LA ZONE -

De victime à accusé

Le 07/01/2026
par Monsieur X
[illustration] de victime à proxénète
De victime à accusé

j’étais un enfant comme les autres. Rien d’extraordinaire, juste un gamin de quartier qui passait ses journées à courir derrière un ballon, à rire trop fort et à inventer des jeux avec ses copains.
À la maison, ma mère faisait de son mieux, et ma grande sœur, de cinq ans mon aînée, était mon repère. On se disputait souvent, mais elle me protégeait, m’apprenait, me guidait. J’étais fier de l’avoir.
L’école, je la subissais plus que je ne l’aimais, mais les récréations suffisaient à me rendre heureux. Je voulais juste exister, rire, être vu.
Rien, absolument rien, ne laissait présager la suite. J’étais un gamin banal, insouciant. Et pourtant, bientôt, je ne le serais plus.
J’avais treize ans. Treize ans seulement, et déjà le monde avait décidé de m’arracher mon innocence.
C’était le boulanger. Un visage banal, presque rassurant, que tout le quartier connaissait. Mais derrière son sourire se cachait le drame qui allait fissurer ma vie. Ce jour-là, il n’a pas seulement volé mon corps. Il a brisé ma confiance.

Après ça, je n’étais plus un enfant. Je portais en moi une faille invisible. À l’extérieur, je faisais semblant de sourire. À l’intérieur, je me noyais.

J’essayais de trouver ma place, mais l’école est devenue une autre prison. J’ai connu le harcèlement scolaire, les moqueries, les rumeurs. On m’a collé des étiquettes que je n’avais pas choisies. J’ai changé de collège trois fois, comme si fuir les murs pouvait me libérer des regards. Mais partout, la même douleur.

Je voulais reprendre confiance en mon corps, en moi-même. Alors je me suis forcé à voir des filles. Comme si en accumulant les expériences, je pouvais effacer celle qui m’avait brisé. Mais chaque tentative me laissait plus vide encore.

À la maison, j’avais ma mère. Une femme anxieuse, fragile en apparence, mais que j’allais découvrir plus forte que tout. Et ma grande sœur, de cinq ans mon aînée, ma confidente, mon repère. Elle essayait de me ramener à la lumière, mais moi, je glissais déjà dans l’ombre.

La drogue est entrée dans ma vie comme une promesse d’oubli. Une bouffée, et tout s’effaçait. Un cachet, et la douleur se mettait en sourdine. Au début, je consommais pour survivre. Puis je vendais pour consommer. L’équilibre bancal : consommer, vendre, recommencer.

À dix-sept ans, j’ai franchi une ligne que je ne pensais pas franchir.
J’ai prostitué une fille.

La justice raconte une autre version. Mais voilà ma vérité. Ce n’était pas pour lui faire du mal. Elle était d’accord. Consentante. Souriante même. Une gamine de quatorze ans, déjà fracassée par la vie, qui se prostituait depuis longtemps pour de la drogue. Elle fumait, elle aimait les hommes plus âgés, comme si elle cherchait à combler un vide. Le jour, elle souriait à tout le monde, mais je suis sûr qu’au fond, elle ne s’aimait pas.

Moi, je n’ai rien vu, ou plutôt je n’ai rien voulu voir. La première fois qu’elle est revenue une heure plus tard avec deux billets de cent euros, tout le reste a disparu. L’appât du gain. Voilà ce que j’ai vu. Elle avait l’air ravie de se faire de l’argent. Moi aussi. Alors on a continué. Je l’attendais dans des bars, des cafés. Une heure, deux heures, elle revenait toujours. Quand j’y pense, je ne servais pas à grand-chose. À part lui trouver des clients.

Puis tout s’est effondré.

Cette fois, je ne suis pas sorti au bout de quarante-huit heures. Soixante-douze heures de garde à vue. Les murs gris du dépôt. L’attente qui écrase. Et puis le verdict sec : mandat de dépôt criminel. Le silence après l’annonce a été plus lourd que n’importe quelle cellule. Le silence, et les pleurs de ma mère qui voyait son fils partir.

À seize heures, on m’a dit : « Vous allez en prison. »
Comme ça. Une phrase sèche. Pas d’explication, pas de détour. J’ai attendu jusqu’à trois heures du matin dans le dépôt, assis, étouffé par l’odeur de sueur et de peur. Quand le fourgon est arrivé, mon cœur s’est emballé. Dans le camion, un jeune m’a lancé :
— Ça va aller, t’en fais pas. C’est ta première fois, non ?
J’ai hoché la tête. Oui, c’était ma première fois. Et à ses yeux, ça voulait dire qu’il y en aurait d’autres.

