Le jeune homme est le fruit talé de Mr et Mme Moulin, deux sympathiques aveyronnais qui vivent paisiblement sur les hauts plateaux volcaniques et granitiques de l’Aubrac.
Les petits copains de Jean-Claude le raillaient quotidiennement :
« Et, Moulin de l’Aubrac, viens jouer avec nous dans notre camp, arrête de prendre le maquis! »
Jean-Claude avait beau lutter et se défendre en arguant ses liens de sang contaminé. Le jeune homme était particulièrement con et confondait Fabius et Arthus et son petit truc en moins.
Peu importe, cette année et pour la première fois, il est heureux d’accompagner ses petits copains à Poitiers, pour le premier mai et la commémoration de Jeanne d’Arc. Dans le train qui les conduit là-bas, tout le monde appelle maintenant Jean-Claude par son nom de famille :
« Et, Goëbbels, t’as pris une douche avant de monter dans le train, normalement, c’est après ! ». Ils éclatent d’un rire aussi grotesque que la vacuité de leurs réflexions.
Ils se retrouvent enfin au pied de la statue de Jeanne.
Tous les jeunes néo-nazis essaient de cacher leurs larmes d’émotion devant la pucelle. Chez ces gens-là, on ne pleure pas monsieur, on ne pleure pas, on trie….
Ils voient enfin leurs idoles, Marinnette Lepin, Jordy Bordella, Eric Coppi qui est arrivé en vélo, et tous ceux qui essaient de monter sur l’estrade : Bruno Retaillé, Laurent Wospieds, etc.….
En revenant de Poitiers, Jean-Claude et ses petits copains se lancent dans un projet fou : monter une pièce de Théâtre sur la vie de la Jeannette. Goëbbels s’impose pour tenir le rôle principal. Les répétitions s’enchaînent et arrive enfin le jour de la Première. Jean-Claude a caché aux autres son intention : au lieu d’utiliser un écran pour décrire la fin de l’héroïne, il a décidé d’allumer VRAIMENT un feu sur les brindilles et le bois qui ont été installés pour l’épilogue.
Tout à coup, après avoir aspergé le sol avec un bidon de gas-oil à 2,50 euros le litre ( encore ces foutus arabes) il crame en quelques secondes devant le pompier de service complètement bourré .
Jean-Claude Goëbbels né Moulin est mort.
A la sortie du Théâtre, on entendit un maquignon qui s’était trompé de dernière syllabe dire :
« Ça fera un con de néo-nazi de moins. »
Jean-Claude Goëbbels est heureux. Après des mois de tracasseries administratives, ce français de souche a enfin pu changer son nom de famille.Rappelons ici la définition du mot souche : ce qui reste du tronc quand la tête a été coupée
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J'ai mis 10/10 à ce texte parce que je suis contre l'idée débile d'un salon des refoulés sur le forum, qui serait en réalité un coupe-file, où tous les damnés de la terre pourraient rapidement voir leurs textes publiés et soumis aux commentaires, au lieu d'attendre patiemment leur tour comme tous les bons auteurs dans les textes en attente, c'est à dire environs 10 millions d'années précieuses non dédiées à l'angoisse que son texte pourrisse dans nos geôles.
Ce serait un véritable appel à ce que les auteurs écrivent de la chiasse pour qu'on les mette à l'honneur et rapidement, on n'aurait plus que des textes chiatiques.
Et j'attends toujours un contre-argumentaire à ce que j'avance puisque tout ce que je dis est évident.
Par contre, ça m'a pas trop donné envie de lire le texte mais, dans le doute, j'y go de suite.
@Patrick Bourret : mes hommages à ton papa et ses rencontres du 3ème type. Je pense d'ailleurs que c'est Bernard Campan ou Michel Boujenah.
Par contre, c'est lui que t'aurais dû cramer parce qu'entre les ovnis, la bête du Gévaudan, ses théories fumeuses sur le 11 septembre 2001 et son climato-scepticisme, je pense que que c'est un précurseur majeur du conspirationnisme contemporain. Je me demande s'il était élève dans une école de journalisme ou une madrassa où on vénère le dieu Bigfoot.
Merci pour ce manuel de combustion spontanée pour les nuls. J'espère que beaucoup d'encartés au RN y verront des conseils de développement personnel et suivront l'exemple de Jean-Claude. Je suis d'accord avec la critique : la subtilité des calembours politiques dans ce texte ont la légèreté d'un tractopelle, un jour de verglas. Né Jean Moulin et mort Goëbbels : on dirait que ce type est le doppelgänger maléfiquede François Mitterrand, tous deux dotés d'une amnésie historique profonde. Certes la satire et le grotesque sont ici utilisés pour ridiculiser l'extrême droite, transformant ses figures et ses obsessions en une farce pas drôle, une sorte de caméra cachée de Jean-Yves Lafesse mais en plus alphanumérique. J'ai quand même l'impression que la connerie qui brûle dans ce texte est avant tout le moteur de radicalisation absurde qui mène le protagoniste à sa propre perte par pur manque de discernement. Qu'on lui décerne un Darwin Award ! Le bidon d'essence trop cher pour lui montre que le héro principal est pauvre et que malheureusement, je suis d'accord avec ce constat paradoxal, le lien entre précarité économique et xénophobie est malheureusement massivement véridique, de plus en plus de pauvres se tournent vers le RN par pur désespoir.
CONCLUSION : Même si c'est court, j'ai bien aimé cette œuvre visionnaire où l'on apprend que l'essence est chère, mais que la connerie reste, heureusement, une ressource renouvelable et hautement inflammable.
ce fut une erreur je crois. Je voulais dire "salon des refusés" (donc pas visibles ni ici ni sur le forum : enterré avec quelques autres textes qui ne franchissent pas la barre limite, pourtant pas forcément trés élevée).