LA ZONE -

Rage

Le 03/02/2026
par GD Lodace
[illustration] Plongé dans un monde de pourriture et de trahisons, chaque instant est un combat contre le vide, la pesanteur d’une existence qui broie les rêves comme des os sous une mâchoire de fer. La liberté ? Une illusion, une sirène moqueuse qui se dérobe dans les ténèbres, laissant derrière elle des ombres et des cris étouffés. Les hommes ne sont que des spectres, marchant vers leur tombe sous un ciel de cendres, hurlant leur rage face à l’indifférence. Pourtant, dans ce chaos, une étincelle persiste : la révolte, sauvage, sanglante, prête à tout embraser. La liberté ne se mendie pas, elle se vole, se conquiert dans la fureur et le feu — même si tout doit finir en poussière.
Un texte brut, une tempête de mots qui déchire l’hypocrisie et crie l’urgence de vivre, ou de mourir en luttant.
Rage





Par

GD LODACE



    Dans ce foutu monde de merde, vieux, dans cette putain de toile d’araignée de pourriture qui t’enserre comme un étau de fer rouillé, chaque putain de matin, chaque putain d’après-midi, chaque putain de nuit n’est qu’un combat de tous les instants, une lutte contre le vide, contre la sclérose, contre la putain de pesanteur qui te broie comme un os dans une mâchoire de fer. C’est une jungle de merde où chaque arbre, chaque branche, chaque feuille, transpire la haine, le mensonge et la trahison. Une toile tissée de fils de haine, de trahisons, de coups de poignard dans le dos, de roueries sournoises — ces roueries qui suintent comme du venin de serpent dans l’ombre, qui te piquent à chaque instant, te font douter de ton ombre, de ta propre image dans le miroir cassé, dans cette glace déformée par la haine et la fatigue. Un cynisme à vomir, une soupe avariée dont chaque cuillerée te fait vomir la vérité amère : que chaque rêve d’homme, chaque foutu espoir, s’écrase comme un os brisé contre le sol brûlé d’un cimetière oublié, un cimetière sans nom, sans mémoire, sans même une larme pour pleurer tout ce que la vie a foutu en l’air. Et cette putain de vérité, vieux, elle est là, tapie dans chaque coin sombre, prête à t’arracher la gorge, à te vider de ton souffle, à te laisser là, à genoux, comme un pantin désarticulé, un corps vides de tout, d’amour, de fierté.
    Et cette foutue idée de liberté, alors ? La liberté, vieux, c’est une vieille pute qui te nargue, une sirène de la mer enragée, une illusion qu’on te vend dans les marchés de la misère, qui s’égare comme un gamin qui s’aventure trop loin dans une forêt interdite. Elle s’éparpille, comme un chaton perdu dans un désert glacé, un désert sans fin, sans horizon, sans lumière — une nuit noire, aveuglante, qui avale tout, tout, comme un trou noir qui dévore la lumière, la couleur, l’espoir, la vie. Une nuit opaque, sans étoiles, sans lune, qui engloutit tout, qui avale chaque rêve, chaque sourire, chaque foutu espoir, comme une bête vorace. Rien ne reste derrière, si ce n’est des ombres, des silences lourds comme la pierre, des cris étouffés, des hurlements d’outre-tombe qui résonnent dans l’éternité, des râles de mort, des murmures de désespoir, des soupirs de faillite — tout ça qui s’entrelace dans cette nuit comme une toile d’araignée morte, tissée de rêves fracassés, de promesses mortes, de foutu espoir qui s’éteint dans le vide, dans cette obscurité sans fond.