Fleury-Mérogis. Le portail s’est ouvert sur un autre monde. On m’a pris mes affaires, demandé mon identité. Puis la fouille. Fouille à nu. « Déshabillez-vous. Penchez-vous. Toussez. » À ce moment-là, j’ai revécu mon viol. Nu, sans intimité, sans défense. Mais j’ai exécuté. Parce qu’en prison, on n’a pas le choix. On m’a tendu la tenue des arrivants, des vêtements bas de gamme, un slip que tout le monde redoute mais que tout le monde finit par porter.

Dans ma cellule, je me suis regardé dans le miroir. Je me suis dit que ça allait aller. Je me suis donné de la force. Mais impossible de dormir. J’ai passé la nuit à écrire des lettres à ma famille, pour ne pas sombrer.

Les premiers jours, j’ai voulu en finir. Trois fois. Trois tentatives de suicide. Mais même ça, je n’y arrivais pas. Chaque matin, ils me donnaient mon traitement. Des cachets pour m’empêcher de basculer, pour m’assommer, pour me tenir debout sans force. On m’a sevré de force de la drogue. Pas de douceur, pas de transition. Juste le manque, la sueur, les tremblements. Tout ce que j’avais avalé dehors, il fallait le cracher dedans.

Alors, pour tenir, je bossais. Auxiliaire de vie. Je faisais le ménage, balayer les couloirs, vider les poubelles. C’était ma manière de rester en mouvement, de ne pas exploser.

Et il y avait ma mère. La battante. Elle qui était d’ordinaire si anxieuse, si fragile, venait me voir plusieurs fois par semaine. Elle passait les portiques, les fouilles, les regards. Elle s’asseyait de l’autre côté de la table, les cheveux blanchis trop tôt, le visage fatigué. Je m’attendais à des reproches. Elle n’a rien dit de tout ça. Elle m’a juste demandé :
— Comment toi, tu vas ?
Pas comment avance l’avocat, pas ce que dit la justice. Juste moi. À cet instant, j’ai senti mes défenses s’effondrer. Elle voyait encore son fils derrière les barreaux. Elle n’était pas venue pour me juger. Elle était venue pour me tenir debout.

Les jours suivants, une routine s’est installée. L’école, la promenade d’une heure, les émissions de télé. C’était maigre, mais c’était un rythme. J’ai vu beaucoup de psychologues, certains qui posaient des questions, d’autres qui écoutaient en silence. Parfois ça m’aidait, parfois non. Mais c’était là.

Avec mon avocate, nous avons fait une demande de mise en liberté. Un matin, à midi, l’interphone a sonné. Sans prévenir. « Vous êtes libéré. » Une heure plus tard, je franchissais les grilles. Libre.

Depuis, deux ans ont passé. J’ai essayé de reconstruire quelque chose. J’ai travaillé six mois auprès de personnes âgées. J’ai fait des stages, du bénévolat avec des personnes handicapées. Et j’ai adoré ça. Pour la première fois depuis longtemps, je me suis senti utile. Moi qui avais plongé si bas, je découvrais que j’avais encore une place dans ce monde.

Mais l’ombre plane toujours. Il y a deux mois, j’ai appris ma mise en accusation devant la cour d’assises. Le jour approche.

Je suis à la fois victime et accusé. Brisé et debout. Condamné par certains, sauvé par d’autres.
Aujourd’hui, j’écris pour tenir. Pour ne pas me taire. Pour raconter que derrière chaque dossier, chaque cellule, il y a une histoire. Et la mienne, c’est celle d’un enfant qui n’a jamais vraiment eu le temps d’en être un.

