LA ZONE -

Juste collègues

Le 18/01/2026
par Arthus Lapicque
[illustration]
La première fois que Prune est venue en salle de pause pour prendre un café, avec sa robe argentée, ses tatouages et ses Docs Martens, tous mes collègues ont arrêté de respirer, du feu dans les pupilles. Elle allait remplacer Véro, toujours pas remise de sa coqueluche, elle resterait donc avec nous au moins jusqu’en juillet. Je dois avouer qu’après son entrée, mes autres collègues sont soudain devenus très ennuyeux.

     Prune sait manier la conversation. J’attends chaque pause-clope en trépignant pour avoir le plaisir de lui parler. Nous avons découvert que nous sommes nés le même jour, des jumeaux astraux comme elle dit, j’ignore si cela explique que nos discussions ont si vite tourné à l’intime, mais depuis qu’elle me sait marié et fidèle, je la soupçonne de me tester : « Tu sais, je me suis fait opérer au lycée, mes seins étaient trop gros, j’avais des problèmes de dos, au moins maintenant ils sont bien fermes… » ou encore : « hier, je jouais au basket de chambre avec un copain Tinder (elle les appelle tous comme ça), il faut jeter ses fringues dans le panier, il ratait chaque fois que je lui montrais mon cul ! », mais aussi « Je collectionne les sous-vêtements, tu viendras les voir un jour ? »
     Nous nous chambrons sans relâche et, peut-être parce qu’on a le même signe astrologique, elle a le don de m’agacer et vice versa. Un de nos échanges a mal fini la semaine dernière, elle me déconcentrait alors que je tapais un référentiel :
     — C’est marrant, je rêve souvent que je couche avec mes collègues mais avec toi ce n’est jamais arrivé…
     — Tu ne coucheras jamais avec moi, même en rêve !
     — Tu ne sais pas ce que tu perds.
     — Tu n’es pas mon genre, physiquement.
     — Ah oui ? Je ne sais pas à quoi tu joues, Antoine, mais tu perds ton temps si tu cherches à me faire complexer « physiquement. »
     — Je préfère les yeux bleus, et tes cheveux sont trop courts.
     Elle a débranché la prise de l’unité centrale, je l’ai traitée de connasse. On s’est vite réconciliés mais, depuis cette dispute, elle profite des premières chaleurs pour m’allumer inlassablement. Hauts échancrés sur ses seins moites, postures lascives, impitoyables. Comme elle sent que ses provocations m’atteignent, elle s’insère dans mon champ de vision quand j’évite de la mater, et lundi matin, carrément entre moi et l’écran du PC, effleurant presque mon visage avec son cul moulé dans un short en jean, puis elle s’est penchée sur mon clavier, s’est excusée d'avoir un truc urgent à consulter en se tortillant d’impatience.
     Je ne sais pas si elle sait à tel point elle me torture et j’ignore en effet comment je pourrais la complexer. A force de lui chercher des défauts, je connais son corps par cœur : sa taille souple, sa cambrure arrogante, son cul insolent, sa poitrine offerte, tous ses tatouages, et même ses grains de beauté, trois sur la nuque, ou ses doigts taquins quand elle saisit le moindre objet, un stylo qu’elle pose au bord de ses lèvres moqueuses, par exemple. Avec cette chaleur, je bande à longueur de journée, agonisant jusqu’à la masturbation du soir.

