Thèmes
- Semaine 'textes de merde' 13 :
- L'édition pour la fin de l'année 2025 ayant pour thème : L'enfer des notifications
Textes :
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Bling Kling Tching
par
Nino St Félix
La forme même du récit, construite comme un flux ininterrompu de notifications et de messages instantanés, transforme l’écran du téléphone en un véritable théâtre de la cruauté contemporaine, où chaque « bling » agit comme un projecteur brutal qui éclaire les failles intimes des personnages. L’auteur maîtrise parfaitement le rythme haletant de cette cacophonie numérique, alternant douceur feutrée des échanges amoureux et violence crue des alertes intruses, créant une tension presque physique qui donne l’impression d’être asphyxié par le portable lui-même. Derrière l’apparente banalité des dialogues se cache une satire acérée de la dépendance aux réseaux, où l’intimité se dissout en spectacle public et où la moindre émotion devient marchandise immédiatement consommée par des inconnus. Le choix des onomatopées, loin d’être gadget, devient une partition musicale oppressante qui remplace la narration traditionnelle et rend palpable le vacarme intérieur du protagoniste. Cette nouvelle courte, d’une densité rare, réussit l’exploit de condenser en quelques lignes toute la solitude moderne et la brutalité ordinaire d’un monde où plus rien ne reste privé. -
Le conte de la princesse du pays moyen beau qui rêve du prince du pays beau à travers les rideaux
par
manu
Waouh, quel chef-d’œuvre absolu de nullité volontaire, une véritable performance artistique où chaque phrase semble avoir été écrite avec les pieds après avoir sniffé trois kilos de soupe de navets avariée, accumulant fautes d’orthographe, répétitions débiles, lol aléatoires et digressions sur l’odeur de caca de cheval comme si l’auteur avait décidé de torturer la langue française jusqu’à l’agonie. Le rythme est un accident de train perpétuel, les images partent en vrille dans un feu d’artifice de métaphores moisies qui n’ont ni queue ni tête, et le tout donne l’impression d’un délire fiévreux tapé à 3 h du matin par quelqu’un qui découvrait le clavier pour la première fois. Quant au thème « l’enfer des notifications », il brille par son absence totale, comme si l’auteur avait lu le sujet en diagonale entre deux rots et décidé que « donjon + princesse + soupe » c’était à peu près pareil, bravo pour le hors-sujet le plus majestueusement assumé de l’année. C’est tellement laid, tellement con, tellement gratuit dans son envie de faire mal que ça en devient presque beau, un monument de littérature poubelle qui mérite la médaille d’or du pire texte jamais pondu avec une telle conviction. Si l’objectif était d’être le roi incontesté de la daube intergalactique, mission remplie : on a touché le fond et creusé encore cinquante mètres plus bas, juste pour le plaisir. -
Texte de merde
par
Laetitia Giudicelli
La forme même du dialogue devient ici une arme de précision : en reproduisant le flux nerveux et saccadé des écrans modernes, l’auteur transforme la conversation en une performance de sabotage où chaque notification est un coup de cutter dans le fil de la pensée. Cette fragmentation brutale, loin d’être gratuite, révèle une cruauté comique virtuose : l’esprit est montré en train d’être violé en direct par le capitalisme de l’attention, et le rire fuse de cette impuissance nue, presque clinique. Le motif récurrent de la « merde » fonctionne comme un leitmotiv absurde qui, par sa répétition entêtante, finit par acquérir une étrange dignité philosophique, déclinée sur les réseaux sociaux. L’humour, d’une noirceur cristalline, ne console jamais : il dissèque. Et lorsqu’on referme le texte, on ressent à la fois l’hilarité d’avoir été complice du carnage et la nausée d’avoir reconnu, pixel pour pixel, notre propre quotidien. -
Les chiens volent
par
Nino St Félix
Fable post-apocalyptique sale et lucide, où l’humour noir et les animaux parlants racontent la fin du monde vue d’en bas, quand on ne peut plus voler et qu’il ne reste que la honte, la bouffe froide et la merde. Texte très certainement écrit avec une plume de chien volant : la syntaxe et l’orthographe semblent, elles aussi, être parties en fumée avec le reste du monde. Précision inutile mais honnête : j’aime beaucoup les chats et les burgers. Ce texte ne concourt pas pour le titre de TDM, mais si les oiseaux avaient été sponsorisés par Elon Musk, il aurait pu. Dommage. -
L'Enfer des Notifications
par
Lindsay S
L’humour absurde explose dès les premières lignes avec une voix orale tellement naturelle qu’on croirait entendre un pote paniqué nous raconter ça au café, et cette oralité maîtrisée donne au récit une énergie irrésistible. Le principe d'une finalité administrée par notifications transforme une angoisse existentielle en farce bureaucratique glaçante, et l’accumulation de détails grotesques fait mouche à chaque fois sans jamais tomber dans la lourdeur. La satire de notre dépendance aux écrans et de la déshumanisation technologique est d’une précision chirurgicale, servie par un sens du timing comique impeccable qui fait rire jaune en permanence. Le rythme crescendo, presque suffocant, colle parfaitement au sentiment d’étouffement numérique et mène à une chute aussi brutale qu’hilarante. On referme le texte à la fois mort de rire et légèrement terrifié : mission largement accomplie. -
