LA ZONE -

Le plus beau mulet d'Europe

Le 04/06/2024
par Clacker
[illustration] — C'est ma coupe de cheveux que tu regardes ?
Ses lèvres remuaient à peine. Sous la fine moustache, les mots sifflaient comme des fléchettes à sarbacane.
— Hein ? C'est ma coupe de cheveux ?
Il parlait tout bas, pour ne pas réveiller Sandy échouée sur le canapé-lit. Sandy, qui ressemblait à un énorme pochon Monoprix rempli de fringues à donner aux nécessiteux, un sac à bretelles de cent cinquante-cinq kilos. C'était ça : un ventre recouvert d'une chemise de nuit tachée de Nutella et de Ketchup Heinz, des bras comme des mats avec les voiles qui se rident et claquent au vent, une petite tête de truie négligée, et deux guibolles amputées au-dessus du genou - résultat de vingt-deux années d'un diabète de type deux pris à la légère.
— Tu veux une taloche sur ta tête ? On sort pour régler ça entre hommes ?
Et vlan ! Il déplia sa jambe d'un coup et sa rangers se figea à deux centimètres du miroir.
Une patte tenue en l'air, l'autre solidement plantée au sol, Max prit le temps de se passer la main dans les cheveux. Un High Kick parfaitement exécuté. S'il avait voulu, il aurait brisé la glace sans que son reflet ait le temps de l'imiter.
Son regard glissa vers la photo épinglée sur le cadre du miroir. C'était le portrait d'un homme extraordinairement laid à l'impeccable coupe mulet.
— Jakub Rabitowicz, j'espère que ton merlan ne t'a pas loupé cette année, parce que je m'en vais te coiffer au poteau, toi et ton putain de coach capillaire. Tout va se jouer demain, champion.
Sur le rebord de la fenêtre ouverte, un grillon observait de ses yeux à angles droits Max rejouer Taxi Driver dans le salon de son mobil home.
Max et Sandy avaient hérité du « Palace », comme ils aimaient l'appeler, six mois après la mort brutale de leurs parents. Les darons revenaient d'un cochon grillé qui se tenait à Locminé, imbibés comme des bulots au vinaigre, et puisque le père avait négligé de refaire la transmission de la Vel Satis, ils prirent un virage en épingle à cent douze kilomètres heure. Dans la carcasse calcinée de la bagnole, au petit matin, on ne retrouva d'eux qu'une couronne dentaire en aluminium.
Le choc fut rude pour la petite Sandy, six ans, qui se réconforta pendant les vingt-deux années suivantes en dévorant à belle dent tout ce qui lui tombait dans le caddie.
Max, quant à lui, suivit des cours de kick boxing pour extérioriser son vague à l'âme. Quand ce n'était pas suffisant et qu'il avait le blues, l'humeur torturée par les hormones adolescentes, il se retapait l'intégrale des films de Jean-Claude Van Damme, des marathons de cinq jours pendant lesquels il ne buvait que de la gentiane. C'était son zapoï à lui, et dans ces moments-là, mieux valait ne pas traîner dans le périmètre du mobil home sans y être expressément invité, sans quoi l'intrus prenait le risque de se voir salement démantibuler à coups de lattes.
Max avait une relation spéciale à Jean-Claude Van Damme. Ce n'était pas son idole à proprement parler. Rien à voir, par exemple, avec une « Johnnyfication », ce syndrome inquiétant qui touchait les plus grands fans de Halliday, et qui les métamorphosaient progressivement en sosies peroxydés du rocker. Non, il s'agissait d'autre chose.
C'est en voyant Chasse à l'homme pour la première fois que Max décida d'adopter la coupe mulet et de se mettre aux arts martiaux. Ce fut une véritable révélation - pas très éloignée de la bouffée délirante aigüe, nota le psychiatre qui le suivait depuis ses dix ans. Selon lui, Jean-Claude représentait un modèle de père pour Max, un archétype viril et héroïque auquel le petit garçon fraîchement orphelin pouvait s'identifier.
C'était aussi pour lui un maître à penser. Max comprit sans peine pourquoi tout le monde se mit subitement à railler l'acteur belge. Quand quelqu'un parle avec son coeur sur un plateau télé, on le crucifie en direct. Tous ces foutus animateurs, épouvantails en costards, repoussoirs à neurones, n'étaient en définitive que des Ponce Pilate en puissance.
Alors que la pomme contenait indubitablement de la pectine, cet excellent stabilisateur du taux de cholestérol et facilitateur de satiété. Que le fait d'être « aware » ne signifiait rien d'autre que ce que tous les coachs en développement personnel appelaient désormais « la pleine conscience ». Et que l'eau, dans vingt-trente ans, viendrait effectivement à manquer.
Des mots simples pour traduire des concepts parfaitement vérifiables et sourcés.
Jean-Claude Van Damme avait tort d'avoir raison trop tôt, comme tous les prophètes avant lui.

