LA ZONE -
Résumé : Texte du camarade Dourak Smerdiakov, posté au tout dernier moment avant la dernière seconde limite du dépôt reporté deux fois par lui même de deux semaines de l'appel d'offre non truqué de Saint-Con. Je l'imagine ivre tel un Tupolev de l'Aeroflot transpirant du kérosène frelaté de contrebande. Son offre alexandrine est cependant bien alléchante; ça nous change des sonnets et des ballades. Enfin pas des ballades en pleine nuit dans les bois sombres. Il traite de faits divers ce qui fait de Dourak un sombre complice de la junte politico-journalistico-financière qui gouverne notre chère patrie dans l'ombre par le lavage de cerveau des foules à grands coups d'effet loupe sur des anecdotes du quotidien qui servent de support à l'immonde propagande normative du ministère du calibrage humain, occultant par leur flood les vraies problématiques de ce monde par le titillement de nos empathies faibles, nos compassions junkies, nos émotions avides de dichotomies inexistantes. 9A SENT LE COMPLOT MES CHERS ZAMIS ZONARDS? NE VOUS LAISSEZ PAS EMBROUILLER VOTRE LIBERT2 DE PENS2E HASHTAGUIPHORME PAR DES ENERGUMENTS SACHANT SI HABILEMENT MANIER LA LANGUE DE Molière ET CELLE DE Genghis khan §

Je m'appelais Émilie Jolie #SaintCon2015

Le 24/04/2015
par Dourak Smerdiakov
[illustration] Il roula vers le nord et la Lotharingie,
Guidé par Michelin et son mauvais génie,
Puis quitta l'autoroute au panneau Saint-Michel
Après s'être arrêté dans une station Shell.
Sa route remontait la rive de la Sanldre
Jusque vers Apremont, où se faisaient entendre
Les premiers grondements de l'orage annoncé.
Alors il s'enfonça dans les bois, décidé.
C'était en mil neuf cent quatre-vingt-quelque-chose.
Dans le coffre, la fille avait un tutu rose,
La bouche bâillonnée et les poignets meurtris
Par le rets très serré où l'oiseau était pris.
Le soir tombait, lugubre ; au baromètre, preste,
Descendait le mercure, en messager funeste.

La route fut chemin, le chemin fut sentier :
Il fallait au-delà continuer à pied.
Jerrycan à la main et victime à l'épaule,
Il quitta sa R5 sous les branches d'un saule,
Marchant droit devant lui, longtemps, à travers bois
Et, dans l'obscurité, trébuchant mainte fois.

Enfin, il s'arrêta. Dans la pâle lumière
Des astres de la nuit s'amoncelaient des pierres.
Quelque chose était là, oublié des mortels
Depuis Louis le Gros ou bien Charles Martel.
Un crucifix rouillé surgissait de la mousse
Comme s'il avait eu tout l'enfer à ses trousses.

Il jeta son fardeau sur la couche d'humus,
Qui meugla sa douleur sans que ne s'en émussent
    Les arbres, les fourrés, les ruines...
Il la débâillonna sans que ne se tarissent
Ses récriminations . Il se moqua : « Oh ! Miss...
    Nul ne nous entend : vas-y, couine. »

Elle hurla sa peur, sa colère. Le vent
Colportait tout cela presque nonchalamment
Tout en le mélangeant aux clameurs indicibles
De Gaïa, effarée, et d'Ouranos, terrible.

« Braille ! Tu fais du bruit pour la dernière fois.
Je ne supporte plus tes râles de putois
    Et tes entrechats pathétiques,
Plus jamais je n'aurai à souffrir tes chansons,
Cruelles à l'oreille. Ah !... « C'est un hérisson
    Qui piquait, qui piquait... » Merdique !

La comédie était musicale, vraiment ?
C'est une tragédie ! Et, bordel ! ce tourment
Prendra fin pas plus tard que ce soir, ma jolie,
Ce soir tu vas brûler, connasse d'Émilie ! »

Elle pleurait. Ses pleurs s'écoulaient dans le noir.
Elle criait. Ses cris se perdaient dans le soir.

« Jadis, vois-tu, Saint Con passa dans les parages.
Il était animé d'une ardeur à l'outrage
Qui surpassait encore, et de loin, tes exploits.
Un dieu le rédima par le feu et l'effroi
Et, depuis lors, Saint Con fit oeuvre salvifique.
Ce récit édifiant, cette histoire authentique,
Tu le peux méditer en tes derniers instants
Car c'est devant les murs abattus par le temps
De l'antique chapelle Saint-Con, - quelle chance ! -
Que prendra fin ce soir ton ignoble existence. »

Il l'aspergea d'essence et recula d'un pas,
Puis fouilla dans sa veste, une infâme parka,
Avant de s'écrier « Merde ! Mes allumettes ! »
Il avait l'air malin. Il n'avait pas l'air bête.