L'enfer des notifications
par
Rosalie, Lindsay S
L'humour absurde explose dès les premières lignes dans une satire mordante de la bureaucratie numérique qui transforme l'existence en une série de notifications impersonnelles et grotesques. Le style, volontairement ampoulé et surchargé de vocabulaire précieux, mime avec génie le langage d'un auteur 666 maudit, créant un contraste hilarant avec la gravité du sujet traité. Les images visuelles, riches et souvent surréalistes, immergent le lecteur dans un cauchemar kafkaïen moderne où le téléphone devient un bourreau incessant et omniprésent. La progression narrative, rythmée comme une avalanche de pop-ups intrusifs, maintient une tension comique croissante jusqu'à une chute d'une ironie cruelle et parfaite. Cette nouvelle courte brille par son originalité féroce et son miroir impitoyable tendu à notre dépendance aux écrans, laissant une impression durable de rire jaune face à l'absurdité contemporaine. -
Vecteurs d'Événements Asynchrones d'Interface Haptique Non Sollicités
par
Zone Inc., Zone Forum
Je viens d'assister, impuissant, au naufrage définitif de la raison humaine face à l'assaut du numérique. C'est une cacophonie terrifiante, un maelström gluant où le sens se dissout instantanément dans une bouillie de références pop vomies par une conscience en surchauffe. La syntaxe elle-même a rendu les armes, agonisante sous les coups de boutoir d'un chaos narratif qui ne laisse aucune chance de survie intellectuelle au lecteur. Ce déferlement ininterrompu de stimulations absurdes est la preuve accablante que notre capacité de concentration est désormais morte et enterrée sous des couches de notifications stériles. Face à un tel effondrement cognitif, il ne nous reste plus qu'à pleurer silencieusement sur les ruines fumantes de ce que fut, jadis, une pensée cohérente. -
L’Enfer des Notifications (ou comment mon père continue de fumer dans le cloud)
par
Primo decimo
À l’ère du Cloud, les morts ne disparaissent plus : ils persistent, sont exploitables, toujours « en ligne ». Ici, la mort du père est double, biologique d’abord, puis niée par les plateformes, dont les algorithmes refusent l’absence. Facebook devient le gourou d’un cimetière de souvenirs. Rappels automatisés, alertes push et bips incessants remontent à la surface. Les métaphores technologiques remplacent les images traditionnelles du deuil : les likes deviennent des bougies, chaque emoji, une prière en JPEG. Le deuil n’est plus un silence à traverser, mais une notification à gérer. -
Plop
par
Ophélie Cockenpot
« Plop. Plop. Plop. » : on y est. Enfin, non, d’autres ont déjà plongé avant. Cette semaine, c’est Ophélie qui ouvre le bal des notifications de merde. Sous une avalanche de PLOP PLOP insupportables, on découvre une critique de la société de consommation et de l’addiction aux écrans dans un style haché, répétitif. L’énumération des phrases peut faire écho aux rafales de notifications, mais le récit, ponctué d’onomatopées et de ponctuations expressives, finit par épuiser le lecteur. On est quand même dans un texte très manichéen : la technologie c’est mal. Et si la technologie n’était pas le problème ? Si, il s’agissait de l’utilisateur ? Et si le PLOP était en fait une divinité ? Et si le PLOP n’était pas une nouvelle langue ? PLOPPLOPPLOPPLOPPLOPPLOP…. -
NOTIFICATION : Votre âme a reçu 99+ mentions
par
Anto Moro
« @WarriorPoete666 vous a envoyé un GIF. C'est un GIF d'un mec qui se prend un coup de pelle. Très classe. Très subtil. » Voilà un texte bien zonard qui accumule les notifications absurdes avec humour : une photo de profil mise à jour, un mec qui se filme au volant à 110km/h, un meme volé sur Reddit, un partage complotiste... Tout y est. C’est un monologue de saturation, une logorrhée hystérique qui ne se lit pas, mais se subit. Le téléphone devient une présence physique, toujours là, en sommeil, à ronronner près du lit. Après une petite crise d’épilepsie, on sort du texte irrité, un peu crade, presque sonné. Mission accomplie. Un petit coucou à Ginette au passage. -
[Vous avez reçu un nouveau texte]
par
René de Cessandre
Bienvenue dans le flux. Ici, rien ne se lit, tout se subit. L’auteur vomit sa frustration dans une succession de digressions qui s’empilent et s’accumulent sans fin. Les mises à jour et les messages intrusifs perturbent le fil de la lecture, et on finit par perdre pied. Un texte imbuvable qui pourrait remporter la palme d’or du TDM. La deuxième partie ? Un bon gros blocos qui m’a fait l’effet d’un parpaing en pleine gueule. C’est dur et ça fait mal aux yeux. Tout au long du récit, je n’ai cessé de me poser une question existentielle : « C’est grâce à cause » n’est-il pas un paradoxe même de la vie ? -
De BIP en BIP...