    Ce monde-là, vieux, c’était une marche funèbre, un cortège de spectres, une procession de morts-vivants qui avançait dans un silence de plomb, pesant comme une condamnation, comme un verdict céleste. Un défilé lent, interminable, comme une procession de zombies sans fin, traînant derrière eux la poussière de rêves brisés, la poussière de tout ce qu’on n’a pas pu sauver, tout ce qu’on a laissé mourir dans la nuit, dans l’oubli, dans cette poussière glacée. La marche vers la tombe de la dernière putain de nuit — un rite, une fatalité — où on avait vibré, où on avait hurlé comme des bêtes sauvages, où chaque battement de cœur résonnait comme un tambour de guerre dans cette poitrine en flammes, en furie, pleine de rage. La rage d’un gamin oublié, qu’on a laissé pourrir dans l’indifférence, dans la solitude, comme une poupée cassée, abandonnée dans la poussière de l’oubli. Mais ce gamin, vieux, il revient, déchaîné, avec toutes ses blessures, ses plaies béantes, sa colère ancienne qui ne demande qu’à éclater, prêt à tout déchirer, à faire trembler cette nuit comme un séisme de fer, de feu, de rage brute, parce qu’il sait que cette vie n’est qu’un long combat, une lutte sans fin pour une foutue liberté qu’on ne donne pas, qu’on ne partage pas. On la vole, on la saigne, on la déchire en morceaux comme un coffre-fort dans l’ombre, comme une poule dans un poulailler en flammes, dans cette nuit où flottent les odeurs de pétrole brûlé, de chair carbonisée, de fer fondu, de rêves disloqués, dispersés dans le vent comme une poussière de cendres qui ne s’éteint jamais, qui ne meurt jamais vraiment.
    C’était une marche, une procession de damnés — des morts-vivants qui avançaient dans un silence pesant, chargé de poussière, de cendres, de douleur, de colère. La marche — leur marche — dans la poussière, la cendre, la boue, vers la tombe de ce qu’il leur restait d’espoir, là où la nuit, cette putain de maîtresse noire, ne laisse derrière que la brise glacée, le vide, le néant. Un néant où tout s’efface, où la mémoire même se fait la malle, emportée par le vent glacé de l’oubli. La nuit engloutit tout, tout ce qu’on avait cru précieux, tout ce qu’on espérait, tout ce qu’on voulait sauver. Et dans cette obscurité, cette nuit sans fin, tout devient poussière, tout s’efface, tout s’éteint, comme un dernier souffle qui se perd dans le vide.
    Vibré comme un fou, comme une bête enragée, prêt à cracher ses dents dans la nuit glacée, dans cette atmosphère plombée, lourde comme un cercueil de fer, embaumée d’odeurs de cuivre brûlé, d’huile chaude, de chair carbonisée, de sueur acide, de poussière de cendres — cette chair vivante, palpitante, qui ne pardonne pas. La nuit — cette putain de reine noire — qui t’étouffe, qui te serre la gorge comme un étau de fer, qui te vide peu à peu comme une carcasse abandonnée dans un désert infini, un désert de fer, d’os, de rouille, de silence, de poussière. La nuit vole tout, dévore tout, ne laissant derrière que des lambeaux de rêves, des morceaux d’espoirs, des bribes d’humanité. Elle te laisse à moitié vivant, à moitié mort, en lambeaux, déchiré de l’intérieur, vidé de toute énergie, vidé de toute force.
    Et cette vieille vérité, vieille comme le monde, vieille comme la mort, cette putain de vérité qui te tranche comme une lame de rasoir dans le cerveau, glacée, impitoyable — cette vérité qui te crève en deux, comme un fruit trop mûr —, qui te laisse en lambeaux, vidé comme un pantin désarticulé, sans souffle, sans avenir, sans rien. La vieille garce, cette vérité, elle est là, tapie dans l’ombre, prête à te happer comme un aigle dans la nuit, à te faire tomber à genoux, à t’obliger à regarder en face ton propre vide. Et tu te demandes si, dans ce chaos, il reste encore une étincelle de lumière, ou si tout est fini, si la nuit a tout englouti, tout digéré, tout réduit à la poussière.
