LA ZONE -
Résumé : Zonard, ô multitude de type rare, voici que la singularité Clacker passe enfin aux aveux de type officiels, via ce texte plutôt curieux et pas mal réussi : c'est un suppôt du surréalisme de type dada. Ceux qui comme moi n'auront rien compris pourront se venger en allant éditer la fiche wikipédia sur Georges Ribemont-Dessaignes. Message complémentaire de l'auteur : "Par soucis d'ambiance, il n'est pas déconseillé d'écouter In-A-Gadda-Da-Vida à un volume élevé tout en lisant le texte, ni de déguster plusieurs verres d'absinthe."

Désoeuvrement 479

Le 07/12/2013
par Clacker
[illustration] Bienvenue à toi, multitude de jeunes visages inconnus fraîchement titrés. Tu as réussi (il lève le poing devant son nez pour ne pas bailler) et ta production génitale a été soigneusement triée sur le volet que tu peux apercevoir sur la façade Ouest de l'aile Sud de la seconde volière dite de l'esperluette. Tu ne me poses pas la question pour la simple raison que tu es effarouchée et unifiée et baignée dans un climat légèrement supérieur à la température du corps humain mais je la sens vibrer sous tes nombreux sourcils : pourquoi donc dite de l'esperluette ? Figure-toi qu'une vue aérienne de chaque cité-univers révèle un sigle bien précis formé par les trois volières extérieures flanc à flanc : G&S. Tu découvriras le sens de ce sigle par tes propres moyens - nous disposons d'une magnifique vidéothèque entièrement rénovée située dans le deuxième sous-sol marin de la volière numéro deux bis comprenant entre autre l'intégralité du journal du soir de Claire Chazal et les quatre premières saisons de Question pour un Champion...- si tu le désires, en gardant à l'esprit que penser parler au nom de la vérité est un délit passible d'un an de prise en charge complète d'une multitude de sans domiciles fixes et de leurs chiens galeux. Voilà qui est dit.
Nous, Grand Confesseur de la cité-univers Désœuvrement 479 jumelée avec la cour d'appel Jean-Jacques Sycophante, allons te rappeler brièvement les règles à suivre pour t'assimiler confortablement et sans douleur à la cité ( il déplie un morceau de papier cartonné et ajuste ses lunettes en peau de serpent sur la pointe de son nez puis commence à lire, tout en formant une parfaite face de lotte avec les deux coins de ses lèvres abaissés) :
-Il est ri-gou-reu-se-ment interdit de faire quelque différenciation que ce soit entre tes différents sexes, tu es un ensemble hermaphrodite et tu es égal entre toi-même en tous points devant la loi.
-Tout Responsable d'étude dispose de tous les droits sur toi, de manière différenciée ou générale.
-Tout rapport sexuel, consenti ou non, tarifé ou non, en ton sein est considéré comme viol physique. Seul un Responsable d'étude ou un Maître Délateur a l'autorisation de t'enjoindre à la copulation, et uniquement à des fins scientifiques ou punitifs.
Toute forme de non respect de ces trois règles fondamentales verra la multitude coupable sévèrement maudite, après application des sanctions ci-contre :
Pendaison testiculaire, pendaison par crochet sape-ovaires, shampooing Michel Tournier, masque de camarde (durée d'enfilage variable allant de deux à neuf ans), puce de disposition oblative (durée déterminée par le Gardien des interlopes), buffes sur fessiers, exposition à la discrépance (durée déterminée par le Responsable d'étude musicalement vôtre), voyage dans l'irréméable (uniquement sous décision des trois frères Parcoeur).
Maintenant que tu as pris connaissances de tes droits et tes devoirs, nous allons te laisser aux mains de l'intendant Pagnote, qui, sans jamais te regarder dans tes nombreux yeux et en traînant ses savates, te coupera et t'enjoindra de rejoindre tes différents dortoirs. Merci à toi. (s'adressant aux Frères Lumières:) vous pouvez couper les diffuseurs d'endorphine.

Le morceau George Ribemont-Dessaignes (que nous écrirons désormais G.R.D. pour éviter la redondance dans votre cerveau de lecteur) n'avait pas reçu la dose adéquate de liquide stimulo-cérébral lors de son entrée au dortoir (errare humane est, comme toujours : c'était Sophia Maria Delamuerte qui n'avait pas poussé le dispensaire jusqu'au fond. Elle n'avait aucun diplôme...). La multitude était donc destinée à finir comme Midasse, le force-coffre le plus alarmant et talentueux de sa portée de mangeurs-sans-fin*.

