LA ZONE -
Résumé : Ca fait du bien, un peu de déjante décomplexée de temps en temps. Un mec atteint d'une espèce de gangrène extra-terrestre qui pète un peu les boulons et tente de se guérir à coups de hachoir. Basique et efficace. Là on touche au surréalisme, dans le genre. Le texte souffre pas mal de sa forme, c'est mal écrit et mal gaulé, encore qu'il y a une certaine puissance d'évocation dans le registre de la charpie. Rafraichissant.

Bras mou

Le 29/10/2009
par Yogg
[illustration] Mon bras se ramollit. Je le sais bien tiens. Antoine ne veut pas me croire
« -Je te dis qu’il se ramollit
-Pourquoi ton putain de bras se ramollirait bordel ?
-Je le sais. Ca se sent, ça se voit, il se ramollit.
-Il est impossible que ton bras ramollisse
-Je t’emmerde, il se ramollit, je le sens, comme si je n’avais plus d’os dedans, comme dans ce bouquin où un personnage éjacule tous ses os.
-C’est impossible que tu aies éjaculé les os de ton bras voyons.
-Je ne te dit pas que c’est possible, je t’ai dit que c’est advenu. Je le sens, là, mort, flasque, spongieux, un membre étranger. Ca n’est pas mais pas du tout comme quand je croyais qu’il se ramollissait alors que j’avais juste mal réglé ma souris. Je sens mes os fondre. Il va devenir mou, mou, mou. Devenir mou et pendre. Etre flasque, informe inutile.
-Je te rassure : c’est impossible, c’est une impression.
-Tu racontes des conneries, tu ne sais pas, tu es tranquille avec ta petite femme, tes deux charmants petits enfants, ta petite maison, ton petit chien avec la petite gamelle au nom du chien, je parie même que tes enfants tu en as 2,1, que tu égalises ta petite pelouse au ciseau à ongle, j’emmerde ta petite vie, j’emmerde ta petite banque qui te donne ton parfait petit emploi, j’emmerde ton petit cerveau qui ne comprends pas une evidence, touche mon bras : il est mou, il se liquéfie, je perds mes os par là dedans. »

Antoine tâte
« -Ton bras gauche est très bien, Fab, il est très bien, tu te fais des idées, tu es peut être perturbé ces temps car…
-Je t’emmerde, tu es un connard, et si t’étais pas un connard je passerais pas du temps à parler avec toi. Je t’énonce un fait, un fait réel, vérifiable et tout ce que tu me réponds c’est que c’est impossible donc que ça n’est pas, à croire que tu as de la merde dans les yeux, dans la tronche et dans ta main qui tâte mon putain de bras qui ramollit ! Ca a commencé par la main, et c’est ta femme qui m’a filé ça, une sorcière peut etre, une salope surement.
-Mais pourquoi tu me parles de Nathalie, écoute, tu n’as pas l’air bien, tu deviens désagréable…
-Je te parle de Nathalie la petite pute parce que je la baise, quand tu es au squash avec tes bras parfaits et vertébrés, qu’elle adore que je l’encule, que c’est une chienne et que c’est sans doute elle qui m’a refilé ce truc de bras qui ramollit. A part ses nichons elle n’a rien qui ramollit ? Fais gaffe connard, fais gaffe à tout ça, ou tu te retrouveras avec le zgeg noir et pendouillant, ou pire : ton bras droit dévertébré par cette pute salope.
-Tu deviens vraiment, vraiment désagréable Fab, avec ça, tes insinuations, parce que Nathalie je la connais mieux que toi, mieux que tu ne la connais, elle ne mérite pas tes éructations d’enculé défoncé à je ne sais quoi, tu devrais voir un psy, Fab, tu devrais voir un psy avant de finir en taule ou absolument tout seul, je passe, là, je passe cette fois car sûrement t’as encore gobé je ne sais quoi - et je ne veux pas le savoir je m’en fous totalement, je te laisse à ta vie de merde, rien de petit, que du grand, grande connerie, grande folie, grand chômage, grande perversité, pour cela que tu es mon ami aussi mais là c’est trop, je te laisse avec ton foutu bras qui ne ramollit même pas, comme ta connerie, si tu reviens parmi nous je reboirai un jaune avec toi, sinon va te faire foutre, et bien profond encore »

Putain quel enculé il part, comme ça, alors que je suis obligé de me servir avec la main droite qui N’EST PAS ma main dominante.

Je regarde mon fucking bras : mou. Je ne vois plus les muscles qui le dessinaient si joliment, je ne vois plus la carnation caramel, ni même mes poils bruns, je ne lui vois plus de tonicité, je ne vois plus les os des mains ni du poignet, je ne le sens plus, pire que de m’inquiéter ça me fout dans une colère terrible, putain, bordel, con chier merde chatte et poil !

