LA ZONE -
Résumé : On remarquera l'effort singulier de la part de l'auteur d'avoir choisi un titre qui sait également tenir lieu de résumé. Les admins sont sensibles à ce genre d'attentions.

journal inutile et désagréable

Le 11/10/2013
par 09069
[illustration] Inaction immobile, on tente de se mouvoir, de s’émouvoir, toute la symphonie silencieuse s'immobilise.
N'a pas besoin, n'a pas d'envies, moins dérangeant.
On veux tenter mais n'ose jamais pour ça
décorer un peu la laideur
la panser moins repoussante
on ne sait pas
on ne veux pas
se cacher, créer un monde faux
qui semble moins faux que l'autre
s'exhiber sous un déguisement
afficher ce qu'on est pas
même pas idéalisé
se rapprocher d'un soi qu'on ne veux pas voir
cacher le malaise ambiant
ne rien dire, se taire
laisser crier les voix inaudibles
ambiance sale
perversités enjolivées
se cacher derrière un jeu d'enfants,
d'animaux. Chercher une facilité
peut-être complexité vide
un à-coté, un point, voire sphère
trouer cette plénitude
con-rompre
des yeux vides
présences aveugles, fantasmées
sphère cercle
anneaux, pris prisonnier
simuler des absences,
des silences...
les rendre réels
les créer.
Les rendre palpables jusqu'à ne plus différencier les absences des présences
et de même, sont tout à fait égales
aucune importance, rien.
Petit passage entre monde réel et passerelle
imaginaire.
Accumulation d'objets
qui peuvent peut-être rassurer,
par leur matérialité
faire croire à une réalité
habiller cette réalité faussement
l'ornée, l'érotisée
en jouer jusqu'à ce qu'elle redevienne une mise en scène
un acte imaginaire...
cherche spontanéité enfantine perdue
envie, motivation irraisonnée
bloqué, arrêté stoppé
dans un espace transitoire
stagnant
avorte sans cesse avant la potentielle fertilité.
[...]
On se pose au bord d'un canal, sous prétexte de prendre l'air, de sortir de sa léthargie
avec comme excuse de promener un animal
à défaut de passer pour agoraphobe absolut (non, si on sort pas au moins personne le remarque, à moins d'espionner..) ou un sans-envies, sans motivation
avec l'aspect négligé, fatigué sûrement
on passera pour un zonard avec la bière en prime...
un simple punk à chien
on paraît moins seul, moins fous quand on se colle une catégorie...
les regards ça importe beaucoup malgré ce qu'on pense pour se rassurer
on s'en fout de passer pour quelqu'un ou quelque chose...
on s'en fout de beaucoup de choses...
malgré tout on veux pas se montrer
on prend un masque
(c'est peut-être plus rassurant de passer pour un rôle qu'on se donne, tant que c'est qu'un rôle, ptètre une petite fierté d'être bon comédien...)
à ne plus savoir quel masque se coller quand on est seul
sans yeux pour scruter a part les nôtres
beaucoup d'yeux scrutateurs
méchants, moqueurs
toutes ces voix muettes
maso et sado peut-être a n'en plus savoir
on a tous les rôles
les mauvais rôles
monologues sans paroles
sans personnages
sans interlocuteurs réels
mais qui écoutent sans cesse,
on n'ose plus parler
on n'ose plus penser
pas de muse...
on pense que les promeneurs en ville,
les petites vieilles, assises, à regarder....
sont un peu stupides. Absurdes.
Peut-être jalouse-t-on ce non masque,
n'ont pas besoin de se justifier eux... 
de ne rien faire...
font un tour en ville, c'est tout naturel
mais alors pourquoi culpabiliser ?
rien faire en ville, ça passe mieux que rien faire chez soi, apparemment, paradoxalement
vu qu'en ville on est vu, on simple « flâneur »
chez soi on passe pour cinglé, à plus vouloir sortir..
pour quoi faire, que peut-on bien faire ?...
triste monde …
cruel.. sordide ..
pourquoi la petite vieille sur le banc à coté
à l'air rêveuse, seule à regarder les travaux au bord du canal...
et moi qui me trouve stupide à faire semblant de sortir, de « profiter du beau temps »...
elle me regarde avec un léger sourire
peut-être me trouve-t-elle l'air sympathique ?
Peut-être simule-t-elle pour pas me vexé
simule-t-elle un sourire crispé,
comme moi...
qu'attend-t-elle
quel est le déclic pour se dire, ça y est j'ai profiter du beau temps, maintenant je peux rentrer, repartir...
je ne comprend pas...
je suis certainement plus stupide qu'eux..
mais pas heureux comme imbécile malheureusement...
c'est pas d'chance..
et je peux pas m’empêcher de trouver ces promeneurs heureux simplets.. quand même un peu stupide..
j'aimerai bien aspirer à mieux qu'eux..
mais j'aspire en fait, au final, à rien...
non, « j'aimerais » même pas quoi que soit...
de peur de me décevoir, de me revoir..
j'entame la deuxième bière..
au moins ça me fait quelque chose à faire...
peut-être que l'illumination me viendra.. un jour peut-être...
faut se rassurer...
faut se suicider...
non, trop peu courageux pour ça...
la p'tite vieille s'en est allée
relayer par un couple de p'tits vieux...
somme toute, j'les aime bien ces p'tits vieux et p'tites vieilles...
z'ont une excuse d’être dérisoires ...et aigris
sont sympas aussi ces canards qui pioncent..
j'aurais bien aimé la vie d'animal
pas à se justifier
pas à se poser de questions...
pas à se prendre au sérieux...non ça j'fais déjà pas...quoique...
bah l’animalisation dans les pratiques sm c'est courant...
j'pourrais peut-être passé pour un peu « déviant » sexuellement,
mais au moins, pas complètement cinglé...
mouais, l'étiquette sm est quand même plus sympas que taré...
[...]