Cette année, Max fêtait ses trente-deux ans. Il avait enchaîné les boulots saisonniers et les indemnisations chômage pour remplir le frigo du Palace, tonneau des Danaïdes constamment vidé par Sandy. L'amputation récente de ses jambes n'avait aucunement freiné l'ogre d'un quintal et demi dans son suicide à la malbouffe. Elle dévorait entre autres ses douze paquets de Doritos quotidiens, attendant sereinement la cécité totale puis la mort, le visage détendu comme celui du Bouddha.
Mais elle était gentille.
Foncièrement.
Sandy était une sainte, et c'est pourquoi Max n'hésitait jamais une seule seconde avant d'arracher d'un coup de pied retourné la mâchoire du premier crétin qui la surnommait « Sandy Kilos ».
Elle ne se levait plus du canapé-lit depuis sept ou huit ans, Max la lavait avec des lingettes pour bébés (les escarres qui se formaient sous les bourrelets de graisse nécessitaient aussi des désinfections régulières) et il avait creusé le matelas et découpé le parquet pour installer sous son cul monumental un tuyau d'évacuation directement relié à la fosse septique.
Pourtant, après sept ou huit ans d'immobilité totale, Sandy allait bientôt parcourir quatre-cent-soixante-dix-sept virgule quatre kilomètres. Ce ne serait pas simple, mais Max l'emmènerait avec lui au concours du plus beau mulet d'Europe, qui aurait lieu cette année à la Souterraine, dans la Creuse.

Jakub Rabitowicz était le triple tenant du titre. Trois victoires consécutives depuis sa première participation en 2021. On ne savait rien de lui, sinon qu'il était Serbo-Croate. Un observateur désintéressé des nuques longues l'aurait seulement trouvé d'une laideur à provoquer des morts subites du nourrisson. Il est vrai que son visage ne ressemblait à rien de connu chez l'homo sapiens-sapiens. Il évoquait, à la rigueur, ce qui pourrait advenir si un lémurien fautait avec une rascasse.
Mais son mulet...
Son mulet était d'une absolue perfection. C'était la quintessence du mulet Longueuil primordial. Le véritable, l'originel, savamment désordonné sur la nuque, rasé à trois millimètres sur les tempes, ramassé en une houppette arrogante sur le front, frisotté aux pointes, recouvrant chaque épaule avec légèreté, comme un délicat voile d'hivernage.
La maîtrise de sa coupe de cheveux contrastait tellement avec sa physionomie qu'elle éclipsait totalement sa laideur, et réussissait le tour de force de le rendre férocement beau - à celui qui savait voir.
Il était toujours accompagné de son entraîneur, un petit homme à chapeau melon, un américain mystérieux. Quand ce n'était pas sur son cigare, le coach tirait souvent sur la manche de Rabitowicz, qui se penchait à sa hauteur, et il lui chuchotait alors des instructions secrètes.

Max laissa retomber sa jambe avec une maîtrise totale de son équilibre. Il se détailla dans la glace. Son marcel était bien ajusté sur ses pectoraux. Son bermuda kaki remontait juste où il fallait, sous les genoux. Sa chaînette en or frappée de ses initiales étincelait sous ses poils de torse.
— Tu es prêt, souffla-t-il à son double.
Le lendemain, son vieux pote Charles ramènerait sa Dacia devant le Palace. Il viendrait avec son van pour chevaux, aiderait Max a désincarcérer Sandy du canapé. Ils la déplaceraient à l'aide de son chariot de chantier, et l'installeraient dans le van.
Mais avant ça, il fallait abattre une cloison et agrandir l'entrée du mobil home. Il s'en chargerait à l'aube, à la masse, après le petit déjeuner de l'ogre.

L'installation de Sandy dans le van s'avéra moins compliquée qu'il s'y attendait. Le plus délicat fut de découper le tissus du clic-clac qui avait fusionné avec la peau de Sandy. Max écorcha un ou deux bourrelets avec son canif, mais sa soeur ne broncha pas. Elle se tenait tranquille, comme une vache sacrée ruminant au sommet des jardins suspendus de Babylone, indifférente au monde des hommes. Ils la firent basculer dans le chariot en soulevant le canapé à l'aide d'un cric hydraulique, puis la chargèrent dans le transport sans difficulté.
— On va rouler tout doux, ma grande, dit Charles en flattant le flanc de la bête, après qu'ils l'eût déchargée sur un empilement de matelas bien calés dans le van.
Sandy souriait, les yeux mi-clos.
— Il faut quand même qu'on se magne, on a de la route, dit Max en glissant quatre boites de cassoulet William Saurin entre deux replis adipeux.
Ils refermèrent le pont du van et rejoignirent l'avant de la Dacia. Charles regarda Max.
— Putain, tu l'as pas loupée, ta coupe, affirma-t-il.
— Je sais, répondit Max.

Pendant le voyage, Max et Charles discutèrent de ce qui les attendaient sur le lieu du concours. La brochure mentionnait un stage d'initiation à l'arbalète (« derrière le champ de Jacky » précisait-on), des jeux d'adresse (fléchettes et lancer de fers à cheval), un concours de T-shirts mouillés (« pistolets à Stella Artois fournis »), un « coin MidWest avec feu de camp et serpents à sonnettes en plastique (ramenez les ukulele) » et bien entendu, des rafraîchissements et de la restauration rapide (« galettes-saucisses réalisées par une bretonne certifiée »).
Le trafic était fluide, et les deux premières heures de route passèrent sans que Max s'en aperçoive. Ils arrivèrent aux abords de Nantes et firent halte dans une zone industrielle.
Ils passèrent au drive d'un KFC et commandèrent six Maxi Giants Buckets et trois Tenders de poulet, puis garèrent la Dacia sur le parking d'un garage Norauto.
— Elle est toute pâlotte, remarqua Charles, quand ils baissèrent le pont du van.
— Ouais, elle nous fait une petite hypoglycémie. Mais on a ce qui lui faut.
Sandy accueillit son premier Maxi Giant Bucket avec un soulagement notable.
— C'est qu'il fait chaud, en plus, pour un mois de mars, reprit Charles, inquiet.
— Y a plus de saison, dit Max en tirant sur sa clope.