Voici donc en exclusivité et avec tous nos compliments l'histoire avec force détails de G.R.D., que nous vous offrons en récompense de votre relative mais non moins réussie intégration à la société de la Main Invisible du Mercanti (La MIM).
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*Ici, l'auteur choisit la première orthographe de 2014, sans indiquer pourquoi. Il est clair que désormais l'expression est : mangeurs-sans-faim. (toutes les notes sont du traducteur sauf une, saurez-vous la retrouver?)
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« Vous vous singulariserez une fois vos diplômes sous le bras. » Telle était l'épitaphe (du père Lacordaire) qui ornait la porte faite de corne (on présumait qu'avec cette matière les souhaits de la multitude pourraient un jour accueillir l'aurore de la vérité) du dortoir de G.R.D.
George (nous venons de décider que « George » était aussi bien que « G.R.D. ») était souvent triste, parfois un peu taquin (ils étaient quatre un peu taquins, les soixante-sept autres mélancoliques), ce qui lui donnait parfois un air cynique et méprisant (la faute à Delamuerte). Il avait majoritairement les cheveux bruns, le nez pilate et les badigoinces de type sphinx.
Un jour qu'il dormait presque entièrement (et soixante et onze fois entièrement nu), il reçut la visite en songe de Rhadamanthe-religeux, le juge des pulsions de type sexuel de l'empire de l'Intégrité Supposée, qui lui dicta cette conduite, à la suite d'une érection de type général dans le dortoir :
« Certes tu es défaillant, on t'a mal calibré par la faute d'une espagnole inexpérimentée, ainsi tu vas devoir faire justice toi-même. Ton destin tient sur un timbre poste, et si l'on en croit les anciennes écritures mérovingiennes le mot adapté à ta situation serait « dégénérescence totale », quelque chose comme Cacatomhabe en novlangue sumérienne, le sens s'est un peu perdu dans la traduction. Soit, tu vas faire ton bout de chemin tout seul, à la manière de nos terribles ancêtres, les communicunicapitalistes de l'ère Sombre, ainsi que le commande la vieille, la très vieille et très démodée rancune du qu'en dira-t-on. »
A son réveil, monstrueusement troublé par son songe généralisé, George se posa un ultimatum qui, il ne s'en doutait pas le moins du monde, changerait le cours de son destin :
« Ou bien je ne suis que produit de ma volonté, or donc je ne suis pas manufacturé, ou bien je me rendors. »
C'est ainsi que débuta ce que d'aucuns appellent la première véritable tumeur maligne, autrement dit la dégénérescence qui a pour conséquence la prise de décision d'une multitude sans l'approbation du Grand Confesseur.
En effet, saisi par son désir inconscient de Justice* , George opta pour la première branche de son ultimatum. Quel mal l'en prit, les analyses neurologiques mensuelles révélèrent sa tumeur, déjà bien avancée car trop maline. C'est ainsi que débute le premier chapitre de l'épopée Georgiaque : L'isolement**.

I. L'isolement


Une chambrée de quinze mètres sur onze sur cinq sur deux sur cinq avec cinq murs matelassés. George est serré et ses nombreux larynx s'écartent à chaque respiration en un feulement inquiétant. Il commence tout juste à développer le virus de l'agrippe***, cependant que sa juste tumeur prend de l'ampleur.
Dans trois mille six-cent-soixante-huit secondes l'attendent ses premiers électrochocs.

Choc-choc-choc parmi les connexions nerveuses plus nombreuses que les étoiles de la voie lactée.

C'est seulement après quatre autres séances que George prend conscience de sa singularité entre lui-même : il est plusieurs (conséquence directe de la juste tumeur). Il comprend désormais le sens de la première loi dictée par le Grand Confesseur dans tous ses présupposés : une multitude ayant pris conscience de son entre-singularité n'est plus si facilement dirigeable qu'un ballon d'air chaud.
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*Déesse antique de la corruption du type : illogisme.
**A la fois premier et dernier chapitre de l'épopée, l'alpha et l'oméga, la bouche et le rectum.
***Disjonction de certains courants neuronaux qui pousse le malade à se serrer les membres génitaux de manière compulsive.

