LA ZONE -
Résumé : Moi, les gens qui veulent me raconter leur enfance d'entrée de jeu, je m'en méfie. Bon, à la rigueur, si ça tourne à l'improviste au fukking murder karnaval, pourquoi pas. En version total premier degré, ça glisse moyen quand même. Comme si un texte de serial massacre pouvait être sérieux. Sans parler du style, qui zone entre le fade et le pénible, et une fin torchée à la pelle à tarte. Ca laisse l'impression d'un texte débile qui s'assume pas. Mongolian Pride, mon frère.

Copainsdavant.com

Le 18/02/2010
par Dégueulis
[illustration] Copainsdavant.com. Ce nom de site m'avait paru saugrenu de prime abord, avais-je eu ne serait-ce qu'un ami durant toute ma scolarité ? Des copains, oui, et encore, à partir du lycée seulement où il faut bien se saouler avec quelqu'un.
Par curiosité, pour tuer le temps pendant que la nation courageuse payait mon chômage, je fis une recherche rapide sur les établissements que j'avais fréquentés. Vous pouvez me siffler et me huer, je sais que vous l'avez déjà fait. Je retrouvais bientôt plusieurs de mes camarades de classe, du primaire au lycée. Ces idiots avaient poussé jusqu'à mettre la photo ordinaire les présentant avec femme/mari et enfants devant une maison bien proprette ou pendant leurs dernières vacances à la mer. Je jubilais de voir que tous avaient plongé dans la médiocrité habituelle de l'être humain, tous avaient gobé cette vie de série comme les chrétiens l'hostie. Non pas que je me sentais supérieur à eux, plutôt que je ne mentais pas devant mon insignifiance.

J'en restais là, le sommeil et un peu d'ennui m'avaient pris.

Les jours suivants, une souffrance enfouie et ignorée depuis longtemps accabla mon corps et mon esprit. La vision de ses noms et de ses visages réveilla ma mémoire d'enfant et je pus ressentir dans mon corps pendant les moments de repos les exactes sensations que j'avais éprouvé jadis lorsqu'on me força à côtoyer d'autres enfants.
J'avais grandi selon une tradition judéo-chrétienne forte et stricte : l'amour de son prochain, la gentillesse, la politesse, tendre l'autre joue, etc...J'imagine à présent ce qui arriverait à un prêtre vivant parmi une horde de lions affamés lorsque je revois mon entrée dans le monde social.
Car les enfants ne sont rien d'autre que cela, sous leurs airs gentils et mignons se cachent les comportements les plus animaux que la civilité, l'urbanité et une société avec le vernis de l'humanisme n'ont pas encore éteints. L'école était une jungle où seule la loi du plus fort s'appliquait.
Je fus rapidement la cible privilégiée par tous, ma gentillesse et mon absence de défense m'avait ravalé au fond de l'échelle sociale de la cour. Dans les hiérarchies, lorsque quelque chose tombe du sommet, il faut quelqu'un tout en bas qui ramasse et qui ne peut laisser tomber ensuite. Me voici, avec ma cagoule rouge. Il faut dire que déjà, je ne trouvais pas d'intérêt à suivre les modes, ni à jouer en équipe ou en confrontation.
Je subis beaucoup d'humiliations, je me souviens qu'on me cracha dessus, qu'on m'emmerda jusqu'à devoir me cacher pendant la récréation, on m'insulta, on me jouait des tours de cons. Je ne répliquais jamais, les conseils de mes parents étant de prendre sur moi et d'essayer de m'intégrer tout de même. Bonne idée, je développais rapidement une maladie de peau qui ne disparut qu'à la fin de ma scolarité.
Je ne compris vraiment l'inutilité de s'intégrer dans un groupe que vers le lycée où je passais l'année de seconde seul et dans la discrétion la plus totale, on m'importuna moins. Les années suivantes, je rencontrais quelques parias comme moi pour boire et écouter de la musique très fort.