Sandy reprit des couleurs, et ils levèrent le camp. Il leur restait encore trois heures et demi de route, alors Charles s'offrit une RedBull et Max un café agrémenté de gentiane. Max n'était pas du genre à parler de lui, de ses émotions, il avait plutôt tendance à tout garder en dedans, et quand ça se mettait à bouillonner à l'intérieur, comme du lait brûlant prêt à sauter d'une casserole, il relâchait la pression en donnant de grands coups de pieds dans un sac de frappe. Pourtant, dans l'habitacle climatisé de la Dacia, en compagnie de son plus vieux pote et après sa deuxième tasse de café amélioré, il se sentit suffisamment détendu et en confiance pour se livrer un peu.
— Charles, tu te demandes sûrement pourquoi je fais tout ça.
Charles quitta un instant la route des yeux pour l'encourager, d'un regard neutre, à continuer.
— Le concours n'est qu'un prétexte.
Il s'alluma une cigarette, avec une expression dure, comme s'il luttait contre une douleur lancinante ou bien une subite envie de chier.
— Sandy va mourir, tu sais. Le doc qui est passé la voir la semaine dernière lui donne trois mois. Peut-être moins.
Charles encaissa la nouvelle en serrant les mains sur le volant. Ses yeux s'embuèrent et sa mâchoire se contracta, mais il resta silencieux.
— Je sais que tu l'aimes, Charles. T'étais tombé raide dingue d'elle, tout gamin, au premier regard, quand on est devenus tes nouveaux voisins. T'as jamais cessé de l'aimer, pas vrai ?
Charles opina, lentement.
— Je veux qu'elle voit un peu autre chose que le lambris du Palace avant de quitter ce monde. Qu'elle entende les rires des gosses, qu'elle sente l'air pur de la Creuse. Bien sûr, c'est aussi pour moi, que je le fais. Je veux gagner ce putain de concours. Je veux mettre une tannée à Rabitowicz.
— Pourquoi c'est si important pour toi, de gagner contre lui ? demanda Charles, la voix pleine de larmes retenues.
Max jeta son mégot par la fenêtre et fixa son attention sur le paysage de plus en plus plat et insipide qui défilait à cent-trente kilomètres heure.
— Le mulet, ce n'est pas seulement une coiffure. On ne décide pas d'avoir un mulet pour faire rire ses potes, ou pour se donner de l'originalité. On ne porte pas le mulet par désir d'appartenance à un groupe. Ce n'est pas un geste anodin. C'est le symbole d'une certaine conception des choses. C'est... putain, c'est comme de se faire frapper par la foudre, et rester en vie. C'est un tournant majeur dans ton existence, une remise en question de tout ce qui fait que tu es ce que tu es. C'est une expérience de mort imminente. Rien de moins que ça. Le mulet, c'est porter la matrice de ta mère sur la tête, à la vue de tous.
Charles plissa les yeux. Il avait du mal à suivre.
— Et Rabitowicz a le plus beau mulet que j'aie jamais vu, reprit Max. Bordel, il est tragique, son mulet. Je sens que son âme est aussi tragique que sa coupe de cheveux. Je dois me mesurer à sa grandeur. Je dois sonder, et tracter avec mon âme toute la profondeur de son âme. C'est un combat de boxe, Charles. Un bon vieux combat de boxe.