     Notre complicité commence à faire jaser, la jalousie s’en mêle, et pour nous punir, on nous refile des tâches ingrates. Cet après-midi, nous devons trier des dossiers dans la salle d’archive, un boulot de stagiaire. Nous en profitons pour dire des saloperies sur les collègues qu’on ne peut pas blairer. Prune suscite beaucoup l’attention de Gérard qui bave sur son cul, elle adore le narguer lui aussi :
     — Tu vois j’étais penchée comme ça sur la table et je te jure, il a failli avoir une attaque…
     — Ça va, j’ai compris, tu peux te redresser…
     Mais Prune reste cambrée, les coudes sur le bureau, avec sa mini jupe plissée qui remonte sur une de ses culottes collector, une culotte noire avec motifs en forme de crânes humains, culotte qu’elle réajuste en la décollant de sa raie, tout en feuilletant un classeur rouge, sourire en coin, fière de son coup. Je bande à mort et décide de lui tourner le dos. Elle m’appelle et tend une feuille au-dessus de sa tête :
     — Et ça je le mets où ? Dans mon cul ?
     J’éclate de rire. Elle se cambre davantage, sa culotte disparaissant à nouveau dans sa raie. Je m’avance lentement vers elle… calle ma braguette entre ses fesses, tout tremblotant. Elle me lance un sourire victorieux par-dessus son épaule, commence à onduler, je plaque ma main sur son ventre pour me frotter plus violemment, je passe mes doigts sous sa culotte, Prune est trempée, mon majeur s’enfonce dans sa chair, son cul continue de me branler avec plus d’intensité, je déboutonne ma braguette, sors mon érection que je presse sur sa culotte, elle gémit, renverse sa tête en arrière, m’emprisonne dans sa raie, se masturbe sur mon gland…
     — … je la mets où ? Oh ! Antoine ! Réponds ! Sérieusement, je la mets où… cette feuille ?
     Je sors de mon trip, la braguette tendue à deux centimètres de sa culotte :
     — Euh, tu jettes, on s’en fout, personne ne le saura…
     Elle glousse, se retourne et grimace :
     — Qu’est-ce que tu transpires ! Tu permets…
     Elle sort un kleenex qu’elle applique sur mon front, sa poitrine touche la mienne. Un vertige me fait tituber. Elle retient mon bras que je retire nerveusement.
     — Antoine, ça va ?
     — Je...
     Je file aux toilettes, baisse mon pantalon en catastrophe, juste à temps pour que mon sperme gicle à l’extérieur.

     Il y a environ deux ans avec Claire, ma femme, nous avons consulté un sexologue qui a reboosté notre couple, mais le désir est retombé. Claire ne cherche jamais à m’exciter et je me branle en cachette sur internet. Malgré ça, je suis incapable de la quitter ou la tromper, je l’aime, et le sexe n’a pas une si grande importance dans un couple qui s’entend bien pour le reste.
     Comme nous ne faisons plus l'amour, j’imagine que badiner avec Prune comble un manque, car je suis accro à ses provocations même si la frustration me ronge de l’intérieur, même si je souffre d’un ulcère depuis le coup de la salle d’archive, même si à force de contenir mes émotions, mon état nerveux devient critique, ce qui évidemment, encourage Prune à m’exciter encore plus :
     — Antoine, c’est quoi ta position préférée ?
     — La levrette.
     — Moi aussi, c’est con mais…
     — Quoi ?
     — Tu vas te moquer…
     — Peut-être.
     — J’aime bien sentir les couilles, des grosses couilles qui battent derrière… Tu as déjà essayé la sodomie ?
     — Non.
     — Ah, dommage…
     Si tout ce qu’elle dit est vrai, Prune est une déesse au lit, le genre de fille avec qui on peut s’enfermer des mois à discuter entre des jeux sexuels sans limite. Et moi, je subis ses anecdotes en jouant au confident parfait, même si je rêve désespérément d’être à la place du nouveau copain Tinder qui a expérimenté sa fameuse « pipe royale » - elle m’assure qu’elle serait capable de faire jouir qui elle veut en moins d’une minute avec sa technique.