Après tous ces ressouvenirs, je sentais ma souffrance transformée en une haine froide, glauque et visqueuse. Elle se répandait dans mon sang et investit tout mon être. Ciblée sur tous ces camarades, ces copains d'avant avec qui je m'étais tant amusé jusqu'à me marginaliser durablement de la société. Au fond, je les en remercie mais les sentiments ne mentent pas, je les détestais.
Je pouvais très bien vivre avec cette haine, ma nature miséricordieuse ne trouvait pas spécialement de bonheur dans la vengeance. Mais la perspective d'éliminer quelques existences aussi misérables que la mienne et la sensation de peur, d'angoisse qui naitrait dans leur esprit à la vue de mon corps assassin cherchant sa vengeance excitait ma haine, tous les organes de mon corps se préparaient déjà au combat.
Et puis tous ces enfants en bas âge que j'avais vu sur les photos avaient des airs de desserts alléchants qui closent les bons repas.

Copainsdavant.com m'offrait une liste quasi-exhaustive de toutes mes cibles avec un tas de renseignements utiles qui m'éviterait les longues recherches dans les annuaires.
En 2 heures, tout fut prêt. Une trentaine de noms, je n'avais pu en trouver plus, localisés sur environ 100 km autour de ma ville natale. Je n'avais pas tout à fait déterminé de mode opératoire, l'improvisation me siérait très bien, alors qu'eux étaient animaux avant de devenir Hommes, j'étais Homme avant de devenir animal, ma discrétion, mes mains nues et ma force feraient toujours l'affaire bien que je ne sois pas obtus aux rencontres fortuites avec des armes improvisées (panneaux de signalisation, chaises de jardin, matériaux de construction divers). J'emportais quelques outils en plus au cas où.

Ayant déménagé, il fallait un périple pour retrouver ma ville natale, heureusement, une de mes camarades avait déménagé non loin de chez moi, sur la route vers mon génocide, j'en profiterais pour faire une pause et m'échauffer un peu.
Marine Lévinthe, elle était déjà grosse et laide au primaire et avait continué sur cette voix. Je commençais donc par le bas de l'échelle, la case juste au-dessus de la mienne, ce serait con de se claquer un muscle à l'échauffement. Elle s'était retirée dans une campagne déserte, sans doute pour cacher au monde se propre laideur (qu'elle entretenait manifestement), celle de son mari et de leurs enfants visiblement légitimes. Arrivé sur les lieux, je m'émerveillais de la facilité de ma tâche : pas de voisins, pas de passage sur la route d'accès, rien, personne. Le temps même était avec moi, les nuits d'hiver incitant rarement les gens à se promener dans les champs et les bois.
Ils se terraient dans leur maison nouvellement construite, mollement écrasés devant la télé. J'attendais dehors le moment où ils s'endormiraient en faisant remonter de ma mémoire de la haine pure qui brûlait mes veines et excitait mes instincts, prête à se déverser dans la violence de mes actes, pas besoin d'être discret, pas ici.
Les deux gosses furent couchés bientôt puis un parent monta dans la chambre l'autre s'endormit sur le canapé. Je ne vis bientôt plus que le halo de la télé restée allumée. Je bondis de ma cachette et courus vers la maison, saisissant un parpaing que je lançais à travers la baie vitrée du salon sans m'arrêter. Moins d'une seconde après le fracas, je sautais dans l'ouverture béante puis sur le mari émergeant à peine de son sommeil, les coudes en avant. Le droit toucha le thorax et le gauche frappa son crâne, quelques autres coups plus tard, tout fut fait. Je gravis l'escalier sans mollir et me dirigea naturellement vers la mère, la plus prompte à réagir et à défendre ses gniards. Elle commençait d'ouvrir sa porte, alertée par le bruit, lorsque j'arrivais devant, je la rejetais en arrière d'un coup de pied qui l'ouvrit en grand et la repoussa à trébucher sur son lit. J'eus à peine le temps de lire la peur dans son regard avant que mes mains ne l'enlaidisse définitivement, j'avais pour cela saisi un objet qui se fracassa autant que son crâne, j'ignore même de quoi il s'agissait.
Restaient les enfants, mes sens en éveil avaient entendu un vague mouvement pendant que je dessoudais la mère, me retournant vivement, je plantais mon regard dans celui d'un enfant de 5 ans, abruti par la peur et le doute de cauchemarder ou d'être éveillé. Il avait à peine réagi lorsque je le saisis et le souleva à bouts de bras avant de le jeter violemment au sol, il ne bougeait plus, assommé sans doute. Je me calmais un peu pour apprécier cet instant semblable à un dépucelage heureux, violenter un enfant, un animal méchant, stupide, prétentieux et inutile. Je pus ensuite réfléchir un peu pour achever les gniards orgasmiquement. J'utilisais le plus grand comme bélier pour ouvrir la porte du plus petit qui n'avait pas bougé de sa chambre. La porte n'était pas verrouillée mais je fus heureux de constater que le bois est plus dur qu'un crâne d'enfant.
Un nourrisson, il n'avait pas pu sortir de son lit à barreaux mais il savait de tout son instinct qu'il devait fuir. Impuissant et sans défense, je le laissais là et redescendit chercher le parpaing par lequel j'étais entré. Il était presque aussi grand que lui et deux fois plus lourd, son corps aplati d'un coup cracha son contenu autour de lui dans un bruit de fracas assez peu audible. C'est vrai que c'est mignon à cet âge-là.