« Vous qui entrez ici, abandonnez toute élégance ».
Voici ce que proclamait le panneau à l'entrée du site, cloué tout en haut d'une arche composée de matériaux de récupération (des tubes de cuivre, de la tôle froissée, un cône de chantier...).
Il y avait déjà foule, et il arrivait encore du monde. Max et Charles n'eurent pas besoin de faire la queue jusqu'au guichet. Max avait réservé sa participation au concours par internet. Il brandit son badge « artiste » face à un bénévole et présenta Charles comme son coach officiel. Le type les conduisit au salon VIP et leur offrit deux grands verres de Stella Artois à la tireuse.
— Voici un plan du site, et vos jetons pour les galettes-saucisses, dit le bénévole, avant de s'éclipser.
Ils éclusèrent leur bière, un rafraîchissement mérité après ce long voyage sous le soleil d'un mois de mars aux températures bien au-dessus des moyennes saisonnières.
— Je me fais un peu de bile pour Sandy, déclara Charles en tirant une deuxième Stella.
— Elle est bien installée. On a même trouvé un coin à l'ombre pour le van, répondit Max en suçotant sa moustache pleine de mousse.
— C'est qu'il fait vraiment chaud...
— On repassera la voir tout à l'heure, pour son injection d'insuline. Bon, on bouge. Je veux savoir ce que ce festival a dans le ventre, m'imprégner de son atmosphère.
Ils déambulèrent un moment, tournant en rond, revenant sur leurs pas, se reportant sans arrêt à leur plan, pour localiser les stands et les animations. Le concours à proprement parler ne débutait qu'en soirée, vers vingt heures ; ils avaient du temps à tuer.
Plusieurs coiffeurs étaient installés avec leur équipement sous une tonnelle, et Charles décida de s'offrir une coupe mulet. « Oserez-vous passer le cap ? Votre famille va adorer », disait une affiche collée sur un fauteuil de barbier.
On considère le fait d'adopter une nuque longue comme une simple attraction de fête foraine, songea Max. Cette idée ne lui plaisait pas beaucoup. D'ailleurs, tous ces types qu'ils croisaient avec des postiches, des perruques blondes platine en forme de coupes mulet et des fausses moustaches ne lui plaisaient pas non plus. Ce n'était pas sa conception des choses. On ne jouait pas avec le mulet.
Passablement irrité, Max laissa Charles à son coiffeur et se dirigea vers une véritable attraction : une machine à poing, qu'on appelle aussi le « Coup de Poing Boxeur », ce sac en forme de poire qu'il faut frapper le plus fort possible pour gagner des points.
— Je peux le taper du pied ? demanda Max au gros type derrière son comptoir.
— Si t'arrives à lever la jambe assez haut, se marra le forain.        
Max attendit son tour, et passa juste après un binoclard qui avait tout juste réussi à effleurer le sac. Un trois précédé de deux zéros était apparu sur l'écran des scores.
Max se positionna, transféra tout son équilibre sur sa jambe gauche, pivota légèrement et déplia la jambe droite avec la célérité d'un cobra qui attaque - pour tuer. Son pied décrivit un arc de cercle et percuta le jouet, qui, sous la force de l'impact, se délogea de son support et arracha un piquet de tente dans son envol. Le cadran des scores afficha d'abord neuf-cent-quatre-vingt dix-neuf en lettres rouges, puis les chiffres furent remplacés par un message d'erreur.
— Hé, là ! Putain, tu sais combien ça coûte, cette merde ? gueula le gros lard.
— Probablement trop cher pour ce que c'est, répliqua Max.    

Plus il découvrait le festival, moins il s'y sentait à sa place. On proclamait partout, des affiches placardées ça et là aux conversations dont lui parvenaient les bribes, que l'évènement devait traduire l'expression d'un mode de vie libre, sans jugement. Qu'ici, on devenait celui qu'on était vraiment. De la philosophie Nietzschéenne de bas étage. Tout ça sonnait faux. Aussi faux que le ukulélé de ce guignol à perruque rose massacrant les plus belles chansons de Cabrel.
Une sale odeur parvenait au nez de Max, et c'était l'odeur de l'artifice. Pas celle des feux de Bengale ou des pétards qui éclataient à l'autre bout du champ de Jacky (pas loin du terrain d'initiation à l'arbalète), non. Une odeur de contrefaçon. Une odeur d'hypocrisie.
Des foutus hipsters. Voilà ce qui constituait l'essentiel de la faune, ici. Ces mecs et ces nanas jouaient aux ploucs, l'espace d'un week-end. Parce que c'est bien comme ça qu'ils considéraient les porteurs de mulets Longueuil. Max n'avait rien de commun avec eux.
Quand il retrouva Charles, il ne fit aucun commentaire sur sa nouvelle coupe de cheveux.    
— On va voir Sandy, lui dit-il, franchement énervé.

Charles sentait que l'humeur de son pote était en train de virer à l'aigre. Il lui proposa de discuter tranquillement dans la voiture en écoutant du Neil Young, mais Max ne voulait plus s'épancher. Il attrapa la bouteille de gentiane et l'attaqua au goulot.
— Putain de mascarade. Cet endroit, c'est un carnaval à la con.
— C'est pas si mal, les gens se marrent bien, tempéra Charles en caressant ses tempes fraîchement rasées.
— Ils se marrent, ouais. Comme des petites souris, bien polies. Ils jouent aux cons. Vides. Ils sont vides à l'intérieur.
Charles haussa les épaules, puis demanda :
— Tu veux repartir ?
Si Max avait eu des couteaux de chasse à la place des yeux, Charles se serait vidé de son sang dans la seconde.
— Hors de question. La seule chose qui compte, maintenant, c'est Rabitowicz. Je me suis renseigné auprès de la connasse qui fait les galettes. Jakub est en train de se préparer dans sa roulotte, avec son coach. Il n'en sortira qu'à la nuit tombée.
— Ouais, ce serait dommage de louper le concours. T'as vu comment ça se passe ? Ils ont un grand panneau, là, « l'applaudimètre ». Un truc mécanique. L'an dernier, Jakub Rabitowicz a fait péter la jauge.
— Je sais. Il va prendre la taloche de sa vie, dit Max, le regard troublé par la gentiane.
— On dirait que ta soeur tient le coup.
En vérité, c'était difficile à évaluer. Sandy arborait le même air serein en toute circonstance. Elle pouvait s'enfiler une douzaine de saucisses au fromage, ou bien dormir, ou bien se chier dessus, son visage ne trahissait jamais la moindre altération d'humeur. Calée dans sa propre graisse comme dans un sarcophage, elle pouvait tout aussi bien être morte.
— Je pense que ça lui plaît d'être ici, ajouta Charles avec un regard tendre.
Il s'assit à côté d'elle, sur le matelas, et lui posa affectueusement une main sur le genou.
Quant à Max, il se brossait rageusement la crinière face au rétroviseur extérieur.

