La Zone - Un peu de brute dans un monde de finesse

Auteur Sujet: Tri sélectif : Omega-17  (Lu 19847 fois)

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Tri sélectif : Omega-17
« le: juin 07, 2007, 09:37:08 »
Plus je lis des textes en attente d'Omega-17, plus je me dis qu'ils sont franchement redondants. On va donc pousser un peu plus loin l'organisation de la décharge, spécialement pour lui et pour quelques autres incontinents. Les textes que j'aime bien, sur le site. Les autres, notamment ceux qui ne s'extirpent pas du moule répétitif picole - considérations mégalomanes - glande - belgique avec un petit b - confusion mentale, à venir dans ce topic.
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Re:Tri sélectif : Omega-17
« Réponse #1 le: juin 07, 2007, 09:43:23 »
Ecrire le néo-réalisme comme la fin d’une bière jusqu’à ce que le sperme monte un peu aux doigts
Posté le 18/02/2007
par Omega-17

    Il doit en rester encore un peu.
    Parce que j’ai beaucoup pensé à toi.
    Et il doit y en avoir sur les touches maintenant.
    Dès l’instant où j’ai frappé mes cinq lettres, comme autant de doigts sur chacune de mes mains.
    O-M-E-G-A
    Que la Lumière soit.
    Et la Lumière fut.
    Page blanche, panorama total, à moi de faire jouer les mots selon ma pulsion.
    Le choix de la partition me revient de droit, c’est acquis.
    Mon regard se voilera, je prendrai possession de mon espace vital et y déverserai ma fureur.
    Des torrents incontrôlables de coalitions sauvages se feront une place de choix sous le seul éclair de mon génie intermittent, ligne par ligne et sans résistance d’aucune sorte.
    Les cases mates ne collent pas, leur revêtement a peut-être été calculé pour, je n’en sais rien.
    Quoiqu’il en soit, j’aurai au moins le mérite de divertir et de faire travailler les femmes de chambre.
    Blanc sur blanc.
    C’est parfois traître mais elles sont rôdées.

    Je m’essuie encore le gland en regardant la cannette de Despe d’un air vide - lui aussi - : mouais…
    Ta bouche aurait été d’un soutien logistique non négligeable mais tu étais occupée à lire des notices Ikea en taïwanais, à ce moment-là : ‘La vie est une question de priorité’, comme disait cette pure salope qui s’envoyait le bâtonnet en sortant la langue dans une ancienne pub Magnum.
    Celle avec les morceaux d’amandes, là.
    Et le distributeur de capotes, exact.
    Tu vois : on se comprend.
    On se connaît.

    « Alors ? »

    Alors, je joue gagnant.
    La prise de risques optimale pour un gain maximum.
    Et preuve que les handicaps sont souvent trompeurs, on voit régulièrement monter en flèche et caracoler en haut de tableau ceux qui se révèlent au final être les pires tocards.
    Déception, affliction et annihilation sont mes trois vestales de guerre.

    Alors, je joue placé.
    J’assure mes arrières pour conserver mon butin plus efficacement.
    Mon intérêt se fraye toujours une voie, même s’il doit souvent composer avec les inévitables aléas dus à l’inexactitude des schémas pourtant bien rompus à l’attitude humaine globale.
    Perception, cooptation et anticipation sont mes trois compagnes de route.

    Alors, je sais bien qu’il n’y a dans tout ça aucune alternative joyeuse et que mes promesses enflammées n’auraient pas plus de valeur qu’un vieux trombone coloré au fond d’un pot à crayons un peu sale mais il y a quand même du temps et ce temps n’aura de sens que par nous, si jamais il est destiné à en avoir.

    Voilà notre pacte scellé.

    Alors, il y a le frémissement des commencements.
    Comme cette sensation mêlée de grandiose et d’inquiétude quand tu as écrit qu’à mes côtés, tu avais l’impression de vivre ; moi qui ignore ce que c’est, je ne pouvais qu’être satisfait.
    Comme nos lèvres avides de se tordre encore aux fluctuations des cheminements de nos mains fébriles, ma queue trépidante enveloppée de ta bouche, tes paupières crispées par le plaisir rageur, nos jouissances contentées et satisfaites d’avoir jumelé nos lubricités bukowskiennes pour les faire converger en un seul point.
    Comme nos regards farouches, fuyants mais pourtant entendus quand assis sur le lit, repus pour quelques instants, la bière et le vin coulent dans nos verres et que le métal hurlant offre son intermède mutuellement introspectif.
    Et comme nos cerveaux malades, torturés et mis au supplice par notre intolérance envers l’impossible.
    Tes mots et les miens.
    Ma folie face à la tienne.
    Un duel au sommet.