Je quittais la maison non sans l'avoir incendié et sans avoir récupéré mon parpaing. Ça peut servir, me dis-je. Mon expédition commençait bien, la vision de ces enfants morts comblait cet autre enfant de ma mémoire qui n'avait jamais répliqué, qui ne s'était jamais défendu, il jubilait. S'ensuivit un long trajet vers le plus gros du carnage, je ne m'arrêtais pas.
Arrivé à destination au petit matin, un jour plus tard, je décidais de cueillir un autre camarade - Arnaud Néquet - au réveil dans l'appartement qu'il partageait avec sa femme, pas de gosses, dommage. Je m'équipais d'une tenaille qui suffit largement pour briser le cylindre de n'importe quelle porte bon marché, en un minimum de bruit. Je devais être discret, brutal et rapide. Ayant ouvert la porte, je me faufilais dans l'appartement silencieux et peu éclairé par l'aube naissante. Je saisis un bibelot suffisamment lourd et m'approchait de la chambre planifiant d'occire un des tourtereaux en lui jetant à la gueule puis de fondre sur l'autre avant la moindre réaction. J'ouvris la porte en grand avec une vue directe sur le lit, je lançais mon projectile qui fit heureusement mouche, en pleine tête, je la vis se pencher sur le côté avec le mou suivi de cheveux longs et blonds, une femme, inerte. Le reste du lit était vide, je me tins coi, le silence n'avait pas été rompu. Fermement posté sur mes jambes, prêt à bondir au moindre signe de vie de mon copain d'avant, je tenais tout mes sens à l'affût. Un glou-glou assourdi venait d'une pièce voisine, je ne l'avais pas remarqué jusque là, la salle de bains. Il avait laissé sa femme dormir et se douchait tranquillement prêt à vivre sans sourciller une nouvelle journée de sa vie vaine. Posté près de la porte, j'entends et je sens ses mouvements dans les vibrations du sol, j'imagine la pièce, la disposition des meubles et de la plomberie. Il est devant le lavabo, je repense à une scène du "vieux fusil", je m'imagine Noiret défrontant le soldat allemand qui brûla sa femme après l'avoir violé. Recommencement, songe-je avant d'entrer comme une bête dans la salle de bains et précipiter à une vitesse honorable l'appendice cérébral vers l'émail blanc et lisse du lavabo. Tue la tête, le corps mourra. Ce n'est pas le lavabo carré du film mais un de ces sanitaires modernes, arrondis qui extasient les ploucs au Castorama local le samedi après-midi. Ça ne fait que prolonger les choses, l'absence d'angles empêche couramment de briser les œufs durs.
Mais on trouve toujours son compte.

