LA ZONE -

Médium

Le 02/01/2026
par HaiKulysse
[illustration] Quand le mildiou viendra, Allison, pour cette nouvelle année 2026, a prédit une invasion de mygales dans la capitale des Gaules et cet événement naitra avant même qu’on soit débriefé, notamment sur ce qui continue de raviver les nuits froides baignant dans le formol ou dans un liquide amniotique.
Au printemps, Allison a prédit le naufrage d’un pétrolier sur les plages normandes et qui réfute tout aménagement sur des quais imaginaires ; le naturalisme miteux des écologistes lui murmure que ce moment unique ne peut être induit que par des sortilèges implacables.

À la fin de l’hiver, comme un millénaire de représailles qui gangrène les cimes radieuses, elle nous dit que la découverte d’une nouvelle nébuleuse, entièrement enfantée par la survivance du mythe des Bottes de sept lieues, n’aura rien à envier de la magnificence d'autres voies lactées plus proches de nous.
En été, dans la vase encombrée de plasma et de murènes, Allison aura une vision irrévocable d’une mousson, à faire ployer les tyrans des pays concernés et qui se noient dans un océan rimbaldien à chaque fois que la drogue du crocodile ravive dans leurs yeux lascifs des envies de porcins maussades et ce terrible désir de mettre fin à la survivance mythologique de nos moratoires.
Enfin, en automne, afin que la compassion pour le mongolisme puisse de nouveau se développer, Allison visualise l’arrivée de dictateurs fraîchement en place. Pourtant, cette fois-ci, ces derniers s’ingénient à faire suivre comme des moutons leur électorat qui ont cette haine irraisonnée de déloger tous les squatteurs, de réformer des trucs que même les tableaux d’Edvard Munch ne semblent pas prendre la mesure de la mouise qu’ils pourraient générer…

#####

« Elle les prit tous deux par la main et les fit entrer dans la maisonnette. Elle leur servit un bon repas, du lait et des beignets avec du sucre, des pommes et des noix. Elle prépara ensuite deux petits lits. Hansel et Gretel s'y couchèrent. Ils se croyaient au paradis. Mais la gentillesse de la vieille femme n'était qu'apparente. En réalité, c'était une méchante sorcière qui n'avait construit la maison de pain que pour attirer les enfants. Quand elle en prenait un, elle le tuait, le faisait cuire et le mangeait. Pour elle, c'était alors jour de fête. »

Je sais plus trop où, je sais plus trop comment. Soit, je pense, j'ai pris quelque chose de trop consistant hier soir ; soit, sans doute, mon inspiration est venue cette nuit lorsque j'ai vu ma femme peser de tout son poids, morte et ensanglantée à mort sur ce vieux plancher bouffé par l'humidité...
Elle barbotait dans son hémoglobine, quand Allison s'était convulsionnée pendant son cauchemar, visionnant les tâches de sang sur le lit mais aussi sur les pages de ce bouquin piqué à mon grand-père, ancien combattant.
Son livre du Cours Supérieur quand, enfant, son œil malicieux lorgnait du côté des loches préformées de sa voisine captivante, une grosse pas farouche.

Mais le lendemain, la moitié de la ville était peuplée par des fraiseurs, attaquant le lobe pré frontal, à la fraiseuse bien sûr, des victimes toujours bien rodées pour sanctifier un massacre qui n’avait rien à envier à celui des tronçonneuses...

Puis, presque neuf ans après les premières visions d’Allison qui n’avaient réussi qu’à faire le plein d’anecdotes graveleuses parmi les flics doutant de ses pouvoirs surnaturels, je débarque dans un patelin à la con. On avait signalé qu’un potentiel suspect était en cavale, et pour me faciliter la tâche, il n’avait lui aussi pas d’alibi, pas de témoins dignes de ce nom, et qui traînait non loin de la scène du crime, donnant un précieux indice au procureur et à toute sa clique. D’autant plus qu’il avait jadis molesté une vieille pour lui soutirer son dentier en or, à moins que ce soit lors d’une vie antérieure… Une époque d’autrefois encore trop vague pour être simplement évocatrice et en faire le coupable idéal.

