LA ZONE -
Résumé : Voici un court morceau d'humeur noire et de confusion mentale servi sans fioritures, ni soin particulier dans le style. A lire en apnée.

Maman est morte ce matin

Le 01/10/2010
par Yog
Maman est morte ce matin.
Ah non, merde, grand-maman est morte cette nuit. J’ai le souvenir très présent de quand j’ai aidé maman (qui n’est pas morte ce matin) à la retourner, changer sa couche plein de pisse et de merde, lui masser les talons noirs et oedemaciés et parler très fort. Elle a refusé à manger.
Je ‘ai plus jamais voulu la voir de son vivant, et même pomponnée comme une pute espagnole par les tanathopracteurs je n’y tiens pas.
Une garce toute sa vie.
On se refait pas.
Ca conserve il parait la haine des autres. La haine des arabes, des noirs, des japonais, des gens de l’est, de tout le monde sauf les suisses.
Elle arrivait à faire chialer ma mère en trente secondes et elle l’aura fait chier jusqu’au bout.
Son chat était malade, un ventre énorme.
Un chat gris qui du temps de sa splendeur ressemblait vraiment à un petit fauve de sept kilos de muscles.
Il a du arrêter les stéroïdes, a maigri puis enflé du ventre, on aurait eu envie de le percer avec une peingle pour faire sortir tout ça. De l’ascite et chez le vétérinaire, des odeurs de pisse de crainte de chiens malades, un chat qui convulse, une jeune fille en fleur en pleurs tenant son matou sub claquant sur les genoux.
Mais je disais, grand-maman est morte cette nuit.
Pas de médecin. Les vivants sont une urgences, les morts, non.
Le médecin a fini par venir déclarer ce putain de décès. Il a laissé toutes les portes ouvertes, j’ai senti l’odeur du macchab' presque frais et de la marde, des mouches volaient.
Salope elle a été de son vivant. Et là un corps décharné, en position fœtale, une perfusion dans le ventre et un patch de morphine.
J’ai pensé voler les patches de morphines. Sidérée, soulagée, troublée.
Le camion réfrigéré qui arrive vite. Mettre de côté les draps plein de merde, sortir le petit poids de 40 kg relâché et avachi.
Les pompes funèbres, le pasteur, ma mère qui n’est pas morte ce matin qui chiale. Et moi sidérée, laissant fondre un Xanax sous ma langue.
Réalité de la mort, jamais dans la dignité.

= commentaires =

Koax-Koax


    le 04/10/2010 à 16:56:37
Ça sent l'écriture automatique à plein nez; et c'est bien tout ce que ce texte m'inspire, d'ailleurs.
Castor tillon


Macchab hanouka : nada    le 05/10/2010 à 00:54:26
Ben moi, je préfère les mamans qui éventrent leur progéniture et décapitent leur troncheur légal.
Au moins c'est marrant.
Et je n'ai pleuré que pour le chat.

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