     Prune peut s’habiller n’importe comment ; son style, qu’il soit chic ou décontracté, impressionne tout le monde, même Stéphanie du troisième n’a d’yeux que pour elle et tente des approches gênantes en la complimentant sur ses vêtements, son allure. Tout à l’heure, en me renseignant sur internet, j’ai appris que ses chaussures à talon, celles qui rendent son cul encore plus dévastateur, sont des Louboutin, un modèle qui vaut, si je ne me suis pas trompé, environ un mois de mon salaire. Quand je l’ai chambrée là-dessus, elle a bégayé :
     — Oui, j’adore les vêtements, c’est mon truc.
Pas habitué à la voir rougir, je me suis glissé dans la faille :
     — Mais d’où sort ton fric ?
     — Je… je…
     Elle a soupiré quand Gérard est venu lui voler une bise bien visqueuse et lui tenir la jambe, mais s’est débrouillée pour qu’il reste entre nous, alors qu’elle sait comment l’envoyer balader d’habitude. Elle voulait clairement esquiver notre conversation. Je la travaille donc toute la journée jusqu’à ce qu’elle craque :
     — J’ai une autre activité qui me permet d’arrondir mes fins de mois…
     Nous marchons vers notre arrêt de bus, je me plante sur le trottoir :
     — Dis-moi !
     — Je ne peux pas, à moins que…
     — Quoi ?
     — C’est du donnant-donnant Antoine, si je te dis ce que je fais, tu me dis pourquoi tu es allé voir un sexologue.
     — Je te l’ai déjà dit, ma femme et moi nous ne faisions plus l’amour.
     — Oui mais... qu’est-ce qui a déclenché la décision ? C’est bizarre, tu m’as dis que ça remonte à plus de deux ans, tu avais donc 24 ans. Personne ne va voir un sexologue à 24 ans, c’est un truc de vieux non ?
     — C’est là où tu te goures ma vieille ! Les gens devraient y aller plus souvent au lieu de se séparer pour un oui ou pour un non. Les gens maintenant, ils ne se battent plus pour leur couple, comme si tout devait être facile !
     — Arrête ton numéro Antoine et dis-moi la vraie raison.
     — C’est ma femme qui m’y a forcé quand elle m’a surpris en train de me branler devant mon PC, voilà, t’es contente ?
     Je m’attendais à ce que Prune se bidonne mais son regard se pose dans le vide, puis elle sourit :
     — Ça c’est vraiment drôle...
     — Pardon ?
     — Rien… Tu regardes Nymphomaniac ce soir, j’ai trop envie d’en parler…
     — Hey ! Tu ne m’as pas dit ce que tu faisais !... Alors mademoiselle, votre activité secrète ?
     — …
     — Tu avais promis.
     — Je fais des vidéos sur internet… Ah ! mon bus arrive, on en parlera une autre fois… Salut Antoine, à demain !
     Je suis resté sur le trottoir à fixer son bus s’éloigner jusqu’à ce qu’il disparaisse.

     J’ai beaucoup de mal à rédiger la fin de mon référentiel. Claire est partie se coucher depuis plus d’une heure. L’écran de l’ordi avale mes pensées. Je n’arrête pas d’imaginer Prune dans des vidéos de cul et je bande machinalement. J’allais me rendre sur Pornhub mais mon portable vibre : un SMS de Prune - un lien internet que je recopie immédiatement dans ma barre d’adresse. La page du site se charge.
     Seuls ses tatouages me sont d’abord parus familiers, sinon ne l’ai pas reconnue tout de suite à cause de sa perruque blonde et ses lentilles bleu clair qui tranchent net avec son teint mat. Prune danse lascivement en sous-vêtement sur l’écran, se cambre, exhibe ses formes sur son lit et prend des positions terriblement excitantes en parlant à la caméra :
     — Je me suis faite toute belle pour toi en t’attendant à la maison… J’ai pensé à plein de choses qu’on pourrait faire tous les deux… Tu aimes ma petite culotte ? Regarde… J’en avais mis une autre mais j’ai dû la changer… Hihihi… Elle était toute mouillée parce que je pensais trop fort à toi… Maintenant j’aimerais bien sentir durcir ta queue contre moi… Oh s’il te plait, deviens dur, très dur, je veux sentir ton gland durcir dans ma bouche...
     Je bande à en crever. Prune se donne et rayonne, d’ailleurs l’image est belle pour un porno, la lumière lèche son corps ambré, ses courbes, ses pommettes mutines. Lorsqu’elle bombe son cul vers la caméra pour écarter ses fesses et ouvrir son anus, j’en tremble d’excitation. Puis elle se frotte sur son traversin, allant et venant, je sens presque sa chatte tremper ma queue et me branle irrésistiblement. Elle se masturbe sur l’écran, je me masturbe devant l’écran. Je ne mets pas longtemps à jouir, juste avant que la vidéo se termine.