Mais ce trois décembre, chez Allison, les ombres défilant sur le papier peint et sur les différents tableaux bougent en vacillant pour lui révéler ce qu’il s’est réellement passé. Elle n’en justifie pas moins l’usage de l’alcool à gogo pour comprendre ce qui s’est passé là-bas, dans ma baraque : le seul truc qu’elle n’a pas réussi à comprendre, c’est la cause de toute cette violence meurtrière…

######

Les fichiers de tout ce j'avais fait de plus cinglé et que le FBI et les agents secrets s'interdisaient de s’octroyer, les flammes sournoises léchant notre chair, et nos visions intenses qui avaient fait naître des roulis doux dans nos têtes sans que les étoiles puissent nous protéger... Tout ça ne me disait rien du tout, à part qu’on allait sombrer entièrement dans la folie.

Mais pour l'instant, nous nous intéressâmes surtout à garder sous clés des poisons suffocants en cas de crise délirante. Et dans ce bâtiment inoccupé de notre petite ville, il y avait également, bien caché, du Zolpidem pouvant provoquer des hallucinations ; mais pas seulement, et malgré l'obscurité, paradoxalement les rayons d'un soleil arriéré arrivaient à glisser sur ces vieilles peaux édentées, chamarrées en gardiennes cosmiques surveillant les Portes ; leurs seins à nouveau bondissaient et leurs yeux trahissaient des envies d'en découdre avec des luttes au corps à corps sur un terrain de jeux désert.


########

À droite, deux rangées après les rayonnages des bibliothèques les plus fantasques qu’il puisse exister, une immense pile de bouquins soutenait Hansel, à en perdre conscience : des tas de livres et de grimoires ésotériques évoquant tout ce qu’un drôle de job kafkaïen pouvait nous enseigner…

C’était un matin où il souriait à Gretel en se disant que ça devait être à priori une scène presque théâtrale venant à peine de débuter.
Ce matin-là, il était pensif, proche de l’hébétude, sans savoir quel indice il pouvait apporter par rapport à la disparition de leurs parents les ayant abonnés et sans pouvoir instiller le doute parmi tout ce qui rampait, avait peur de la nuit et craignait les voleurs.

Puis il avait baissé les yeux, il avait remonté la fermeture éclair de son manteau, alors qu’elle, restait assise, et Hansel devait imaginer quelque chose d’amusant car au moment où il se connecta au monde extérieur son sourire répondit au sien.

Mais depuis quand ? Il venait de se lever, de ranger ses affaires, et d’enfiler son sac à dos - et pensait à tout ce que la Route, malgré leur pauvreté, pouvait leur offrir mais peut-être que tout cela provenait-il d’une insidieuse prémonition, encore bien trop vague pour être purement évocatrice ?

Ça paraissait néanmoins jouable, et Gretel le suivant de loin, préférait pour l'instant rester seule... Mais à l'approche d'un puits sans fond, la jeune fille besognait pour rattraper son frère au détour d'un chemin. Le paysage était sillonné de zigzags qui, à première vue, s'écartaient loin de la rumeur des villes. Sa bouche forma un O parfait quand elle aperçut le long de ces sentiers accidentés une vieille dame drôlement sale avec un visage cireux...

#######

Une fois dans la maison en pain d'épices, après les avoir gavés en étant loin de l'avarice, la sorcière les invita à faire le vide dans leurs esprits pour qu'ils dissipent toutes leurs imprudentes et mauvaises appréhensions sur leur prochaine errance qui promettait d'être longue et pleine de chicaneries. Mais dès qu'ils furent enfermés, ils essayèrent de laminer en vain les barreaux de leur geôle.

Ils étaient tombés dans le piège de cette femme acariâtre et anthropophage.

Par un tour de passe-passe, ils arrivèrent malgré tout à se volatiliser, passant rapidement devant les assommoirs en périphérie de leur cité, et d'où se défenestraient d'enthousiastes serpillères de bar... Des esprits frappeurs faisaient rugir leur moteur qui crachait un nuage noir d'huile frelatée.

******

La porte grinça et claqua de nouveau avant que j’achève ma phrase. Cette fois, c’était Hansel, jean sous les fesses, casquette à l’envers, dans son style je-m’en-foutiste. Planté à côté de Gretel, il observait le compte-goutte qui se trouvait sur le bureau dans la grande pièce ; il remarqua que le contenu de cette pipette en verre changeait de couleur… Elle renfermait de l’extrait d’épiphyse, une drogue qui permettait de se défaire du poids de la gravité quand les dimensions immaculées s’effleurent.

