LA ZONE -

Coming Out

Le 27/04/2026
par Arthus Lapicque
[illustration]
Ces cons de gauchiasses ont la cervelle tellement ramollie par la drogue, ils se rendent pas compte à quel point on souffre à cause des métèques. Cette brûlure au fond de mon bide à chaque fois que je les entends gueuler, surtout les négros, savent pas parler français, savent que brailler et balancer leurs ordures dans tout le quartier, mais oh ! On est pas à Dakar ! Le pire c’est les arabes, peuvent pas s’empêcher de foutre le bordel et d’abuser partout où ils vont, c’est génétique, tu leur donnes le petit doigt, ils te bouffent la guibole… Les niaks encore, ça passe, ils se tiennent à carreau... mais les bougnoules, putain, à force de retenir mes coups, j’ai des ulcères à l’estomac et de l’eczéma jusqu’aux paupières. La dermato m’a conseillé d’arrêter l’alcool, de faire du sport, de "verbaliser ma frustration", de "me faire accompagner par quelqu’un de compétent". Ferme ton claque-merde, pouffiasse ! Donne-moi mes médocs ! Le toubib a bien compris lui et m’a filé mon ordonnance sans moufter. En vérité, le Valium et le Gaviscon ne me font plus rien, ni les putes. La bile me ronge les tripes, et ma gueule on dirait de la rosette de Lyon. Heureusement qu’il y a ce bon vieux Pastis pour atténuer le stress jusqu’au soir et dormir, même si les tremblements reviennent au galop en pleine nuit.

En causant avec Roger au comptoir chez Colette, j’ai eu le déclic. Roger a le sens de la formule :
— Putain, les ratons, faudrait les brûler à la naissance !
On dit ça pour rigoler, on est jamais vraiment sérieux, n’empêche que ça fait du bien d’imaginer. Si y en avait moins à nous piquer tout ce qu’on a... Chômage technique, mes couilles ! Du temps de papa, la boucherie se portait bien sans toute la crouillasse. Pis moi, je peux pas passer ma journée à glander comme ces putains de parasites qui vivent sur nos impôts. Alors j’ai décidé de passer à l’action. De faire mon "coming out" comme ils disent chez les pédés. Cramer un immeuble, ça fait trop de monde d’un coup pour commencer. Avant de gazer du juif en batterie, tonton Adolf il en a coupé des roustons, pis les neuneus, les Manouches, tout ça. Auschwitz s’est pas fait en un jour. On va y aller en douceur et crescendo.

J’adore péter fort le matin, mon trou de balle me démange à cause de l’eczéma, si je pouvais lâcher des caisses à volonté, j’y passerais des heures tellement c’est bon de se gratter l’oignon comme ça. Couler un gros bronze, c’est pas mal non plus, mais le pastaga me brûle, et pis à force, j’ai l’cul pourri, chiasse et compagnie, ça daube dans toute la baraque. Sauf qu’aujourd’hui, je me retiens de chier après mon café, j’ai cogité toute la nuit et j’ai une idée. Il y a cette famille maghrébine qui refourgue des pâtisseries au quartier, des trucs pleins d’huile et de sucre. Tous les ratons rappliquent pour se gaver avec salamalecs et sourire forcé. J’y vais discret, par derrière, parce que je sais qu’ils laissent la boutique sans surveillance pendant leur prière, et vlan, je chie liquide sur leurs saloperies, une vraie fontaine, miam, les bonnes cornes de gazelle à la merde ! Et v’là-t-y pas qu’un morceau de jambon mal digéré se propulse hors de mon fion en plein sur leurs samoussas ou je ne sais quoi. Arf ! Du génie. J’me torche avec les rideaux et j’me casse ni vu ni connu. La classe.

