LA ZONE -
Résumé : Vague tranche de vie relativement morne, il est question d'un groupe de personnes qui tournent en rond. Les grands classiques sont de retour, avec des descriptions inutiles, des répétitions, quatre prénoms un brin désuets et le Lac de cet enculé de Lamartine.

Au manège

Le 04/11/2011
par Carc
[illustration] Nous tournons en rond dans une pièce aux murs qui se resserrent. Nous tournons en rond.
Il y a là Philippe, qui est grand. Toute sa personne survit par sa taille et sa taille représente l’unique caractéristique de sa personne. Il est grand, alors il aide les petites vieilles à choper le pécul le moins cher sur le rayonnage du haut au supermarché, et des fois aussi il tend une bouteille d’huile d’olive, la plus chère, celle qu’il ne peut pas se payer. Il est grand, alors il fait ça. Des fois il rêve d’être petit, de passer inaperçu dans la masse. Alors il se réveille et il se rappelle qu’il passe inaperçu de toute façon, parce que d’accord il est grand, mais c’est bien tout, ça ne fait pas de lui quelqu’un que la masse met en avant, sauf quand il faut tendre la patte pour attraper le pécul. Des fois il en a marre. Marre des petites vieilles, marre du pécul, pas envie de tendre le pécul aux petites vieilles. Des fois il a l’impression que sa vie s’axe autour du fait de tendre le pécul aux petites vieilles dans les supermarchés, et il voudrait exploser. Leur exploser à la gueule, à toutes ces petites vieilles de merde, qui n’auraient qu’à l’attraper elles-mêmes, leur pécul de merde et leur huile d’olive puget.

À côté de lui, c’est Gaétan. Gaétan c’est un intello. Il sait compter jusqu’à 1000 au moins sans s’arrêter et sans jamais réfléchir, et il a réussi à lire les mémoires d’outre-tombe de Châteaubriand. On a la fierté que l’on mérite. Gaétan, il porte des lunettes, il a une coupe de merde qui rappelle les vieux cathos à la con devant l’église le dimanche et il fait très cliché de familles de France. Mais Gaétan, il est heureux comme ça. Il s’en fout d’avoir une tête de con et d’avoir été estampillé intello quand il a eu dix ans. Il a juste du mal à digérer les coups, les surnoms peu affectifs et les autres méchancetés que les autres enfants, puis adolescents, puis adultes lui ont dit parce que lui est un intello connaissant la différence entre les mots épier et expier. Il aurait aimé être accepté malgré son intelligence hors norme, mais, il faut s’y résoudre, l’humain n’aime que les plus cons. En tous cas c’est ce que sa maman lui a dit un jour et ce qu’il n’a cessé de se répéter depuis le jour où il avait pleuré à chaudes larmes le soir dans son lit. Finalement, peut-être même qu’il a tort et que ce n’est pas une question de plus con ou non, finalement peut-être qu’il est même pas plus intelligent. Mais ça, il veut pas y penser. Le statut d’intello, même si c’est un statut de merde, c’est quand même tout ce qui lui reste.

Il y a là Candice, elle c’est une fille qui fait la fête. Elle est de toutes les javas, de toutes les partouzes, elle aussi c’est un cliché qui tente d’oublier à grands coups de bites dans le cul qu’elle n’est même pas heureuse et qu’elle ne le sera jamais. Candice, elle aime même pas le sexe, elle baise sans jouir, elle suce des queues sans aimer ni leur goût ni leur propriétaire. Elle fait ça parce que comme ça elle peut dire qu’elle est libre dans cette société à la con et se sentir exister un peu. Elle suce des queues et elle avale leur foutre et elle le rince au whiskey pour oublier que la liberté elle a un drôle de goût salé. Candice, elle se plait à poil devant son miroir, le trou du cul éclaté par la bite de la veille dans les chiottes d’une boite parisienne merdique où elle s’est fait prendre sur lit de cocaïne. Le sexe, pour Candice, c’est la décadence, et la décadence c’est la liberté. Une liberté qui se décline en dizaines de danses tous les soirs sur des pistes pourries entourée de queues et de clowns.

Le mec qui se branle dans le coin c’est Guy. Il aime bien montrer sa bite, il ne sait pas pourquoi. Quand une fille lui mate la bite en coin en faisant mine d’être dégoûtée, de rougir et de trouver l’image de mauvais goût, lui il se met à bander et il a l’impression qu’il existe. La main sur ses couilles il aime bien se promener la nuit à poil, ça le fait bander et quand il bande tout va bien, la vie est pas si merdique puisqu’elle contient encore des trucs aussi merveilleux qu’une érection. Guy il se définit par sa bite et ses couilles, et ça lui va bien, surtout quand il est à poil.

Et puis il y a moi. Je suis allongé à leurs côtés et je les regarde tourner en rond en gesticulant. Ce soir, Guy il regardera Candice baiser et il bandera, alors les deux seront contents et auront trouvé le moyen de créer artificiellement un sens au fait qu’ils tournent en rond. Pendant ce temps Gaétan essayera de draguer Candice en lui récitant du Lamartine parce que ça lui correspond. Moi je continuerai de regarder et de me taper la tête contre les murs. Et Philippe ? Il tendra un rouleau de pécul à une vioque pour qu’elle puisse se torcher l’arrière-train flétri.

Nous tournons en rond.

= commentaires =

Kolokoltchiki


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    le 04/11/2011 à 18:37:40
C'est euh pas très subtil.
Kolokoltchiki


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    le 04/11/2011 à 18:40:08
En fait, je voulais dire : c'est de la merde, merci.
Carc


    le 05/11/2011 à 01:48:59
Autocritique :

Je ne dirais pas que c'est de la merde. Je dirais que ça sombre dans la facilité de faire ce que l'on fait d'habitude en pas inspiré pour un sou, tout en essayant vainement de se renouveler. Me renouveler, j'ai beaucoup de mal et je le prouve en fait à chaque nouveau texte.

Pas original pour un sou, ce manque évident n'est ici pas compensé par un style ou des moments clé marquants. C'est très jetable, dans le sens où ça se lit et ça s'oublie plus vite que ce que ça s'est lu.
...     le 05/11/2011 à 17:59:44
Ça atteint pas le Smic standard de la merde, quant même pas, mais... et...

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