Un bras mou ! Qu’aurait fait Clark Kent avec un bras mou ? De la merde, il n’aurait même pas été pigiste. Qu’aurait fait Batman ? De la merde aussi. Qu’aurais fait Patrick Bateman ? Pas grand-chose, il aurait été un loser.


Gros ankulaï d’Antoine, je n’ai même rien pris d’illicite aujourd’hui. Justement et peut être si je puis me permettre.

Je mate le bras : flasque, blanc, imberbe, mou. Mou ! Mou ! MOU ! Insupportablement mou ! Je le lance plusieurs fois contre la table de jardin en bois (42€27 chez Ikea) Il rebondit comme les vers en jelly, je ne ressens rien, ce n’est plus mon bras.

A peine se pare t il de nuances bleuâtres et verdâtres, encore plus un bras de putain d’alien décédé. Roswell c’est moi, mais que du bras. Putain de bras, putain d’hôte étranger.

Je bois du jaune encore pour me calmer. Je ne veux rien prendre d’autre, je flipperais trop. Ma main ressemble à un sac sans consistance. Ah


Tiens.


Idée.

Je tiens le bout de mon bras spongieux pour me rendre à la cuisine. Je grince des dents fort, je vais encore m’en péter une, ma foi ce n’est pas grave je pourrai toujours die que j’ai le scorbut, ça fait classe.

Mon idée est là. Qu’a mon bras mou dans le ventre ?

Je sors le hachoir à viande
Un joli truc en fonte. Un apport d’Isabelle pour faire des steak hâchés maison élevés en plein air au grain.
On va voir ce que cette salope de main a dans le ventre, ce putain de corps étranger et dérangeant.
Je laisse couler les doigts dans le hâchoir. Steak de main molle. Vision amorphe d’Another Brick In The Wall.

Allez camarades, allez boys, ce soir on hâche la main !

Mes doigts reposent, mous, au fond du recipient. Dévertébré. Je réfléchis brievement à la dernière fois que je me suis branlé, sans faire de rapport quelconque avec de l’os. Du sperme, voilà tout.

Je mets la machine en route.

Révélation.

C’est bien ce que je pensais.

Pas de sang, ma main hachée, sans douleur et sans mal, ressort en vermicelles épaisses, blanche avec du gris gélatineux.

Saloperie.

[suis-je dans l’interzone ?]

On croirait des lombrics avant la lampe à UV. Je ressens le dégoût mêlé de jubilation du mec qui s’extrait des furoncles sur le pif. Cette merde sort de moi.
Arrivé à mi avant bras je m’arrête. Surtout parce que le hachoir couine et ne veut plus.

Je regarde les vermicelles de gélatine blanche et gris translucide de bras. Je regarde mon avant bras, avec des fœtus de lombric qui en dépassent. Je les coupe aux gros ciseaux de cuisine. Je tâte mon bras. Je n’ai d’os qu’à l’épaule.

Je coupe j’égalise [et bien dégagé derrière l’apophyse s’il vous plait]

Il semblerait que je n’ai plus qu’un bras. Le problème est mon pied gauche qui est atteint. Grosse pute de Nathalie. Est-ce que dans sa matrice elle a mes os ? Est-ce que je l’ai vraiment baisée, je ne suis plus sûr, c’était peut une autre salope en tenue de tennis avec une queue de cheval blonde. Je mate mon chibre, au moins lui n’a jamais eu d’os.

Pourtant on dirait, vu comme j’arque. [comme j’arque dans l’interzone]


Des moucherons se collent au hâchis de main. Viande pourtant trop morte, incomestible même pour nos petits amis nécrophages. Je bouffe un moucheron.

Nathalie, elle avait des cheveux blonds mon guide. Mon putain de guide vers ma dévertébration. Putain de salope.

Oh, vous savez, j’ai des armes. Elle paiera d’une manière ou d’une autre. Bris des os, dévertébration, elle paiera. Ou pas parce que Nathalie ne doit pas venir de [l’interzone]

Ca doit venir de plus haut, de plus loin.

Fini le tennis et la natation pour moi en tout cas. Le hachis de vers ressemble à des choses très anciennes, de mon paléolithique. A des vers dégueulasses. Dégueulasses comme moi. Mouches.

Je la cueillerai à bras raccourci tiens, à bras ouverts aussi.

Mais maintenant, à la réflexion, ou pas, c’est mon pif qui m’inquiète. Il bourgeonne. Antoine est fâché, Nathalie aussi. A qui parler de ces excroissances sur mon tarin ? L’expérience [interzone] du bras m’a donné du courage. Je devrais pouvoir virer ces excroissances au couteau à découper. Mon tarin a des os en plus, du cartilage en plus. Je ressemble à un putain de tableau de Picasso. Mon pied gauche aussi. Dévertébré du talon, avec des orteils en plus. Y’a du boulot. Y’a pas de chirurgiens esthétique dans l’interzone, y’a que moi. Je vais faire du ménage. Je vais m’occuper de moi.


