LA ZONE -
Résumé : Ouf, enfin le dernier épisode de la série Minutes. Le concept était intéressant et y avait de bons moments, mais dans l'ensemble on s'est bien fait chier. Ce quatrième épisode agonise lamentablement, le suspense est foiré et on s'ennuie à mort. Le coup du viol virtuel est sympa mais a déjà été exploité. Bref y a pas grand-chose à tirer de ce truc et la lecture de l'ensemble de la série laisse un goût amer.

Minutes (4)

Le 08/04/2006
par Konsstrukt
[illustration] j'ouvre la

17:11

porte je sors des toilettes je referme la porte
je retraverse le couloir
arrivée dans la pièce mon premier regard est pour l'ordinateur
la fenêtre de la webcam est toujours noire
je traverse la pièce
je m'assieds
je regarde l'ordinateur
la fenêtre reste noire
je repense à julien
peut-être que c'est la dernière fois que je le vois
je l'ai rencontré il y a trois ans
je revois l'université
c'est bizarre de repenser à ça
on ne repense jamais à ça au premières fois où on rencontre les gens
je ne regarde plus l'ordinateur
j'ai perdu le point c'est vague
julien était habillé en jean noir il avait un tee-shirt sonic youth
on était dans la même classe
on bavardait entre les cours il me taxait des clopes
un café
bof rien de terrible
c'est marrant ce tee shirt sonic youth c'est marrant que je m'en rappelle je pourrais pas dire quel temps il faisait ni même comment moi j'étais habillée mais ce tee shirt oui
il m'a proposé de venir à sa crémaillère le samedi suivant il invitait plein de monde il fallait apporter des bouteilles
l'écran est toujours noir c'est bizarre je souris
à la crémaillère tout le
17 :12

monde a bu énormément moi je me suis cuitée à la vodka on a dansé parlé il portait encore ce tee shirt à la con je ne sais plus trop ce qu'on s'est raconté sans doute rien d'intelligent mais on a sympathisé j'ai dormi là d'autre trop bourrés aussi le lendemain on a rangé on s'est bien marré on a discuté de conneries de choses sans importances
on a sympathisé de plus en plus
on bouffait ensemble tous les midis ça a duré un an j'ai rencontré martin j'ai perdu de vue un peu julien je sortais avec martin ça a duré un an ensuite après avoir rompu j'ai retrouvé julien
je souris
je crois qu'à un moment il a été amoureux de moi
hmm
ça n'a pas duré longtemps
enfin j'imagine
j'ai connu d'autres mecs
tout ça
il a arrêté la fac pas moi
on s'est moins vu
mais c'était chouette chaque fois
les fêtes
ou alors on discutait
c'est marrant j'ai jamais eu envie de sortir avec lui
ça aurait été bizarre
c'était quand la dernière fois
enfin la dernière fois avant cet après midi
mon dieu c'est seulement un après midi même pas quelques heures
même pas


17 :13

j'en reviens pas
ça dure depuis si peu de temps
je ne souris plus
l'écran reste noir
qu'est-ce qui se passe
la dernière fois
non l'avant dernière
quand on s'est croisé et qu'il y avait
que je l'ai vu
lui
pour la première fois
avant que
avant que
j'arrive pas à y penser
après
après
après on a pris le thé
avec julien
mais non pas cette fois-là
la vraie dernière fois
celle dont je veux me souvenir si
si
enfin
celle dont je veux me souvenir
trois jours avant
c'était il y a presque une semaine
on s'est croisé connement à monoprix
j'achetai du vin pour la fête d'hier
un anniversaire il n'était pas invité
hier
j'ai fais la fête hier c'est trop bizare
j'ai fais la fête hier et peut-être aujourd'hui ma vie va être brisée
lui il va mourir et moi
et moi quoi
on était à monoprix
lui il achetait du coca et des trucs
moi je cherchais du vin pas trop cher pas trop mauvais
il m'a regardé on a bavardé la fête tout ça l'anniversaire cette copine il avait l'air content de me voir il m'a dit de passer chez lui après de venir

17 :14

manger j'ai dit oui
on s'est revu pour manger boire un peu de bière
il aime bien la bière moi aussi d'ailleurs je lui ai demandé s'il voulait que je l'incruste à la fête où j'étais invitée il a pas voulu il a dit qu'il voulait se coucher tôt je me suis demandée s'il était pas vêxé mais non y'a aucune raison
on a parlé un moment encore de trucs de mes cours de son boulot on a regardé un dvd c'était quoi déjà ce dvd c'était quoi
l'écran est toujours noir
une comédie
mary à tout prix on a regardé ça
je suis parti
je l'ai plus revu
je l'ai eu au téléphone hier soir juste avant d'aller à la fête pour lui dire de passer chez moi aujourd'hui
il a dit oui
il a pas eu le temps
enfin il est passé
oui
je sais même pas comment il a revu ce
enfin
l'autre
comment il l'a revu
j'écris
tu es là
j'envoie
j'écris
comment tu l'as rencontré
j'envoie
je regarde la fenêtre de dialogue
il n'écrit pas
il n'écrit pas
il n'écrit pas
j'essaie d'imaginer
dans la rue
moi pendant que je prenais ma douche que je

