LA ZONE -

Comment j'ai enculé l'Amerique (5)

Le 12/05/2009
par Lemon A
[illustration] Des tas de gens meurent tous les jours, de froids, de faim, de chagrin. Des guerres éclatent, des catastrophes aériennes, des tempêtes, des psychopathes parcourent les rues et les hommes politiques ne trouvent pas de solution. Un type se fait défoncer par terre et alors ? Qu'est-ce que tu en as à faire ? Et si le type est un ami proche ? Imagine une seconde : pendant que ton pote est transformé en marmelade tu prends les jambes à ton coup, tu t'engouffres dans la voiture et tu démarres en trombe. Pour aller où ? Vers quel avenir ? Nous étions stationnés dans un désert grand comme une France et demi. Le shérif du secteur devait mâchouiller un brin de maïs à l'ombre d'une citerne rouillée, quelque-part, aussi visible qu'un centilitre de vodka dans une margarita. Il est des choses, des actions de bravoure que tu accomplis non pas parce que tu es un heros ou simplement une personne comme il faut mais parce que tu n'as pas le choix.
Un de mes cousins éloigné était champion d'Europe de kick boxing. Un sport de fou, si on peut appeler sport le fait de se taper dessus avec toutes les parties du corps. D'ailleurs mon cousin était un fou et quand il s'en est rendu compte il s'est mis à la pêche à la ligne. Véridique, maintenant il part pêcher, seul, dans la nature, pendant plusieurs jours avec sa tente et tout son matériel. C'est devenu son truc. Mais à l'époque, rien à voir. 15 kilomètres de footing à 5h00 du matin, des heures et des heures à frapper sur des sacs de sable. Mon cousin était petit de taille, un vrai handicap sur le ring vu que dans ce cas tu manques d'allonge par rapport à ton adversaire. Il combattait des plus grands que lui mais il parvenait quand même à les mettre au tapis. Son truc c'était de cogner le plus fort possible et pour ça il visait un point situé derrière sa cible. Si tu veux taper dans la gueule d'un gars il faut se concentrer sur un point fictif derrière sa tête et tu balances ton poing pour atteindre cet objectif comme si la tête du gars n'existait pas. Les Chinois cassent des briques à mains nues. Il y a une histoire de psychologie là-dedans. On fumait un pétard dans le coin vide d'une galerie commerciale quand mon cousin m'a révélé cette technique.

Une pelle enfoncée dans le tas de gravats, à vingt mètres de la bagarre. Je la récupérai et serrai le manche avec mes deux mains. J'ai d'abord frappé le chien. Écrasant l'outil sur sa gueule de toutes mes forces. Il a couiné et il s'est renversé sur le côté. J'appliquais un second coup de pelle, circulaire, avec le tranchant du fer, dans la figure du gros type. J'ai effectué ces gestes d'une manière fluide, un, deux, en pleine montée d'adrénaline, avec une puissance dont je ne me serai pas cru capable. Le type est tombé en arrière. La pelle était maculée de sang. J'ai frappé de nouveau, plusieurs fois, à la tête du type, parce que j'avais peur qu'il se remette debout. Le sang éclaboussait, le type ne bougeait plus du tout. Son crâne était complètement ouvert. Des morceaux de cervelle luisaient au soleil. La femme en peignoir criait. Je ne pouvais pas la laisser brailler comme ça. Je ne pouvais la laisser derrière nous tout court. Alors je l'ai tué aussi, avec la pelle. Malgré ses contusions, mon pote s'était relevé. nous avons confisqué le registre des chambres, un cahier à spirales, nous avons recupérés nos sacs, et nous nous sommes barrés avec la Dodge. Retrospectivement, je ne crois pas qu'il y avait d'autres clients dans le motel.

= commentaires =

Dourak Smerdiakov


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    le 12/05/2009 à 20:28:42
Interlude.

Tout ça finira-t-il un jour par nous dire comme l'Amérique fut enculée ? Tout ça finira-t-il un jour ?
le crocheteur     le 12/05/2009 à 21:54:05
Faut peut-être pas viser trop loin derrière (la tête)... il suffirait à l'adversaire d'avancer d'un pas pour contredire le coup qui au démarrage n'a pas plus de force qu'en fin de course.
Dourak Smerdiakov


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    le 12/05/2009 à 22:14:43
Dans un repère galiléen, en supposant une dynamique newtonienne. Mais on est sur la zone. Et se battre à main nues, c'est pour les bouseux. Personnellement, j'ai toujours une pompe à essence et un briquet sur moi, au cas où.
nihil


    le 12/05/2009 à 22:50:13
Je préfère me battre avec une fourche, ça fait moins bouseux.
Das


    le 12/05/2009 à 22:55:59
Malgré les quelques petites fautes, on peut s'attendre à un bon texte à la lecture de l'intro. L'ambiance commence à être posée, l'esprit du texte aussi, presque drôle, puis on a deux succincts paragraphes incohérents, même si on comprend bien ce qui les relie. En fait c'est surtout le vide qui bloque la lecture. C'est creux, même si certaines phrases auraient mérité d'être développées. Bref, un potentiel moyen, mis en forme par une exploitation nulle, c'est forcément mauvais. Lecture facile, mais ça ne suffit pas.
Dourak Smerdiakov


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    le 12/05/2009 à 23:08:33
La fourche, ce n'est pas bouseux, c'est bucolique.

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