= commentaires =

Lapinchien

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Pute : 222
à mort
    le 06/01/2026 à 12:18:00
J'espère que ce n'est pas un témoignage mais une fiction. Sinon la Zone va commencer à se convertir en confessionnal (d'ailleurs c'est probablement un avenir radieux qui s'offre à elle si elle s'engouffre dans cette voie). Sinon, le récit sociétal est poignant et montre comment les cercles vicieux se mettent en place et j'ai l'impression que, loin d'être un cas isolé, c'est assez commun en fait comme processus. La rédemption finale avec l'intervention de la mère est aussi pleine de vérité : in fine c'est juste un type qui cherche à avoir une place dans la société pour se sentir utile. C'est beau et j'ai beaucoup apprécié la lecture de ce texte.
Lapinchien

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Pute : 222
à mort
    le 06/01/2026 à 12:35:44
Après je ne me souviens plus de la raison pour laquelle je parle de récit autobiographique dans la présentation. Peut-être que l'auteur avait laissé un message complémentaire ? Je ne m'en rappelle plus.
René de Cessandre

Pute : 33
    le 06/01/2026 à 12:36:04
Je découvre ce texte (je ne vois pas encore les commentaires).
C'est une belle histoire. LpC la présente comme une autobiographie. Pourtant certains détails me surprennent et m'en font douter.
Mais je suis sensible au fait qu'il est bon de rappeler, non pas théoriquement ou par un discours pseudo-moralisateur, mais au contraire par une approche factuelle, que les "coupables", les "bourreaux", sont le plus souvent d'anciennes victimes. Ce n'est pas un choix de leur part : c'est une sorte de tentative de "rééquilibrage" qui suit une Loi qui n'existe pas dans nos Codes, et qui ne peut y être enfermée.
Souvenons-nous aussi de ceci : "Celui que tout le monde condamne, celui-là doit être pardonné". Ce texte nous fait comprendre "intimement" le sens profond de cette parabole qui, sans cette sensibilité, ne pourrait paraître qu'une formule creuse, ou pire, un appel gratuitement provocateur à une inversion des valeurs.
Lapinchien

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Pute : 222
à mort
    le 06/01/2026 à 13:07:35
Tout ce parcours pour finir sur lazone.org , c'est quand même une triste fin.
René de Cessandre

Pute : 33
    le 06/01/2026 à 13:16:46
Ne m'en parle pas !
Etienne Braud

Pute : 5
    le 06/01/2026 à 16:12:34
Je trouve cette petite chronique de maquereau très bien chiadée avec du réalisme et tout. On comprend que la pire ordure de macro est en fait détruit car il a été violé à 13 ans. C'est ce qui fait qu'il est à l'aise avec la prostitution et le crime vénal qui l'amène à la détention tragique mais sa mère, quel courage!
Lapinchien

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Pute : 222
à mort
    le 06/01/2026 à 16:23:33
C'est surtout un témoignage historique car aujourd'hui avec OnlyFans tout le monde est la pute de tout le monde. J'ai même pensé créer un compte pour la Zone mais même en gros plan mes gonades sont trop petites et n'intéressent personne.
Nino St Félix

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Pute : 71
    le 06/01/2026 à 17:02:51
Je suis trés partagé. C'est difficile de dire que je n'ai pas aimé surtout si c'est autobiographique, auquel cas, rien que le courage de raconter, je salue.
Et donc, je vais faire deux mini commentaires.

- si c'est autobiographique, je trouve que ça manque de mordant, de sel. Le style sec, presque clinique, est bien tenu, mais il fait écran. L'histoire, de la même manière, est menée comme un rapport administratif (et je sais de quoi je parle), on passe d'un endroit terrible a un autre, mais sans détails immersifs, ni odeurs ni sons ni rien. Alors oui, le format veut cela, c'est un choix d'auteur, mais c'est trop maitrisé, trop compacté justement, por un tel matériaux.
Peut être était-ce nécessaire pour se tenir à distance du trauma. Mais à ce compte-là, autant faire une fiction ? J'ai un peu l'impression d'avoir déja lu ce texte : dans un atelier d'écriture (oui, j'ai essayé) ou, en gros, sur 10 participants, 7 avaient des histoires du même acabit à raconter, et ne parvenaient pas à s'en détacher, incapables d'utiliser leur formidable matérieau traumatique et de se servir de l'écriture comme support cathartique.
Mais là je verse dans le procès d'intention. Je veux juste dire que ce texte m'a fait penser à ces auteurs dépbutants assis sur une "mine d'or" (qui est aussi une grosse pile d'évenements de merde donc).
Bon je me doute aussi que la critique de la critique dira à juste titre "s'il avait fait plus long et larmoyant on se serait fait chier" et c'est pas faut, c'est d'ailleur l'un des atouts de ce texte : il se lit vite et bien, a défaut d'émouvoir profondément.

- Si c'est de la fiction, paradoxalement, je dirais que c'est meilleur. Toujours pas convaincu par le rythme de la narration et de l'écriture, mais beaucoup plus par l'imagination (au sens large : peut être alors que l'auteur a suivi la démarche inverse, d'inférer des traumas majeurs a partir d'expériences personnelles) et le réalisme.