    Alors, il y aura la nébuleuse des fins.
    Comme ce sourire un peu délicat que tu faisais au type de la réception qui sera devenu forcé, cette adrénaline que tu sentiras décroître dans les ascenseurs qui mèneront à nos lits éphémères.
    Comme nos baisers dorénavant furtifs et moins langoureux, nos mains à présent pendues dans le vide, ma queue moins virulente, ta bouche moins passionnée, tes yeux fixés au plafond dans l’attente de la mort et nos respirations étalées qui auront laissé à chaque numéro de chambre un peu plus de leur rythmes saccadés.
    Comme nos regards qui s’éviteront dans des spasmes défensifs calculés, la musique que nous n’entendrons plus à force de ne plus voir.
    Et comme nos cerveaux malades, torturés et mis au supplice par notre tolérance envers la vie.
    Tes mots et plus les miens.
    Ma folie bien loin de la tienne.
    Des héros retirés.

    Voilà notre pacte abrogé.


    Alors, tu sais finalement, si mon jugement semble parfois trop amer, c’est seulement parce que je connais les gens autant que le goût des fins de bières.
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Ryolait

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Re:Tri sélectif : Omega-17
« Réponse #2 le: juin 07, 2007, 10:21:06 »
En réalité, je crois qu'Omega-17 est Philippe Sollers.

MILL

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Re:Tri sélectif : Omega-17
« Réponse #3 le: juin 07, 2007, 10:26:13 »
Dans ce cas, Sollers a fait quelques progrès.

-Nico

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Re:Tri sélectif : Omega-17
« Réponse #4 le: juin 07, 2007, 10:26:29 »
La Zone, tri sélectif de vos ordures ménagères

un beau slogan non ?

Bon ben sinon un texte d'Omega17 c'est encore plus chiant à lire dans une corbeille.

Glaüx

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Re:Tri sélectif : Omega-17
« Réponse #5 le: juin 07, 2007, 19:23:47 »
Voilà une excellente initiative qui va me permettre de poser tout d'abord un définitif et global


STABILOCOCK




après quoi j'ai fait, pour tout ce sujet, mon travail de commentaire.

Productivité.
Efficacité.
La Zone, l'Allemagne nous l'envie.

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Re:Tri sélectif : Omega-17
« Réponse #6 le: juin 08, 2007, 09:01:03 »
 Je vote pour moi
Posté le 05/03/2007
par Omega-17


    Je ne suis pas frustré, ni déçu ou même blasé. Non.
    Pourquoi le serais-je, d’ailleurs ?
    Il n’y a pas de raison à ça : j’ai voté pour, elle aussi et le monde s’est abstenu. Très bien.
    On n’a pas analysé les scores très longtemps, ça n’aurait pas servi à grand-chose.
    Avec deux voix pour, un consentement triste et un accord d’évidence contextuelle, la rupture est passée.
    Et le sentiment de déposer mon bulletin dans un album de photos.

    Brigitte Lahaie le prédit toutes les semaines dans Télé7jours : « Le sexe est le ciment du couple, c’est primordial ». Ouais, c’est pas encore l’affirmation la plus audacieuse du siècle mais dire le contraire serait passer pour un ringard irréaliste, ce qui est inenvisageable dans mon cas, voire insultant.
    Quoi qu’il en soit, la vérité est ailleurs : il me manque les briques.
    Le positionnement n’a rien d’incroyablement original mais la banalité n’a jamais réglé les problématiques, préférant largement les créer. Tellement plus simple, vous me direz. Disons que c’est une technique d’édification contemporaine mais en pratique, il faut bien avouer que ça fait des pâtés quand même. Une réflexion d’ingénieur du BTP devant la Tour de Pise, globalement.
    « Manque de structure », disaient certains de mes professeurs francs collaborateurs de Gérard Miller, au moment de rédiger leurs commentaires de pauvres nazes gauchistes sur mes relevés de notes trimestriels. Ils peuvent jubiler à présent : je leur donne raison. En effet, de manière tout à fait concrète, je peux dire que j’ai le tire-bouchon chromé mais que les Châteaux Petrus manquent à l’appel. En gros, je suis un être intermédiaire.
    Un être plus ou moins faisant surtout dans le moins par méfiance envers le plus.

    Je suis frustré, déçu et blasé. Complètement.
    Pourquoi ne le serais-je pas, d’ailleurs ?
    Il y a bien lieu de l’être : j’ai voté contre (deux fois), elle pour et le monde s’est abstenu. Sale con.
    J’aurais même pu truquer les résultats de l’état de Floride, ça n’aurait pas servi à grand-chose.
    Avec deux voix contre, une fraude notable et une mauvaise foi d’évidence contextuelle, la rupture est passée.
    Et le sentiment de déposer mon bulletin dans un destructeur de documents.