= commentaires =

Koax-Koax


    le 11/10/2013 à 15:00:17
C'est un rouleau de papier toilette fluorescent; faut-il être véritablement inepte pour ne pas savoir se servir d'un interrupteur, la question se pose. Je parle de l'illustration, bien entendu.
Lapinchien


tw
    le 11/10/2013 à 16:48:36
"con-rompre" ça veut dire "péter la chatte" ?
Dourak Smerdiakov


lien fb tw
    le 12/10/2013 à 13:20:13
J'ai du mal à lire tout le texte d'affilée. Pris isolément, certains passages ne sont pas désagréables, sans être magnifiques ou originaux pour autant. Le premier morceau est parsemé de formules prétentieuses, et c'est lui qui fait peur et met de mauvaise humeur au début (le premier vers est typique, en fait). La simplicité du deuxième est plus cohérente.

Du reste, les points de suspension font peur et on se dit que l'auteur pourraient nous en faire 300 pages faciles, et même plusieurs tomes, et d'ailleurs qu'en fait énormément de gens pourraient le faire. Débiter en rafales des propos d'humeur noir, en mode au moins semi-automatique, et dans une langue facile, ça fait peut-être du bien à l'auteur, mais ça ennuie vite un lecteur.
Nana


    le 07/11/2013 à 23:23:18
je partage totalement l'avis de Dourak Smerdiakov
La lecture du texte, le début et ses grosses phrases, les passages pas désagréable et les points de supsensions, toupareye
aussi, j'aime bien le ton mélancolique un peu las et ennuyé de la deuxième partie crée par sa simplicité, justement
Valstar Karamzin


    le 10/04/2014 à 15:35:48
J'ai pas aimé tout ce qui est écrit en bleu, ça donne pas envie d'aller plus loin, mais j'y suis pourtant allé dans l'espoir de perdre mon temps car je suis un loser céleste qui s'assume, contrairement au narrateur... c'est mieux dès que c'est écrit en noir. Est-ce que la couleur y est pour quelque chose ? Ma réponse est non, car la fin est en noir et j'aime pas trop.
ça gamberge trop et il n'y a pas assez de poils à mon goût. De bonnes choses cependant que je partage avec Dourak et Nana.

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