La nuit tomba, implacable comme un compte à rebours.
Puis vingt heures sonnèrent, et la foule se massa devant la scène où un sinistre groupe de Black Metal finissait de coller des acouphènes à tout le monde. Au début du concert, les spectateurs étaient au nombre de trois - dont la mère du bassiste. Désormais, ils étaient des centaines. Les festivaliers ne couraient pas écouter à tout prix le morceau de rappel de ExterminatorDutroux, mais se rassemblaient pour assister au concours du plus beau mulet d'Europe qui aurait lieu dans quelques minutes.
Enfin, au bout d'un interminable solo, le guitariste maquillé comme un panda faisandé attrapa son instrument par le manche et le fracassa contre un ampli, façon Pete Townshend. L'effet fut assez pathétique. La foule resta de marbre alors que le groupe quittait la scène, mais applaudit subitement à tout rompre lorsque Jacky (le propriétaire du terrain sur lequel se déroulait l'évènement) fit son entrée, micro à la main.
— Mesdames et messieurs, moi c'est Jacky... alors... Donc, c'est la deuxième... Non, pardon, la cinquième édition du plus beau mulet du monde...
— A poil Jacky ! cria un intellectuel dans le public.
— Comme un ouragan, putain ! hurla un autre.
— ...d'Europe... le plus beau mulet d'Europe, reprit Jacky. Donc, le principe... En gros...
— ON-VEUT-DUMULET ! ON-VEUT-DUMULET ! Aatchikatchikatchik !
— ...je vous explique...
— COOOMME UN OUUURAGAN !
— ...ben il va falloir applaudir...
— QUI EST PASSEEE SUR MOI !
— ... et celui qui est applaudi le plus fort...
— L'AMOUUR A TOUT EMPOOOORTEEE !
— ...gagne le concours. Voilà, en gros, conclut Jacky, alors que le public était déjà chaud bouillant.
Les concurrents attendaient dans les coulisses, et la tension était palpable. Chacun se concentrait sur son objectif et sa nuque longue.
Max effectuait des séries d'abdos juste derrière la rampe d'accès à l'estrade. Il savait que la juste dose de sueur sur un mulet pouvait changer la donne. Lui procurer de la brillance, et un lustre naturel.
Certes, les coupes de ses concurrents avaient fière allure, mais il ne se sentait pas menacé. Ils leur manquait un détail fondamental, une chose sans laquelle un mulet restait une simple coiffure, au lieu de devenir le prolongement d'une individualité pleine de panache : du vécu. Et Max n'en manquait pas. Jakub Rabitowicz non plus, à l'évidence.
Les mulets se succédèrent sur la scène, sous des applaudissements plus ou moins nourris. L'applaudimètre ne dépassait jamais la zone jaune de la jauge. En vérité, de toute l'histoire du concours, seul Rabitowicz l'avait poussée dans le rouge, et au-delà. C'est lui que tout le monde attendait.
C'est alors qu'il apparut, montant les marches maladroitement, boitant, louvoyant d'un côté et de l'autre. Il dépassait probablement le mètre quatre-vingt, mais sa posture le rapetissait. Comme une coquille d'escargot, il était recourbé sur lui-même, les épaules tombantes, la nuque tendue en avant, et au bout, une tête indicible.
Un vautour.
Un superbe vautour, pensa Max.
Dans l'assemblée, un silence religieux se fit. Au premier rang, le petit coach, l'américain, retira son chapeau et le tint contre son coeur. Il arborait un crâne parfaitement chauve, rendu brillant par la sudation.
Rabitowicz se tint au centre de l'attention, resta longtemps immobile, ménagea son effet, puis tourna la tête pour laisser au public le soin d'admirer son profil.
Comme des claquements d'ailes de chauve-souris dans une grotte aux résonances baroques, les applaudissements commencèrent. Très vite, les percussions se multiplièrent, le son grossit de façon exponentielle. La foule tapait aussi des pieds sur la terre battue, et même, quelqu'un se mit à frapper du plat des deux mains le crâne de l'américain.
La jauge, déjà, tirait sur le carmin.
C'était comme si Max avait reçu un uppercut sur le menton. Un tel mulet ne pouvait pas exister à l'état naturel. Il resta sonné un moment, et pendant ce laps de temps, hésita à faire machine arrière. A fuir à travers champs. Disparaître.
Mais il passa une main dans sa chevelure, lentement, et ce geste rassurant lui fit reprendre contenance. Il n'allait pas attendre bêtement la défaite, sans rien faire. Passer après l'ouragan. Laisser exploser l'applaudimètre. Non, hors de question. Il lui fallait grimper sur l'estrade, tout de suite. Faire face à Jakub. Lui opposer sa vision des choses. Lui opposer son mulet Longueuil.
Sans s'en rendre compte, il était déjà sur scène. La gentiane, peut-être, mêlée à la tension paroxystique et à la chaleur suffocante de la soirée, provoquaient des courts-circuits dans sa conscience. Comme si son coeur manquait des battements et arrachait à sa matière grise des bribes de son existence.
Les applaudissements avaient presque cessé, et ceux qui résonnaient encore, allant en s'amenuisant, évoquaient davantage l'interrogation que l'exclamation.
Jakub ne bronchait pas. Il fixait de son air endormi Max, qui bandait les muscles sous son marcel et hurlait comme un possédé. C'étaient des cris de guerre, bestiaux, gutturaux, plus déchirants encore que ceux du chanteur d'ExterminatorDutroux. Il gueula pendant une minute entière, sans interruption, avant qu'une voix monotone résonne dans la sono, depuis la régie :
— Il est interdit de monter sur scène pendant qu'un candidat exhibe son mulet. Disqualification.
L'esprit de Max fit une vrille, comme un siège de balançoire voltige à deux-cent-quatre-vingt degrés si on le pousse assez fort, et il y eut un brusque changement de décor.

