occuper d’elle. A chaque sacrifice, à chaque rituel, j’avais des visions de ça, qui hantait, comme l’acte le plus important de ma vie. Mon rejet du monde, le moment où je le dévorais. Où je m’en aliénais à tout jamais. Le moment où le monde entrait dans ma tête et devenait ma proie, le moment où j’entrais dans ma tête pour ne plus jamais en sortir. Moi, les démons, mes proies.
Je me masturbais en imaginant la mort de ma mère. Je mangeais un emplâtre constitué d’un mélange fait de mon sperme, de sang, et boue prélevée sur le sol, qui se composait de pourriture, de merde, et de tous les déchets liquéfiés sous l’action de la chaleur et des insectes. J’en formais une boule que je pressais, afin d’extraire le jus et de m’en tartiner les parties génitales. Je pénétrais cette boule avec mon sexe et je jouissais à l’intérieur. J’y ajoutai mon sang. Je mangeais ça en me concentrant sur ma mère, sur sa mort, sur le sacrifice. J’imaginais le futur.

30 : 04

Ca c’est passé le trois mars. C’était ainsi que je l’avais voulu. Mon anniversaire. Pas le vrai, non, mais celui que je m’étais choisi. Le trois mars. Et je la tuerai à trois heures du matin. Le trois, c’est le chiffre de mon démon. D’Anteros. C’est le chiffre magique, qui gouverne ma vie toute entière.
Pour la première fois, c’est moi qui dominait. Je suis entré dans la chambre de ma mère. Elle dormait. Il n’était pas encore l’heure. Je me suis laissé du temps, pour la baiser. Elle dormait. Je suis entré dans le lit, j’étais nu, ensanglanté, j’avais marqué des choses sur ma peau, des choses que je n’ai pas le droit de répéter, enseignées par les démons et inscrites avec mon couteau. Je lui ai léché la chatte. J’éprouvais un parfait équilibre entre tout : amour, haine, répugnance, attirance, peur, courage. J’étais au centre, j’étais à égale distance de toute chose, dans l’œil du cyclone. J’avais trouvé ma stabilité. Mes attouchements l’ont réveillée. Elle a marmonné quelque chose. J’ai enduit ma bite avec mon sang, et je l’ai prise. J’étais allongé sur elle. Elle a joui, elle a crié qu’elle m’aimait. Elle me confondait avec mon père, je crois, elle a dit qu’elle regrettait que je sois mort. Ou alors elle ne confondait pas, je ne sais pas. Je l’ai mise en levrette, elle s’est laissée faire, je l’ai possédée une deuxième fois par la chatte, et ensuite par le cul. Elle a joui, encore, et moi je ne jouissais pas. Je lui ai saisi les cheveux au moment de l’orgasme, je lui ai saisi le cou de l’autre main, j’ai serré, je lui ai ordonné de me sucer. Elle a avalé ma bite enduite de mon sang, de sa merde et de sa mouille. Je lui ai maintenu la tête, j’ai violé sa bouche. J’ai joui en l’étranglant plus fort. Elle ne s’est pas défendue ni débattue. Elle était dans les vapes à cause des médicaments et du shit.

= commentaires =

Dourak Smerdiakov


lien fb tw
    le 16/08/2008 à 21:22:05
C'est fort divertissant, et au moment où je me suis demandé : bon, il va la baiser, sa mère ? et bien, euh, il l'a baisée, sa mère. Voilà qui me rassure quant à ma digestion.
octoblah §§§§§§§§§§§§§§$§§§§§§    le 17/08/2008 à 01:22:54
C'est quoi c"'te obsession "around the fion"?
...et oui, l'emploi du passé donne à ce texte une consistance de pudding sauf peut-etre les parties gores torturées des 4ème et 5ème paragraphes qui transpiraient bien la rage...
(une journée peu ensoleillée_peut etre)
Konsstrukt


    le 18/08/2008 à 14:17:31
ça c'est dommage, parce que les démons à grosses bites et les envolées ineptes, c'est un thème important de ce livre ; sinon, la narration au passé, bin elle va pas changer de sitôt non plus. je rappelle quand même que le type raconte sa vie.
Aesahaettr


    le 18/08/2008 à 18:11:14
Ha ha ! "Livre", ça veut dire qu'on va encore en avoir pas mal, des comme ça.
C'est bien, fils, c'est bien. Continue dans cette voie, c'est toujours aussi bon.
dwarf     le 18/08/2008 à 19:06:44
Comme Asa, je trouve ça toujours bien.

Par contre si j'ai bien compris le principe, le prochain épisode est le dernier.
Konsstrukt


    le 18/08/2008 à 20:26:30
euh, c'est quoi le principe que tu as compris ?
(bin, oui, y'en a encore une bonne tartinasse)
dwarf     le 19/08/2008 à 02:04:28
Titre du chapitre = [numéro de chapitre] : [34 - numéro de chapitre]
Ha bon c'est pas ça?
Merde.
Konsstrukt


    le 19/08/2008 à 09:57:42
ah bin ouais t'as compris le principe, mais, par contre, non, le 33:01 n'est pas le dernier.
Glop-glop


    le 19/08/2008 à 20:15:47
Les aventures de Buffy à Outreau continuent !
Bon, ce qui fait vraiment peur c'est qu'il ne s'agit que d'une simple introduction, on redoute le corps du récit ...
Konsstrukt


    le 20/08/2008 à 09:46:05
haha, les aventures de buffy à outreau, excellent ! faudra que tu refiles le titre au nouvel obs, quand ils diront du mal de mon bouquin !
Glop-glop


    le 20/08/2008 à 20:07:21
Ils n'en diront rien, mon pauvre ami ...
Il n'y a qu'une bonne âme comme moi pour consentir à te tanner.
Glaüx-le-Chouette


    le 20/08/2008 à 20:31:13
Ta gueule, glop glop, tu fais pitié.
Glop-glop


    le 20/08/2008 à 21:15:09
Dégonflé.
Aesahaettr


    le 20/08/2008 à 21:20:18
C'est pas pour te décevoir, glopglop, mais je ne pense pas qu'il y ait un poste de paladin à pourvoir en ce moment.
Hag


    le 22/08/2008 à 00:48:55
Pas le mieux, puisqu'une bonne partie de la force de la série viens de la confrontation psycho/violence.
Avec un seul des éléments, ça a beau être impeccable dans le genre, ça fait bancal.

Un peu comme une table basse avec un pied en moins.
Flemme de me logger     le 02/09/2008 à 00:27:07
Je me demande subitement si nous ne sommes pas à l'aube d'un texte aussi inattendu que merveilleux... Potentiellement, il pourrait s'agir d'un texte de légende. J'attends la suite avec impatience. Je pense que tout dépendra de ce que va venir. Quoiqu'il en soit, si tu es en train d'écrire sans idée, cesses. Sinon...
Koax-Koax


    le 20/08/2009 à 19:14:54
"le sol couvert de viande pourrie et de merde", répété, trop à mon goût. les deux premiers paragraphes ne m'ont fait aucune impression, si ce n'est du déjà vu. Le reste est, comme depuis le début, impeccablement bien tourné.
La scène de baise est géniale.

= ajouter un commentaire =