LA ZONE -
Résumé : Le texte de Deroxat, prend un Christ moderne, belliqueux et tordu, comme personnage. Il se décline en deux parties assez distinctes, deux épisodes qu'on a du mal à relier l'un à l'autre. Sa force, c'est son ambiance très travaillée : sombre, mystique et intrigante. L'histoire lâche peu d'indices au lecteur avide de sens et on est assez déboussolé. Texte hétérogène mais agréable.

God is a Gun

Le 29/08/2005
par Deroxat
[illustration] Part I :
Je vous écris, petits enfants, parce que vos péchés vous sont pardonnés à cause de son nom.

1 Jean 2/12
Ici
Il alluma sa cigarette. Il commençait à aimer cette crasse qui le tenait prisonnier dans sa grande toile fumante. Cette même crasse qui dressait ses poils de plaisir, les séparant ainsi de la sueur, étouffante amoureuse. Le cadavre qui gisait au sol avait peut être 2 jours, peut être plus. Ses veines avaient laissé de grandes tâches brunes sur le plancher déjà moisi. Le fils de Marie expirait lentement, doucement, il savourait le long tube de nicotine aromatisé monoxyde de carbone, ammoniac et autres exhausteurs de drogue.
--- Humide - Rouille - Souille - Homicide
Tandis que le goudron était en train de noircir son organisme, on fusillait au loin les impurs. Le bruit des balles déchirant les chairs se mêlait au chant du coq, cacophonie des plus glauques semblable au chant d’une sirène qu’un marin aurait violée de sang chaud.

Au loin
" Vous réciterez trois Pater Noster puis irez vous aligner, face contre le mur. Il ne vous reste que l'espérance. Que la grâce de dieu daigne vous épargner ou non, peu importe, vous ne valez rien. Croyez bien que si nous ne voulons voir que vos dos rachitiques et courbés par la force de votre enlisement, c’est effectivement par lâcheté. Il ne serait guère bon de voir la souffrance prendre en otage vos muscles faciaux, la souffrance n'est bonne que pour les êtres humains."
Trois pater Noster, Trois coups nets et précis, Trois mondes qui s'éteignent
-la gâchette se fait interrupteur de la volonté du très haut. Trois organismes tièdes gisant sur le béton, maculé de tâches brunes.

Puisque chaque phrase se termine par un point, puisque chaque année s'achève par un hiver, il fallait bien que la race succombe, une bonne fois pour toute et d’une main toute neutre et objective que la divine du créateur.
En réfléchissant, on constate toujours avec cette amertume qu'engendre l'insatisfaction que l'on aurait pu faire mieux. Et réfléchir c'est bien ce qu'il a fait.

God Is A Gun.