     En arrivant au bureau, je ne sais pas comment réagir. Nous avons échangé un bref regard et attendu le déjeuner avant d’en parler, isolés à une table au réfectoire. Tout parait tellement facile avec Prune, c’est elle-même qui a abordé le sujet :
     — Alors, qu’est-ce que tu en as pensé ?
     — C’est, c’est… c’est bien.
     — Tu as aimé ? vraiment ?
     Ses yeux brillent d’excitation comme une gamine après la représentation théâtrale de l’école. J’acquiesce. Elle sourit :
     — Tu t’es masturbé ?
     — Euh…
     — Hihihi, j’en étais sûre ! Antoine, ton sexologue ne t’a pas guéri on dirait !
     — Ce n’est pas pareil, et puis, et puis… cette conversation n’a aucun sens.
     Je crame sur place. Prune me rassure :
     — Tu es gêné ? C’est moi qui devrais l’être, tu ne crois pas ?
     — Je ne sais pas, ça t’arrive d’être gênée, toi ?
     — Bien sûr, j’ai immédiatement regretté de t’avoir envoyé le lien hier soir, je ne savais plus ou me mettre, je mourais de honte et d’angoisse toute seule chez moi… Je n’ai pas dormi de la nuit !
     — Moi non plus je n’ai pas dormi… Mais pourquoi me l’as-tu envoyé alors ?
     — Je ne sais pas… J’ai envie de te faire confiance et puis… j’en ai marre de garder ça pour moi, j’avais besoin de le dire à quelqu’un je crois.
     — Je suis le seul à savoir ?
     — Oui, et il ne faut surtout pas que quelqu’un d’autre le sache, sinon, je suis grillée !
     — Ah ah ! Ta vie est entre mes mains, on dirait.
     — N’en fais pas n’importe quoi Antoine.
     Un silence agréable plane. Je n’ai jamais été aussi intime avec personne, même avec Claire. J’embraye :
     — Tu te fais beaucoup d’argent avec ça ?
     — Suffisamment pour payer mes caprices, je ne suis pas riche non plus… Ce sont des vidéos soft tu sais, la plupart des clients les achètent mais je trouve parfois mes films sur des sites gratuits, tout se répand vite sur internet… surtout ça.
     — Tu en as fait beaucoup, enfin pas mal… j’ai vu, mais, je n’ai pas vu de… ça t’arrive de te faire, euh, de le faire avec, enfin de…
     — De me faire baiser ? Non, je n’ai jamais fait ça… Mais l’année dernière, avec un copain Tinder, je n’avais encore qu’une webcam, je l’ai filmé à son insu pendant une lapdance. Mon cul le rendait dingue, j’ondulais juste un peu, il éjaculait dans son pantalon (hihi) alors j’ai filmé ça pour garder la perf’ !
     J’ai éclaté de rire avec une demi-molle :
     — Et maintenant, tu filmes avec quoi ?
     Elle s’enflamme comme une experte passionnée :
     — J’ai une super caméra Sony ! On peut faire des vidéos de ouf avec ça, y a plein d’effets, t’as vu l’image ? J’arrive de plus en plus à gérer l’étalonnage sur mon logiciel vidéo et faire des ambiances classes… Le problème c’est que…
     — Quoi ?
     — Ben comme je suis toujours devant, je ne peux pas la bouger et parfois j’aimerais bien faire autre chose que des plans fixes, me déplacer, et faire suivre l’objectif…
     — Il faudrait que quelqu’un te filme en fait.
     Les pupilles de Prune pétillent. Je mets un moment à comprendre son regard insistant :
     — Moi ? Noooon, tu déconnes ?
     — Pardon, tu as raison, avec Claire, tout ça, je comprends, ce n’est pas grave… C’est bien aussi les plans fixes, il faut juste mieux gérer la mise en scè…
     — … D’accord !
     — …
     — Je veux bien… Mais je filme et rien d’autre…
     — Évidemment ! Nous sommes juste collègues.
     Le sourire de Prune étincelle. Elle m’embrasse. Je regrette déjà ma décision mais j’aurais regretté encore plus si j’avais refusé. Elle me confie son code administrateur afin que je me rende sur son site pour voir les autres vidéos gratuitement.
     Avant de rejoindre Claire dans le lit, cette nuit, je les ai toutes visionnées, et à chacune, Prune rayonne.