Un murmure mauvais psalmodia dans les cimes
Des menaces, des mots qui n'avaient pas de rimes
    Dans les langages des humains,
    Des mots fatals, sans lendemain.
Le vent s'accrut, la foudre frappa : la tempête,
Se décidait enfin à entrer dans la fête.
    Et les sous-bois épouvantés
    Semblaient soudain très mal famés.

Or, tous les habitants de la Lotharingie
Savent qu'il ne faut pas errer dans la forêt
Quand le tonnerre gronde et que dans le vent crient
Mille voix de l'enfer ou du ciel (qui le sait ?) :
La mesnie à Saint-Con passe alors dans les nues.
Si jamais tu l'entends, fais un signe de croix,
Rédige un testament, solde ton compte à vue,
    Pratique le bien, repens-toi.
    Mais, si jamais tu l'aperçois,
    Las ! tu n'auras plus jamais froid.

Ce fut d'abord le son infime, le tumulte
    Du vent qui dans les frondaisons,
Va répandre le bruit de mille nouveaux cultes
    Sans rémission, sans oraison.
Puis le chant des sirènes, puis le chants des stryges,
    Le hurlement des âmes liges,
    Toute la douleur ineffable
    Des esprits anéantissables.
De la meute invisible, alors, les aboiements,
    Le fatidique hallali
    S'imposa. Il se crut dément
    Et son regard pâlit.

Ses cheveux se dressèrent, bouleversement,
    Car il souffrait de calvitie,
Il sentit remonter comme un embrasement
Le long de son échine. Et ce fut la folie.

Il vit passer les gens de la mesnie Saint-Con,
Les phalanges et les légions ;
Il sentit dans son sang comme une ébullition
Et il fit dans son caleçon.

La jolie Émilie, ahurie, imbibée
D'essence, contemplait son ravisseur furieux
Qui s'arrachait les yeux,
Pendant qu'il s'embrassait d'une flamme avivée
Par le souffle de la tempête
Et par les choses dans sa tête.
Las ! le fol culbuta, lui retomba dessus :
Ce furent deux torches humaines.
Puis ce couple improbable, Saint Con les reçut
Dans ce cortège qu'il emmène,

Et, jusqu'au jugement dernier,
Ces deux flammes jumelles, dans les nuits d'orages,
À l'arrière du ban de la chasse sauvage,
Braillent des choses à renier.



***

Cela fut-il pour rien ? Car pour encor mille ans
    Braillent des Émilie Jolie.
Le monde change, un peu, au rythme lancinant
    De la géologie.

= commentaires =

Lourdes Phalanges


    le 25/04/2015 à 01:10:25
Dur de voter, j'ai un beau Top 4 maintenant.
Lapinchien


tw
    le 25/04/2015 à 01:10:32
#TwachveudireOuTwapasjveudir #ABenBravoMorray
NMPQ     le 25/04/2015 à 10:19:40
"Je m'appelle Emile Louis,
Je voudrais partir avec vous
Tout au bout du ciel sur vos ailes
Et je voudrais vivre avec vous ma vie."

Ok, c'est déjà mieux.
Lapinchien


tw
    le 25/04/2015 à 10:51:44
Emile Louis Jolie, amibe.
David


Il avait l'air malin. Il n'avait pas l'air bête.    le 26/04/2015 à 13:58:35
Salut,

l'héroine fait rêver comme on dit dans les salles de shoot, mais le récit titube assez vite après un départ plain d'élan. Il aurait pu l'emmener au fond du bois et la cramer en riant mais non, il fallait de l'anecdote, du rebondissement, de la mise en perspective on a frôlé le changement de paradigme bordel de merde c'est quoi ce foutoir en toile de jute !!!
Lapinchien


tw
    le 26/04/2015 à 14:03:00
Titube, ce serait cool comme nom de portail audiovisuel contributif avec uniquement des videos postées par des gens bourrés.
Lapinchien


tw
    le 26/04/2015 à 14:04:33
#StartUp #Innovation #FrenchTech #BPIFrance #NYSEAlternext #iziMoney
Dourak Smerdiakov


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    le 03/05/2015 à 15:24:43
J'ai adoré. Pour le moment, mon texte préféré de la Saint-Con cette année.

Oui, je n'ai aucune honte pour ces choses-là.

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