Retour à la situation initiale
Dans une obscurité des plus fétides, le fils de Marie attendait de son père les prochaines instructions. Aux environs de 17h15, de la lumière filtra au travers des lames du vieux store pour venir peindre sur les moisissures du plancher la volonté du très haut.
Alors l’enfant de Nazareth pris son fidèle AK-74, qui constituait en tout et pour tout son unique bagage, son interrupteur de conscience humaine par la même occasion.
Il laissait aux cafards un corps froid et tuméfié qu’ils considéraient comme un divin présent.
-Credo
Dehors, ça puait le vide, ça sentait le départ précipité. La brise du soir lui hérissait les poils le long de la nuque, lui pénétrait les chairs, l’excitait.
Ce monde était sien. Son opportunisme en tirait les plaisir tandis que sa lassitude le remodelait.
Il marcha jusqu’à la tombée définitive et encrée de la nuit. Il atteignit une ville encore habitée. Il entra dans un bar dont les lumières tremblaient comme ses vieilles femmes qu’il avait égorgées dans cet hôpital pour personnes atteintes de troubles mentaux. Les rayons spasmodiques des néons donnait à l’endroit un charme glauque qui ne laissait pas l’élu totalement indifférent. Il commanda un café au vieux borgne derrière le comptoir.
On lui servit la tasse fumante accompagnée d’un biscuit trop humide et farineux.
Ses yeux nerveusement agités inspectèrent scrupuleusement les lieux, quelques badauds que l’on ne regretterait pas buvaient de tout leur saoul, leurs veines se dilataient doucement. Il sourit et avala douloureusement le liquide sombre et chaud. Puis son regard se dirigea vers la petite table isolée du fond, il n’avait d’abord pas remarqué le petit bout de femme qui y sirotait une bière, apparemment pas sa première, le détachement de son regard et son manque de maîtrise la trahissaient. Le jeune homme la trouvait plutôt jolie, pas vraiment belle, un peu comme ses collégiennes un peu perdues sur le chemin de l’école, ne faisant pas attention au vent vicieux qui découvre leurs cuisses roses.
Peu de temps après elle se dirigea vers la sortie, alors il régla et la suivit. Elle titubait nerveusement au contact du pavage irrégulier de la rue.
Il accéléra, elle prit peur. Alors il courut, la suivit jusque dans une ruelle étroite, dans la pénombre épaisse et humide où elle pensait trouver refuge, la sotte.
Il lui prit le bras, elle le gifla maladroitement, il lui pressa le sein, elle se débattit, il l’embrassa, elle le mordit, il lui brisa l’humérus, elle pleura, il sentit son sexe se durcir…S’en suivi la douloureuse pénétration. Il aimait le contact des larmes salées de l’inconnue contre sa langue.
Lorsqu’il déclara avoir eu ce qu’il désirait il tira une balle entre les deux yeux mouillés. Ainsi il lui évita la souffrance qu’auraient engendrée les séquelles d’un rapport sexuel sans consentement.
Il la trouvait belle finalement, cette fille étendu dans sa propre hémoglobine, la tête levée vers le ciel, elle avait trouvé la plénitude. Il remonta son pantalon qui encore jusqu’à là, pendait pathétiquement entre ses jambes nues. Il décida de dormir avec elle en attendant le lever du jour.

= commentaires =

Glaüx-le-Chouette


    le 29/08/2005 à 19:25:42
Tu as utilisé deux fois le mot "glauque", tu gagnes 1000 points.


C'est trop littéraire, on dirait un texte de Glaüx.

Mais j'aime bien l'ambiance générale (le détachement).

Ceci dit, ça n'a ni queue ni tête, ni queue, ni tête.


Nounourz


    le 29/08/2005 à 21:28:09
j'aime bien aussi l'ambiance generale, cette idee d'un christ trash.
Je n'ai pas saisi le sens du paragraphe "au loin"
Je trouve la tournure de certaines phrases plutot deplaisante, enfin, ce n'est pas mauvais, c'est plutot parfois maladroit... il y a un mieux a faire sur le style.

L'ensemble reste toutefois plutot agreable.
Dourak Smerdiakov


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    le 29/08/2005 à 22:52:09
Et pourquoi un Christ "trash", plutôt qu'un Chirac trash, un Balzac, un Fernandel, un Michel Rocard, une Elsa trash, un Capdevielle trash, un général de Gaulle trash... ? D'où vient ce besoin ? Pourquoi Lui ?

Et je trouve aussi le style maladroit, qu'on aime ou pas l'ambiance mise en place. Exemple : "violée de sang chaud" (?). L'incohérence dans les majuscules. Ou : "rapport sexuel sans consentement", ça fait un peu médecin légiste, c'est pas dans le ton du texte, il me semble. Et puis plein de petites fautes d'accord, de frappe, de conjugaison.

Dourak Smerdiakov


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    le 29/08/2005 à 22:54:17
Ouais, bon, "violée de sang chaud", à la rigueur, au tant pour mois.
Aelez


    le 30/08/2005 à 16:28:11
Je comprend pas vraiment le deuxième paragraphe. C'est quoi? Un autre crime du Christ Trash? Le cas échéant, ya une raison particulière à l'emploi du chiffre trois, une symbolique, quelque chose comme ça?
En fait, je vois pas vraiment l'interêt de ce 'au loin'. A mon humble avis le texte aurait semblé plus cohérent sans.

Ceci mis à part, j'aime bien l'ambiance générale, le style est bien sympa à certains endroits, j'aime particulièrement l'alternance de phrases courtes à la fin entre les actions de la fille et celles du christ. Ca donne un bon rythme au texte.
Dommage que ça ne soit pas travaillé comme ça partout.
Lapinchien


tw
    le 17/09/2005 à 17:30:56
s'il y a une suite, j'ai hate de voir la crucifixion à grands coups de bazooka. God is a gode.

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