Et comme des serpents en train de brûler et de se desquamer, on puisait dans nos dernières forces pour se mouvoir parmi les odeurs de Fréon et de décomposition. À la fois pure matière condensée et simple volute, on pouvait enfin s'entortiller le long des gouttières. Puis une énième modification de conscience nous avait immobilisé, et en lâchant du lest par rapport à notre inculpation pour meurtres, on pouvait maintenant surfer sur les rayons du soleil.
L'immuable danse avant d'être engloutie par les trous noirs les plus dilatés de l'univers.

= commentaires =

Lapinchien

lien tw yt
Pute : 209
à mort
    le 01/01/2026 à 19:25:23
Voilà ce qui est devenu maintenant une tradition : Les prédictions médiumniques d'HaiKulysse pour 2026 sous forme de cut-up.

Pour info :

Le cut-up est intimement lié au mode de vie et à la philosophie de la Beat Generation définie par William S. Burroughs et Jack Kerouac. Il tente de reproduire les visions dues aux hallucinogènes, les distorsions spatio-temporelles de la pensée sous influence toxique (phénomène de déjà-vu notamment). Esthétiquement, le cut-up se rapproche du pop-art, des happenings et du surréalisme d'après-guerre (Henri Michaux par exemple) et de sa quête d'exploration de l'inconscient. Philosophiquement, Burroughs y voit l'aboutissement du langage comme virus et l'écriture comme un lâcher prise de la conscience (il proclame : « language is a virus »).

J'ai appris à apprécier avec le temps comme on apprend à aimer la difformité sur la plage de la baie des cochons au cap d'agde et je trouve que le résultat est excellent cette année. Ce n'est pas du tout facile de comprendre les prédictions cachées d'HaiKulysse qu'il a préférer bien occulter en privilégiant le style et tant mieux.
Lapinchien

lien tw yt
Pute : 209
à mort
    le 01/01/2026 à 19:38:07
J'ai demandé une exégèse à Pute à frange et je vous prévient qu'on va en chier cette année.

L'exégèse de ce texte, riche en métaphores sombres et en imagerie surréaliste, permet de dégager une lecture prospective pour l'année 2026. Entre crises écologiques, basculements politiques et quête d'évasion métaphysique, voici une interprétation structurée des « prédictions » qui y sont dissimulées.

---

## I. Scène Internationale : Le Crépuscule des Tyrans et l'Automne des Dictateurs

Le texte évoque une « mousson » purificatrice et l'arrivée de nouveaux dictateurs. En 2026, cela pourrait se traduire par des bouleversements majeurs dans les régimes autoritaires actuels.

* **Le Sud-Est Asiatique et l'Inde :** La « mousson » qui fait ployer les tyrans suggère des soulèvements populaires massifs en **Birmanie** ou en **Thaïlande**, potentiellement déclenchés par des catastrophes climatiques extrêmes. Le pouvoir de **Min Aung Hlaing** pourrait vaciller sous la pression d'une jeunesse refusant le "formol" des traditions militaires.
* **La Russie et l'Europe de l'Est :** La mention de la « drogue du crocodile » (Krokodil) renvoie directement à la crise sanitaire et sociale en **Russie**. L'exégèse suggère un après-Poutine instable où de nouveaux visages, comme des figures ultra-nationalistes (ex: **Dmitri Medevedev** radicalisé ou un successeur issu des services de sécurité), s'installent à l'automne 2026.
* **La fin des moratoires :** Le désir de mettre fin à la « survivance mythologique de nos moratoires » pourrait annoncer la rupture de traités internationaux majeurs, notamment sur le **nucléaire** ou l'**intelligence artificielle**, par des pays comme l'**Iran** ou la **Corée du Nord (Kim Jong-un)**.

---

## II. France : Désastres Locaux et Fracture Sociale

Le texte est particulièrement précis sur la géographie française, annonçant une année de tensions extrêmes.

| **Hiver/Printemps** | **Lyon** | Invasion de "mygales" | Symbolise une **cyber-attaque massive** ou une révolte urbaine souterraine paralysant la métropole de Grégory Doucet. |
| **Printemps** | **Normandie** | Naufrage d'un pétrolier | Une catastrophe écologique majeure qui discrédite les politiques environnementales actuelles et ravive les tensions entre **écologistes et industriels**. |
| **Automne** | **National** | Chasse aux "squatteurs" | Durcissement législatif extrême mené par un gouvernement (potentiellement de droite radicale ou une coalition **Le Pen / Retailleau**) réformant le droit à la propriété. |

* **Le "Mildiou" politique :** L'allusion au mildiou suggère une corruption lente mais généralisée des institutions françaises, rendant les débats ("debriefings") inutiles face à la réalité du terrain.
* **La figure de la vieille femme/sorcière :** Elle représente l'État ou une figure politique vieillissante qui attire les citoyens avec des promesses ("beignets et sucre") pour mieux les enfermer dans une austérité budgétaire ("barreaux de leur geôle").