Deux types emperruqués gisaient au sol. L'un pissait le sang du nez, l'autre avait la mâchoire désaxée. Des grands formats. Probablement des gars de la sécurité, songea Max. Il ressentait une douleur sur le côté du pied droit, du talon jusqu'au petit orteil.
Où était-il ? Il reconnut la tireuse à bière, au fond de la tonnelle. Le salon VIP.
On dirait bien que tu leur as fait une démonstration à la Full Contact, Max, dit une voix. Une voix qui lui rappelait quelqu'un. Une femme. Et cette femme n'était plus en vie depuis vingt-deux ans.
La voix était accompagnée d'un mal de tête infernal, comme si on faisait couler du plastique fondu dans son crâne préalablement décapsulé façon oeuf à la coque.
D'accord, il est probablement temps de mettre les voiles, se prit-il à répondre tout haut.
Tu dois trouver Charles, il a les clefs de la Dacia, reprit la voix.
Charles. C'est noté.
Il se rua hors de la tonnelle, son pied le lança davantage, et sa conscience lui échappa une fois de plus, comme une bille de flipper projetée d'un coup par le ressort métallique qui se détend.

Quand il reprit possession de lui, Max courait comme un damné, le poing serré sur quelque chose. Il fonçait au milieu des festivaliers, les esquivant au dernier moment. Son attention faiblit le cours instant où il vérifia ce qu'il tenait dans sa main (les clefs de la Dacia), et il renversa un gamin armé d'un pistolet à eau - ou à Stella Artois. La mère du môme balança un sonore « fils de pute, j'vais te saigner » en faisant mine de le poursuivre. Elle abandonna après deux enjambées, parce que Max s'était retourné pour lui faire face.
Derrière la mère, il aperçut Charles, une vingtaine de mètres plus loin, qui trottinait en grimaçant.
— Max ! Maaax ! criait-il.
Son champ de vision englobait également une roulotte. Pas n'importe laquelle. La roulotte de Jakub Rabitowicz.
Un éclair de douleur lui traversa la tête en même temps qu'une idée aussi percutante qu'une comète.
Oh, oui, j'imagine que tu meurs d'envie de le rencontrer, dit la voix. Tu brûles d'en savoir plus sur ce type. Fais ce que tu as à faire, et rejoins-nous, fiston.
Ouais, je veux comprendre, répondit Max. Alors il s'élança en direction de la demeure de Rabitowicz. Charles s'étonna de le voir changer de cap. La mère s'écarta d'un bond, craignant pour sa vie.
Max eut seulement le temps d'entendre Charles l'appeler encore une fois avant que sa conscience ne se fasse la malle.

Il se tenait maintenant devant l'entrée de la roulotte. La porte reposait à plat sur le sol, dans la pièce, comme si elle avait été dégondée. Quelqu'un gueulait dans l'obscurité de la maison ambulante.
Max reconnut le coach qui sautait sur place.
— Crazy son of a bitch ! Go ! Tu partir loin, très loin du champion ! Motherfucking piece of shit !
— Ecarte-toi de mon chemin, petit homme.
Max entra en marchant sur la porte. Il tremblait comme un taureau sur le point de recevoir l'estocade finale.
— For fuck sake ! Good luck, son ! siffla l'entraîneur à l'intention de Rabitowicz, assis devant une coiffeuse, et il s'enfuit de la roulotte.
Jakub observait calmement Max. Son faciès répugnant n'exprimait aucune animosité. Max, lui, crut s'évanouir. Comme un crochet au plexus, ce qu'il vit lui coupa le souffle.
— Qu'est-ce que... c'est impossible, bredouilla-t-il.
Devant lui se trouvait le quadruple gagnant du concours du plus beau mulet d'Europe, chauve comme un genou, une espèce de filet blanc collé sur le crâne. A côté de lui, sur un support en bois, reposait un amoncellement de poils châtains évoquant un renard très mal empaillé.
Un postiche.
Cet enfoiré portait une perruque. Le plus beau mulet d'Europe, depuis quatre ans, n'était en réalité qu'un toupet de merde.
La douleur lui vrilla la tête comme une carotteuse à percussion.
— Ton mulet est vivant, dit Jakub en pointant du doigt la chevelure de Max.
Max continuait de fixer la perruque sur son socle, hébété.
— Il saigne, insista Rabitowicz.
Alors il porta une main à son front, et vit le liquide rouge sur ses doigts.
Il est temps, fils, dit la voix de sa mère.
Et une fois de plus, il y eut une fêlure dans l'espace-temps.