J’ai dormi comme un bébé, mais au réveil, les plaques d’eczéma ont doublé de volume et me brûlent comme jamais. Comprends pas. J’ai pris mon pied pourtant. Faut sûrement y aller plus franco.
J’ai repéré un p’tit Paki vendeur de roses dans la rue de la soif. Ces mecs-là, c’est mafia et compagnie, des enculés d’assistés qui bossent pour un fumier et ils sont contents de squatter à vingt dans la même piaule. Sauvages ! Arriérés ! Si je le bute celui-là, avec sa tête de mouton écrasé, personne le regrettera, ça fera une bouche de moins à nourrir pour l’État, et moi, j’aurai plus besoin de me beurrer des corticoïdes sur la couenne.
Une bonne vieille ruelle qui pue la pisse, rien de tel pour embusquer l’autre merdeux. Ils aiment bien les endroits puants ces gens-là, ça leur rappelle le pays. Mon couteau est bien aiguisé, je n’ai plus qu’à l’attendre ici, planqué dans l’ombre. J’ai étudié son petit manège, toujours le même parcours, il rentre dans tous les rades faire chier les braves clients qui finissent par lui acheter ses saloperies ! Cette nuit, il va avoir une belle surprise quand il sentira ma lame glisser sous sa gorge jusqu’à l’os. Hop ! Un collier halal pour la voilée ? Emballé c’est pesé ! Héhé ! J’en tremblote et j’ai la trique… J’ai même graissé le schlass avec du lard histoire de bien lui maudire sa race.
... Des bruits de pas… C’est lui !
Zag ! Dans ton cul ! Ni vu ni connu !
Le bronzé couine et gargouille dans son sang en se tortillant comme une queue de lézard. J’ai fait du bon boulot. Papa serait fier de moi. Je profite du spectacle jusqu’au bout avant de rentrer en sifflotant. Mes draps n’ont jamais été aussi doux.

Je me réveille en sueur, la gueule rouge comme une bite de chien. J’ai l’impression de brûler vif et mes yeux n’encaissent plus la lumière du jour. Faut que j’y aille vraiment fort cette fois.
Il y a cette blédarde en burka qui bosse à la mercerie du coin quasi à l’aube. Je l’ai repérée en rentrant de chez Colette l’autre nuit, y avait belote et beaujolais nouveau, on a fini tard, bref, on pouvait pas la louper avec son déguisement. Quelle connerie ! soi-disant pour se cacher des mâles, sauf qu’on voit que ça ! Et j’ai bien vu, moi, qu’elle avait un bon gros cul comme il faut. Alla ouakbar ! Tu vas voir, ma p'tite dinde, comment bibi va t’embrocher toute crue.
J’attends des heures près du soupirail, et, quand le jour pointe, la voilée apparaît au bout de la rue, glissant sur le trottoir comme un fantôme tout noir. Ni une ni deux, je baisse mon froc et sors le rôti. On va voir comment tu fais "youyou" avec mon gland dans le gosier ! Elle ne bronche pas, la salope, elle s’approche mine de rien, fonçant droit sur ma queue. Le soleil se lève dans son dos, je ne vois que sa silhouette et son ombre grandir, puis mes yeux, ma peau, commencent à me brûler sévère, l’air se transforme en fournaise, je me mets à hurler à la mort, essayant de protéger mon visage des rayons qui m’attaquent, y a des flammes sur mes mains ! mes bras ! Je prends feu au milieu du trottoir comme une putain d’andouillette ! J’implore cette ombre en face de moi, la suppliant de me couvrir, d’empêcher le soleil de m’atteindre. Ça schlingue la barbaque, une odeur abominable, et la douleur vrille mes nerfs, vicieuse, horrible, je me roule par terre, gerbant tripes et boyaux aux pieds de cette chienne qui ne bronche toujours pas, puis je décide de l’emporter avec moi en enfer, mais avant même de me lever pour l’étrangler de toute ma haine, j’aperçois au-dessus de sa tête une espèce de croissant métallique, comme un hachoir, qui s'abat sur mon front.

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