LA ZONE -
Résumé : Sympathie for the devil en version lettrée. ça fait super style de dire ça comme ça. On croirait à un commentaire dans Tracks. Que peut un rigolo contre tant de talent ? Génial. ça m'a vrillé la langue jusqu'au trou de balle. Je vais annuler le lavement. Je vais me retrancher sur la personne que je devine écrire ce genre de texte. Un auteur publié surement, pas mal censuré, lissé parce que sa tambouille n'est pas commestible pour le commun des mortels. Un aigri qui trouve en la Zone, un terrain de jeu pour se défouler et montrer la vraie taille de sa queue ou de ses trompes de falopes (ne soyons pas mysogine par omission) Peut être est il hermaphrodite ? (c'est une hypothèse probable) Peut être à t il dansé la tektonik un soir de buverie ? Il ne boit que du Whisky, Diable. C'est un égotique qui se respecte, un qui chie à la gueule de tous ces écrivaillons du dimanche que nous sommes. il a probablement une haleine de poney club, sinon nous ne serions plus en RIGOLOCRATURE. N'empeche c'est juste peut être un gothique de merde qu'a toute la collec de Twillight en Blue Ray. Ah ouais son texte... Il le surpasse. Rien à battre.

Âtman

Le 01/07/2011
par Clacker
[illustration] C’est comme ça que ça a commencé. Il me tenait, les bras casés dans le dos, pendant que je crachais sur l’assemblée. Lui, Hermann Kant, me poussait dehors avec vivacité, tout en se répandant en excuses. Les honnêtes gens attablés hurlaient, se cabraient et faisaient tomber leur chaises dans un vacarme de tous les diables. Je criai que ma bouteille de rouge restait après moi, mais Hermann me jeta sur les pavés comme un sac de viande. « C’est la dernière fois » qu’il a dit. Il se carapata et je fus seul et soûl à la merci des étoiles.
Elles vous moquent les étoiles, elles vous écrasent et prennent l’air de rien. Pas de doute, la hauteur domine plus que tout. La hauteur j’en étais loin, à baver sur la rue, pendant que des jambes fines s’activaient tout autours et ralentissaient près de moi, puis repartaient le dégoût aux lèvres. J’oubliais l’été et les jambes nues qui vont avec, et le soleil même pas tout à fait aussi brillant que ces femmes partout. Je me creusais avec tout ce vin, je m’asséchais la trogne à n’en plus me reconnaître. D’ailleurs ce jour-ci je ne fus pas bien loin du délire. Pas le très mince, plutôt le bien épais qui vous colle jusqu’à l’asile. Hermann me raconta tout ça, quelques jours après mon retour de Brest: « Le médecin disait que t’étais pas du genre agité, pas les premières heures en tout cas… Rappelle-toi que je t’avais rendu visite et que tu butais pas un traitre mot, rien ! J’ai quand même suspecté les médocs pour ça, paraît que le truc qu’ils t’infusaient c’était bon pour les chevaux… Enfin je suis reparti parce que t’étais pas présent, t’étais comme un chien crevé. Après on m’appelle chez moi en toute angoisse pour m’apprendre que t’as pris en étau l’oreille d’un autre disjoncté avec tes dents… Géraldine se faisait un sang noir pour toi, mais je la rassurais en disant que ce serait probablement pas la dernière fois que ton cerveau te ferais des misères… Tout gosse déjà t’étais bien louche quand j’y repense, à pas en baver une pendant que tes compatriotes à peine sortis de l’œuf aussi faisaient des diarrhées de mots qu’ils ne comprenaient pas même. Tu savais pas mais ta mère en a eu peur, ah ! Ça qu’elle m’a tanné pour que je paye un charlatan à t’écouter déblatérer sur ton petit cerveau trop mou ! Mais j’ai pas lâché ! Crois donc pas que je me foutais de ta trogne, loin de là… Mais tu comprends bien que je pouvais pas jeter des monnaies à tout va… » Après une fort longue anamnèse de ma trépidante jeunesse, il s’est avéré que la nuit tombait déjà bien lourde, à la sournoise. Nous partîmes, moi et la fatigue qui me pesait au moins autant que les gobelets de « rouche » sifflés et les opéras de ma jeunesse, dont Kant était le ténor. Pas le moraliste, non…
Je m’avançais profondément dans les ombres les oreilles déjà bien chaudes quand une voix grondante me cria férocement de mettre genoux à terre. Je me retournai vivement et découvris une silhouette agile, virevoltante, vrai singe au corps de nuit qui brandissait à bout de bras et avec imprécision totale un révolver luisant. Il s’approcha en sautillant sur un pied et murmura, grinçant: « Ca te dit plusieurs trous du cul ? » Je ne distinguais que l’ombre d’un sourire, comme un fruit fendu sur toute la largeur, sous un chapeau melon. Hébété, j’avalai frénétiquement mes glaires, souffle coupé net. « Là, voilà-t-y pas que ce cher ivrogne est de retour ! Fais donc pas cette tête, gast ! On pourrait presque contempler les défunts de ce monde rien que dans tes yeux ! » Il était tout courbé sur lui-même, bras tendu vers mon foi malade, avec au bout de ses longs doigts jaune son jouet de meurtrier. Dans l’incompréhension la plus totale je lui demandai nerveusement de baisser son arme, mais seulement s’il n’eût pas l’intention de s’en servir. Faut être précautionneux avec ces singeries, mais surtout se désillusionner à l’avance, ça peut faire changer l’avis de n’importe quel homme la désillusion. « Allons, allons, un de ces jours tu me rendras raison… » Et il s’en alla rejoindre les ombres à cloche-pied, véritable danseur indien, sorte d’expérimentation issue d’un éventuel croisement entre un enfant et un chimpanzé. Même pas étonné qu’on puisse tirer quelque chose de ce genre d’étreinte, il y’a tellement peu de différence. Quoi qu’il en soit, je demeurai sans pensée, encore longtemps après son départ. L’alcool, peut-être, poison amer et désormais si familier à mes propres veines, avait pour dessein de me consumer le bulbe ? Alors c’était lui, désormais, qui inversait la tendance et se délectait de ma consistance ? A s’en imbiber constamment, puis à récidiver, c’est lui qui fait de l’homme son contenant, sa fiole, son objet. Ou bien était-ce vérité ? Un homme-singe gentleman déambulait donc la nuit à la recherche de soûlards et pointait ce qui compense son manque de virilité sur des êtres déjà à mi-chemin sur la voie de la folie…

