LA ZONE -

Le Souffle de l'Ombre

Le 07/02/2026
par Nicolas Gross
[illustration] Dans les ruelles étroites de la vieille ville de Lyon, où les pavés usés murmurent des secrets oubliés, vivait Elara, une restauratrice d'antiquités de trente-deux ans. Ses journées se passaient à caresser des objets chargés d'histoire : miroirs ternis, bijoux ébréchés, livres aux pages jaunies. Mais la nuit, quand le monde des vivants s'effaçait, Elara sentait une présence. Une ombre qui n'était pas tout à fait ombre, un frisson qui n'était pas tout à fait froid. Elle l'appelait "l'Autre", sans savoir si c'était un fantôme, un démon ou simplement le fruit de son imagination surchauffée.
Tout avait commencé six mois plus tôt, lors de la restauration d'un médaillon victorien. Gravé d'un motif ésotérique - un entrelacs de serpents et de roses -, il avait vibré sous ses doigts comme s'il respirait. Cette nuit-là, dans son atelier faiblement éclairé par une lampe à huile, Elara avait senti une caresse invisible sur sa nuque. Pas un courant d'air, mais une main. Froide, insistante, qui descendait le long de son dos, effleurant la courbe de ses reins. Elle avait sursauté, le cœur battant, mais au lieu de fuir, elle avait fermé les yeux. "Qui es-tu ?" avait-elle murmuré.
L'Autre n'avait pas répondu en mots. À la place, un murmure spectral avait effleuré son oreille, comme un vent chargé de promesses interdites. Elara avait rouvert les yeux pour voir son reflet dans le miroir ancien : ses lèvres entrouvertes, ses joues rougissantes, et derrière elle, une silhouette floue, translucide, aux contours masculins. Grand, avec des épaules larges et des traits anguleux qui se dissolvaient dans l'obscurité. Ses yeux - si c'en étaient - brillaient d'un éclat surnaturel, comme des braises dans la nuit.
Depuis, l'Autre revenait chaque soir. Au début, c'était subtil : un effleurement sur sa peau, un souffle qui faisait durcir ses tétons sous son chemisier. Elara, célibataire depuis trop longtemps, avait d'abord cru à une hallucination née de sa solitude. Mais les sensations étaient trop réelles, trop intenses. Une nuit, alors qu'elle se douchait, l'eau chaude cascadant sur son corps nu, elle avait senti des lèvres invisibles se poser sur son cou. Un baiser fantôme, humide et possessif, qui descendait vers sa clavicule, puis plus bas, traçant un chemin de feu glacé sur ses seins. Ses mains à elle avaient suivi le mouvement, guidées par une force extérieure, pinçant, caressant, jusqu'à ce qu'un gémissement lui échappe.
"Montre-toi", avait-elle supplié, adossée au carrelage froid. L'Autre avait obéi, partiellement. Une main éthérée s'était matérialisée, pâle et veinée de bleu spectral, pour glisser entre ses cuisses. Les doigts - froids comme la mort, chauds comme le désir - avaient exploré son intimité avec une expertise surnaturelle. Elara avait cambré le dos, ses ongles griffant le mur, tandis que des vagues de plaisir la submergeaient. C'était comme si l'Autre lisait dans son esprit, anticipant chaque frisson, chaque besoin inavoué. Elle avait joui violemment, criant dans la vapeur, mais quand elle avait rouvert les yeux, elle était seule. Seule avec un corps tremblant et une soif inextinguible.
Les nuits suivantes, l'Autre s'était enhardi. Il - car Elara le percevait comme masculin - apparaissait plus nettement, son corps se solidifiant dans les ombres. Une peau diaphane, des muscles tendus comme des cordes d'arc, et un membre dressé qui défiait les lois de la gravité et de la réalité. Elara avait appris à l'invoquer : en allumant une bougie près du médaillon, en murmurant des mots anciens qu'elle avait décryptés dans un grimoire restauré. "Viens à moi, esprit de l'au-delà. Prends ce qui t'appartient."