— Max, espèce de cinglé ! Attends !
La voix de Charles semblait sortir d'un long et lointain tunnel. Max tourna la clef dans le contact. Le moteur de la Dacia rugit, et la voiture, qui était en prise, bondit en avant comme un fauve sur une proie, puis cala.
Dans la glace du rétroviseur, côté passager, Max vit Charles s'approcher de l'arrière de la bagnole, puis se pencher au niveau du coffre.
— Ne démarre pas ! Ne démarre pas ! cria-t-il.
Démarre, lui ordonna sa mère.
Max fit déraper la Dacia dans la boue. Charles n'eut pas le temps de retirer la goupille ; il relâcha la barre d'attelage du van et s'écarta de justesse du véhicule.
Max filait vers son destin et charriait derrière lui sa soeur, comme le boulet qu'elle avait toujours été.

Accélère, mon fils. Tu ne voudrais pas arriver en retard à notre rendez-vous, dis-moi ?
Non, m'man, répondit Max, les mains serrées sur le volant. Il roulait, tous feux éteints, sur la D55 en direction de Saint-Michel-De-Veisse. Le visage qui apparaissait dans le rétroviseur, baigné par le clair de lune, ne lui semblait pas être le sien. Un jeune type avec un air hagard, du sang plein la figure. Une gueule de raté, aurait dit son père.
Ton père a toujours été trop dur avec toi, lui chuchota sa mère. Le sang qui lui pulsait aux tempes faisait un bruit assommant, pourtant la voix dans sa tête passait au premier plan, comme si on lui avait collé une enceinte Bluetooth à l'arrière du crâne.
Il lui sembla un instant qu'une ombre s'était penchée sur lui, depuis la banquette arrière. Mais non, personne d'autre dans la voiture. Là, derrière, il n'y avait que Sandy, plus loin dans le van... et le van... bordel de merde ! Le pont du van était resté ouvert !
Max se frappa le front. Il se retourna sur son siège pour regarder par la lunette arrière. Le pont raclait le bitume en une flambée d'étincelles comme autant de lucioles dans la nuit.
Il resta bêtement dans cette position, fasciné par le spectacle, s'attendant à voir Sandy se faire éjecter d'une seconde à l'autre du van, et ne remarqua pas le panneau d'entrée de Saint-Michel-De-Veisse à quelques dizaines de mètres, pas plus qu'il ne remarqua le dos-d'âne que la Dacia allait prendre à pleine vitesse, lancée à cent douze kilomètres heure.
Les suspensions accusèrent le choc contre le cassis, puis la voiture s'envola, le nez vers le ciel étoilé. Le véhicule entama une vrille dans les airs, et le van suivit le mouvement, avec un léger temps de retard. Le temps, d'ailleurs, sembla s'étirer, et Max eut tout le loisir de constater in situ les effets de la force centrifuge.
Puis sa conscience lui faussa compagnie, pour la énième fois.

Lorsqu'il émergea, le monde avait viré de quatre-vingt-dix degrés sur la droite. Au premier plan, une toile d'araignée recouvrait tout. Puis les yeux de Max firent le point, et il se rappela qu'il était dans l'habitacle d'une voiture, et que c'était un pare-brise, qu'il regardait. Pas d'araignée géante. Ou bien c'était lui, l'araignée, retenu par la ceinture de sécurité comme par un filin de soie, défiant la gravité. Cette pensée le fit sourire.
Vous êtes presque arrivés, les enfants, dit sa mère. Et sa voix s'accompagnait d'un parfum désagréable.
— Qu'est-ce que ça sent, m'man ? demanda-t-il.
C'est l'odeur de l'essence, mon fils. Elle s'est répandue dans la voiture.
Il constata que son marcel en était imbibé. Les sièges et le volant dégouttaient d'essence. L'image était curieuse : la voiture étant couchée sur le flanc droit, les gouttes semblaient tomber à l'horizontal.
Je sais que tu as envie d'une cigarette, Max. Je n'aime pas trop l'idée que tu fumes, mais pour cette fois-ci je passe l'éponge. Ton briquet est dans la boite à gants.
Il récupéra son Zippo, en prenant garde de ne pas le lâcher, et se cala dans la bouche une « toute cousue » qu'il gardait toujours derrière l'oreille, en cas de coup dur. Et ça, c'était un coup dur.
Il fit cliqueter la roulette, et une belle flamme surgit du briquet. Il prit une grande inspiration, difficilement, parce que la ceinture qui le retenait de tomber lui comprimait la cage thoracique. Puis il cracha sa cigarette, épuisé.
— Et puis merde, j'arrête, dit-il en rapprochant le Zippo de son mulet Longueuil.
Les premières mèches, sur le front, se recroquevillèrent comme des crevettes cuite à la poêle. Il insista, et le feu prit, d'abord sur une petite zone en haut du crâne vraisemblablement épargnée par l'essence.
Il passa un bras par la vitre et ajusta le rétroviseur extérieur pour se regarder. Maintenant, ses cheveux brûlaient bien.
Son mulet était un casque de flammes qui léchait le plafond de la voiture. C'était une formidable vision, grandiose. Max se fit la réflexion qu'il ressemblait à un ange, ou bien un démon. Puis la douleur se fit sentir, d'abord par vagues, puis par morsures insistantes. Elle devint même intolérable, et le pauvre Max ne put se retenir de hurler plus longtemps. Tandis qu'il criait, il ne quittait pas son mulet des yeux, à travers le miroir. Même quand la peau de son front se détacha en lamelles gluantes recouvertes de cloques qui pétaient comme du papier-bulle, il s'observait encore.
Lorsque ses yeux fous éclatèrent comme deux grains de raisin sous le pied d'un viticulteur, enfin, il rendit l'âme.