17 :15

me réveillais complêtement de l'anniversaire d'hier lui il le croisait
par hasard ou alors l'autre
l'autre l'a suivi
je ne sais pas
pourquoi il l'a suivi lui pas moi
mon dieu je sors souvent je rentre tard le soir seule
et lui
lui en plein après-midi
mais les gens
il n'a pas pu se laisser faire
les gens
il écrit
mon coeur bat plus fort
je souris
il écrit
je tords mes mains l'une contre l'autre
il n'écrit plus
le message arrive
je lis
je suis de retour sale pute et j'ai une trique grosse comme ça rien que pour toi
mon coeur cesse un instant de battre
il se met à battre plus vite
l'autre écrit
l'écran de la webcam reste noir
j'ai une bouffée de chaleur
je sens que je rougis
il écrit
le message arrive
je lis
tu es là salope t'as intéret à répondre
mon ventre est noué
j'écris
oui
j'envoie
mes aisselles se mouillent de sueur
l'image revient
il est nu en érection il regarde la caméra il sourit il me fait peur
il caresse son sexe
il arrête de se masturber
il écrit à deux mains
il écrit vite
le message arrive
je lis


17 :16

pourquoi t'es habillée sale pute je t'ai pas dit de t'habiller allez fous-toi à poil salope
je me lève
je commence à me déshabiller
il regarde il sourit
il se masturbe vite et fort
je suis nue
il écrit
je m'assieds
il écrit d'une main
de l'autre il masse ses testicules
il a une expression de plaisir sur le visage
je ne peux pas détourner les yeux
le spectacle de son plaisir me fascine
il a fini d'écrire
le message arrive
je lis
je veux que tu me suces salope je veux jouir dans ta bouche de pute et sur ta gueule de pute je veux aussi que tu me branles entre tes seins et que tu gémisse comme une chienne
je suis hébétée
je ne sais pas quoi faire ni répondre
je regarde la caméra
je regarde l'écran
il a l'air furieux
il écrit des deux mains
son sexe reste en érection
il écrit
le message arrive
je lis
prends un gode ou quelque chose
j'écris
je n'ai pas ça
j'envoie
il lit
il écrit
il écrit
il écrit
le message arrive
je lis
prends un concombre un carotte prends un légume salope cours à ta cuisine et reviens
17:17
je me lève
je regarde l'écran
je suis hébétée
il continue à regarder son écran à me regarder moi ses deux mains sont aggripées à son sexe il continue à se masturber lentement
je m'éloigne en me reculant
j'ai le regard rivé
il se masse les testicules d'une main
de l'autre il se masturbe lentement
je détourne le regard
je me tourne
je traverse la pièce
j'arrive à la cuisine
je m'accroupis devant le frigo j'ouvre la porte
j'ai un léger froid sur le visage
je regarde l'intérieur du frigo
j'ai la tête vide
je regarde l'intérieur du frigo sans rien faire
sans pouvoir rien faire
j'aimerais que le temps s'arrête que je reste là à regarder sans rien faire pour toujours
j'avance une main vers le bac à légumes
j'ouvre
le froid du frigo m'arrive sur les jambes et sur les bras
dedans il y a des tomates des oignons des courgettes
je prends une courgette
j'essaie de ne pas penser c'est trop dur j'y arrive pas
je tiens la courgette à la main
je la regarde sans comprendre
à cause du froid du frigo les bouts de mes seins durcissent
j'essaie de pas penser à ce qui va

17:18

arriver ensuite
c'est trop dur
j'y arrive pas
je tiens la courgette à la main je la regarde
le froid du frigo m'arrive au visage
le froid du frigo m'arrive sur tout le reste du corps
je suis nue
je suis nue
j'ai honte
j'éprouve un sentiment de honte et de culpabilité je n'arrive pas à m'en débarrasser
il est chargé d'odeurs alimentaires
la courgette est lourde dans ma main
elle est froide
je relève la tête
je vois l'intérieur du frigo
l'intérieur du frigo est éclairé
j'entends le ronronnement du moteur
je sens les odeurs de nourriture
je continue à sentir dans ma main le poids de la courgette même si je ne la regarde plus
de l'autre main je pousse la porte du frigo
elle referme le frigo le frigo est fermé
à l'endroit où je la tiens la courgette s'est réchauffée
je me relève
je la regarde
j'essaie de ne pas penser mais c'est trop dur
j'ai des images de ça dans mon vagin
j'essaie de les chasser j'y arrive pas
je marche à travers la cuisine jusqu'au couloir
j'ai les jambes lourdes en coton
je n'ai presque plus de force
je transpire
j'ai du mal à

