LA ZONE -
Résumé : Ce sonnet de Dourak Smerdiakov, publié dans le cadre du Marathon de la connerie en solitaire, porte l'intrigant nom de "Poney". Comme nous le dévoile le site rap genius dans son analyse de la chanson de Booba intitulée "Double poney", ce terme n'a pas de définition précise mais désigne les "poneys" plus gros que la moyenne. Le rappeur américain Ginuwine avait utilisé le mot "poney" pour parler de son sexe dans la chanson "Pony" à la fin des années 90. On peut donc penser que “Double poney” désigne ce qu'on appelle un “double décimètre”, un gros pénis, “une bite de cheval” et connaissant le goût de Booba pour les phrases vantant la taille de son engin, cette glorieuse métaphore est tout à fait probable. Dourak entre donc dans le rapgame de la crack zic-mu avec son simple "Poney" en mode décomplexé. Précisons que Dourak a récemment déclaré qu'il aimait bien son "Poney". Gageons qu'il doit bien lui rendre la pareille. [temporairement publié à la date du 23/08/17 pour raisons éditoriales]

Poney

Le 21/08/2017
par Dourak Smerdiakov
[illustration]
Tu me regardais dans les yeux,
Moi, je matais la réflexion
Dans les miroirs de ton cher fion
Lorsque nous nous trouvions au pieu.

J'avais mille ans de plus, de mieux,
Tu sortais d'une enfance à gnons.
J'étais un pervers très mignon :
Tu ne me trouvais pas sérieux.

Un soir de tiède intimité,
Par une nuit tendre d'été,
Je t'ai montée, ô ! doux poney,

Puis, décadente petite oie,
Soudain, tu m'as ouvert la voie.
Ça méritait plus qu'un sonnet.

= commentaires =

Muscadet


site blog fb
    le 22/08/2017 à 19:23:23
Fripon, donc.
Mais c'est bien sûr.
Lapinchien


tw
    le 23/08/2017 à 10:00:33
Une surprenante apologie du contorsionnisme.
Lourdes Phalanges


    le 23/08/2017 à 11:19:42
L'illustration sauve le reste, même si c'est appliqué techniquement.
Lapinchien


tw
    le 23/08/2017 à 11:44:33
le street-wear pour Centaures qui veulent se fondre dans la population humaine, un marché prometteur et étrangement boudé
Lapinchien


tw
    le 23/08/2017 à 12:20:29
"Montée". Je me demande ce que la révélation du genre de l'animal apporte au schmilblick ?
Mortalcastor     le 24/08/2017 à 00:22:23
Winter is cuming.
( comme ma poésie sur internet)
Dourak Smerdiakov


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    le 24/08/2017 à 00:52:44
Je trouve que le "e" atténue la transition du é au o, ne serait-ce que cela.
Lapinchien


tw
    le 24/08/2017 à 09:26:47
https://www.youtube.com/watch?v=GWnWH6vbHXM
Cuddle


fb
    le 08/09/2017 à 07:52:36
Voilà qui me donne le sourire, l'illustration, les vers. "Merci pour ce moment"
Lunatik-


    le 14/10/2017 à 04:07:52
Oui mais alors, si "montée" au féminin pourquoi "poney" au masculin ?

"J'étais un pervers très mignon"
Ce vers donne envie de te faire des bisous. C'est parfaitement incongru et embarrassant. Surtout en ces lieux.
Dourak Smerdiakov


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    le 14/10/2017 à 19:20:23
Remarque intéressante, je ne me suis même pas posé la question en écrivant. Il me semble qu'on peut assumer ce genre de changement de genre. Je ne crois pas qu'on écrirait à une femme : je t'ai aimé, mon chou / mon lapin / mon chameau.

Mais pourquoi pas "ponette", me rétorqueras-tu ?

"La forme francisée PONET,ETTE (1825), encore donnée par Littré, est sortie d'usage, mais la langue familière a repris le féminin PONETTE pour un poney femelle et au figuré (probablement par l'argot des turfistes) une jeune fille, une femme." Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert.

Foin de familiarités. Ni mon Petit Littré ni mon Robert de poche ne mentionnent le mot ponette, en revanche mon Petit Larousse définit bien la ponette comme une jument poney. Le fait est que j'ai une réticence sur le mot ponette.

D'un autre côté : "Dans le langage familier, certaines appellations hypocoristiques présentent une curieuse inversion des genres : le masculin est mis pour le féminin : [..] 'Ah ! Suzon, vous êtes une bath copine, MON PETIT' (G. DUHAMEL, Suzanne et les jeunes hommes, p.40)" Le Bon Usage, Grévisse, 1955.

Ça me justifie, mais au nom du langage familier. J'ai donc finalement choisi ma familiarité préférée.

En plus, le titre "ponette" est déjà pris par un film de Jacques Doillon.

Par contre, ça aurait rimé avec binette, occasion manquée. La vie est faite de choix déchirants.
Lunatik-


    le 14/10/2017 à 20:24:40
Dommage, ça aurait eu de la gueule aussi :

"Je t'ai montée, ô ! ma ponette,

Puis, décadente petite oie,
Soudain, tu m'as ouvert la voie.
Ça valait plus qu'une tinette."

Je t'accorde néanmoins que ma sensibilité poétique est peut être un poil moins exacerbée et élégante que la tienne, et qu'une femme préfère probablement qu'on lui dédie un sonnet qu'une tinette (même en porcelaine de Chine ou marbre de Carrare)

Par contre, Littré et son pote Robert n'ont jamais mis les pieds dans une écurie. Personne, dans le milieu du cheval, n'utilise autre chose que ponette pour désigner la femelle du poney.
Dourak Smerdiakov


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    le 14/10/2017 à 21:19:00
Bah, en fait, des écuries de ma jeunesse, j'ai le souvenir contraire : autant que je me souvienne, on utilisait indifféremment le mot poney et jamais le mot ponette. Ça date de pas mal d'années, je le reconnais.

Pour moi, spontanément, féminiser poney en ponette, c'est comme si on féminisait jockey en jockette, hipster en hipstrice, cockney en cocknette, cocker en cockrice, etc.
Lunatik-


    le 14/10/2017 à 21:43:44
Diantre. Serais-tu si considérablement plus croûlant que moi, carrément blanchi sous le harnais et tout ?
Parce que je monte depuis que j'ai quatre ans, j'ai bossé dans les chevaux une douzaine d'années, et on a toujours utilisé ponette.
Je ne suis pourtant plus de première fraîcheur (bon, je n'utilise pas encore de déambulateur, entendons nous, mais il est loin le temps de ma carte Kiwi)

C'est choupi cocknette (par contre, cockrice me fait penser à cockring...)
Lapinchien


tw
    le 14/10/2017 à 21:54:00
https://www.youtube.com/watch?v=BMWlbhfPiP8
Dourak Smerdiakov


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    le 14/10/2017 à 22:05:18
C'était il y a plus ou moins trente ans, et dans un contexte linguistiquement conservateur. Personne n'employait l'expression "au jour d'aujourd'hui", et la préposition "sur" ne servait qu'à bon escient. J'ai eu une enfance heureuse, hélas. Peut-être aussi que j'embellis et déforme rétrospectivement.

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