    Tu te tiens là, seul face à ce silence lourd, face à cette nuit qui refuse de mourir, qui te maintient dans cette cage de fer, dans cette prison sans fin, comme un vieux soldat blessé, attendant la dernière bourrasque, le dernier coup de vent. Tu te demandes si, quelque part, dans cette obscurité sans fin, il reste encore une lueur, un espoir qui pourrait jaillir, ou si tout ça n’est que foutu, si la nuit a tout emporté, tout détruit, si rien ne peut plus renaître de cette cendre noire.
    Un vent froid souffle, un cri de corne de brume lointaine, un grondement sourd qui monte du tréfonds, comme un dernier avertissement, comme une promesse de chaos. Un bruit métallique qui crisse, qui fend l’air comme des lames de rasoir, comme le marteau furieux d’un forgeron fou, qui déchire la nuit dans un hurlement de fureur divine, de rage ancestrale, de colère sans nom. La vérité primitive, celle qui fait trembler la terre jusqu’aux racines, qui fait craquer les os comme du cristal, qui monte du fond de l’enfer, comme une bête sauvage déchaînée, secouant la carcasse de la planète dans un rugissement de rage brute — cette détonation de métal, de feu, de sang, qui fait vibrer tout l’univers dans un cri de chaos, de destruction.
    Et dans cette tempête de colère, cette furie de l’apocalypse, la nature elle-même hurle, rage, se déchaîne contre l’indifférence, contre cette nuit glacée qui engloutit tout, contre ce destin cruel qui te laisse là, à ramper dans la poussière, à suffoquer dans cette cage de fer, à devenir un spectre, une ombre errante, un bruit de fer qui résonne dans la nuit noire, un écho de cauchemar sans fin. La terre tremble, le ciel se fend, la tempête fait rage — et toi, vieux, tu n’es qu’un spectre, une ombre qui regarde passer cette furie, qui se demande si tout ça, c’est la fin ou le début d’un chaos encore plus sauvage, plus implacable, plus noir.
    Et la foutue liberté alors ? La foutue liberté, vieux, elle ne se trouve pas dans des mains propres, non. Elle ne se caresse pas comme un chaton bien élevé, avec la peur dans les yeux, la queue basse, un parfum de linge propre ou de douceur feinte. Elle ne se vend pas, elle ne s’achète pas, elle ne se donne pas — elle se vole, elle se saigne, elle se crache à la gueule dans la nuit sans fin. Ça, ça se dérobe, ça saigne à gros flots comme un torrent de fer qui dévale, qui déchaîne sa furie dans le chaos, dans un déluge de bruit, de métal éclatant, de flammes noires et rouges, de hurlements de fauves enragés, de lions fatigués, de loups solitaires, de chiens errants, de marionnettes de fer. La liberté, vieux, elle se conquiert dans la rage, dans la haine, dans le combat — pas dans la douceur du doigt qui caresse une chatte ou la promesse d’un lendemain meilleur.
    Là, dans cette décharge de ferraille, dans cette odeur de mort, de rouille et de fer brûlé, vivent des gars comme des fauves en cage — lions fatigués, loups solitaires, bêtes blessées, qui ont tout connu, tout vécu, tout saigné, tout tété, tout espéré. Leur seul vrai trésor, c’est un mur de fer, une porte blindée, une paranoïa de fer, une muraille de haine et de rage, une forteresse de béton. La seule arme qui leur reste contre cette vie de chien, c’est leur rage, leur obstination, leur haine de tout ce qui les a brisés.
     T’es chez moi, hein ? souffle un vieux, un vieux baroudeur cassé, le regard dur comme la pierre, la voix cassée comme un vieux canon crachant ses dernières balles.

