LA ZONE -
Résumé : Encore une contribution tardive pour notre grand concours 'Innomable' de textes sans substantifs, qui devient décidément un grand succès de foule post mortem. Cette contribution s'en sort plutôt bien, avec ces considérations philosophiques cohérentes et désabusées. Attention tout de même, ça parle d'amour.

Mort d'amour

Le 01/04/2015
par Pascal Pratz
[illustration]
Ça te tombe dessus sans prévenir, tu l'auras remarqué. Ça vient toujours par surprise. Pourquoi je dis « Ça » ? Parce c'est un « Ça ». C'est indépendant de qui. Que ce soit masculin, féminin, animal, végétal, c'est imparable. C'est immatériel. Tu tombes amoureux de Ça. Tu l'as pas vu venir. Et tu te retrouves complètement idiot et gaga. Ça peuple tout. C'est permanent. Diurne et nocturne. C'est partout. On peut même se demander si on a vraiment besoin du « Ça » pour vivre ce truc, si le « Ça » n'est pas superflu. Ne serait-on pas simplement face à soi-même, n'aimerions-nous pas simplement aimer, ne serions-nous pas tout simplement amoureux de nous-même, de ce que nous en renvoie autrui ? D'aucuns invoquent l'instinctif, d'autres sont oniriques, d'autres encore mystiques. Je les trouve comiques, ridicules ou pathétiques. Personnellement, je n'en démords pas : tu fais ça tout seul. C'est là-haut que ça se passe. Tu peux gémir, tu peux pleurer, tu es seul, il n'y a que toi. Tu souffres mais n'aimes-tu pas souffrir, en définitive ? Tu me fais rire et, de moi, tu n'auras rien d'autre.

= commentaires =

Lapinchien


tw
    le 01/04/2015 à 23:44:10
je retiendrai surtout l'humour de Dourak pour l'illustration du texte. Sinon la thèse phéromonale me parait plus crédible que la théorie du "ça" bien qu'incomplète puisque au delà des accointances génétiques du partenaire dont les odeurs nous informent, il y a bien entendu toute une dimension sociale, pratique, intellectuelle, fantasmagorique à prendre en compte.

Sinon je vais dire aussi que je kiffe à mort ce texte parce qu'il faut toujours être un peu faux-cul avant un Saint-Con.
Dourak Smerdiakov


lien fb tw
    le 02/04/2015 à 02:25:23
J'avais oublié de lire attentivement par rapport au respect de la contrainte, et je réalise qu'il y a des substantifs dans le texte : surprise, besoin, truc.
David


ô pit'in    le 02/04/2015 à 05:38:46
D'après Germain Nouveau, "mort d'amour" c'est le pseudo de Jésus :

Invocation

Ô mon Seigneur Jésus, enfance vénérable,
Je vous aime et vous crains petit et misérable,
Car vous êtes le fils de l'amour adorable.

Ô mon Seigneur Jésus, adolescent fêté,
Mon âme vous contemple avec humilité,
Car vous êtes la Grâce en étant la Beauté.

Ô mon Seigneur Jésus qu'un vêtement décore,
Couleur de la mer calme et couleur de l'aurore,
Que le rouge et le bleu vous fleurissent encore !

Ô mon Seigneur Jésus, chaste et doux travailleur,
Enseignez-moi la paix du travail le meilleur,
Celui du charpentier ou celui du tailleur.

Ô mon Seigneur Jésus, semeur de paraboles
Qui contiennent l'or clair et vivant des symboles,
Prenez mes vers de cuivre ainsi que des oboles.

Ô mon Seigneur Jésus, ô convive divin,
Qui versez votre sang comme on verse le vin,
Que ma faim et ma soif n'appellent pas en vain !

Ô mon Seigneur Jésus, vous qu'en brûlant on nomme,
Mort d'amour, dont la mort sans cesse se consomme,
Que votre vérité s'allume au coeur de l'homme !


Désolé...

Edit : c'est pas très poli aussi sec, alors ce que je voulais dire par la citation c'est que les deux discours, du texte et du poème, ont comme un lien du fait du grand mot du thème, j'irais pas jusque à dire un point commun, outre le titre de l'un qui apparait dans les derniers vers de l'autre.

Commentaire édité par David le 2015-04-02 11:24:36.

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