J'ai envie d'hurler, d'ailleurs je hurle mais en silence. En simence. Un mélange de silence et de ciment.
J'ai envie de mettre le monde à l'arrêt et en lévitation. Puis que tout fiche le camp.
J'ai aussi envie de pleurer et de me déglinguer. De pleuglinguer. Un mélange de pleurs et de déglingue.
J'ai mal. J'ai une crampe à la jambe qui part de mon cul jusqu'au pied. J'ai hyper mal.
Je ne sais pas comment j'arrive à marcher.
J'ai mal au sein aussi. J'ai réouvert une vieille cicatrice. Une putain de plaie. Elle est à vif, elle pleure du sang.
Je ne sais pas comment j'arrive à respirer.
Je ne vois plus non plus. Rien. Que des petites lumières floues devant.
Je ne sais pas. C'est des pointillés et je trébuche dessus.
J'ai envie de picoler. De me droguer.
J'ai aussi envie de baiser. De guincher. De vriller. De partir loin. Très loin.
J'attends. Ça mord mais pas assez. Pas assez de temps mais j'attends.
Je ris. Rire pour marquer ce qui n'a pas de sens et le mettre hors de soi.
J'ai envie d'hurler mais je ne peux pas. C'est cimenté. Cilenté.
LA ZONE -
= ajouter un commentaire =
Les commentaires sont réservés aux utilisateurs connectés.
![[imprimer]](/images/print.png)


= commentaires =
J'ai envie de critiquer et d'exulter. D'exultiquer.
Un cri du coeur qui n'a d'autre but que de se faire entendre. D'exister au milieu des autres. De se sentir vivre peut-être une dernière fois. Un baroud d'honneur.
Le seul souci dans ce texte c'est qu'il ne sera pas reçu comme il se doit. Peut-être un peu trop auto-centré ? Chaque lecteur se dira : "ouais mois aussi j'ai envie de crier, mais je ne le fais pas par dignité, par fierté, par fiernité !"
Cette voix et ce cri sont bien plus universels en réalité. Le narrateur est le lecteur. C'est sa douleur qui mit à nu en place publique. Et personne n'aime se sentir vulnérable en face de tous.
Merci A.B
Hé bien... ce n'est pas si catastrophique ?
L'exercice &était casse-gueule, mais bien maîtrisé.
J'aime bien les néologisme par concaténation : ils permettent de dire beaucoup avec une grande économie de moyens.
Un texte peut-être fermé sut lui-même, mais qui n'interdit pas d'entrer.
Et c'est vrai : je préfère les concentrés aux délayages qui finissent par devenir insipides, faute de trop de délayage.
J'espère que c'est de la fiction sinon tu devrais d'urgence consulter un spécialiste si c'est ce que tu ressens vraiment parce que dans ce déluge d'émotions contraires, l'usage de néologismes peut faire état d'une dissociation ou d'un état limite. C'est à dire que tu te sents fragmentée et incapable d'exprimer ta douleur avec des mots conventionnels. Le balancement brutal entre détresse et recherche d'excès peut évoquer un trouble de la personnalité borderline. Il se peut aussi que tu sommatises et que les douleurs que tu évoques soient plus morales que physiques. Les troubles sensoriels évoqués sont inquiétants aussi. L'envie de s'évader par l'excès peut aussi trahir une souffrance traumatique non résolue qui refait surface de manière violente. Voilà pour le volet Doctissimo. Je ne suis pas expert. Si c'est ce que tu ressens, va d'urgence en parler à un médecin.
Si c'est fictif, tes néologismes me font penser aux mots-valises de Lewis Carroll mais dans un contexte bien plus sombre. Il y a quelque chose de baudelairien dans cette volonté de partir loin et de vriller. Et le rire final me fait penser au Joker de DC Comics.
a la différence du précédent texte : ça me parle. J'aime beaucoup les mots-valise, j'achète à chaque fois.
J'ai un peu tiqué sur le "sein qui saigne du sang", ça faisait un peu Clara Luciani.
Pour chipoter aussi une redite superflue sur "pleurdinguer" (on avait compris la première fois).
Aprés donc la différence c'est qu'ici y'a pas d'esbrouffe du genre "t'as compris que t'as pas compris". C'est simple et basta. Pas de femme en forme d'étoile et autres trucs de fumoirs.
Aprés forcément on a envie d'en savoir plus, notamment sur cette crampe du cul : thrombose, excès de rodéo ou chaise roulante Ikea mal montée ?
ah oui putain moi la France du bas désolé
mot valise, ça puduku
néologisme par concaténation, bien forcément
avec toutes mes apologétiques considérations superfétatoires.
et les motvalise... putain pardon les =CONCATENER(A1+B1)
ça m'fait penser à Vian
Bingo !
Rien que pour le semblant de compte-rendu d'examen pseudo médical de Lapinchien, je suis bien contente d'avoir édité ce texte. J'espère que c'est un "délire" conscient LC :)
Merci pour les commentaires. En principe, j'écris dans un autre registre et genre. C'est bien sûr une fiction mais écrite dans un contexte affectif particulier.
@Nino : nerf sciatique et le "sein qui saigne du sang", c'est une vieille plaie.
Merdalors, du coup, c'est pas Claralucianique , c'est moi qui ai failli en pleurer du sang mais ça va mieux.
Bon j'achète aussi l'envie de se barrer, puisque constante aussi chez bibi.
Bravo, tu as réussi à me faire douter. Ce doit être du talent.
Je lis ça comme on regarde quelqu’un secouer une boîte vide en espérant qu’elle fasse du bruit.
Les jeux de mots bricolés — “simence”, “pleuglinguer” — donnent l’impression d’un atelier pâte à sel émotionnel.
Pour moi, ça sonne comme un brouillon, persuadé que deux néologismes et trois douleurs random suffisent à faire tragique.
Je sens tellement l’effort pour paraître intense que ça en devient presque attendrissant, comme un ado qui découvre la souffrance dans un manuel.
Ca ne hurle pas : c'est creux et ça ne me touche pas.
Sorry
Mais ça donne un petit coté Harry Potter à l'histoire. J'imagine bien Hermione Granger en train de pleuglinguer dans les toilettes des filles de Poudlard. Puis mettre le monde à l'arrêt et en lévitation en lançant un sortilège Wingardium Leviosa (et pas Levioooosar !) avec sa baguette.
Faut arrêter les fantasmes avec les baguettes...
Mon seul fantasme avec les baguettes c'est les mouillettes au jambon.
Suffisamment évocateur
@lindsay : Oui c'est bricolé, écrit en quelques minutes. Aucun effort justement. Aucune retouche non plus. Ce n'était pas voué à être sur LZ.
@AP : écrire pour se lire
mais tellement!
"Ce n'était pas voué à être sur LZ."
Alors pourquoi ca y est?
relire, retravailler, respecter le lecteur et le taf des admins..?
Perso, ce qui m'intrigue c'est ce que tu as bien pu éditer dans ce texte. Je suis très content qu'il soit sur le site. D'ailleurs, le fait que tu dises que tu as édité ton texte prouve au contraire que tu l'as retravaillé pour l'optimiser d'une manière ou d'une autre dans le cadre de sa publication et qu'il n'existe pas dans le seul but d'être lu par toi seulement. Mais qu'as-tu fait dans l'édition alors ? Tu l'as expurgé de certains trucs ? ou au contraire, tu as clarifié certains passages qui étaient ambigus ?