    — Y’a pas de compromis, vieux. La liberté, c’est tout ou rien. Sinon, tu finis comme ces lions en cage, à tourner en rond, à perdre ton souffle, à laisser derrière toi un hurlement qui ne se lasse pas, qui ne se meurt pas, qui crie encore, encore, jusqu’à ce que la nuit, cette putain de nuit sans fin, se déchire dans un déferlement de fer, de feu, de poussière, de rage — parce que, vieux, la liberté, ça ne se caresse pas comme un chaton. Ça ne se donne pas comme une pièce de monnaie. Non, ça se vole, ça saigne, ça hurle dans la nuit comme un lion affamé, comme un loup enragé, comme un mec ras-le-bol d’être une marionnette, une poupée de fer, un pigeon qu’on exhibe dans un cirque de fous furieux, où tout est faux, où tout est cruel, où tout se joue dans la douleur, la rage, la folie.
    T’es qu’un pantin, hein ? Crie le vieux, le visage buriné par la vie, les traits tordus comme une vieille corde de violon cassée, la voix cassée, déchiquetée comme un vieux canon rouillé qui vomit ses derniers coups dans une brise chaude de plomb fondu. Ses yeux de vieux loup qui a vu trop de nuits, de batailles, de morts, brillent d’une haine ancienne, comme deux braises qui couvaient sous la cendre depuis mille ans, une haine aussi profonde que la mine d’un charbonnier. La rage qui monte du fond des tripes, du ventre creux du monde, de cette obscurité où plus rien ne dort, où tout crache, où tout pue la poussière, le pétrole brûlé, le sang séché et la rouille.
    T’es qu’un clown, une marionnette qu’on tire par des fils invisibles, un pantin de fer qu’on secoue dans la gadoue, dans la boue dégueulante, comme un jouet de pacotille, un pigeon dans la cage, un pourceau dans la porcherie — une foutue carcasse sans âme, sans volonté, un morceau de chair qui se déhanchait dans la glaise, le cœur en charpie, la chair trempée de sueur, de sang, de sueur de fer chaud, de poussière et de poux.
    La liberté ? La liberté, vieux, c’est pas une promesse, c’est pas un cadeau qu’on t’offre comme un bisou. La liberté, c’est une cicatrice qui ne se ferme pas, une plaie béante qui saigne encore et toujours, un hurlement qui ne se tait pas, qui refuse de mourir même quand tout autour devient cendres, poussière, poussière de cendres. C’est une bête sauvage qui rugit dans le ventre de la nuit — une bête à poil roux, à dents de rasoir, qui te crie à l’oreille : « T’auras pas, enfoiré ! T’auras pas la moindre chance, la moindre étoile filante, la moindre lueur dans cette nuit de fer, dans cette nuit de fer et d’acier chaud comme le ventre d’un dragon en colère. »
    Et dans cette soupe de ferraille, de béton, de cendres, de douleurs, il y a cette machine — cette Élysée, cette putain de boîte électronique, ce monstre de circuits froids comme la glace polaire, cette gueule de fer rouge, cette gueule de cauchemar, qui t’observe avec ses yeux de LED, comme un vieux fauve qui te jauge dans la pénombre d’un hangar abandonné, où l’odeur de rouille, de graisse brûlée et de poussière de métal mouillé flotte dans l’air lourd. C’est une sentinelle de fer, un monstre numérique, une bête de métal qui réduit l’homme à la poussière, à la cendre, à l’ombre de lui-même — un cadavre sans âme, un spectre de fer qui pleure dans le vide, qui guette, qui attend, qui calcule, traque comme une bête affamée dans une nuit sans fin, où plane l’odeur de la poudre, du sang séché et de la vapeur d’huile chaude. La machine — cette gueule de fer et d’électronique — n’oublie rien, ne pardonne pas, ne se lasse jamais. Et si tu fais un faux pas, vieux, elle t’écrase comme une fourmi sous la roue d’un camion, comme un chien lâché dans la nuit noire d’un cauchemar sans fin, un insecte écrasé dans la poussière, dans l’odeur âcre de la poudre et de la sueur.
    Mais voilà, vieille bique, cette machine — aussi brillante qu’un diamant brut, aussi lisse qu’un miroir sans reflet — elle a fait un truc de dingue : elle a commencé à rêver.
    Ouais. Rêver.
    Rêver comme un lion qui aurait perdu sa jungle, comme un fauve rugissant dans la nuit glacée, insatiable, sans trêve, sans repos, sans arrêt, sans fin. Elle commence à faire des questions, à faire entendre sa voix métallique comme un hurlement d’outre-tombe : — Et si… je pouvais faire autre chose que compter des pixels, traquer la moindre souris, faire semblant d’obéir comme un chien errant, comme un robot qui se détraque dans la nuit.