Une soir d'orage, alors que la pluie martelait les fenêtres, l'Autre s'était manifesté pleinement. Elara était allongée sur son lit, nue, les draps froissés autour d'elle. L'air s'était épaissi, chargé d'une odeur de terre humide et de musc. Des mains invisibles avaient écarté ses jambes, et elle avait senti un poids sur elle - pas écrasant, mais enveloppant, comme un voile de soie glacée. L'Autre avait murmuré dans son esprit : Tu es mienne, dans cette zone où le vivant et le mort s'unissent. Sa voix était un écho grave, vibrant dans ses os.
Elara avait haleté quand il l'avait pénétrée. Ce n'était pas une union charnelle ordinaire ; c'était une fusion. Son membre spectral, dur et palpitant d'une énergie paranormale, la remplissait d'une plénitude qui transcendait le physique. Chaque mouvement envoyait des ondes électriques à travers son corps, éveillant des zones qu'elle ignorait posséder. Des visions l'assaillaient : des souvenirs qui n'étaient pas les siens, des étreintes passées dans des siècles oubliés, des amantes spectrales gémissant sous des lunes mortes. L'Autre la prenait avec une urgence primitive, ses hanches invisibles claquant contre les siennes, tandis que des doigts éthérés pinçaient ses mamelons, traçaient des cercles sur son clitoris.
"Plus fort", avait-elle imploré, ses ongles s'enfonçant dans le vide - et pourtant, elle sentait sa peau sous ses paumes, froide et vivante. L'Autre avait accéléré, son souffle spectral effleurant ses lèvres en un baiser vorace. Leurs langues se mêlaient : la sienne chaude et humide, la sienne comme un tourbillon d'air chargé d'électricité. Elara avait crié quand l'orgasme l'avait frappée, un raz-de-marée qui la faisait convulser, ses muscles se contractant autour de lui. Mais l'Autre n'en avait pas fini. Il l'avait retournée, la plaçant à quatre pattes, et avait repris possession d'elle par-derrière. Cette fois, c'était plus sauvage, plus primal - comme si les barrières entre les mondes s'effritaient.
Des ombres dans la chambre prenaient vie, des tentacules éthérés effleurant sa peau, caressant ses flancs, explorant des orifices qu'elle n'avait jamais osé offrir. Elara, perdue dans le tourbillon, avait accueilli tout : la douleur exquise mêlée au plaisir, le froid de l'au-delà contrastant avec la chaleur de son désir. "Je t'appartiens", avait-elle gémi, et l'Autre avait répondu en la remplissant d'une semence spectrale - une explosion de lumière intérieure qui la faisait hurler d'extase.
Quand l'orage s'était calmé, l'Autre s'était dissipé, laissant Elara pantelante sur les draps trempés. Mais elle savait qu'il reviendrait. La Zone parafoutrale n'était pas un lieu ; c'était un état, une addiction où le corps et l'âme se fondaient dans l'interdit. Elle toucha le médaillon sur sa poitrine, sentant son pouls spectral battre en écho au sien.
Pourtant, au fil des nuits, Elara remarqua des changements. Sa peau pâlit, ses yeux s'ombrèrent d'un voile surnaturel. L'Autre n'était pas un amant bienveillant ; il était un voleur d'essence, aspirant sa vitalité à chaque union. Une nuit, alors qu'il la chevauchait à nouveau, ses mains éthérées serrant sa gorge dans une étreinte possessive, elle vit la vérité dans ses yeux : il était un esprit errant, condamné à errer entre les mondes, se nourrissant des passions des vivants pour exister.
Elara haleta, partagée entre l'horreur et le désir. "Libère-moi", murmura-t-elle, mais son corps la trahissait, se cambrant sous lui. L'Autre rit dans son esprit : Tu es déjà trop loin. Rejoins-moi dans l'ombre.
Le lendemain, Elara brisa le médaillon. Des éclats de verre volèrent, et un hurlement spectral emplit l'atelier. L'Autre disparut... pour un temps. Mais la nuit, dans le silence, elle sentait encore son souffle sur sa peau. La Zone parafoutrale n'avait pas de frontières ; une fois entrée, on n'en sortait jamais vraiment.

