Lacunaire, je remplis l'espace de vide.
Ni dieu, ni maître, ni gloire, ni legs, ni but, ni sens.
La quête de beauté, de voluptés me guide,
Et ma vie n'a d'autre but que la jouissance.
Téméraire, je frappe fort les puissants.
Me délectant cruellement de leur souffrance,
quand leur air pitoyable fait bouillir mon sang.
Mon quotidien : le sadisme, la violence.
Insatiable, mon compte n'a pas de plafond.
Détrousser les idiots, voilà ma science.
Je ne produis rien, j'exploite mille actions.
À mon bonheur ne suffit pas l’abondance.
Je suis votre plus sombre pulsion vitale,
L'obscure ennemi dans le cœur de Baudelaire.
Parfois travestis en morale bancale.
J’alourdis l'atmosphère et empoisonne l'air.
Dans l’abîme des âmes, ces gouffres amers,
Je me nourris de peur, poison délétère.
Qui fait croître et sublime en l’homme la colère.
Créant un nuage sombre qui couvre la terre.
Heureusement, j'ai pour ultime lumière,
Ce phare me guidant en ce monde éphémère.
Celle dont la voix enivre mes oreilles.
Oh Muse, dont le cœur reflète le soleil.
LA ZONE -
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Poème extrait du recueil - "Entropie et coalescence"
= commentaires =
Pas mal pour une pulsion de mort
Bienvenue à King Plutus sur lazone.org ! Il est féru de poésie et sur sa chaîne Youtube il met en musique des poèmes d'auteurs passés à la postérité mais aussi des poésies d'anonymes et les siennes. On a même fait un featuring ici : https://www.youtube.com/watch?v=y3oz9okxsqo sur "Regals" de Verlaine.
Il mélange des genres très variés allant de la musique classique à des raps à la façon de Booba en passant par de la techno hardcore. C'est le cas pour cette chanson très hétéroclite qui est très étonnante et hors normes.
Pour ce qui est du texte pris indépendamment de la musique c'est clairement un egotrip où se mêlent posture anarchistes, hédonistes, BDSM, syndrome d'hubris qui cache probablement un solipsisme non assumé et vers la fin un bisounoursisme prosélyte. C'est beau comme le cerveau de Kennedy explosant sous les balles de Lee Harvey Oswald passé en boucle jusqu'à saturation si Oliver Stone avait appelé son film JFKFC.
Et son recueil au titre oxymorique "Entropie et coalescence" m'intrigue au plus haut point.
ça commence par la crise de colère
d'un ado à la ramasse
Et se termine hélas
En citant Baudelaire
Or déja ils s'agacent
Nos vifs thruiféraires
J'attend avec impatience
L'analyse funiculaire
Pour ma part je l'avoue
Par la prose séduit
Par le fond malgré tout
A l'ennui réduit
nos commentaires se sont croisés (et j'avoue je ne lis plus les présentation faites par l'IA). Si c'est une chanson alors je nuance. avec de la musique et un clip sympa ça peut me séduire d'avantagE.
l'adolescent je l'aurais plutôt vu à la fin avec ses délires érotomaniaques.
Globalement, au début, j'y voyais une forme de nihilisme mais je crois qu'ici King Plutus est plus le témoin d'une contemporanéité trouble où la post-vérité fait de chacun de nous le creuset de plusieurs styles, valeurs voire théories du complot a priori incompatibles et en même temps un chantre dénonçant le brainrot comme nouveau moyen de contrôle des masses.
Une IA de plus en plus à côté de la plaque, empêtrée dans ses superlatifs qui doivent être entrés dans la période des soldes.
Ce "poème" (ou chanson ?) aurait gagné à rester en prose : il n'y a là pas de rythme (ou plutôt un faux rythme où l'on trébuche dans chaque nid-de-poule, et une sonorité discordante en guise de musique, et tout cela ne sert pas le sens, au contraire, faute de prétendre prendre Baudelaire comme modèle. Mais n'est pas Baudelaire qui veut.
Ne parlons même pas des fausses rimes qui détonnent avec l'effort apporté aux images et à la syntaxe qui se veut prosodique pour tenter de créer l'illusion.
Le résultat ressemble à une cathédrale construite sur pilotis.
Je préfère l'improvisation de Nino.
Ça passe beaucoup mieux en écoutant la version rap qu'à la lecture que j'ai trouvé un peu pénible, mais n'étant pas expert en poésie je ne saurais pas dire exactement pourquoi. Dommage aussi que ça se termine sur une strophe un peu niaise et convenue sur la muse du protagoniste. Ça casse un peu le ton général du poème.
Je profite des commentaires pour vous inviter à faire un tour sur le forum pour l'appel à projet du 4000eme texte oublié sur la Zone : https://www.lazone.org/forum/index.php?topic=4664.msg83895#new
Toutefois les cinq premières strophes prendraient de la valeur si le titre du poème était "La Mort". Mais la dernière strophe tombe quand même comme un cheveu dans la soupe.
Ce texte est plus un manifeste philosophique qu'un poème. Il y a beaucoup trop de paradoxes dans les paroles pour que ce soit involontaire.
Le plein du vide dans "Lacunaire, je remplis l'espace de vide." On ne peut pas remplir l'existant de vide à moins de se faire le promoteur actif de l'AI slop mais je ne pense pas que ce soit la démarche de King Plutus.
La finalité du sans-but dans "Ni but, ni sens ... ma vie n'a d'autre but que la jouissance." Le narrateur affirme ne pas avoir de but dans la vie dans une approche nihiliste passive mais ensuite il prône l'hédonisme, ce qui est paradoxal.
L'anarchiste oppresseur dans "Ni dieu, ni maître ... Détrousser les idiots ... J'exploite mille actions." Le narrateur dit s'opposer aux puissants mais est le pire des prédateurs sociaux en utilisant des méthodes d'exploitation capitalistes extrêmes.
La Muse dans l'Abîme dans "L'obscure ennemi dans le cœur de Baudelaire ... Oh Muse, dont le cœur reflète le soleil." Comment un être qui se nourrit de peur et de souffrance peut-il être guidé par une Muse solaire ?
Pour moi, tout cela est intensionnel pour montrer le désaroi et la confusion mentale de nos contemporains face aux fake news et le déclassement de la pensée scientifique. Ils sont intimés d'être de sublimes penseurs/théoriciens/debunkeurs/mescouillessurtonfront car les avis personnels et leur contrôle sont devenus le socle du pouvoir dans un monde où la vérité n'éclate plus que dans des débats de façade dans la falacieuse injonction des réseaux sociaux à produire de pseudo-critiques et commentaires ad nauseam. Ce qui est un abus et un retournement total des valeurs démocratiques. Bravo à King Plutus pour un tel engagement et une telle lucidité sur notre époque.
Mais ça pourrait aussi être la manifestation d'une tumeur du cortex préfrontal aussi par précaution, je l'invite à se faire prescrire une petite IRM de routine.