Le mercredi soir en rentrant du boulot je vais au cinéma d’habitude. Mais ce soir il pleut et je n’ai pas regardé le programme. Le ciel est tout noir, et il fait froid. C’est un de ces jours qui se traînent entre deux nuits, un de ces jours où on voudrait s’enfoncer sous la couette et boire une tisane bien stérile, genre camomille ou verveine, en regardant l’intégrale de l’oeuvre d’Ingmar Bergman.
J’ai horreur d’aller au cinéma toute seule mais j’y vais quand même pendant que mon mari se tape la boniche. Elle passe tous les mercredis après-midi et quand elle a fini, et que l’appartement est propre, du sol au plafond, récuré jusqu’au fond des chiottes, elle et mon mari s’enferment dans la chambre et moi je prends mon manteau et je m’en vais.
Jusqu’à aujourd’hui je ne suis jamais restée plus longtemps, j’enfilais un manteau et je prenais la poudre d’escampette, mais là il pleut, il fait froid, je suis fatiguée, et même un petit peu révoltée par la situation, elle est dans mon lit, elle est là où je voudrais être, chez moi, c’est tout de même révoltant. L’habitude parfois nous fait accepter des choses qui au fond ne sont que révoltantes.
Ce soir la porte de la chambre se ferme et au lieu de filer comme c’est convenu entre nous je m’assois sur le canapé, mon ordinateur sur les genoux, en face de la porte de la chambre fermée.
Je fais défiler les films proposés par Netflix et j’entends alors quelques chuchotements venant de la chambre, des rires étouffés, des froissements de draps qu’on ouvre. Je trouve un film à ma convenance et je le lance. Silence soudain dans la pièce d’à côté, je ne sais pas si c’est le son du film ou s’ils sont passés à des choses où il n’est pas possible de parler.
Des gémissements commencent, alors je monte le son d’un cran, et prise dans mon film, entendant toutefois les gémissements de plus en plus fort, je monte encore le son. J’entends alors une série de petits couinements féminins, comme des bruits de poules ou de pies. Je monte le son, et les minutes défilent, je ne sais pas combien de fois j’ai monté le son, à cause des couinements qui reviennent à intervalles réguliers.
La porte de la chambre s’ouvre, et mon mari apparaît dans toute sa laide nudité, avec une chair comme passée au fer à repasser, une bouche toute dégoulinante de chaud.
-Dis donc, tu ne vas pas au cinéma ?
Et puis il referme la porte d’un coup sec. L’odeur de la bougie parfumée, captive des effluves humides, me parvient. Je continue le film et puis le temps passe, toujours ces gémissements, qui n’en finissent pas. J’ai envie de me lever et d’entrer dans le sanctuaire interdit. Je me mettrais à hurler :
-C’est pas bientôt fini oui ? Parce que là, ça fait bien une heure que ça dure ! La petite, elle a déjà joui trois fois je crois bien. Et toi alors, qu’est-ce que tu fous ? Moi j’ai envie de me coucher.
Au lieu de cela, j’éteins l’ordi, j’enfile mon manteau et je dévale les marches. Me voilà dehors, sous une pluie battante qui me rafraichit un peu les idées.
Le cinéma est en face, je traverse la chaussée couverte d’une pellicule d’eau, au guichet une vieille dame est en train de tricoter. elle lève les yeux sans les lunettes qui restent penchées sur son tricot et elle me demande :
-C’est pour quel film ? La prochaine séance est dans quarante minutes.
-C’est pas grave, je vais prendre un film en cours.
-Scènes de la vie conjugale ça vous va ? C’est commencé depuis une demi-heure. C’est une rétrospective, mais je vous préviens, il y a du monde.
Je paie et je prends le ticket, direction salle quatre. Je me faufile tant bien que mal dans le noir et je m’assois à une place libre, dans les premiers rangs. J’essaie de récupérer le fil de l’histoire, soulagée au fond d’être là plutôt que chez moi, m’habituant petit à petit à la demi-obscurité de la salle.
Assise confortablement, je sens toutefois que la tête de mon voisin n’est pas fixée sur l’écran, mais de mon côté. Un regard en biais me le confirme : il me regarde. Mes yeux se baissent instantanément pour éviter de croiser les siens et je crois remarquer en bas la masse imposante de son entre-jambe qui pousse sous le tissu de son pantalon. Je rougis, et essaie de me concentrer sur le film. Il continue à me regarder et je fais semblant de rien, mais je comprends qu’il ouvre sa braguette et sort son sexe, vers lequel se porte mon regard. Il est énorme, gonflé à bloc, et son propriétaire, tout en me regardant avec un visage déformé par le désir, commence à se caresser. Il se penche vers moi, yeux mi-clos, bouche entrouverte, et me chuchote : t’as vu un peu, je suis dur comme un manche, je suis pas loin de décharger, tu veux pas ouvrir un peu ta chemise que je puisse te peloter les seins ?
