Il était une fois un très méchant roi répondant au nom de Stratus. Il régnait sur un immense royaume tel un dictateur. Il était fort beau mais pas très intelligent, contrairement à son fils unique quelque peu difforme, mais tellement sensible, humain, doté d’une grande finesse d’esprit mêlée à une intelligence hors normes. Les sujets s’accordaient à l’aimer souhaitant qu’il accède le plus rapidement au trône. C'était sans compter Stratus qui s’y accrochait, annexait des provinces limitrophes, envoyait ses soldats périr pour assouvir son orgueil démesuré. Son rêve ultime : être empereur, le roi du monde. Son épouse vieillissant, il prit de nombreuses maîtresses toujours très jeunes, de plus en plus jeunes. Il avait tous les droits, se sentait invincible. Il l’était. Aucun humain hors de ses amantes ne pouvaient l’approcher à tour de rôle. Si par malheur il en engrossait une, elle était directement envoyée au bagne. Son rapport à la paternité faisait qu’il ne voulait engendrer. Nimbus fut une erreur qu’il ne pardonnait pas à son épouse, la reine. Il craignait que sa descendance masculine fût très belle, un être plus beau que lui était insupportable, cela le rendrait jaloux. Mais au contraire, un enfant disgracieux - ce qui était le cas - était honteux. Comment s’afficher avec son rejeton si laid ? Nimbus était là. Il devait donc faire avec !
Nimbus grandit tant bien que mal. Toujours mal à l’aise avec son physique. Il savait qu’il n’était pas le prototype d’un prince charmant. Il fit néanmoins une première tentative de séduction auprès de la plus jolie fille de la contrée. Il lui envoya la lettre suivante qui a été découverte récemment :
“Ma dulsinée
Je thème beau cou. Je vœu me marié avec toi. Je vais te fer pleins d’enfants trait bô.”
Il ne prit pas la peine de signer. Il était convaincu d’avoir rédigé une très belle lettre d’amour.
Recevant ce bref courrier sans âme, la jeune fille qui mettait un point d’honneur à respecter les règles orthographiques de la belle langue française, car pour elle, ce n’était pas la science des ânes, répondit simplement “Non merci.” Elle n’entendit plus parler de lui d’aussi près. Lui, de son côté poursuivait sa quête de l’amour. Après plusieurs tentatives infructueuses, enfin une jeune femme accepta de convoler avec lui. Il lui fallait d’abord travailler. Terme qui lui était inconnu. En effet son père trouvant la promise trop jolie pour son fils, mais agréable pour lui, bien que n’étant pas la plus belle était fou de jalousie. Il ne s’est pas opposé à leur union, mais a refusé de financer le mariage. Nimbus a été contraint de travailler dur. Ainsi, il a vendu du poisson sur les marchés, a été manutentionnaire, maçon, éboueur et a exercé tant d’autres métiers afin de financer son mariage princier. Il lui fit de nombreux enfants.
Le peuple se désespérait. Quand Stratus finira-t-il par mourir ? Tous étaient impatients de voir Nimbus accéder au trône qui, en étaient-ils sûrs, leur apporterait de la joie. Enfin vînt le jour du décès de Stratus. La cité était en liesse, mais devait faire bonne figure, ne pas faire de démonstration de joie. Nimbus leur nouveau souverain fût acclamé. Que s'est-il passé dans son esprit ? Est-ce ce jour-là que tout a basculé ? Ou est-ce que cela s'est fait progressivement ? Ce que nous savons, c’est qu’il devint mégalo, arrogant et surtout au fil du temps, sanguinaire. Hier, il n’était que le fils de Stratus, aujourd’hui, il règne. Était-il hypocrite ? Simulateur ? Ou juste sous l’emprise de son père qui ressemblerait presque à un agneau face à son fils démoniaque ? Seul maître à bord, il montre son véritable visage, celui d’un être sanguinaire sans foi ni loi. Il a eu de nombreuses lubies dont :
Ses soldats devaient monter à cheval à l’envers, ce qui selon lui était plus aisé pour tuer l’ennemi. Tous ceux qui ont accepté sont morts, soit par les fusils de l’ennemi, soit piétinés par les chevaux. Les rebelles ont conservé la vie, mais ont dû fuir leur patrie de crainte d’être lourdement punis ;
Lors d’une invasion de frelons d’un nouveau genre venus d’ailleurs, il fallait agir. En effet, encore enfant, il fût piqué par un insecte quelconque et est resté alité pendant une semaine avec une grosse fièvre. Depuis, il redoute toutes les bestioles. Pour venir à bout de cette espèce, seules certaines grenouilles pouvaient les éradiquer. Des milliers envahirent le pays créant de nombreux tourments, cependant, il était interdit de les tuer, même accidentellement. Sinon, direction le bagne.
Les femmes devaient se raser la tête. Seuls les hommes avaient le droit, même l’obligation de porter les cheveux longs. Malheureusement beaucoup d’entre eux étaient chauves, comme lui. Alors, il utilisa un remède de “grand-mère” de repousse rapide, ce qui lui provoqua des allergies. Il prétexta une erreur de transcription de ses mots et fit libérer de nombreux hommes du bagne.
Après ce petit inventaire loin de celui de Jacques Prévert, il décida de trouver d’autres lieux pouvant accueillir des bagnards. Ce n’était pas aisé, mais en envahissant d’autres contrées, tout est possible dans son esprit dérangé.
Son épouse était délaissée par Nimbus. Certes leurs huit enfants lui donnaient énormément de peines, mais surtout, elle fut victime d’un grave accident. Si belle hier, elle se retrouva défigurée du jour au lendemain. Cette vision, il ne pouvait l’accepter, alors, il la répudia purement et simplement. Nimbus éclatera tel un orage d’été et se dissipera dans les ténèbres de la vie. Quant aux enfants, il les plaça auprès de l’assistance publique. Peut-être une tradition familiale ?
FIN de cette histoire sans queue ni tête qui n’apporte rien à la littérature.
Ce n'est pas un vrai conte de fées. = ajouter un commentaire =
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