LA ZONE -
Résumé : Muscadet nous livre un nouveau shoot de fast philosophie. étrangement je commence à capter sa combine qui ne réside pas tant sur le fond mais sur la forme. Bien sûr superbement écrit et maîtrisé, on sent poindre cependant une astuce qui rend l'ossature de sa démonstration assez similaire à celle de son antépénultième texte. Il y a eu les déprimés et ceux qui en ont les symptômes, cette fois-ci on à le droit aux mystiques et aux matérialistes (me semble-t-il) ici carrément désignés par omégas et alphas. Les loups d'une meute dans un schéma de la domination ? Probablement pas mais il n'en reste pas moins qu'émergent des antagonismes et une binarité dans l'analyse qui sont super agaçants quand on se place d'un point de vue purement philosophique. Effectivement ça sonne faux, comme la ternarité de la rythmique d'un discours politique sauf qu'ici c'est pire puisque dual, clivant et surtout dans le domaine de la sociologie. Ce pattern est fallacieux. Ce pattern est réducteur. Certes je ne sais pas trop de quoi il s'agit, encore une histoire de postures et d'impostures, mais pourquoi essayer de capter le fond quand la forme vous semble déjà construite pour l'endoctrinement ? Bon maintenant il est temps que je lise le texte. étrangement, j'en redemande encore.

L'alpha et le mystique

Le 12/02/2016
par Muscadet
[illustration] Les deux sont anachroniques, les deux sont désespérés, les deux se font hérauts de leur caste.
Entre tolérance simulée et affrontement distancié, ils se livrent dans une opposition de style insensée mais qui leur apparaît vitale et qui va bien au-delà de la compétition sexuelle et reproductive -elle-même assez brève à l'échelle d'une vie-.
Des possédés de l'abîme.
L'un comme l'autre, à défaut d'être véritablement soutenus, piochent dans leurs ressources, à tort ou à raison qu'importe : c'est respectivement, et apparemment, la seule voie disponible, leur identité légitime, responsables et porteurs qu'ils sont d'un héritage qui refusera toujours de mourir et qui exige de ses contemporains le sacrifice.
Leur implication est olympienne, en marge du monde haletant, de batailles ouvertes en embuscades, jusqu'à ce qu'un champion ou un avènement, seul ou multiple, inattendu ou prévisible, réactualise le conflit, et dicte de nouvelles règles d'engagement.

Le mystique prétend à l'invisible, se drape, s'englobe dans l'occulte et se carapate, il confond sociologie et visions, quand l'alpha rappelle aux mémoires oublieuses ce qui a toujours été et ne saurait être écarté. La friction qui en résulte révèle le caractère inné de chacun : le mystique est kamikaze et se pose tout entier sur la balance, alors que l'alpha se laisse porter par l'inertie des forces latentes et compressives.

On ne revient pas de cet enrôlement d'hoplites, quelles que soient nos inclinaisons individualistes, et l'instinct crée l'embrigadement, sans péjoration, sans sarcasme facile.
Vous n'êtes unique que si vous pouvez accepter ce qui vous échoit. Il n'y a rien de plus déprimant que la frilosité, alors qu'il y a si peu à perdre.

Je suis un mystique, un omega, j'aspire aux déclins, je ne saurais exister autrement. Le cas échéant, ce monde serait trop sec et fat pour permettre durablement la vie de mon anima. Je l'ai choisi comme on choisit de manger lorsqu'on agonise de famine et que l'on se jette sur la première bouillie venue. En attendant un mieux qui pourrait ne jamais arriver, je survis, un parmi ma légion.

Cette légion, justement, ne connaît pas le soulèvement, antinomique à ses yeux, et se distingue par un système particulier en cela qu'il est éminemment désinvolte, par une guérilla feutrée, pantouflarde, active mais peu revendicatrice au final.
De l'autre côté du spectre, les alpha jouent sur du velours, se servant d'actualités et de tendances originelles pour consolider leur réclamation qui se résume en quelques mots : possession, prédation, ambition, confrontation. Ce sont les règles d'engagement actuelles.

Pleurez mon sort, je suis Pénélope, et lascivement, j'attends mon champion éthéré.

= commentaires =

Lapinchien


tw
    le 12/02/2016 à 23:16:41
arrête de pleurer, Pénélope : https://www.youtube.com/watch?v=KLN6CSfzajU
Muscadet


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    le 13/02/2016 à 04:54:39
J'avais envie d'un texte ultra-chiant comme on en faisait à l'époque, bien pontifiant comme il faut, cosmique et risible à la fois, affligeant et brave, manichéen et candide comme un samedi matin devant le Club Dorothée.

Je l'avais pourtant remplacé par un accent circonflexe très moqueur et de saison, et j'espérais ainsi faire suite à ma saga de la ponctuation qui avait rencontré un franc succès avec le point.
C'est alors, j'imagine, qu'un admin véloce comme le vent et agile comme le toucan, a profité de cette brève fenêtre temporelle pour publier ce texte avant circonflexion.
Bravo à lui et à ses réflexes de chimpanzé.
Lourdes Phalanges


    le 13/02/2016 à 09:48:56
J'aime, et malgré l'auto-critique pas tendre avec ton toi-même, je ne trouve pas ça emphatique. Le style est maitrisé.

C'est plutôt bien vu, même si l'analyse a déjà été faite, une nouvelle fois, il y a fort longtemps.

Il y a pas mal de textes ici bas dans lesquels les auteurs tentent vainement de parler d'eux et de leur positionnement vis à vis de la société, et celui ci survole aisément la mêlé.
Muscadet


site blog fb
    le 13/02/2016 à 12:44:12
Le dandy dandesque avait cru bon, lors de son précédent méfait, de me signaler de manière satisfaite et vaguement cryptée mon absence testiculaire.
Je tenais en retour à lui faire savoir que j'avais bien reçu son message, six sur cinq, depuis un bail et qu'il pouvait prendre un ticket.
L'amour-propre, c'est un fond de bassine, ce qui reste en suspension lorsqu'on n'a plus rien à dire.


Et Lourdes, mets-moi (...) un e à mêlée, tu seras bien brave.

Commentaire édité par Muscadet le 2016-02-13 13:05:23.
Lourdes Phalanges


La bravitude.    le 13/02/2016 à 13:11:51
Oups, je me suis emmêlée.

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