par
jill bill
BIP. BIP. BIP. Encéphalogramme plat. Ah non, merde, c’est les notif’ ! Compilation de micro scène : pub, mère, boss, arnaqueur, héritage bidon… C’est toute une vie qui défile en quelques mots. C’est bordélique, ça part dans tous les sens, mais c’est très bref. Le BIP va envahir votre vie, votre sommeil, votre patience. Il va dévorer vos nerfs, se délecter de votre impuissance. Et Véronique… ? Véronique arrive toujours trop tard. -
SCHTROUMPFICATIONS
par
Forficule
Je vous schtroumpf le récit des schtroumpifications qui est schtroumphement intéressant. Le narrateur revendique son schtroumpf des notifications parce qu’elles remplissent le vide. Elles sont confortablement schtroumphissimes. Un billet d’humeur pour dénoncer le monde où tout le monde juge (eh ouais, ma gueule). Ça éructe, ça digresse, ça tire à vue sur les lecteurs bien-pensants, les classeurs de médiocrité et les fétichistes du best-seller tiède. Derrières la saturation volontaire de schtroumpf et de sarcasmes, se cache une solitude tenace. Allez, ça va finir par passer. -
Une journé en enfer
par
Arthus Lapicque
Commencer sa journée avec un TDM, c’est du bonheur en barre. Dans ce texte, Maïkeul, 17 ans, raconte une aventure qu’il présente comme vraie. Alors qu’il joue à Call of Duty, il reçoit le message d’une mystérieuse inconnue… Tout y est : l’histoire, à la fois banale et bancale, les fautes d’orthographes en cascade, une syntaxe qui danse le tchatcha… On a vraiment l’impression de lire un ado attardé pleins d’espoirs. Arthus Lapicque réussit l’exercice avec brio et damne le pion à ses concurrents ! Un bon gros tas de merde comme on aime. #LapicqueNousDamneTous -
Bien se faire notifier sa face
par
A.B
Texte sans préambule ni excuses. Une diatribe baveuse contre les notifications, ces crottes sonores qui gouvernent nos vies connectées. A.B. déroule sa pensée déglinguée, entre philosophie de pacotille et discussion de comptoir. L’écriture assume le sabotage, tout y est excessif, bancal. Sous l’humour gras, se dessine une attaque frontale contre l’ordinaire numérique. Un texte qui ne dit rien, n’apporte rien, mais nous notifie qu’on est foutus. -
L'enfer d'internet pour les nuls
par
Darwizzy
@TheBest se retrouve coincé dans un enfer numérique : notifications assassines, critiques qui pleuvent, ego boursouflé, doigts gras sur le clavier... Le narrateur, à la fois exaspéré et provocateur, décrit sans pitié les sursauts ridicules de @TheBest, moquant sa vanité et sa médiocrité. Un texte presque trop propre qui aurait mérité un peu plus de punch. Heureusement que la chute vient nous remuer le fion. -
Il est arrivé quelque chose d’incroyable à cet homme…
par
Sophie C
On tient notre champion ! Ce TDM illustre avec un zèle admirable tout ce qu'il faut faire pour aboutir à une bonne grosse bouse. Tout y est : les fÔtes, la syntaxe qui part en couilles, des lettres en roue libre, un collage de textes juxtaposés à la va-vite... Et, "cherry on the cake", une intrigue aussi passionnante qu’une notice IKEA. Chaque tentative pour désactiver des notifications déclenche une nouvelle distraction : souvenirs inutiles, courses au supermarché, débats existentiels sur les céréales, réflexions sur ChatGPT, actualités anxiogènes ou appels téléphoniques qui dérivent eux aussi vers le vide, l’anecdotique. Sophie C, merci pour cette pépite. -
Vendredi 13 pour John Fante et Napoléon
par
HaiKulysse