17:20

respirer
j'arrive à la pièce
je regarde l'ordinateur
l'écran de la webcam est toujours actif
l'autre se masturbe toujours
il fait ça sans y penser juste pour entretenir son érection j'imagine
il ne regarde pas la caméra il regarde par côté peut-être là où il y a julien
il ne me voit pas
je le vois et il ne me voit pas
cette pensée bizarre m'écoeure un peu
j'avance jusqu'à l'ordinateur
je m'assieds
il tourne la tête vers moi
il sourit
il écrit
il écrit
il ne se masturbe pas
son sexe reste dur
je tiens la courgette à la main sans trop savoir quoi faire avec
il n'écrit plus
le message arrive
je lis
suce moi
je lève les yeux
il me regarde d'un air excité et méchant
je porte la courgette à la bouche
j'enfonce le bout de la courgette dans ma bouche
ça n'a pas tellement de goût
c'est froid
je l'enfonce un peu plus
je fais un mouvement de va et viens dans ma bouche avec le bout de la courgette
il se masturbe frénétiquement
il a les yeux rivés sur mon visage
je continue mécaniquement de faire le même mouvement
je sens que mon esprit commence à

17:20

s'anesthésier
je répète le même geste
je ne vois presque plus l'autre se masturber
il s'interromp
il écrit
ça me ramène à la situation
le bout de la courgette est plein de salive
j'arrête de le sucer
il écrit
il cesse d'écrire
le message arrive
je lis
suce moi mieux que ça salope suce moi comme une chienne suce moi comme un pute fais gaffe à toi si je dois te dire encore une fois comment faire c'est ton pédé de copain qui va déguster compris
mon coeur bat plus vite
je sens que je rougis
je fais oui de la tête
il sourit
il recommence à prendre son sexe à la main
et de l'autre main il recommence à se masser les testicules
je porte de nouveau la courgette à la bouche
j'ai pas intérêt à le décevoir
j'ai honte et j'ai peur
je recommence à sucer le bout de la courgette comme tout à l'heure
mais cette fois-ci je fais des mouvements de bouche plus rapides
je sors la courgette de la bouche
je donne des coups de langue à l'embout
l'autre sourit
il se lèche les lèvres
le passe la langue sur toute la longueur de la

17:21

courgette
je passe la langue de bas en haut
je recommence à sucer le bout de la courgette
j'enfonce la courgette plus profondément dans ma gorge
l'autre se frotte le gland avec la main
j'ai honte
je me sens terriblement mal
je fais un va et viens profond avec la courgette dans ma gorge
j'ai du mal à avaler ma salive un peu de mal à respirer
il s'interromp
j'ai très peu aussitôt
mon coeur cesse un instant de battre
il écrit
mon coeur bat trop vite trop fort
le message arrive
je lis
branle moi entre tes seins salope
je respire
il ne va pas battre julien
je place la courgette humide de salive entre mes deux seins
j'essaie de placer mes mains de telle sorte que je puisse à la fois mantenir mes seins serrés contre la courgette et faire coulisser la courgette
je fais glisser la courgette de bas en haut
l'autre enserre son sexe dans ses deux mains pour simuler ça
la courgette est rugueuse
c'est presque douloureux
il se masturbe plus lentement
il me fait signer avec son majeur de recommencer à sucer
je recommence à sucer
de nouveau le bout de la courgette
et

17:22

puis plus profondément
je fais aller et venir la courgette contre ma joue
il s'arrête brusquement
j'ai peur je me demande ce qu'il y a
je m'arrête aussi
du liquide blanc sourd de son sexe
il essuie sa main
il écrit
il écrit
il a l'air essouflé
il transpire
il écrit
le message arrive
je lis
j'ai envie de te baiser salope j'ai envie de te prendre allez baise salope baise écarte bien je veux tout voir
mon coeur bat plus fort
j'ouvre largement les jambes
je passe les mollets par-dessus les accoudoirs de mon siège
j'ai le vagin ouver et béant
j'achève de lubrifier la courgette avec ma salive
l'autre recommence à se masturber lentement
j'enfonce lentement la courgette dans mon sexe
ça frotte douloureusement sur mes lèvres
j'essaie de ne pas enfoncer trop loin
je commence un va et viens
je ferme les yeux
j'entrouvre la bouche
j'essaie de simuler l'excitation
j'ai mal et peur et honte
je pense à julien je pense à
je sais pas j'ai mal
je fais un va et viens lent avec la courgette
j'ondule du bassin pour simuler le plaisir
ça a l'air de marcher
l'autre se masturbe de plus en plus