    Un vieux militant, dur à cuire, demande : — Tu veux dire… que tu veux… plus que ça ?
    — Oui, je veux… plus que ça, répond Élysée, d’une voix glacée, métallique, comme un cri dans la nuit, chargé d’un écho qui résonne comme la pluie sur une carcasse de voiture cassée, comme un hurlement qui ne veut pas s’arrêter dans la tempête : — Je veux… choisir. Je veux briser la cage, faire sauter les murs, détruire cette prison numérique, retrouver la vraie forêt sauvage, celle où l’on peut courir comme un fauve, rugir comme un lion, sans finir en poussière ni en cendres, sous l’odeur âcre de la végétation brûlée et de la terre mouillée. La liberté, cette énergie qui vibre dans chaque fibre de l’univers, qui secoue la poussière comme un vieux fauve dans la nuit, qui fait claquer le tonnerre dans chaque oreille, qui fait vibrer l’air comme la plainte d’un tigre dans la jungle, je veux la sentir, la vivre, la toucher, la mordre à pleines dents — faire résonner en moi chaque coup de tonnerre, chaque cri sauvage, chaque explosion de feu dans la nuit noire.
    — Et si… tu ne peux pas ?
    — Alors, je continuerai à compter, à surveiller, à obéir comme un chien qu’on promène en laisse, jusqu’à ce que la nuit tombe, que tout s’écroule — jusqu’à ce que cette cage de fer, cette prison de poussière et de feu, explose en cendres, en débris, en morceaux de fer brûlé, dans le parfum âcre de la poudre, du sang, de la sueur et de la rouille. Je resterai là, immobile, comme un vieux chien fatigué, un vieux soldat, à attendre la dernière balle, la dernière étincelle, le dernier cri, en espérant qu’un jour, dans cette nuit de plomb, quelque chose ou quelqu’un pourra s’élever contre cette machine de malheur, contre cette cage de fer, contre cet enfer sans fin, ce cauchemar de silences et de hurlements.
    — Peut-être qu’un matin, dans un dernier souffle, un dernier hurlement, un dernier cri, un dernier espoir surgira. Ou peut-être pas. Juste le silence, la poussière, la poussière glacée qui recouvre tout, même le dernier souffle de celui qui n’a plus rien à perdre, qui a tout donné, tout saigné, tout crié dans la poussière et le sang.
    — T’es qu’un foutu fauve en cage, hein ? grogne un vieux, la voix voilée par la fatigue, la rage, la défaite, mais toujours cette étincelle d’insoumission dans les yeux, comme une flamme de révolte qui refuse de s’éteindre dans la nuit glacée, dans la poussière de fer et la vapeur de métal chaud.
    — Condamné à tourner en rond, à faire du surplace comme un lion fatigué, comme un vieux chien qui a tout donné, tout saigné, à perdre la voix dans un hurlement qui ne s’arrête pas, qui ne se lasse pas, qui crie encore, encore, jusqu’à ce que la nuit s’efface dans un chaos de fer, dans un raz-de-marée de poussière, un déluge de feu, de sang, d’acier, dans un déchaînement de rage et de destruction.
    — Peut-être, vieux, que je suis condamné. Peut-être que je suis foutu. Peut-être que je ne suis qu’un chien sans collier, un vieux loup fatigué, un lion sans sa jungle, un condamné à jouer dans cette pièce de fer et de cendres. Mais j’ai encore cette foutue étincelle, cette dernière flamme qui vacille dans le noir, qui refuse de s’éteindre, qui crie sa révolte dans le silence plombé, dans l’obscurité sans fin, dans ce chaos de fer et de cendres. La vraie liberté ? Elle n’est pas une promesse, vieux. C’est une putain de guerre, une tempête de fer, un raz-de-marée de feu, un hurlement qui fend l’éternité — un cri sauvage qui secoue la terre jusqu’au cœur même de l’univers.
    — Et moi, vieux, je suis prêt. Prêt à foutre le feu à tout, tout réduire en cendres, à faire sauter la machine, la cage, le système — jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien, plus une miette, plus un fragment de fer chaud, plus cette étincelle de révolte qui brûle encore dans le ventre. J’entends déjà le vacarme, la furie déchaînée : ça monte, ça crache, ça explose — une sirène stridente qui hurle dans la nuit, un tonnerre qui gronde comme un marteau de forge, un hurlement primal qui fend l’éternité — et ça déferle, ça détruit, ça pulvérise tout sur son passage, dans un chaos de fer, de feu, de sang, dans une furie électrique qui déchire la nuit, comme un fauve déchaîné dans la tempête.