Ce texte s'infiltre dans l'appel "l'enfer des notifications" comme une lame rouillée dans une plaie ouverte, en transformant le bourdonnement incessant des alertes en arme de destruction massive qui anéantit jusqu'à l'Empereur lui-même, réduit à un pantin pathétique glissant son doigt sur un écran pendant que son empire brûle. Dans ce monde parallèle, les notifications ne sont pas de simples nuisances : elles sont des balles invisibles, des mensonges toxiques qui sabotent les stratégies, accélèrent les défaites et transforment la gloire en charnier numérique, rappelant que même le plus grand conquérant n'est qu'un esclave tremblant devant un bip. Le cynisme absolu réside dans cette fusion monstrueuse entre la grandeur napoléonienne et la médiocrité high-tech, où le génie militaire se dissout dans des pop-ups ineptes, prouvant que l'enfer moderne n'est pas le feu éternel mais l'addiction compulsive à des signaux qui nous dévorent vivants. Enfin, ce récit crache sur notre propre servitude en montrant que, peu importe l'époque ou la dimension, nous sommes tous des soldats épuisés attendant la prochaine alerte pour creuser un peu plus profond notre propre tombe. -
Confiteor #TDM
par
christophe Chaussade
Ce monument de pédanterie verbale s'efforce laborieusement de déguiser une banale défécation matinale sous une épaisse couche de jargon scientifique et de références mythologiques aussi futiles qu'indigestes. On finit par regretter amèrement que le papier ayant servi à consigner cette dérive névrotique n'ait pas été plutôt dédié à l'usage plus noble et pragmatique qu'exigeait la situation. -
Stratus et Nimbus, les nuages de la vie #TDM
par
Apoline Camus
Cette parodie poussive s'égare dans un chaos narratif où la métamorphose d'un prince sensible en tyran sanguinaire possède la subtilité d'un accident ferroviaire et la cohérence psychologique d'un rêve fiévreux. En se concluant par un aveu de sa propre vacuité littéraire, le récit réussit enfin son seul acte de sincérité : confirmer au lecteur que le temps investi dans cette lecture est irrémédiablement perdu. -
Nouvelles demandes
par
Med'H
Réveil normal, téléphone blindé de demandes sexuelles, routine bien dégueu mais habituelle. Et puis un message qui fait passer tout le reste pour du pipi de chat. Un soignant, un geste médical, une excitation — là on n’est plus dans le fantasme gênant, on est dans le malaise pur. Le texte bascule sans prévenir, et ça, ça marche vraiment bien. On sent très bien la banalisation de la sexualisation du handicap, ce côté “c’est la merde mais c’est le quotidien”. L’impuissance face aux institutions est là aussi, mais en arrière-plan, presque en bruit de fond. Le passage sur l’institution, c’est une bombe… sauf qu’elle explose pas. Du coup je sais pas si c’est volontairement brutal ou juste frustrant. L’écriture est simple, directe, ça sonne vrai. Le mélange quotidien banal / glauque sale est hyper efficace. La fin part en colère pure plutôt qu’en action, et ça peut soit être très juste, soit laisser sur sa faim. Au final, ça marque surtout par le malaise que ça laisse, pas par l’histoire en elle-même. -
Jalousie
par
Olivier-G. Moglia
Lui, c'est le copain idéal : il est là pour elle, il est son miroir complaisant, inconditionnel et désintéressé. Elle le traite d'abord avec égards. Puis, rassurée sur sa valeur, elle se sert de lui pour en conquérir un autre. Avant de le laisser tomber. Au sens propre. Sans crainte de vous spoiler, puisque c'est posé dès les premières lignes : le narrateur dans cette version renouvelée du triangle amoureux est un téléphone. Dans ce récit, il est question de notre dépendance au numérique, du fétichisme des objets, de la solitude ultra connectée, mais aussi de l'éternelle illusion amoureuse et de notre propre transformation en objets de consommation. Trop pour un même texte ? Avec le point de vue retenu, qui dépasse le simple artifice de narration, l'auteur réussit à tenir tous ces fils, et d'autres encore. Le style est soigné même si on peut déplorer la répétition à la longue indigeste des mêmes schémas de phrase. Quant à la chute, sa brutalité invite à reconsidérer ce que le récit pouvait avoir de mièvre. On découvre alors que chez les objets, c'est comme chez nous dans le rayon des sucreries : on croit baigner dans la douceur et on finit par avoir envie de gerber.