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Quelqu'un a écrit un jour « rester debout au coin de la rue, sans attendre personne, c'est cela la Puissance », et George trouve que cet auteur mythologique singularisé n'est pas idiot. George a été relâché pour « bonne conduite et réaction attendue au traitement », mais George a simulé, sauf le trente deuxième que l'agrippe a emporté et la soixante-deux qui était un peu trop sincère (qui est toujours entre les cinq murs de la chambrée, brutalement singularisée, et qui pleure parce qu'elle n'est pas taquine). Ainsi George est debout au coin de la rue, il ne discute pas, il n'attend rien, mais il se dévisage. Aussi cinquante membres de la multitude se sont enfui à cent jambes et dépensent probablement tous les kopecks logés dans les deux cent vingt poches.                                        
« Hé, mais j'ai comme le sentiment qu'à vingt et un il est beaucoup plus aisé de faire le tri d'entre mes pensées tristes et taquines. Je sens respirer mes cortex comme l'image me vient d'une chaussure qui expulse de la vapeur grâce à de petits trous à travers la semelle. Et je ne pense plus constamment à des corniches, des cordes, des pianos, des tabourets de pianos, des touches de piano sans piano, des gâteaux à la cerise dont je ne connais pas le nom, des cordes de piano, des corniches avec de l'eau, des tabourets tout simples, des tabourets en bois peu confortables, des cerisiers très rouge, du goût du lait de mes incubatrices dont je ne me souviens pas, lait qui est à ce jour le lait le plus toxique au monde. »
George sept a une idée. Il se met à s'insulter, puis à se frapper violemment entre lui. La petite multitude est tantôt effrayée et panique, tantôt échauffée et riposte. S'en suit un très long combat à mort, dont George sept ne sort pas vainqueur. George trois et George le vingtième sont malins, ils se sont alliés afin de triompher, mais arrive le moment de tension où ils doivent se battre à leur tour, tandis que le trottoir du coin de la rue (dont le bar « l'estaminet à minets » forme l'angle) est jonché de George en jachère dont les cheveux que le vent chuintant charme franchement tels les charmeurs charmant les sharpeys de Shenxi flottent, chaloupeux et changeant dans la chaleur des pots d'échappement d'une ville que je nommerai plus tard, mais qui se trouve pour l'instant en Champagne-Franche-Ardèche.                                                                                                                                        
George trois s'élance et plaque George sur le goudron meuble, il saisit une pleine poignée de tignasse et lui cogne les pommettes sur la route chaude, encore, encore, encore, écrase, écrase. C'est fini, George est singularisé et sans diplôme, il a sans doute une côte légèrement fêlée et les reins en gelée, mais un sentiment de fraîcheur et de clarté se répand dans sa boite crânienne. A moins que ce ne soit une commotion. Les clients de l'Estaminet à minets se sont tous retournés en direction de la route, d'où ils contemplent les vingt cadavres à travers les vitres de l'établissement. George entre paisiblement dans l'Estaminet et prend place à la table d'une petite multitude de pygmées - provenant sans doute d'une réserve souterraine et savourant leurs dix-huit secondes de pause - quand des sirènes se répercutent en échos entre les différentes cité-univers du quartier dit de l'Agglomérat Négligeable.
Chacun hurle calmement : « - LA POLICE MATRICIELLE ! » et voici qu'un pygmée plante ses dix doigts dans la gorge engorgée de George et lui esquisse de force des branchies lui permettant de respirer en enfer.

= commentaires =

Lapinchien


tw
    le 07/12/2013 à 20:37:50
CommentaireAleatoire[random(CommentaireAleatoire.length-1)]
Rémif Asshole euthanasie des tas d'nazis    le 12/12/2013 à 19:06:50
Zalut,

Je ne sais pas pourquoi ça me fait penser à Docteur folamour, la comparaison exclue tout le clergé qui parsème le récit, encore que, comme il n'y a pas de militaire, ça vaut peut-être équivalence.

Je ne suis pas sûr que l'auteur ait les coudes d'aller plus loin, la dispersion semble assez avancée. Je n'ai pas décroché en lisant mais putain qu'est-ce que je me faisais chier, j'aurais lu l'annuaire à rebours pour commencer par les lettres les plus rigolotes. Je suis preneur de l'interrogatoire du suspect part la fameuse police matricielle, qui reste à l'état de promesse, sans pléonasme.

à plus !
Dourak Smerdiakov


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    le 14/12/2013 à 23:41:54
Bravo ! j'ai encore moins compris au commentaire qu'au texte.
Robe et britney Spea Aimeute    le 16/12/2013 à 19:09:56
comme ma bite !
Clacker


    le 17/12/2013 à 17:55:05
Effectivement, j'ai pas de coudes.
Clacker


    le 29/01/2014 à 02:49:04
Secouez-vous les morpions

Commentaire édité par Clacker le 2016-02-14 19:21:27.
gestation rectale     le 08/02/2014 à 13:57:48
la vraie France des français met des s aux Georges car sinon ils sont d'ailleurs et c'est très invraisemblable car nous sommes en France et nous aimons notre pays pouce vert si tu lis ça en 2014 cherche reconnaissance socioforme désespérément
Dourak Smerdiakov


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    le 09/02/2014 à 19:13:39
Saines valeurs patriotiques, mais la vraie France ne saurait être si paradoxalement avare de majuscules, animalcule.
George Sand lèche Rahan    le 10/02/2014 à 04:24:09
Je viens d'apprendre que George de la jungle est américain.
Clacker


Flüstre !    le 13/02/2014 à 16:58:27
AH MAIS PERSONNE NE S4EST RENDU COMPTE QUE LE TEXTE EST D4ORIGINE OUZBEK,D4UN AUTEUR ANONYMISTE, TRADUIT DANS LA LANGUE DE MOLI7RE PAR MONSIEUR DUPONT DE LIGONN7S §§§

Commentaire édité par Clacker le 2016-02-14 19:21:59.
Rihanna.     le 03/03/2014 à 22:21:12
jé bi1 émé mé c ecri tt piti é ya pa bocou dimage du cou jé pa tt lu lol ptdr ^^

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