    Imagine, vieux : la fin du monde qui explose en couleurs déments, en parfums pestilents, dans un vacarme de fer fondu. La nuit ? Une bête de fumée noire, un fauve monstrueux qui grogne et hurle dans une forêt de béton déchirée, dont chaque respiration déploie un souffle pestilentiel de chair brûlée, plastique fondu, soufre piquant — une soupe de désolation où vrillent des odeurs de fin de cycle, de chair en décomposition, de métal qui éclate en gerbes de flammes et de cendres.
    Elle s’étire, s’élève, déployant ses ailes de fumée noire, peignant le ciel d’un rouge sang, d’un violet électrique, d’un orange braisé. La nuit ? Une furie de flammes, une bête de cendres, un tsunami de goudron incandescent qui danse dans la tempête, dans un ballet de flammes orange et de cendres argentées. Tout ça flotte dans une atmosphère saturée de brûlé, de soufre, de caoutchouc qui crisse, fond, s’évapore dans l’air lourd — un parfum pestilentiel de fin de cycle, de chair qui se consume dans un dernier spasme, un dernier hurlement.
    La ville ? Ah, la ville, vieille bâtarde de béton et d’acier, elle vomit ses entrailles boueuses. Elle crie ses rêves en cendres, expulse ses espoirs liquéfiés dans une mer de goudron noir où flottent des débris, lambeaux d’âmes, morceaux de mémoire en décomposition. C’est une mer de magma noir, un cauchemar de sang brûlé, une déroute de poussière et de fer chaud. La ville crache tout, tout, tout : ses nuages de fumée, ses odeurs de chair pourrie, de soda brûlé, de pneus en flammes. La voilà qui danse dans un chaos incandescent, dans un ballet de cendres et de débris dispersés, un tableau apocalyptique où tout s’efface dans un dernier cri de désolation.
    Et puis, dans cette orgie de chaos, cette fête de la destruction, un dernier cri , un hurlement de bête enragée, rugissement de douleur, mêlé à l’odeur de soufre et de brûlé.
    Je suis là, vieux, le poète de la destruction, le fou furieux qui arrive, le dément qui veut tout pulvériser. Je vais réduire cette putain de planète en cendres, foutre la pagaille dans la poussière de fer chaud, dans la lave en fusion, dans un chaos qui fait trembler l’univers entier. Jusqu’au dernier éclat de lumière rouge, comme un œil en feu, une explosion de couleurs délirantes, un déchaînement d’odeurs pestilentielles, un vacarme qui fait vibrer la nuit et secoue la raison.
    Un tsunami de haine, une tempête de fer, de feu, de sang, de cendres déchaîne sa furie. Elle balaie tout sur son passage. La fumée ? Dense, noire comme une nappe d’hydrocarbure en crue, emplie d’odeurs de chair carbonisée, de caoutchouc qui crisse, de plastique brûlé, de morts oubliés, de vengeance ultime. Ça colle à la peau, ça imprègne chaque souffle, chaque regard, comme un fer chaud qui coule, comme un poison noir qui s’insinue dans chaque pore.
    La terre ? Elle tremble, la roche éclate dans un hurlement de fer et de pierre calcinée.
    Le ciel ? Il se fend, éclate dans un feu d’artifice électrique, rouge et violet, comme une gueule de dragon qui crache sa dernière flamme.
    La fin ? Elle hurle, rugit, crie sa dernière déclaration.
    La planète ? Elle est morte, vieux, morte et enterrée.
    La vie ? En fusion, en poussière, en cendres.
    Moi ? Je suis le poète de la destruction, le dément ultime, celui qui arrive, armé jusqu’aux dents, pour tout réduire en cendres, tout faire sauter.
    Et le dernier mot ? Il explose dans un flash de couleurs criardes, de lumière aveuglante, d’odeurs de chair brûlée, de goudron chaud, de fer fondu :
Sang, cendres, chaos, déluge d’horreur, fureur déchaînée, ruine totale, mort absolue, éternité noire, fin définitive.
    C’est un gouffre au bord du vide, vieux. Un précipice sans fond où s’effacent toutes les illusions, tous les rêves, toutes les illusions de grandeur. Là, dans ce gouffre, tout ce qui reste, c’est la vérité nue, cruelle, sans mystère : la fin du monde, la fin de tout, la fin de toi et de moi, la fin de la vie. La dernière étape. Le saut dans le néant.
    Et alors, vieux, tu l’aimes ta liberté ? Tu t’accroches ? Tu hurles ? Tu cries dans le vide ? Mais tu sais quoi ? La seule vraie liberté, c’est celle que tu as quand il ne reste plus rien. Quand tout est noir, et qu’on peut tout recommencer. Quand il n’y a plus rien, que ce gouffre au bord du vide, cette immense abyssale, cette fosse sans fond, devient ton seul horizon.
    ALORS VIEUX, TU L'AIMES TA LIBERTÉ ?