Contre toute attente, Sandy survécut à l'accident. Sa surcharge pondérale absorba en grande partie les chocs, et elle s'en tira avec un simple traumatisme crânien, une fracture à l'épaule et beaucoup de contusions. D'après les témoins présents sur le lieu de l'accident, elle avait roulé une centaine de mètres sur la route après son éjection du van, et lorsqu'on s'était pressé pour lui venir en aide, elle arborait un air parfaitement serein, comme un veau qui vient de naître.
La première personne à lui rendre visite dans sa chambre d'hôpital fut bien entendu Charles, qui apporta un bouquet d'oeillets d'inde, mais surtout un chapon entier avec beaucoup d'huile.

= commentaires =

Lapinchien

tw
Pute : 3
à mort
    le 04/06/2024 à 13:03:54
C'est tellement bien écrit et drôle qu'on attend l'adaptation cinématographique avec Philippe Katerine dans le rôle de Max et Loana dans le rôle de Sandy.
Cuddle

fb
Pute : 0
    le 05/06/2024 à 17:33:47
Morale de l'histoire : ne pas foncer sur un dos d'âne avec une Dacia.

Sinon le texte était vraiment fun, j'ai bien aimé la description de la soeur en mode bovin, j'avais l'image du début à la fin.

Je regretterais un peu la fin, la crémation était rapide, mais bon... ça c'est mon côté sadique
Lapinchien

tw
Pute : 3
à mort
    le 06/06/2024 à 14:54:08
corrosif comme la vraie vie, vraiment super génial, finalement je vois plus Raphael Quenard à la place de Katerine qui est trop vieux pour le rôle de Max.
Lapinchien

tw
Pute : 3
à mort
    le 07/06/2024 à 10:59:57
https://www.jesuismort.com/tombe/morgan-spurlock#general

le réalisateur de "Super Size Me" en est mort de rire
Charogne

Pute : 3
    le 09/06/2024 à 19:18:44
Malgré un début de Saint-Con assez fade, on aura quand même fini en beauté avec ce super texte de Clacker (Une année placée sous le signe du cinéma et du bidon d'huile, il semblerait.)

Comme d'habitude, ça ne rate pas. Un texte qui s'ouvre sur des prémices juste assez débiles sans pour autant être trop déconnantes, des personnages haut en couleur (peut-être un peu moins pour Charles, un scénario explosif. J'aime particulièrement la manière dont est décrite Sandy tout du long, presque respectée comme une divinité, une vénus intouchable dans sa splendeur sereine.
Bref, bravo, dans tous les cas je savais qu'il terminerait sur mon podium dès la première lecture (et quelle manière d'enculer le reste des participants, que de clôturer avec ça).

J'en réclamerai presque la suite, en suivant les aventures tragiques de Charles et des dernières semaines à vivre de Sandy.
Lunatik

Pute : 1
    le 09/06/2024 à 22:59:02
Charogne devient lyrique et je le comprends, ce texte mérite tous les éloges et même les plus sirupeux.

Moi qui suis dans une phase capillaire compliquée, pour ne pas dire calamiteuse, j'envisage très sérieusement de me convertir au mulet. J'ai l'impression que ça redonnerait de l'éclat à mon teint, du sens à ma vie, et des dollars à mon compte en banque.

Et sinon, mes félicitations à l'auteur pour avoir su planter des personnages si crédibles, pathétiques un peu, mais finalement surtout touchants. Max paraît beauf au premier coup d'oeil mais il est bien au dessus de ça, et c'est d'ailleurs ce qui le perdra. Un looser splendide, comme on voudrait en lire plus souvent.

Ça m'a fait penser à Chaleur d'Incardona, que si vous ne l'avez pas lu, vous pouvez y aller tranquilles, c'est zonard approuved : un championnat du monde de sauna au cours duquel s'affrontent deux adversaires implacables : le tenant du titre, star du porno, et son éternel challenger, ancien militaire russe.

Bref, si Max a loupé le podium du plus beau mulet d'Europe, j'espère qu'il ne loupera pas celui de cette St Con.
Allez Max, mon chien et moi on est avec toi !
Clacker

Pute : -5
    le 10/06/2024 à 21:25:36
Pourquoi pas trois-cent soixante degrés, la balançoire, Clacker ?

T'as séché l'intégralité de tes cours de maths, Clacker ?

Oui, sans aucun doute.
Lunatik

Pute : 1
    le 14/06/2024 à 05:25:31
280°, c'est plus stylé, ça relève de la voltige aérienne de haut niveau.
Et Max est stylé.
Clacker

Pute : -5
    le 18/06/2024 à 01:57:21
LC, je te prends comme directeur du casting.

Et Lunatik comme coordinateur des effets spéciaux, peu importe ce que ça peut vouloir dire.

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