    L’avantage finalement, dans le déséquilibre comme dans l’absence, c’est l’aspect neutre. On ne ressemble à rien et rien ne nous dénote plus qu’un autre de prime abord mais on représente le symptôme d’un système avec lequel on entretient des rapports distants. En poussant un peu plus loin le raisonnement, on en viendrait même à penser qu’on lui est redevable de quelque chose. Terrifiant de voir à quel point la neutralité apparente peut mener à des excès de ce genre.
    J’ai revu un couple d’individus plutôt normaux au sens flagrant du terme qui est encore apparent dans la brève liste des gens qui acceptent que je me serve en bière directement dans leur frigo ; j’ai demandé si ça allait comme on éteint la lumière en sortant d’une pièce et il s’est avéré que oui. Et est-ce qu’il y avait quelque chose de neuf ? Non, rien. « Mais on est heureux quand même, faut pas croire ». Moi, je crois. Je crois surtout qu’elle s’en sortait paisiblement jusqu’à la dernière phrase. Après, c’est d’un autre niveau.
    Comme quoi, il fait souvent bon être en carence d’éléments dits indispensables. Ca permet d’en remarquer l’inutilité chez le voisin. Dont l’herbe est loin d’être verte, sachez-le bien.

    Je suis individualiste, extrémiste et nihiliste. Certes.
    Pourquoi serais-je philanthrope, modéré et boute-en-train, d’ailleurs ?
    L’intérêt est assez limité : j’ai voté pour moi (trois fois), elle a choisi de donner sa voix au parti centriste des meubles Ikea, de son mari et des soirées crêpes-party entre Patricks Sébastiens moyens et le monde était déjà ailleurs puisque ça ne l’intéressait plus depuis un bon moment. Voilà.
    Faire quelque chose n’aurait servi à rien et j’ai donc décidé de ne rien faire afin de parvenir sensiblement au même résultat sans avoir à fournir d’efforts particuliers.
    Avec trois voix en ma faveur, une voix pour la Suède et France 2 réunis et un beau constat d’évidence contextuelle, la rupture est passée.
    Et le sentiment de déposer mon bulletin alors que j’étais déjà élu à la majorité absolue.

    Au vu des résultats probants que cette stratégie est apte à produire, il serait fort étonnant que je cesse un jour de voter pour moi.
    Une voie me suffit.
    La mienne.

    « Craignez ma parole ».
    LPDL
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Re:Tri sélectif : Omega-17
« Réponse #7 le: juin 08, 2007, 09:33:30 »
Putain de bordel de merde de fils de chien.
Quand je lis du Omega-17, le temps s'arrête, j'atteins une nouvelle dimension spatio-temporelle que je ne peux reconnaître.
Ah si, en fait je peux.
C'est comme si je faisais caca.

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Re:Tri sélectif : Omega-17
« Réponse #8 le: juin 08, 2007, 09:42:23 »
T'es pas obligé de faire les poubelles, hein, sale pauvre.
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Re:Tri sélectif : Omega-17
« Réponse #9 le: juin 08, 2007, 09:53:12 »
On est en démocratie alors je fais ce que je veux sale bâtard trotsko-fasciste.

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Re:Tri sélectif : Omega-17
« Réponse #10 le: juin 08, 2007, 12:58:58 »
Puisqu'on est dans une poubelle à lustrages de bite, je clame hautement céans que "stabilocock" est le commentaire le plus juste et le plus merveilleux que j'aie jamais sorti. Je suis fier.


Stabilocock.

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Re:Tri sélectif : Omega-17
« Réponse #11 le: juin 10, 2007, 23:44:57 »
Forum - Le foireux et le bancal, c’est ma méthode
Posté le 27/02/2007
par Omega-17



Non que je l’aie réellement souhaité, disons plutôt que je l’ai concédé. Paisiblement. Sûrement. Probablement un peu trop, ce qui était déjà fort suspect mais qui n’a pas été suffisant pour me faire discerner la nature de mon impair. Quoi qu’il en fût, il fallait tout de même se rendre à l’évidence, essayer encore de pénétrer le cercle des choses bien faites était une démarche trop vaine, semée d’embûches inextricables, parsemée de gens et de circonstances qui m’en empêchaient à intervalles réguliers. Je n’étais pas fait pour cela, pour les engrenages huilés, les approfondissements lumineux qui débloquaient logiquement les situations, les entreprises brillantes et bien menées de bout en bout.