Je me réveillai en pleine nuit, encore soûl, mais plus assez pour endormir mes insomnies. Je m’assis à mon bureau et ne fis rien pendant trois bons quarts d’heure. Je me repassai la soirée soufferte avec Kant, puis la ruelle et enfin cette rencontre. Ce n’était pas si important finalement. Rapidement arriva l’appel du labeur, j’étais en route pour constituer les étalages qui soutiendront les kilos de fange alimentaire que de gras gobeurs de merde déposeront pas la suite dans leur familiers caddies en alliage. Tout le monde sait que le porc est génétiquement la bête la plus similaire à l’homme, tout le monde le dit, mais personne n’ose le croire. Steaks de plastique, pyramide de plats bouffés aux hormones, Auschwitz bovin, cancers de mal et sûre bouffe. Frottez-vous les mains, vous qui mangez votre faux-filet en salon hermétique et stérile. Flattez bien votre colon, pionniers du paroxysme de la malhonnêteté. Il en existe mille poisons, des qui foudroient, des qui déboitent, mais en ce siècle est né l’arme de prédilection des alimentaires, l’insinuation pernicieuse dans l’organisme à coup de conservateurs dé-générateurs injectés à même le jarret; la mise à mort sur la longévité, le meurtre hors de l’entendement temporel, le viol de la norme naturelle saine alimentaire.
Quelques heures de va-et-vient entre les rayons de cet antre de la tentation pour boulimiques s’écoulèrent et je décidai de saisir mes vingt minutes de pause en me dirigeant vers les céramiques, une bouteille de blanc sous la veste. A plus d’une qui disparaissait par jour c’était l’inspection générale, alors je me limitais. Pérard me devança de peu, ce sac à foutre, lui quand il s’arrogeait en douce une bouteille c’était seulement pour se l’enfiler dans le fondement… Voilà donc qu’il me sucra dix bonnes minutes de mon entracte avec ses dégueulasseries ! A sa sorti, je m’empressai de boucler derrière moi et de sabrer le bocal. En bouche à bouche avec le goulot, je m’aperçus bien vite que ce sodomite de Pérard avait oublié un bouquin près de la cuvette, je m’en accaparai: « Humain, trop humain », d’un auteur au nom imprononçable.

« Ne peut-on pas retourner toutes les valeurs? et le bien est-il peut-être le mal ? et Dieu rien qu'une invention et une rouerie du diable ? Tout peut-il être faux en dernière analyse ? Et si nous sommes trompés, ne sommes-nous pas par là aussi trompeurs ? Ne faut-il pas aussi que nous soyons trompeurs? » - Voilà les pensées qui le guident et l'égarent, toujours plus avant, toujours plus loin. La solitude le tient dans son cercle et dans ses anneaux, toujours plus menaçante, plus étouffante, plus poignante, cette redoutable déesse et mater saeva cupidinum* - mais qui sait aujourd'hui ce que c'est que la solitude ? »
Je fermai le livre, deux heures plus tard. Deux heures ? Deux heures aux chiottes à lire un bouquin ? Je fus brutalement pris de panique lorsque j’entendis une voix familière s’esclaffer: « Tu rencontres enfin ton mentor, eh ! fripouille ! Vas-donc répandre la sainte nouvelle foi dans le cul de la salope de caissière qui te fais tourner bourrique !
-… Face de macaque ! Qu’est-ce que tu cherches ?! Qu’est-ce que tu m’veux nom de Dieu !
-Au nom de Dieu, justement, ouvre-moi la porte, j’ai quelque chose pour nous. »
La chose passa son bras entre le sol et la porte surélevée; une bouteille en verre entre ses doigts jaune portait l’étiquette « Baron de Lestac, cuvée 1942 ».

