LA ZONE -

Visite à l'hôpital

Le 02/02/2010
par Coprophage
[illustration] Règlement de comptes.

Je viens te regarder calancher dans ton lit d’hôpital. Ta chambre sent la pisse, la merde.
Ton froc est souillé, vieux débris dégueulasse. Tu t’es chié dessus comme un gamin.
- « Quand arrivera-t-il à contrôler ses sphincters, ce sale gosse » ?
Je te dégoûtais, tu te souviens pas ? Et des giroflées à cinq feuilles que tu me distribuais libéralement ?
Pour un oui ou pour un non.
Tu vois, les taloches ça allait encore. Mais les plaques chauffantes c’est pour toute la vie qu’elles sont marquées sur ma gueule. Pour un malheureux talbin subtilisé dans ton larfeuille.
Avec tout ton artiche, tu mettais le pied sur une pièce de dix centimes dans la strasse.
Ça me débectait.

Ta respiration de pneu qui crève est une joie pour mes esgourdes.
J’ai pas les mains vides. Regarde ce que je t’amène : un bouquet que tu sentiras pas longtemps et des chocolats sur lesquels t’auras pas la force de te casser tes dernières ratiches.
Pour la forme. J’aime faire les choses comme il faut.
C’est pas une bastos qui aura eu ta peau. Le crabe : avoue que c’est drôle. Tu te foutais pas mal de ses pinces quand tu tirais sur tes cibiches. Et que je m’en rallume une avec celle que je viens de griller. Vrai, j’aimerais pas échanger tes éponges contre les miennes.
Tu te croyais immortel ? Pauvre con. Maintenant faut payer ! Cash !
Quel plaisir de voir, dans tes châsses, cette imploration de macchab en puissance ! Et ta haine décuplée!
De te sentir t’agiter comme une mouche qu’on tient au creux de la pogne ! Mais y’a plus d’issue, pauvre truffe. Tu peux plier ton pébroc, tu te baguenauderas plus sous la vase !

Je m’assois sur la chaise, déplie les jambes, croise les mains sur le ventre. Je te frime et c’est jouissif, crois-moi.
La pique-fesses passera tout à l’heure sous les lianes des compte-gouttes.
Elles te faisaient triquer, les infirmières, hein p’tit père ?
Les pulpeuses. Au décolleté généreux. Pervers, va !
Celle-là, polope! Tu te la colleras pas sur le pinceau !
Ça fait longtemps que Popaul est objecteur de conscience de toute façon. Le garde-à-vous c’est plus qu’un vague souvenir.
Quand je pense à toutes les gisquettes qui te tournaient autour comme des guêpes attirées par un morceau de barbaque.
L’oseille, c’est le nerf de la guerre. Et t’étais plein aux as. Mais toutes celles que t’as baisées, t’as jamais réussi à t’en faire aimer. Pas une seule.
Moi j’ai pas pu changer de tronche. Avec les gonzesses c’est compliqué.
Toi t’auras eu ta cour et ton harem, ton pèze et tes canassons. Mais les amis, les vrais, t’en as jamais eu.
Je vais décrocher mon diplôme de bavard. Les parrains comme toi je les foutrai en taule.
Malgré leurs protections. Ce sera ma revanche.
T’auras bientôt ta cafetière en première page de tous les torche-culs.
Qui te regrettera ? Tes banquiers.


Je crois ni à Dieu ni à Diable mais si vraiment l’enfer existe, tu peux être sûr que t’as une belle chaudière qui t’attend.

On pousse la porte de la chambre. L’infirmière. C’est pas une brune piquante mais un petit pot à tabac à la chevelure clairsemée, arborant la mine sévère de l’éternelle vieille fille.

- « Vous êtes de la famille, monsieur » ?

- « Je suis son fils, il en a pour longtemps » ?

- « Quelques jours, tout au plus. Ne le fatiguez pas trop. Un quart d’heure, d’accord ?

Tu me fais signe d’un imperceptible mouvement de caboche.
Ta voix est si faible que j’approche l’oreille de ta bouche. Ton haleine est fétide.
- « Tu sais gamin, ta mère, c’est la seule poule que j’ai jamais aimée. C’était à sens unique. Quand j’ai découvert que j’étais cornard, je lui ai fait boire le bouillon d’onze heures.
J’ai bien goupillé mon affaire. Les perdreaux n’ont jamais rien pu prouver.
Je voulais te dire ça avant de retrouver saint Pierre ».
Tu m’avoues ton crime avec ton sourire que je connais si bien…C’est comme si tu me décochais un crochet au foie, vieille carne.
- « Ta mère est morte d’une crise cardiaque » que tu m’as seriné pendant toute mon enfance.

Alors, je prends un oreiller. Tu te débats. T’es plus qu’une fourmi qui fuit la menace de ma grolle.
Et je réalise. Je vais pas foutre en l’air mon avenir.
C’est ce que tu voulais, non ? Une dernière manœuvre bien cradingue. Je te laisse à tes dernières heures de souffrance, profites-en bien.

Je sors de la chambre. De l’hosto. Je marche dans la rue sous une petite pluie fine et je me dis :
- « Avare de sa chair comme de son pognon, les asticots vont pas gueuletonner ».

= commentaires =

Kolokoltchiki


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    le 03/02/2010 à 01:57:08
J'ai du mal à interpréter le "Bon" à la fin du résumé. Je vais le prendre comme un qualificatif, et l'utiliser à mon tour, pour faire court. Bon.
Kwizera


    le 03/02/2010 à 08:18:03
C'est le "bon" de François Morel.
Kolokoltchiki


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    le 03/02/2010 à 12:09:44
Ah okay, je pensais plus à Richard Kedermann.
Hag


    le 03/02/2010 à 21:26:06
Ca ne manque pas d'argot à la con.
Coprophage


    le 05/02/2010 à 16:40:52
Pourquoi à la con ? t'aimes pas l'argot, Hag ?

Le "bon" c'est que mon texticule est génial, bande de décérébrés. D'ailleurs la preuve : j'ai mis au moins une demi-heure à le pondre. C'est mon plus bel effort à ce jour.

Bernard Blier (revenu des morts)
Aesahaettr


    le 07/02/2010 à 09:00:35
Beaucoup trop d'argot, putain, on se croirait dans une bédé de Tardi exposant mille. Ça en devient redondant, surtout que c'est de l'argot plus ou moins littéraire et franchement éculé, on y croit pas une seconde ; enchainer "cornard" avec "bouillon de onze heures" ou dire "retrouver St Pierre" pour crever surtout dans la bouche d'un présupposé connard impie c'est too much. Et dans la première partie ça rend juste la lecture insupportable.
Coprophage


    le 07/02/2010 à 11:51:31
J'ai eu mon quart d'heure copro se prend pour Audiard.
Rien de grave, les amis.
ça m'a diverti quand même, c'est bien l'essentiel.
D'accord mais après
    le 10/02/2010 à 15:14:28
Une cafetière.

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