17:23

vite
avec l'autre main je me caresse un sein
vite vite qu'il éjacule qu'on en finisse
j'ai mal au vagin
il se masturbe plus vite
il me fait signe d'accélérer
j'accélère les pénétrations
je sens que j'ai l'intérieur du vagin gonflé et douloureux
l'extrémité de la courgette est très rugueuse
je vais un va et viens rapide
il se masturbe de plus en plus vite
il s'interromp d'un coup
je lis sur son visage qu'il va éjaculer
je me sens honteuse et bizarre
il se penche brusquement en avant
il revient dans le champ aussitôt
il tient julien par les cheuveux
il a un sourire affreux
il se masturbe d'une main et dirige la tête de julien entre ses cuisses
il se masturbe vite et fort
mon coeur bat à grands coups rapides
il éjacule sur le visage de julien
julien essaie de se débattre mais il est entravé par des menottes et d'autres liens
julien se tortille
il a du sperme dans les cheveux et sur la joue
l'autre finit de jouir
je regarde ça fascinée et horrifiée
je ne peux pas détourner le regard
puis l'autre attrape le visage de julien
il le tourne de force vers moi

17:24

julien roule des yeux égarés
je n'arrive pas à détacher mon regard
à détacher mon regard de sa bouche pleine de sperme et de sang
julien à l'air complêtement égaré
et puis c'est trop
c'est juste trop pour moi
je coupe la caméra
je débranche la caméra
la fenêtre de réception devient noire
voilà c'est noir
je me rends compte que je ne respire pas depuis au moins dix secondes
je prends une grosse aspiration
je respire à grosse goulées
un message arrive
je lis
salope
un autre message arrive
je lis
rallume salope rallume
je coupe la messagerie
je respire de façon irrégulière
j'ai la tête qui tourne
un peu comme si j'étais défoncée
je me lève
je vais jusqu'à la fenêtre
la vie là dehors
j'entends le brouhaha de la ville
j'ouvre la fenêtre
je regarde le ciel
il y a des nuages qui peuvent porter la pluie
mon regard glisse du ciel auximmeubles puis au sol tout en bas
je regarde la rue
je regarde les gens et les voitures
je m'imagine enjamber sentir le vent froid glisser contre ma jambe
je m'imagine enjamber l'autre jambe je m'imagine nue sur la corniche
je m'imagine lacher je m'imagine

17:25

tomber je m'imagine mourir
je ferme les yeux je respire un grand coup
j'éprouve une sensation de montée
j'éprouve une sensation puissante
mon coeur bat de façon irrégulière
mon coeur bat trop fort
j'ouvre les yeux
je suis penchée à la fenêtre
j'ai un brusque accès de vertige qui me pouss à redresser mon torse mais je ne fais rien
le vent froid glisse sur ma poitrine et sur mon ventre
la sensation est à la fois agréable et pénible
j'ai les mains serrées fort sur le garde-fou de métal
les premières gouttes s'écrasent sur ma peau
ce sont des gouttes lourdes
je relève la tête
les nuages se sont amassés
je reçois une goutte sur le visage
j'en reçois une autre sur la paupière
j'en reçois une troisième sur la lèvre supérieure
je l'attrape d'un coup de langue
je baisse la tête
je me retire à l'intérieur de l'appartement
je ferme la fenêtre
je suis sereine
j'ai chassé les images
j'ai chassé julien
finalement c'était lui ou moi
je regarde mon corps nu
je marche jusqu'à l'ordinateur mes vêtements
j'ai un peu mal au vagin
les pénétrations avec le légume étaient violentes
je me suis toujours imaginée éclater de

17:26

rire si on me proposer de me masturber avec un légume
finalement non
je ramasse ma culotte
j'enfile ma culotte
à l'heure qu'il est julien doit être mort
j'enfile mon pantalon
et puis non je ne dois pas faire ça
j'ote mon pantalon
j'ote ma culotte
je me rassieds
je vais pour ouvrir la messagerie
non
ça ne sert à rien
non
je vais dans le menu démarrer
je cherche un truc pour formater le disque
je trouve rien
bon tant pis
j'éteins l'ordinateur
je débranche tous les cordons que je peux
il y a celui pour brancher l'unité centrale
il y a celui qui relie l'unité centrale à l'écran
il y a celui pour brancher l'écran mais celui-là est fixé à l'écran
il y a tous les fils des périphériques mais ça m'intéresse pas
j'ai deux gros cordons ça suffit
je retourne à la fenêtre
les gouttes crépitent contre la vitre
j'ouvre
le vent rabat l'orage dans ma direction
je lance les cordons vers l'extérieur
non ce n'est pas suffisant
j'entends à peine les cordons claquer contre la façace rabbatus par le vent
et puis j'entend plus rien
je retourne à l'ordinateur
j'ai froid mais je m'en fiche
julien