Je consulte ma liste et détermine l'ordre de passage qui me fera économiser le plus d'essence, une boucle se dessine. Je consulte mes notes et mes photos, je cherche tous les détails qui faciliteront ou égayeront ma tâche. Il faut bien que m'occupe en attendant la nuit. Voilà, une chose sur laquelle on peut compter, vers 18h30, l'obscurité n'est vaincue que par les lampadaires. Je repars, je suis rôdé, j'arrive rapidement à mon but, je tue plus vite, plus violemment tout en restant discret. Je ne prends mon temps qu'avec les enfants, j'aime observer attentivement, loin de l'agitation du massacre animal, leur petit corps se disloquer, souffrir, je sais qu'ils sentent la douleur avec plus d'acuité qu'un adulte. Ils pleurent souvent, tes larmes valent les miennes, petit. Le parpaing est devenu une de mes finitions favorites, j'aime à l'enfoncer par un sommet dans l'os pariétal. Les fontanelles n'étant pas encore soudés, il en résulte un beau chambardement. Je parviens même à perfectionner mon outil et ma technique, j'ai adjoint une chaîne au parpaing, ce qui permet de l'utiliser comme un fléau sans manche. Je le fais tourner en attendant de voir où je vais toucher les malheureux enfants. Il faut les voir voler contre les murs ou à travers les cloisons plus légères pour comprendre.

La liste est tout de même longue, il me faut 5 nuits de carnage pour en venir à bout. Je ne dors que peu la journée, l'excitation me tient éveillé comme un raveur qui a pris trop de cachetons. Mes colères enfouies depuis si longtemps suffisent à tenir tout mon corps et mon esprit toujours alertes et efficaces, c'est un peu une fête pour eux aussi.

Je rentre bientôt chez moi, mes souvenirs ne sont pas effacés et la souffrance de ces années se ressent toujours mais tout cela est désormais lié aux bons souvenirs de cette semaine de carnage extrême et son cortège de défoulements, d'abandon de soi à la violence et de crânes d'enfants brisés.

Merci Copainsdavant.com

= commentaires =

LH     le 18/02/2010 à 22:32:00
ce reportage sur Moi est ma fois fort sympathique.
A part le sang qui manque un peu. J'eusse aime plus d'emphase.
Hag


    le 19/02/2010 à 00:49:43
Un texte honnête. Pas de surprises, ni bonnes ni mauvaises, il va bonhomme sur son chemin, avec une introduction, un développement et une conclusion.
RAS, en somme.
Narak


    le 19/02/2010 à 18:09:45
Très sympa, j'aime beaucoup l'entrée en matière "sérieuse", j'ai trouvé les réflexions intéressantes. C'est marrant de se rendre compte à quel point on est tous pareils. A un moment j'ai presque regretté que ça se barre dans la déjante et le défonçage de gamins, parce que c'est facile comme plan. Mais en fait, ça reste assez bien écrit, on sent que le texte pourrait aller chercher un peu plus dans le grand-guignol tout en s'améliorant, mais bon t'auras au moins l'argument de la sobriété...
Les références à C'est arrivé près de chez vous sont un poil trop évidentes quand même.
Hag


    le 20/02/2010 à 00:12:31
Tiens, c'est trop hilarant, j'ai pas pensé une seule fois au film en lisant le texte. Par contre j'ai trouvé que ça hurlait St Con.
[nihil]     le 20/02/2010 à 11:41:05
Ouais, à mon avis d'ailleurs c'est pour ça que j'ai pas aimé. J'attendais trop le cataclysme incendiaire avec plein de mongols en méchoui.
[nihil]     le 21/02/2010 à 02:03:55
Ouais, à mon avis aussi, je suis débile.
...     le 23/02/2010 à 01:45:13
Purement jouissif! Mais trop de fautes d'orthographe tue un bon texte.

De bonnes idées tout de même à mettre en application!!

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