Alors je sortis, passablement éméché, en compagnie de mon nouveau camarade, et me dirigeai vers cette sorcière blonde, manipulatrice froide de métaux sonnants, caissière de mes désirs. Qu’est-ce la morale ? Le fruit, bien raboté et cuisant, issu des entrailles d’une chienne, correctement matée, fraîchement englandée. Je lui en fis une bonne à la caissière, de morale, je la coinçai sur sa boite enregistreuse et j’arrachais sa jupette, je la fourrai de tout ce que je pouvais- vu que le rouche me faisait bander mou-, tout ce qui passait sur le tapis roulant je l’introduisais en elle, à la suite. Ca se mettait à couler à gros bouillons rouges, et ça se retournait, ça suintait pendant que la machine faisait des « bip » réguliers et que les femmes et que les hommes alentours travaillaient leur mines de dégoût tout en prenant leur pied intérieurement. Pour touiller, ça je touillais.
« Exorcise-les ces démons acides de ton enfance perturbée ! » qu’il cria mon tovarishch poilu, au moment même où la petite blonde perdait connaissance. Fallait voir son châssis… Des jouets en plomb émergeaient à demi de sa vulve, avec un peu de créativité on y voyait « Le Cri » de Munch.
On tarda pas à me sortir de ma contemplation, deux bons gens se mirent en tête de devenir des braves par ce jour, même si ce fut un peu tard pour tout changer. Ils frappèrent trois fois avec des marteaux, empruntés aux rayons sept et huit, issus des kits bricolage arrivés en début de semaine. Ce fut une bourrade brusque, comme une ouverture en moi qui refroidie les organes internes, un liquide gelé qui compresse, puis d’autres heurts, des incisifs, ça contracte, ça chevrote, ça rompt en bruissements intérieurs. Ca a beau beugler et tonner à la surface, ça assourdit bien plus fort dans le chef les commotions. Je congèle, je m’en défèque dessus tellement ça se détraque dans ma charogne.

Le macaque était penché sur mon tronc, il affichait son large sourire, les lèvres épaisses étirées jusqu’aux oreilles. « Plaide la raison ! Ou la contre-morale, la vraie réflexion du fond des racines ! Sois historien des ficelles du comportement humain, t’es sur la voie ! » qu’il me cracha soudainement dessus. Mon corps hésitait entre la douleur lancinante franche et le plaisir chimique infusé en câbles dans mes veines. Un type en pardessus entra dans la chambre et s’approcha de l’alcôve avec ses parchemins. Il s’assit, m’observa un moment sans s’occuper du foutu singe affalé contre moi.
« -Bien, je suis curieux d’entendre votre version des faits. »

= commentaires =

...     le 02/07/2011 à 12:53:17
Ce texte mérite un "like" de bon aloi.
Lapinchien


tw
    le 02/07/2011 à 13:14:16
je dirais même un "thumbs up"
Clacker


    le 03/07/2011 à 19:46:55
J'espère que c'était rigolo...
Lapinchien


tw
    le 03/07/2011 à 20:15:44
Quelle est la génèse de ton texte ? As tu subi une césarienne du crâne ?
Clacker


    le 03/07/2011 à 22:37:16
En tout premier lieu, il faut savoir que j'ai donné ma vie au culte du Cargo. Après, césarienne ou non, ça s'est fait tout seul à partir du moment où je me suis figuré le personnage du singe.
Lapinchien


tw
    le 03/07/2011 à 22:42:02
ça me fait penser au personnage que joue Tom Waits dans le film de Terry Gilliam, L'Imaginarium du docteur Parnassus...
SKIZZZO     le 04/07/2011 à 09:42:11
Imam nue elle Kant?
SKIZZZO     le 04/07/2011 à 10:05:10
fumigation à la sauge blanche

naturel, c'est mieux...

je ne suis pas encore vraiment sur d'avoir apprécié traiter comme un vulgaire chiffon l'imbécile( forcement heureux) qui, parce qu’il avait des ailes sur son blouson, pensait pouvoir exiger de Maman qu'Elle pose ses fesses par terre à coté de lui, tandis qu'elle était en son propre antre.

Cubain, Maronite et Catalan Protestant

Trois Cornus



Il fallait agir
SKIZZZO     le 04/07/2011 à 10:11:49
"Tre Cavalli" pour ceux que L'italien n'est pas un obstacle
Omega     le 05/07/2011 à 15:46:23
Placer un voilier-école nazi pendant une scène de pénétration JouéClub, fallait le faire.
SKIZZZOgYn     le 07/07/2011 à 06:39:42
ou sont les diables?

avec leurs gestes plein de charmes...
Valstar Karamzin


    le 25/03/2014 à 22:42:18
J'aime bien cette phrase : "Des jouets en plomb émergeaient à demi de sa vulve, avec un peu de créativité on y voyait « Le Cri » de Munch."
- C'est grave Dr Dre ?
- Tu sais, je suis pas vraiment docteur petit.
Valstar Karamzin


    le 26/03/2014 à 01:01:31
... une sorte de plus-value quand le mot "Brest" apparaît dans un texte ...

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