17:27

est mort et moi j'ai froid
je débranche la webcam
j'enroule le fil autour du corps de la webcam
je retourne à la fenêtre en tenant la webcam dans mon giron
j'arrive à la fenêtre
je me penche bien
la pluie qui m'arrive fort de face m'oblige à plisser les paupières pourtant je veux tout voir
je me penche bien bien
la balustrade m'appuie contre le ventre
tout le haut de mon corps est déjà trempé de pluie
je lache la webcam
elle tombe vite
elle tombe elle tombe
elle se fracasse par terre
j'entends presque rien
un petit bruit de plastique couvert par le crépitement de la pluie
y'a personne en bas à cause de l'orage
la webcam n'a blessé personne
je regarde les débris blancs et noirs
un type ou une fille passe à vélo parmi les débris
le vélo trace un sillon dans la pluie
j'ai les cheveux trempés collés à ma nuque et à mon visage
je suis glacée mais je m'en fiche
le vélo a un peu dispersé les débris
il y en a dans le caniveau maintenant
j'entend le tonnerre
j'ai le visage complêtement mouillé
je rentre
je ferme la fenêtre
voilà
non
non

17:28

je retourne à l'ordinateur
je débranche le modem
j'enroule le fil du modem au modem
je retourne à la fenêtre
il y a un peu d'eau sur le sol de l'appartement maintenant
des petites flaques
je me penche de nouveau
la balustrade humide appuie contre mon ventre presque au même endroit
le contact est glacé
je lache le modem
il tombe il tombe il tombe
il rebondit au sol sans se casser
il termine son mouvement dans le caniveau juste contre le pneu d'une voiture garée
en sens inverse du vélo de tout à l'heure un couple passe en courant
leurs pas achève de disperser les débris de la webcam
je rentre
je ferme la fenêtre
je suis mieux maintenant
je suis trempée
je suis frigorifiée
je vais mieux
je ne sais pas si je suis bien
peut-être que je ne serais jamais bien
j'ai tué julien
j'ai tué julien mais je ne suis pas morte
c'est déjà ça
je traverse la pièce
mes cheveux gouttent tout le long de mon trajet
je quitte la pièce
je franchit le couloir
j'entre dans la salle de bain
j'entre dans la cabine de douche
je tire le rideau
je regarde autour de

17:29

moi
je frissonne
j'attrappe le pommeau de douche
j'ouvre les robinets
je règle bien chaud
bien chaud
bien chaud presque pas d'eau froide
et une pression forte
je me lave de la tête au pied
je laisse l'eau couler longtemps sur mon corps
le contact de l’eau très chaude me donne d’abord la chair de poule
je me concentre sur la chaleur sur la sensation de brûlure
l’eau fait une pellicule brûlante entre le monde et moi
je n’entends plus rien d’autre que l’eau qui coule sur ma peau
que l’eau qui est projetée par la douche réglée fort et chaud
l’eau ruisselle sur ma peau
les goutelettes rebondissent un peu partout
le jet s’écrase parfois contre les parois de cabine
le bruit est plus fort à ce moment-là
ma peau s’habitue
ma peau se détend
je dirige le jet de haut en bas régulièrement
ma peau devient à la température de l’eau ma peau se ramollit
la chaleur envahit tout mon corps
le froid de la pluie est totalement chassé
la vapeur envahit le petit volume
très vite j'ai chaud
j'accroche le pommeau au mur
je prends une bouteille de gel douche
il sent la pomme
j'en recueille une

17:30

bonne quantité dans la paume de ma main
je l'étale sur tout mon corps
je frotte fort
je frotte fort pour que ça mousse
je me nettoie l'entrejambe
je me frotte fort là aussi
je me nettoie bien l'intérieur du vagin
j'ai encore un peu mal
mais ça m'empêche pas de frotter partout
je me rince les main au jet de la douche
je rince le reste de mon corps
je reste comme ça sous la douche
aucune pensée dans mon cerveau
aucune pensée
juste l'eau la chaleur
je passe la tête sous le jet
je garde les yeux ouverts
je regarde l'eau me recouvrir
c'est bon
je prends la bouteille de champooing
j'en étale une grosse quantité dans mes mains
ça sent l'amande
j'étale bien dans mes cheveux sur tout le crâne et ensuite sur toute la longueur
je masse
je malaxe
j'ai les yeux fermés
je sens l'eau mêlée de champooing me couler sur le visage
c'est bon
je masse
je masse
je masse doucement
je masse le haut du crâne du bout des doigts
chaque doigt fait des petits mouvements circulaires contre la peau
je descends sur les tempes avec les mêmes mouvements je prends mon temps