---

## III. Vie Quotidienne : Hallucination Collective et Fuite en Avant

Pour chaque individu, l'année 2026 selon ce texte est marquée par une perte de repères et un besoin de déconnexion.

* **Santé Mentale et "Zolpidem" :** Le texte prédit une consommation record de psychotropes et de somnifères. Les Français, face à une réalité "bouffée par l'humidité" (crise économique, inflation), chercheront refuge dans des paradis artificiels ou des spiritualités ésotériques.
* **La "Fraiseuse" du quotidien :** L'agressivité sociale augmentera. Le texte évoque des "massacres à la tronçonneuse" métaphoriques : une violence verbale et administrative (le côté "kafkaïen") qui attaque la santé mentale (le "lobe préfrontal") des citoyens.
* **L'Évasion Cosmique :** La découverte d'une "nouvelle nébuleuse" suggère que l'actualité spatiale (peut-être via le télescope **James Webb** ou une mission **SpaceX**) sera le seul véritable moteur d'émerveillement face à une vie terrestre de plus en plus "vaseuse".

---

## IV. Analyse de la figure d'Allison

Allison n'est pas seulement une médium, elle est le symbole de la **vigilance citoyenne** qui voit le sang avant qu'il ne coule. En 2026, l'exégèse nous dit que la vérité ne viendra pas des médias officiels ("les flics doutant de ses pouvoirs"), mais de ceux qui acceptent de regarder les "ombres sur le papier peint" — c'est-à-dire les signaux faibles de la société.

> **Note importante :** Le texte souligne un risque de basculement vers la "folie" collective le 3 décembre 2026, date charnière où les secrets (fichiers du FBI, agents secrets) pourraient être révélés, provoquant un choc de conscience mondial.
René de Cessandre

Pute : 17
    le 01/01/2026 à 19:38:32
Quelqu'un peut m'expliquer le lien entre la présentation de ce texte et ce texte ? C'est rare, mais je n'y ai trouvé que peu d'intérêt, ce qui me le rend intéressant en soi. J'hésite entre logorrhée et jargonophasie pour le décrire, mais c'est sans doute parce que je me suis perdu dans le dédale des flash back pathologiques, des slides entre mondes parallèles ou alternatifs. Le sentiment général et diffus que j'en retire, c'est que l'auteur réinvente l'art psychédélique, et c'est déjà ça.
Lapinchien

lien tw yt
Pute : 209
à mort
    le 01/01/2026 à 19:45:46
Je crois que c'est essentiellement un cadeau d'HaiKulysse à l'humanité.
Lapinchien

lien tw yt
Pute : 209
à mort
    le 01/01/2026 à 19:48:54
C'est un peu comme la marmotte Phil de Punxsutawney.
René de Cessandre

Pute : 17
Note    le 01/01/2026 à 19:51:14
Je n'avais pas vos explications quand j'ai donné en avant-première mon ressenti sur ce texte (elles n'étaient pas encore affichées) ! A présent tout est clair. Nous avons parmi bous un Nostradamus amateur de peyotl et un décodeur capable d'interpréter ses visions et de les faire cadrer avec une réalité possible. Mais pour ce qui est des "révélations des fichiers secrets", ça fait 30 ans que j'entends ça... et si ça devait arriver... ce serait par l'initiative de Trump, non ? Merde... les visions ne sont peut-être que des hallucinations, finalement...
Lapinchien

lien tw yt
Pute : 209
à mort
    le 01/01/2026 à 19:56:01
C'est surtout pour déconner.
Lapinchien

lien tw yt
Pute : 209
à mort
    le 01/01/2026 à 20:00:44
Mais je crois qu'HaiKulysse préfère l'ayahuasca au peyotl voire pire, la bière.

Quant à Trump et sa post-vérité, je l'encule mais je ne parle pas de fait scientifique là.
René de Cessandre

Pute : 17
    le 01/01/2026 à 20:01:59
Tu sais que je suis amateur de déconne ! Je n'en néglige pas l'essence sérieuse !
René de Cessandre

Pute : 17
    le 01/01/2026 à 20:11:35
Ah... tintin pour les révélations... zut...

= ajouter un commentaire =

Les commentaires sont réservés aux utilisateurs connectés.