Bref, si je continue a penser que l'intention profonde de l'auteur est, de manière générale, secondaire, je dois bien avouer que pour ce type de texte, hyper-réalistes, à la limite du récit de vie / autodocumentaire, j'y déroge.
Nino St Félix

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Pute : 71
    le 06/01/2026 à 17:04:53
faux* pas faut. et désolé pour les fautes, sega.
René de Cessandre

Pute : 33
    le 06/01/2026 à 17:37:46
Je me ferai volontiers l'avocat du diable. J'ai justement apprécié l'absence de pathos inutile qui nous aurait certainement plus "touchés", mais qui aurait compromis la réflexion philosophique sur laquelle de texte entend ouvrir. De même l'absence de stimuli cénesthésiques ne me dérange nullement (quand je vois le nombre de commentaires qui les réclament et les regrettent quand ils ne sont pas présents, je vais finir par croire à la métempsychose), particulièrement dans ce teste où, si puanteur il y a, elle se situe sur un autre plan.
Une qualité principale de ce texte (qui sera un défaut pour d'autres lecteurs), c'est qu'il se lit facilement, malgré la dureté du sujet (ce qui fera dire à certain qu'il est trop "lisse", qu'ils auraient préféré qu'il "accroche" un peu plus, qu'il reste en travers de la gorge. Pour ma part je ne trouve pas cela nécessaire, et même au contraire : je trouve que cela aurait été des artifices qui auraient nui à la transmission du message qui invite plus à une réflexion qu'à une empathie instinctive.
René de Cessandre

Pute : 33
    le 06/01/2026 à 17:39:07
(et le cartouche me génère toujours des coquilles...).
Nino St Félix

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Pute : 71
    le 06/01/2026 à 17:48:38
Certes, mais je pense qu'on peut faire "vivant" sans faire "pathologique". J'ai en mémoire de trés belles pages de Michel Tournier, dans un genre un peu différent certes. Aussi de David Peace dans sa quadriologie "Red Riding", dans un autre style. Je trouve que le texte réussi parfaitement si c'est le but, de donner un récit presque "chirugical" de sa vie.
Mais je me dis que putain, y'a de quoi faire un roman avec tout ça.

Et surtout, le mec qui écrit avec un tel recul, aprés avoir quand même atteint un niveau d'écriture plus que correcte malgré son parcours cabossé, il faut qu'il brevête sa méthode.
KORBUA

Pute : 19
    le 06/01/2026 à 18:12:25
expérience immersive bien amenée.. yep.. fluide à lire.. et sans longueur.. ce qui ne gâche rien..
René de Cessandre

Pute : 33
    le 06/01/2026 à 18:13:51
Justement, j'aimerais avoir le point de vue de l'auteur (comme tu le soulignes justement et diplomatiquement, le niveau d'écriture de l'auteur fait partie des détails qui me font m'interroger sur la filière autobiographique de ce texte).
A.P

Pute : 89
    le 06/01/2026 à 19:46:39
Écriture efficace, sans fioriture pour un texte plutôt simple en réalité.
L'histoire n'est pas originale mais fait le travail.

Je dirais que le problème du texte c'est que l'histoire est plus intéressante que l'écriture. Il y a un déséquilibre de ce côté-là.

Pour faire référence à Glaüx-le-chouette, je ne juge ici que le texte pour ce qu'il vaut en tant que texte. L'info sur la fiction ou l'autobiographie n'étant pas disponible, difficile de la prendre en compte.

Toutefois, si je devais choisir entre les deux, je parierai plutôt sur fiction. Parler de "la drogue" sans nommer la substance incriminée c'est comme parler "d’une de ses copines" en parlant de sa femme.
Ce manque d'intimité envers la substance me semble être un indice de manque vécu de l'auteur par rapport au narrateur sur ce sujet-là.

Je n'ai pas passé un moment désagréable à le lire malgré tout.
Lindsay S

Pute : 197
    le 06/01/2026 à 20:37:01
Le texte ne cherche pas la rédemption. Il empile de la victimisation. L’enfance brisée, la drogue comme béquille, la prison comme nouvelle violence, la mère héroïque : tout est là pour rappeler que le narrateur a déjà assez payé. Le crime jugé, lui, est dissous dans le contexte, noyé sous les “je n’ai pas vu”, “c’était déjà trop tard”, “elle était d’accord”. À force d’explications, l’acte devient presque secondaire.