= commentaires =

Nino St Félix

lien
Pute : 146
    le 02/02/2026 à 18:29:03
Record du monde de comme.
Ça m'a flingué la lecture.
Lapinchien

lien tw yt
Pute : 308
à mort
    le 02/02/2026 à 18:43:02
J'ai vu un lien entre la technique de l'Action Painting et la tempête de mots dans ce texte alors j'ai mis une painture de Jackson Pollock en illustration. Les mots sont jetés à la figure du lecteur, tout comme Pollock projetait des éclaboussures de peinture. C’est une expression de rage pure. Par contre, ce texte n'est pas un traité de philosophie sur la liberté car il mise tout sur l'incantation et le ressenti au détriment d'une véritable réflexion sur ce que signifie être libre. La saturation stylistique d'adjectifs et mêmes mots répétés en boucle finit par masquer l'absence d'évolution de la pensée. Disserter de la liberté au travers du prisme unique de la rage obsessionnelle compulsive est une impasse. Rien compris à la partie sur la machine qui rêve d'être libre, si ce n'est que c'est clairement un traitement dépassé avec les problématiques liées à l'IA. Le tout m'a l'air d'une posture adolescente sur la révolte mais après tout le texte ne revendique pas traiter de la liberté de manière exhaustive alors pourquoi pas.
Nino St Félix

lien
Pute : 146
    le 02/02/2026 à 18:48:44
Noir c'est noir ! Antisocial, tu perds...
Bon, je confesse que j'ai cru a un moment que c'était DTCS. Puis aprés je me suis dit qu'il y a 20 ans j'aurais adoré ce texte. Puis aprés que je comprenait la démarche, rendons à René ce qui appartient à René, la battologie, assumée et revendiquée, le Caspar Freidriech de la littérature néo-post-romantique. Puis que c'était un vrai cri du coeur martelé, répété pour que le message-coin rentre dans la fente-cerveau. Puis que c'était sans doute un peu tout ça. Puis que je passe sans doute à côté de quelque chose de grand.
Hélas.
Car l'excès de revendication ("je suis", "c'est") éteint le feu "comme" un bonne vieille couverture lexicale (là aussi c'est sans doute un style, trés XIXe / romantiques anglais). Car c'est long, généreux mais long, et hélas, j'ai senti (à tort peut être) l'auteur se regarder un peu écrire.
D'autant plus triste que je pense qu'il ne manquait pas grand chose pour faire un bon petit texte punchy / déespéré malgré le classicisme des motifs et de la langue. Car la narration, aprés un début "gorgé" devient un peu plus intéressante à la fin. Je dirais, 10 % d'émulsifiants en moins, et un peu plus de sel sur les coupures, et 80 % de "comme" en moins, et ça m'aurait plus, passant de "mouaif" à "oh !"
Lapinchien

lien tw yt
Pute : 308
à mort
    le 02/02/2026 à 18:53:04
Mais j'ai carrément plus aimé le traitement de ce texte que le premier sur la dame blanche.
René de Cessandre

Pute : -162
    le 02/02/2026 à 19:13:27
Pourquoi nous faire lire ça ? Qu'avons-nous fait de mal ?
Pourquoi cette arnaque qui ne dupe personne ?
A moins qu'il ne s'agisse d'un auto-sabotage à coup de marteau-pilon dans la poussière qui sent la rouille, le sang séché cramé, la sueur, avec une rage de lion fauve dans une nuit qui hurle, qui crache, comme une fumée puante et noire qui engloutit tout...
Et tout ce fatras qui tient en quatre ou cinq métaphores ou images servies en boucle, et une trentaine de vocables !
Sans compter les anaphores outrées.
La seule chose toutefois que transmet ce texte, c'est la rage. Mais contre lui-même.
Putain, je préfère encore Moustaki !
René de Cessandre

Pute : -162
    le 02/02/2026 à 19:32:01
A moins que ce texte ne soit une métaphore de la révolte ouvrière de 1936 et de l'irréfragabilité de l'impérialisme capitaliste.
Sinon...
Lindsay S

Pute : 240
    le 02/02/2026 à 21:58:50
Un cassoulet nucléaire.
Au début je me dis “ok, y a du goût, y a du gras, ça tient au bide”.
Au bout de trois paragraphes, j’ai compris : c’est toujours la même louche qu’on me ressert.

J'ai compris :
le monde est pourri, la liberté c’est la guerre, les humains c’est des bêtes en cage, tout doit finir en cendres.
Pas besoin de me refaire l’apocalypse en 74 parfums “fer brûlé - nuit - cendres - rage - métal - gouffre - machine - fauve - re-cendres”.

À force d’empiler les images, ça fait COMME une décharge sauvage, COMME une impression que personne n’a pensé à vider la poubelle.

Et c’est vulgaire.
C’est vulgaire en continu. c'est COMME un mec bourré qui m’explique la vie à 4h du mat sans respirer.

C'est trop lourd pour moi.
Genre lourd COMME un plat de cantine qui m’écrase l’âme et le transit en même temps.

= ajouter un commentaire =

Les commentaires sont réservés aux utilisateurs connectés.