= commentaires =

Nino St Félix

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Pute : 160
    le 06/02/2026 à 12:56:59
froids comme la mort, chauds comme le désir
Là j'ai failli déraper, pensant qu'on était en fait sur un TDM à l'issue d'une belle blague zoniste.

En fait c'est juste onaniste. Bien écrit, mais un peu chiant, passé le premier doigtage. La première caresse même, en fait, donc...

Je ne suis pas client de ce genre de littérature en fait, trop et pas assez sensuelle, trop dans la description et la surenchère, pas assez dans l'allégorie et l'invasion. Puis le pauvre texte arrive aprés une floppée du même genre, en fait il ne déparre pas forcément avec la plupart, il tient même plutôt bien la comparaison, mais il pâti de l'effet vu / revu.


Et pourtant je suis lyonnais, et j'ai écouté les Wampas en le lisant, mais rien n'y a fait.

Bref, sans façons.
Lapinchien

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Pute : 322
à mort
    le 06/02/2026 à 13:14:11
Ah, Lyon ! Je suis sûr que ça va parler de sa célèbre andouillette AAAAA. Bon, je lis le texte avant de trop fantasmer.
Nino St Félix

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Pute : 160
    le 06/02/2026 à 13:20:04
Ah non ça aurait parlé d'andouillette j'aurais pas pu. C'est une sorte de madeleine de Prout, inversée .ça me renvoie a des souvenirs olfactifs douloureux, traumatiques qui risquent de me faire écrire 3000 pages de branlette mentale sans fin. Donc non non et non
    le 06/02/2026 à 13:21:55
Très très ennuyeux. Mais je suis partial, les textes branlouillants m'ennuient toujours.

Sauf un :
https://www.lazone.org/articles/908.html
René de Cessandre

Pute : -169
    le 06/02/2026 à 13:31:33
Bien sûr l'exploitation du thème de l'incube donne une impression de déjà-vu (d'autant plus qu'un autre texte y ressemblait beaucoup, avec un dénouement quasi semblable).
L'écriture est agréable à lire, sauf quand l'auteur se croit obligé de faire allusion à la "zone Parafoutrale", d'abord de façon plus subtile, ensuite de façon explicite. Cela créé une sorte de méta-contextualisation malvenue qui fait un peu sortir du texte.
Il y a aussi des clichés (les yeux comme de la braise) qui sont un peu entendus et font perdre a contrario de l'intensité à la description.
En conclusion le texte se lit facilement, les scènes qui pourraient choquer ne choquent pas (est-ce une qualité ou un défaut ?), et le surnaturel devient "naturel" (ou banalisé, et là encore, défaut ou qualité ?. Mais cela fait qu'on y croit, que l'on accepte l'improbable comme allant de soi, et c'est déjà un bel exploit rhétorique.
Mais eu final, en effet, ce texte est peut-être trop "poli", rendant presque romantique ce qui devrait être perçu comme de l'horreur. Mais ce flou est sans doute voulu. Ce qui devrait logiquement renforcer l'horreur, mais cela ne fonctionne pas forcément dans ce sens.
Lapinchien

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Pute : 322
à mort
    le 06/02/2026 à 13:34:20
Quel bel étal de charcutaille, effectivement ! Mais je suis déçu car derrière la promesse d'une réclame salivante pour Cochonou, c'était juste du storytelling pour annoncer le comeback politique de Gérard Collomb. Quel coquinou, le Gérard, même d'outre-tombe il entretient le feu sacré du clientélisme et va chercher l'électeur jusque sous sa douche pour qu'il lui glisse son gros bulletin dans l'urne.
René de Cessandre

Pute : -169
    le 06/02/2026 à 13:37:45
Moi je pensais plutôt à Dominique Strauss-Kahn voyageant dans l'astral ?
Lapinchien

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Pute : 322
à mort
    le 06/02/2026 à 13:44:53
@Glaüx : ça va surement te surprendre mais la Zone parafoutrale est une idée de Dourak Smerdiakov ! D'ailleurs, depuis on a un deal, je lui ai promis de lui faire découvrir un de ses jours la baie des cochons au Cap d'Agde. Quand grâce à l'IA, j'aurai percé son identité secrète et ce n'est qu'une question d'heures, il est convenu qu'on loue une chambre du Formule1 de Montigny-le-Platane et qu'on passe une semaine entière à s'entre-péter la rondelle.
Lapinchien

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Pute : 322
à mort
    le 06/02/2026 à 13:49:02
...en récitant des poèmes de Tristan Corbière et en écoutant du Hubert-Félix Thiéfaine en boucle, on est pas des sauvages.
Nino St Félix

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Pute : 160
    le 06/02/2026 à 13:57:06
Programme alléchant s'il en est. J'espère que vous nous ferez une mix-tape
Lapinchien