Avant même que je dise quoi que ce soit, il ouvre ma chemise et commence à me titiller le téton, tout en continuant à se secouer de plus en plus frénétiquement. Les jambes flageolantes, je saisis mon sac et mon manteau et la poitrine à moitié découverte, je réussis à me lever de ma place pendant que je l’entends gémir plus fort !
Je cherche parmi les rangées du côté une autre place, et j’essaie de remettre de l’ordre dans mes vêtements. J’ai à peine le temps de me calmer et de raccrocher le fil de l’histoire que mon voisin a commencé à rouler une énorme pelle à sa voisine pendant qu’elle ouvre sa braguette et saisit dans sa main son énorme sexe en érection ! Un membre dur, épais, couvert de veines, que je n’ai pas le temps de détailler davantage parce qu’elle se le met dans la bouche. Des bruits de succion me parviennent, que je feins de ne pas remarquer, et puis soudain la fille se libère et se penche vers son autre voisin. Le mec, bite à l’air, se tourne alors vers moi et saisit l’engin avec un air de chien battu pour me le mettre sous les yeux. Tu ne veux pas me sucer un peu toi ? J’étais sur le point de jouir.
Joignant le geste à la parole, il me tient par la nuque et fait descendre ma tête vers son entrejambe. Avant même de pouvoir dire ouf, j’ai son gland salé dans la bouche, un énorme gland qui m’oblige à ouvrir grand la mâchoire. Sa main attrape mes cheveux et il s’enfonce en moi jusqu’à la gorge, m’obligeant à déglutir, et je suis soudain sur le point d’étouffer. D’un coup sec de la nuque, je parviens à me dégager en vomissant un peu de salive, et je reçois toute la sauce sur ma bouche et le nez, les yeux, les cheveux ! Putain, dit le gars, tu pouvais pas rester accrochée dessus ? Tu m’as coupé la chique !
Je me redresse, épouvantée, ébouriffée, trempée, la poitrine de nouveau béante sortant de l’échancrure de mon décolleté, et j’enjambe mon voisin de gauche. Alors que je passe entre ses genoux en m’agrippant au dossier du siège de devant, il m’attrape par les hanches et me pousse à m’assoir sur lui. Je me retrouve jambes écartées, la jupe soulevée à hauteur des hanches, sentant la masse dure sortir de la fente de la braguette contre ma culotte désaxée. Il ne faut pas grand chose, un léger coup de reins bien placé, pour que sa queue s’engouffre d’un coup en moi, à me couper le souffle. J’émets un petit cri, et le gars me dit qu’il est déjà à cran. Il s’accroche à mes hanches, me faisant monter et descendre sur lui de plus en plus vite et soudain je suis inondée.
Je me soulève, hagarde, regarde autour de moi s’il n’y a pas plus loin un espace où il y aurait plus de places vacantes où je pourrais enfin regarder le film en paix, mais ce que je vois me terrifie. Partout, dans toute la salle, des corps se nouent, se dénudent, se déhanchent, avec des gémissements torrides.
J’ai à peine le temps de constater l’ampleur de la débâcle qu’un homme me plaque genoux à terre, ventre contre un fauteuil poisseux, et je sens de nouveau une masse dure titiller cette fois l’intérieur de mes fesses, qu’il n’a pas de mal à pénétrer avec des soupirs satisfaits. Partout autour de moi les hommes se lâchent, les femmes gémissent, couinent, crient, coulent.
Je tourne le dos à l’écran, derrière moi les queues défilent, me remplissent, m’inondent. Un sursaut me saisit, alors que je baigne dans un halo de sperme, mouillée jusqu’aux oreilles, la sortie n’est pas loin, je tends la main, la sortie. Une main attrape la mienne, me sort du grouillement de corps dans lequel j’étais enfoncée. Mon mari me tire vers lui et nous nous extirpons de la foule en délire.
Dehors, la pluie me lave et je reste debout, immobile au milieu de la rue, à sentir la pluie taper contre mon crâne, plic, plac.
-J’ai envie d’un verre, je dis.
-Viens, me dit-il. Allez viens, j’ai ouvert une bouteille.
LA ZONE -
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j'adore tout.
Un texte érotique qui laisse pas de marbre le psychofrigide que je suis, c'est un exploit.