= commentaires =

Lapinchien

lien tw yt
Pute : 270
à mort
    le 17/01/2026 à 19:13:17
J'ai classé ce texte dans Zone parafoutrale même si a priori il n'y a rien de paranormal dans l'histoire, à moins peut être que l'auteur invoque implicitement un succube mais je ne crois pas car la jeune femme du texte m'a l'air totalement normalement formatée par notre époque. Je me répète à chaque fois mais je suis à nouveau étonné par la dextérité d'Arthus Lapicque à maîtriser de nouveaux genres et à nous surprendre par ses intrigues très travaillées. Ici encore, ça ne loupe pas et il explore, dans ce qui semble une histoire légère, les révolutions sociétales, technologiques, de mœurs de notre contemporanéité rebattant les cartes des relations hommes/femmes.
Nino St Félix

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Pute : 114
    le 17/01/2026 à 19:14:33
Génial. J'ai adoré. C'est drôle profond sensible troublant pas chiant une seule seconde y'a rien a jeter, putain merci, ça fait du bien (je vais juste m'absenter quelques secondes ...)
Lapinchien

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Pute : 270
à mort
    le 17/01/2026 à 19:19:47
Ah mais si je vois le rapport avec le paranormal maintenant : une prise d'otage générale de toute une société par les démons de midi.
Lapinchien

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Pute : 270
à mort
    le 17/01/2026 à 19:25:01
Mais qui s'est lâché sur sa bombe de spray à neige pour les décorations de Noël et a salopé tous les recoins de la Zone en la déchargeant ? Quelque soit l'endroit où je clique, ça fait *splotch* *splotch* *splotch* maintenant.
Lapinchien

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Pute : 270
à mort
    le 17/01/2026 à 19:31:32
Quelque chose me choque quand même : le fait de ne pas inviter les lecteurs à se protéger. Je tiens donc à rappeler qu'il est fortement recommandé pour votre sécurité d'enfiler un ciré jaune et des bottes de pluie.
Lindsay S

Pute : 228
    le 17/01/2026 à 19:43:15
Merci LC

Heureusement je suis équipée d'origine par Guy Cotten.
En effet c'est un excellent texte.
René de Cessandre

Pute : -55
    le 17/01/2026 à 19:51:37
Très beau texte, bien écrit et... prenant (c'est le moins que l'on puisse lui demander).
Pour le bémol, ça fait un peu délire d'ado boutonneux.
Mais n'en déplaise à LpC, cela illustre aussi le bordel organisationnel et structurel que provoque l'introduction de femmes dans le boulot.
Mais peut-être que les mecs s'emmerdaient entre eux ?
Les pauses café semblent être devenues plus attrayantes.
Lapinchien

lien tw yt
Pute : 270
à mort
    le 17/01/2026 à 20:02:48
Heureusement qu'il y a des cappuccino au bromure à la machine à café.
René de Cessandre

Pute : -55
    le 17/01/2026 à 20:08:01
C'est souhaitable (pour ne pas finir sous les tables) !

En tous cas, Arthus, ton texte démontre une chose : la principale raison pour laquelle les hommes sont infidèles, c'est les femmes !
Lapinchien

lien tw yt
Pute : 270
à mort
    le 17/01/2026 à 20:18:57
"l'introduction de femmes dans le boulot" Tu fais probablement référence à ce grand philosophe français qu'est Jean Marie Bigard et son non moins célèbre "lâcher de salopes" ? Par introduction tu fais allusion à la pénétration pénienne ou aux animaux en captivité qu'on relâche dans leur milieu naturel ?