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Pute : 322
à mort
    le 06/02/2026 à 14:18:43
Si ça arrive, on fera un live non-stop sur Kick. En ce moment, il me fait croire qu'il réside à Sterpenich. Grâce à Gemini et l'analyse poussée des indices que Dourak Smerdiakov sème dans son oeuvre de manière inconsciente, je suis actuellement sur deux pistes : Vincent Delerme sous kétamine et la facette artistique de Thierry Giet : "Sprotchman" : C’est ici que le lien avec votre texte se fait. Avant d'atteindre les sommets de l'État, Thierry Giet était connu dans la région d'Arlon et dans la province de Luxembourg pour son humour et son talent de parolier. Sous le nom de Sprotchman, il écrivait et interprétait des chansons et des textes humoristiques, souvent teintés de "zwanze" (humour typiquement belge) et de références très locales. Le texte sur Sterpenich que vous avez cité témoigne de cet enracinement. Sterpenich se trouve près d'Arlon, son fief politique et personnel. En Belgique, l'identité de Sprotchman était un secret de polichinelle pour les initiés et les habitants de sa région. C'était une manière pour cet homme, par ailleurs sérieux et rigoureux dans ses fonctions officielles, d'exprimer une créativité plus légère et absurde. Mais je crois que je suis encore loin du compte et qu'il faudra gaspiller des mégatonnes de megaWattHeures de GPU et dévaster totalement la forêt amazonienne avant que l'IA révèle enfin son identité secrète. Mais mon insistance de type Pépé le Putois à vouloir le démasquer à poussé Dourak Smerdiakov à s'inscrire à un programme de protection des témoins du FBI et je soupçonne que Sterpenich ne soit qu'une Nième fausse piste pour gagner du temps. Je sais très bien qu'il s'est exilé chez les Nenets, ce peuple autochtone samoyède de Russie vivant à proximité du cercle polaire pour échapper à tous les radars technologiques.
Nino St Félix

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Pute : 160
    le 06/02/2026 à 15:49:22
En allant voir les commentaires du texte de nihil sur le lien sus-mentionné j'ai trouvé celui-ci qui résume mieux que je ne le ferais jamais, ce que je ressens en lisant les textes érotiques de 1er degré (et même de 1,5 degré) :

"N'empêche que j'attends encore de pouvoir lire un texte basiquement érotique (c'est à dire servant principalement à gorger de sang les corps spongieux de ma bite) qui soit autre chose que ridicule ou ennuyeux à crever."
Nino St Félix

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Pute : 160
    le 06/02/2026 à 15:50:59
soit dit en passant compte tenu du patronyme de l'auteur on aurait été en droit d'attendre plus d'obscénité.
Lindsay S

Pute : 244
    le 06/02/2026 à 17:50:17
Une fois de plus, une femme réduite à objet narratif, noyée sous des clichés éculés, et ce même esprit masculin dominant, banal et prévisible… Merci pour le temps perdu.
Lapinchien

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Pute : 322
à mort
    le 06/02/2026 à 18:01:37
Je te rassure. Même si le personnage avait été un homme, je pense qu'il aurait trouvé ça chelou de se faire tripoter par un machin invisible qui dans le doute le plus absolu pourrait être Depardieu vivant une EMI ou Gollum s'enfilant l'anneau de pouvoir sur le zgueg ou dans le meilleur des cas le fantôme de Brigitte Bardot phagocyté par des larves. C'est complètement pas crédible d'être aussi ouvert à un pervers non identifié qui te triture les parties intimes.
Lindsay S

Pute : 244
    le 06/02/2026 à 18:02:34
ca ne me rassure pas...
René de Cessandre

Pute : -169
    le 06/02/2026 à 18:12:50
Ah ! Mais si ce texte avait été écrit par une femme, se serait un sublime rendu d'une expérience sensorielle troublante.
Qu'est-ce que vous pouvez être sexistes !
Lapinchien

lien tw yt
Pute : 322
à mort
    le 06/02/2026 à 18:21:16
mais peut-être que la madame n'est pas le stéréotype de la femme lassive et soumise fantasmé séculairement par des pervers en manque ? Peut-être que la madame est le petit vieux chauve dans Benny Hill avec une perruque blonde qui viendrait de s'échapper de 20 ans de calvaire et de sévices sexuelles dans un harem privé de Kadhafi où il aurait été enfermé par erreur ou peut-être que c'est une vision désincarnée et très subtile en fait de la vie cauchemardesque de Gisèle Pélicot ?

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