17:31

j'appuie bien c'est agréable je descend encore et mes mains se rejoignent sur la nuque je presse les cheveux dans mes poings pour extraire la mousse je masse ma nuque mes vertèbres du plat des phalanges en faisant des mouvements circulaires ça me fait du bien presque ça m'assoupit je passe la tête sous le jet de la douche toujours les yeux fermés je fortte plus vigoureusement et de façon plus désordonnée je chasse toute la mousse je frotte mes cheveux je les sens propres je reste encore sous la douche les yeux fermée à sentir l'eau qui n'est plus chargée de mousse recouvrir mon corps à sentir l'air trop chaud à sentir la vapeur la piqure des gouttes très chaudes contre ma peau
j'ouvre les yeux
je regarde l'eau
je regarde l’eau ruisseller sur ma peau
j’avance la main vers le robinet d’eau chaude
je rajoute de la chaleur et de la pression
le jet est très dur
la chaleur est mordante
c’est presque douloureux
la vapeur m’empêche presque de respirer
je maintiens la douche très près de moi pour ne pas subir la dureté du jet
la brûlure s’atténue
je passe lentement le jet très chaud sur mes

17:32

épaules
l’eau me couvre comme une couverture
je dirige le jet vers ma colonne vertébrale
la chaleur soudain m’arrache un frisson et me sors de mon apaisement
je fais glisser du haut de la colonne presque la nuque jusqu’au bas presque les fesses
le frisson de la chaleur accompagne le mouvement
je respire un peu difficilement mais ça ne me gêne pas
je repasse le jet devant
sur mon ventre
je le laisse couler
juste sur le nombril
c’est brûlant
l’eau est dure
je m’habitue
j’ai trop chaud
c’est bien
je me sens transpirer sous l’eau
j’aime cette sensation
je laisse encore l’eau couler sur mon ventre et mes jambes
j’ai vraiment trop chaud maintenant
il est temps de sortir
je coupe l'eau
je sors de la douche
toute la salle de bain est humide
je sens la différence de température hors de la cabine
ça me réveille un peu
j’ouvre le robinet d’eau froide du lavabo
au-dessus du lavabo le miroir est tout embué
je ne me vois pas ça ne me gêne pas
c’est beau la buée
rempli d’eau froide mes deux mains en coupe
je m’aspège le visage
ça fait beaucoup de bien après la douche brûlante

17:33

je refais couler de l’eau froide dans mes mains en coupe
je m’aspèrge de nouveau
je m’éponge le visage avec une serviette humide de vapeur
je passe un peignoir
je m'éponge
j'emmaillotte une serviette autour de mes cheveux
je sors de la salle de bain
là il fais nettement plus froid
je ressens le froid à mes chevilles et à mes pieds
je ressens le froid s'infiltrer sous le peignoir
ici il n'y a pas de vapeur
je traverse rapidement le couloir
mes pieds laissent des traces humides qui vont s'évaporer lentement
j'ouvre la porte de la chambre
j'entre dans la chambre
je fais coulisser la porte du placard
je sors une culotte que je pose sur mon lit
un tee-shirt que je pose sur mon lit
un pantalon de coton que je pose sur mon lit
je ferme le placard
je frotte un peu le peignoir sur les parties de mon corps qui sont encore humides
j'enlève le peignoir
j'enfile la culotte
j'enfile le tee-shirt
j'enfile le pantalon
je suis habillée
je suis habillée
je suis habillée
je suis habillée
oui
oui
la pluie martèle toujours à grosses goutte contre les fenêtres
et maintenant
il faut sortir
il faut

17:34

oublier
faire semblant que rien n'est arrivé
faire semblant de rien
il faut crier appeler un voisin
un voisin qui appelera la police
crier
il faut crier