Puis de Nathalie, cette pute. Grosse biatch d’Isabelle. Elle aussi. Antoine avec s’il persiste à ne pas comprendre.

Je me demande si je dois bouffer le haché de doigts. Ca ressemble à des gros spaghettis comme ça.

Dire que je réfléchis serait un bien grand mot. Je ne suis qu’un homme de la lutte armée contre la dévertébration de son corps. Ca s’étend…. En plus mes viscères me semblent collants, gluants et gélatineux. Il va falloir aller voir là dedans, heureusement Isabelle avant de partir m’a laissé un set de couteaux à découper. Je reste flegmatique, je ne fais que prendre soin de moi. Et de mes amis. Une chose m’a semblé curieuse chez Antoine, cette cheville molle. Affûtons affûtons, il me remerciera.

= commentaires =

Hag


    le 29/10/2009 à 23:23:26
C'est fort sympathique, ça manque un peu de conviction et d'un style fort, néanmoins ça passe sans problème, c'est cool, c'est confus juste un peu, ça raconte des conneries bien comme il faut, ça délire exactement comme on veut.

De la déjante classique, et c'est dommage, mais c'est néanmoins bon, je précise juste car qui aime bien châtie bien, donc voila. La suite maintenant, donc.
Yog


    le 30/10/2009 à 06:54:25
Mais ce n'est pas moi qui ai écrit ce texte...
Yog


    le 30/10/2009 à 06:55:02
Ah si, je ne m'en souvenais pas. OH MON DIEU? JE PERDS LA RAISON §§§§§§
Dourak Smerdiakov


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    le 30/10/2009 à 08:47:04
C'est en effet moi qui ai écrit ce texte. Qu'on daigne rectifier et m'extirper de la liste des auteurs inactifs.
nihil


    le 30/10/2009 à 12:04:10
Bon d'accord, c'était un quasi-homonyme, c'est rectifié.
Lapinchien


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    le 31/10/2009 à 11:22:58
on dirait du Raymond Devos sous taz. Enfin par endroits. autour y a beaucoup de confusion mentale. Oui. c'est ça. Du Raymond Devos sous taz qui se ferait sauter la cervelle.
Coprophage


    le 31/10/2009 à 11:30:13
Bah ! Tant que c'est pas la quéquette...
Glaüx-le-Chouette


    le 29/11/2009 à 15:09:58
WAHAHA mais c'est très bon, ça.
Mention spéciale à la première idée originale qu'on ait vue depuis bien longtemps par ici.
Kolokoltchiki


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    le 29/11/2009 à 19:03:26
C'est drôle surtout le dialogue du début, après ça part un peu en walagain comme on dit. Le jeu de mot entre Batman et Batemant mérite un trophée, ou un truc particulier que l'auteur pourrait foutre sur sa cheminée ou DSC.
Glaüx-le-Chouette


    le 29/11/2009 à 19:12:17
"Walagain" ?
"Batemant" ?

T'es ouzbèque ou polonais ?
Kolokoltchiki


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    le 29/11/2009 à 19:30:48
J'ai juste du mal à écrire avec ma bite dans la bouche de ta mère.
Glaüx-le-Chouette


    le 29/11/2009 à 19:36:34
En 1960, t'aurais fait fureur avec une vanne aussi révolutionnaire.
Cafetière.
Kwizera


    le 29/11/2009 à 19:38:28
Parce que tu écris avec ta bite ? Mais tu fais quoi avec tes doigts, gros dégueulasse ?
Kwizera


    le 29/11/2009 à 19:40:45
Ah bin vas-y, coupe-moi la parole, oui.
Kolokoltchiki


site blog fb
    le 29/11/2009 à 19:54:29
Je fais des tacos.
Glaüx-le-Chouette


    le 29/11/2009 à 20:06:07
Je fais des rations.
Je fais des râles.
Je fais des ras tifs.
Je fais des rets.
Je fais des rats-listes.
Je fais des rateurs.
Narak


    le 30/11/2009 à 15:12:19
Fais du riz et ferme ta gueule.
Fais du riz, et ferme. Ta gueule.
Claire     le 02/01/2010 à 22:18:22
J'ai beaucoup aimé, confus par moments c'est vrai, mais bien drôle! Cependant je reste sur ma faim. Alors?
Nana


    le 17/01/2010 à 15:43:21
Trop bon :)
ça m' fait pensé à une chronique du Journal d'un Vieux déguelasse de Bukowski. (quand le mec à des pois sur tout l'corps et qu'il bute des humains)
Chèvre Du Futur     le 24/03/2010 à 13:05:30
T'es bête comme un singe.
Un alcoolique éthéromane pondrait mieux que ce débris de diarrhée puer. Je te viole, et je me viole.


See you.
Lunatik-


    le 14/05/2011 à 14:50:50
Excellent.
C'est pour ce genre de textes que j'aime bien zoner par ici.

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