La prison est racontée comme dure, mais elle est en réalité confortable narrativement. Elle humilie, elle fatigue, elle médicamente, mais elle protège. Elle ne renvoie jamais le narrateur à ce qu’il a fait, seulement à ce qu’il ressent. Il y souffre sans jamais être déplacé de sa position centrale. Aucun renversement, aucun miroir. Il ne rencontre jamais son propre proxénète.

Le quotidien carcéral n’est pas à la hauteur de l’acte jugé, non par manque de réalisme, mais par manque de confrontation. La peine devient une épreuve intérieure, presque noble, là où elle aurait pu être un lieu de désintégration morale. La cellule sert de cocon, pas de gouffre.

Comme chez Sarkozy, l’écriture sert à se blanchir à l’eau tiède. Écrire pour tenir, écrire pour expliquer, expliquer pour rester fréquentable. Le texte ne prend aucun risque : il demande de la compassion, jamais du vertige.

Ça se lit vite, ça se referme sans trace. Et on reste avec cette impression dérangeante : la prison est passée, la faute aussi — mais le narrateur, lui, n’a jamais vraiment quitté le centre de la scène. Dommage — pour les deux.
Arthus Lapicque

Pute : 67
    le 06/01/2026 à 23:56:18
Le texte se lit bien. Je ne trouve pas gênant que le narrateur préfère se chercher des raisons de rester debout plutôt que ramper dans la culpabilité et l'auto-flagellation.

L'écriture est efficace, directe et fluide, mais l'ensemble manque de définition (au sens photographique du terme) pour dépasser le statut de résumé. Le texte aurait besoin d'être augmenté pour ne pas filer trop vite, pour immerger le lecteur dans des représentations plus précises, détaillées et réalistes.
René de Cessandre

Pute : 33
    le 07/01/2026 à 12:02:31
Pour une fois je ne suis pas tout-à-fait d'accord avec Lindsay : ce texte ne demande rien, ni compassion, ni jugement, ni condamnation. Il est purement factuel, les faits sont rapportés de façon presque neutre (ce qui déconcerte certains, étonnés que l'auteur soit capable d'une telle prise de recul). Il est livré au lecteur sans fausse pudeur ni exhibitionnisme, afin que le lecteur en fasse ce qu'il veut.
Pour moi je le prends comme une fiction qui se veut crédible et dont le but et d'inciter à une réflexion éthique. Le texte annonce d'ailleurs "de victime à accusé", mais en réalité l'accusé redevient victime (condamné, emprisonné, victime du système) et peut suggérer au-delà que lorsqu'on est victime, on est condamné à demeurer une victime, quoi que l'on fasse, ou non.
Mais encore une fois, j'aimerais avoir l'avis de l'auteur !
Lindsay S

Pute : 197
    le 07/01/2026 à 12:56:22
Moui... Je reste sur l'idée que la prison est trop douce.

Et tu vois qu'il parvient à te faire croire qu'il est la victime.

Ne confonds pas victime et puni.
René de Cessandre

Pute : 33
    le 07/01/2026 à 14:17:56
> Lindsay : oui, la prison est peut-être trop douce... tu t'attendais peut-être qu'il s'y fasse violer par des codétenus ? Et ainsi retour à la case départ ?
Mais malgré sa fluidité apparente, ce texte garde une part de mystère.
Il suggère surtout que la rédemption est impossible : à la fin du texte, il est de nouveau mis en accusation, on ne sait pas pourquoi (peut-être pour une affaire à laquelle il est étranger, et parce qu'on n'avait pas de coupable ?).
Je pense que ce texte se lit un peu trop vite, un peu trop facilement (peut-être son défaut ?). Mais il est à relire, plusieurs fois, plus lentement.
Lindsay S

Pute : 197
    le 07/01/2026 à 14:19:19
Tu as raison, merci de ton éclairage.
René de Cessandre

Pute : 33
    le 07/01/2026 à 14:42:46
> Lindsay : Merci pour ton retour. Je n'apporte pas vraiment de réponse, j'essaie de poser les bonnes questions, tu l'as bien compris, merci ! C'est pourquoi l'éclairage par l'auteur pourrait être édifiant. Mais tu aurait le droit de dire qu'un texte doit être édifiant par lui-même, car l'auteur n'est pas censé s'adresser directement à ses lecteurs pour expliquer son texte, ses intentions. D'accord...

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