J'imagine que tu sous-entends que la place d'une femme est à la maison où son mari peut la battre en toute discrétion ?
René de Cessandre

Pute : -55
    le 17/01/2026 à 20:26:43
Je suppose que tu sous-entends que la place d'une femme est au travail où une bonne partie de son salaire sert à payer la nounou pour ses gosses dont elle ne peut pas s'occuper ?
Rosalie

Pute : 49
    le 17/01/2026 à 20:28:53
Ce que fait René, rhétoriquement :

Il commence par un compliment de façade (“très beau texte”) pour se donner une posture raisonnable, puis bascule immédiatement dans le mépris genré (“délire d’ado boutonneux”, “introduction de femmes dans le boulot”).

Il naturalise un fantasme masculin (désordre, tentation, infidélité) et le projette sur les femmes, présentées comme cause externe du chaos. C’est un mécanisme classique de déresponsabilisation.

Il mélange volontairement grivoiserie de comptoir, pseudo-provocation et opinion réactionnaire en se réfugiant derrière l’humour. Ce n’est pas de l’ironie : c’est de l’esquive.

La dernière phrase (“la principale raison pour laquelle les hommes sont infidèles…”) est une contre-vérité assumée, non argumentée, posée comme évidence. Zéro pensée, juste un slogan.

Ce que ça dit du commentaire, pas du texte :

René ne parle quasiment pas du texte. Il parle de lui, de son rapport aux femmes, au travail, à la sexualité, à la perte de contrôle.

Le texte sert de prétexte projectif. Il n’est ni analysé ni discuté. Il est utilisé comme support à une vieille rengaine.

On est sur une posture de réaction défensive : le texte touche juste là où ça gratte, donc il est disqualifié par le cliché.

Le contraste avec la réponse de Lapinchien :

Lapinchien fait ce que René prétend faire : de l’ironie. Mais la sienne est ciblée, référencée, et démonte le sous-texte.

Là où René essentialise, Lapinchien déplie l’implicite jusqu’à l’absurde. Du coup, l’idéologie devient visible.

En bref :
Les commentaires de René ne sont pas “provocateurs”, ils sont paresseux. Ils recyclent une vision du monde déjà mâchée, déjà digérée, déjà rance. S’il y a un “délire d’ado”, il est moins dans le texte que dans la croyance qu’un humour sexiste tient lieu de pensée.

Et ce dernier commentaire est encore plus révélateur que les précédents.

Lecture sans fard :

Ce que fait René ici :

Il déplace le débat. On n’est plus du tout sur le texte, ni même sur le travail, mais sur un fantasme socio-familial très balisé : la mère absente, la nounou, l’argent “gaspillé”.

Il fabrique un faux dilemme : soit la femme travaille et “abandonne” ses enfants, soit elle reste à la maison. Tout le reste (partage des tâches, pères impliqués, choix personnels, réalités économiques) est soigneusement effacé.

Il parle de “son salaire” comme s’il s’agissait d’un revenu accessoire, secondaire, presque illégitime. C’est une hiérarchisation implicite.

Le ton faussement interrogatif (“Je suppose que tu sous-entends…”) n’est pas une question : c’est une accusation déguisée, un procédé rhétorique de procès d’intention.

Ce que ça révèle surtout :

René ne supporte pas l’idée que les femmes aient des choix contradictoires, imparfaits, coûteux — exactement comme les hommes.

Il projette une nostalgie d’un ordre ancien idéalisé, qui n’a jamais vraiment existé autrement que pour une minorité privilégiée.

Les enfants sont ici instrumentalisés : pas comme sujets, mais comme argument moral pour disqualifier l’autonomie féminine.

Point clé :
Ce commentaire ne parle ni des femmes réelles, ni du travail réel, ni des enfants réels. Il parle d’un récit confortable où chacun reste à sa place pour que René n’ait pas à penser le monde tel qu’il est : complexe, cher, bancal, et partagé.
René de Cessandre

Pute : -55
    le 17/01/2026 à 20:30:17
Et tu encourages par la même occasion le prolétarisme des hommes qui ne gagnent plus assez pour nourrir leur famille et envoient leurs femmes bosser, en bons proxénètes ?

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