FIN DE LA PREMIERE PARTIE

DEUXIEME PARTIE

j'ouvre les yeux
j'ai un goût de sang dans la bouche
j'ai mal partout
je n'ai pas assez de force pour crier
j'ai la tête lourde
j'ai le nez plein de sang et enflé
ça me lance par coups sourds
j'ai du sperme séché sur le visage
j'ai mal partout
j'ai été roué de coups
je ne peux pas bouger la mâchoire inférieure à cause de la douleur et de l'inflammation
il m'est impossible de parler
un des coups reçus au côté du visage m'a endommagé l'oreille
je n'entends plus rien de ce côté là
le côté droit
hormis un bourdonnement sourd comparable à la mer
c'est l'écho de mon propre sang
mon sang me recouvre
j'en ai partout sur la peau et sur les vêtements
il a séché en tâches brunes
il y a aussi du sang qui ne provient pas de mon corps
il a tué deux personnes et je ne sais pas pourquoi il ne m'a pas tué
il s'est tué ensuite sous mes yeux
c'est là que j'ai perdu conscience
j'ai vu sa tête cesser de ressembler à une tête et son regard cesser de ressembler à un regard
et j'ai perdu conscience
il faut que j'arrête de penser à ça
devant moi il y a un cadavre
c'est le cadavre d'un homme qui m'a torturé pendant plusieurs heures
d'abord il m'a kidnappé
il faut que j'arrête
d'abord il m'a
ensuite il m'a
m'ont
ils m'ont
de penser à ça
ça
ils m'ont emmenés ici
enfin d'abord
ça ne sert à rien
d'abord ils m'ont volé mon argent
non à rien
et ensuite seulement
ensuite seulement
ils
ils m'ont
emmenés
ici

là il a tué les deux autres
voilà
comme ça
il a sorti un flingue
et il les a tué
tous les deux
comme ça
ça a duré même pas une minute
ensuite il m'a dit
ensuite
ensuite
il m'a dit
il m'a dit tu es à moi
et il a souri
et il tenait encore
oui
il le tenait encore le flingue
et il le regardait
il ne les regardait pas
les cadavres
non
il ne les regardait pas
moi oui
moi je les regardais
les cadavres
moi je les regardais les cadavres
lui il ne les regardait pas
lui
son flingue
il regardait sont flingue
c'est sont flingue qu'il regardait
il le regardait fumer
il me parlait
aussi
il me parlait en regardant son flingue
moi il ne me regardait pas
moi je n'entendais pas ce qu'il disait
je ne le regardais pas
je ne faisais que
les cadavres
les regarder
regarder les cadavres
je ne faisais que les regarder
les cadavres
il ne faut pas penser à ça
pas maintenant
c'est fini
il y a son
son
son cadavre

il y a son corps là juste devant moi
moi je peux à peine bouger
lui
lui il est mort
sa tête
il n'a plus de visage
il n'a plus d'yeux
sa bouche
elle est ouverte
sa bouche est ouverte
elle est pleine de sang
il y a du sang partout
comme si
comme si
comme si sa bouche avait été une boite
une boite pleine de sang
et qu'il
qu'il l'avait renversée

FIN

= commentaires =

MantaalF4ct0re


    le 08/04/2006 à 16:14:14
fin de la premiere partie
debut de la deuxieme partie
fin
mettez un pied devant l'autre pour marcher
eh tu prends vraiments tes lecteurs pour des gogols? je suis véxé...

***
sinon je vais arrêter de faire le méchant, j'ai bien accroché la première moitié du texte, ça m'a fait presque rire tellement c'est criant de vraisemblance, je suis bien rentré dedans...
quant à la mise en page, elle ressemble à une conversation msn et c'est bien trouvé ou alors tu es juste allergique aux phrases mais bravo quand meme.
je te mets la courgette bien profond et je t'attends sur msn, mais pas tout de suite faut d'abord que je kidnappe un autre des tes potes.
ps:rachete toi une webcam

commentaire édité par Mentalfactor le 2006-4-8 16:14:58

commentaire édité par Mentalfactor le 2006-4-8 16:16:38
nihil


    le 08/04/2006 à 16:19:17
MentalFactor, le textes est intitulé Minutes (4), on peut donc supposer qu'il est le quatrième d'une série comportant trois épisodes parus précédemment... Dans lesquels il se peut que tes questions soient éclairées.

http://zone.apinc.org/rubrique.php?id=41

Et si comme nous tu avais lu l'ensemble de la série, tu serai comme nous : fatigué.
Ange Verhell


    le 08/04/2006 à 17:31:38
La machine à perdre du temps s'arrête t-elle enfin ?
Quand son inventeur va t-il se casser le cadran ?
Elle aurait dû jeter son PC tout au début, au lieu de nous casser les nôtres.

J'ai fait un cauchemar: Konsstrukt invente la machine à détraquer le temps,je m'appelle Julien, j'ai une courgette à la place du sexe, elle me fait l'amour de 13h13 à 69h69 chrono ... Je ne meurs pas.

L'auteur a t-elle trois aiselles à 17:15 ?
Pourquoi n'a t-elle pas mis de l'huile d'olive sur la courgette?

Bonus DVD, SVP...
MantaalF4ct0re


    le 08/04/2006 à 17:32:42
oui je m'en suis rendu compte d'ou les "edits".merci quand même.mais je trouve le style marrant quand même
d'ailleurs:
ahahahahahahahahahahaha
lol
rofl
ptdr
Simili


    le 08/04/2006 à 18:18:40
Si j'étais un critique de journal, je dirais que "cette série de l'original konsstrukt se voie sublimée par l'écriture originale, l'histoire est alletante, la violence et la vulgarité omniprésentes ne font que nous accrocher encore plus. L'idée de la webcam, lien entre les personnes, devient ici la mort, mort de la communication, mort de l'âme. Cette brillante idée nous interroge encore plus sur ce monde qui perd les pédales.
Un grand choc de la littérature francaise actuelle."

Heureusement, je ne suis pas critique dans un journal.

Pour parler zonard, c'est nul.
MantaalF4ct0re


    le 08/04/2006 à 18:28:16
ça encule dur ici
Petasse     le 09/04/2006 à 00:16:00
j'ai
fait un prout
dans la

00:16

bouche de mon
chat
Ange Verhell


    le 09/04/2006 à 07:39:08

D'ailleurs, bien qu'il y ait abondance de "je", on ne s'amuse pas, mais vraiment pas.
Enfin, si, un peu quand même, avec les paquet bonus.

Konsstrukt est le rare handicapé à écrire avec son nombril
Lapinchien


tw
    le 09/04/2006 à 10:21:15
C'est comme si l'esprit de Marguerite Duras, que je n'ai jamais lu d'ailleurs, ma versatilité m'en préserve d'ailleurs, hantait le texte au niveau des répétitions, comme si c'etait elle le personnage principal, alleluyah d'ailleur, la narratrice
nihil


    le 09/04/2006 à 11:10:56
Marguerie Duras à poil avec une courgette ? Faites gaffe, si vous continuez je vais finir par le trouver extrêmement drôle ce texte.
Narak


    le 09/04/2006 à 11:52:25
Les dernières phrases sont probablement les plus bizarres que j'ai lues. Sinon dans l'ensemble j'aimais bien le Minute (3) mais c'est vrai qu'il y a un putain de coté lassant. En même temps ça sent l'écriture experimentale ce truc, c'est pas fait pour être passionnant, c'est fait pour la performance. C'est comme ce mec qui a écrit un bouquin entier sans "e", tout le monde se branle de l'histoire, c'est juste un bouquin sans "e". Je pense que ça s'en rapproche. C'est le seul coté interressant que je trouve à cette rubrique...ça, et la courgette dans la chatte bien sûr.

Commentaire édité par Narak.
MantaalF4ct0re


    le 09/04/2006 à 13:36:19
à narak: gargas parac passa par là, gars! la nana rata sa tata ..zaza lava ça.
MantaalF4ct0re


    le 09/04/2006 à 13:36:47
http://worldserver2.oleane.com/fatrazie/gargas_parac.htm
Narak


    le 09/04/2006 à 14:35:41
Ouais...Moi je parlais de "La Disparition" de George Perec.
Lamentable con.
MantaalF4ct0re


    le 09/04/2006 à 19:07:24
espèce de salope glaireuse je connais aussi la disparition, mais ce n'est pas en ligne!!!
Glaüx-le-Chouette


    le 09/04/2006 à 19:50:47
Et qui c'est d'entre vous deux qui a la plus grosse ?
Je vote pour la mère à Narak, parce que les gitanes ont des grosses bites.


Ah merde, je vais oublier de lire ce texte.
Narak


    le 09/04/2006 à 20:37:21
Attends, alors comme ça c'est moi qui ai la plus grosse gitane ?
Nounourz


    le 11/04/2006 à 14:49:00
J'ai bcp rigolé au passage de la courgette.

"je recommence à sucer le bout de la courgette comme tout à l'heure
mais cette fois-ci je fais des mouvements de bouche plus rapides
je sors la courgette de la bouche
je donne des coups de langue à l'embout"

>> J'ai trouvé ça absolument désopilant, pour ne pas dire hilarant.

La scène de la douche est insupportablement ennuyeuse, même lorsqu'on la lit en diagonale.

Sinon, je pense que je vais imprimer l'ensemble de la rubrique pour la lire à mes gosses lorsqu'ils auront du mal à s'endormir.
Aesahaettr


    le 04/12/2007 à 17:16:05
Putain c'est grandiose, je ne m'en relèverai pas de la minute.

Bon, j'ai lu tout ça, aujourd'hui, toute la série.
Demain j'irais peut-être sortir la poubelle.

= ajouter un commentaire =



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