Je fais dans le foireux et le bancal, c’est ma méthode par défaut certes, mais une méthode. Sachant anticiper mes dérives vers les malformations, les évènements hybrides d’une demi-teinte suspecte, je ne m’en étonne plus depuis un certain temps : ma route est tordue. Pas tortueuse, non : tordue, disloquée, elle en grince par lassitude.

Bien sûr, je suis fatigué de tout cela, des empêcheurs de singulariser en rond, des mes mises au banc continuelles que la vie ne manque jamais de prononcer par manque de conformisme - de bon-sens, de savoir-vivre disent-ils - mais le séparatisme né de cette opposition de style considérée comme originelle a joué de ses charmes, de ses atours prometteurs et j’ai finalement accepté cette condition que j’avais à moitié conçue tant mon désir de ne ressembler à personne d’autre qu’à moi-même était grand.
Je suis sans doute plus proche de vous que je ne le voudrais, c’est un mal que je tolère par l’oubli. Par l’ingestion de psychotropes à dose récurrente, également. J’ai changé l’inexactitude de mes aspirations en dégoût, en déni. Et je ne suis pas trop mauvais.
Le mépris, c’est comme l’alcool : quand on y est, on en sort très difficilement et avec de nombreuses séquelles, quand on veut en sortir d’ailleurs. Comme toutes les bonnes choses…
Moi, je suis satisfait de mes erreurs, celles me concernant, celles concernant les autres. Absolument pas en vertu d’une peu crédible remise en question ou d’un profit futur engendré par le recul pris, non, vraiment pas. Je suis satisfait de mon erreur car elle me permet de me tromper sincèrement et intimement, parce qu’elle modèle un faux statut, une fausse méthode. Une fausse vie, aussi.
D’où l’intérêt d’avoir tort : rien ne prouve que j’en apprendrai quelque chose au final et ma route s’en trouvera un peu plus tordue encore, ce qui permet de ne pas voir derrière les virages et d’envisager des pronostics de hors-piste assez réalistes.
Sinon, c’est moins intéressant, évidemment.
S’abuser est une activité passionnante, je ne suis jamais vraiment convaincu de quoi que ce soit puisque tout acquis peut être soit le fruit d’un constat tendant vers l’objectivité, soit celui de mon auto-conditionnement, dans des proportions à peu près égales. C’est l’aventure.
Mes extrapolations mènent toutes à Nihil City, par le large périphérique de ce qui est devenu ma conviction, ma voie Appia. Toute volonté émanant de ma personne trouve en conséquence son opposé, à savoir les structures humaines et leurs nombreuses annexes.

Je ne veux pas même exprimer mon ressenti pourtant puissant en regard des péremptoires et tout aussi absurdes individus qui ont pour habitude de propulser leur « Quand on veut, on peut » et leur « Il suffit de s’en donner la peine pour réussir » aux quatre vents. Les adages populaires, à l’image de leurs auteurs ou de toute autre entité, sont inaptes à faire permuter ce qui est ancré en chacune de mes initiatives : le goût de l’échec, comme la fin d’une bière avant le saut final dans la corbeille.
La haine et la déconsidération chronique ont la peur pour origine, beaucoup le savent et y trouvent la justification de certains actes et idéologies extérieures, actuelles ou passées. A défaut de l’avoir vécu. L’appréhension de l’Homme est envers l’existence la moindre des politesses et malgré ma bienséance foireuse et bancale, en l’occasion, j’y adhère complètement.
La confiance est une anomalie comportementale, un abandon caractérisé qui se rappelle généralement à votre bon souvenir qu’elles que soient votre expérience et votre capacité à la relativisation. Ayez peur et sombrez. Ou faîtes le choix de la témérité face à un adversaire qui n’attend que ça pour vous réduire plus encore. Il n’y a d’autres alternatives.

L’absurdité, et plus globalement le non-sens, est une épaule utile : elle absorbe les incompréhensions même si elle manque cruellement de conversation. Je l’ai intégrée à mon mode de réflexion comme d’autres se dirigent par réflexe vers la cafetière, le matin. Moi, je bois de la bière au réveil. A quinze heures trente. D’où la différence de posture.
Je prescris des assurances-incendie annuelles pour des studios dans lesquels je vis deux mois par rapport auxquels les dentistes de propriétaires pensent pouvoir m’escroquer en espérant que cette fois encore j’oublierai, je compte sur des physionomistes de boîtes pour me trouver des emplois où je ne persévèrerai pas, j’essaye de discuter avec des fonctionnaires qui n’ont aucune idée de ce que je peux représenter, j’entretiens l’espoir morne de faire publier des textes par l’intermédiaire d’éditions wallonnes souterraines voire de localisation indéterminée, j’oublie l’anniversaire de ma dulcinée alors qu’elle a précisé cet évènement notable la veille et j’écrase mes clopes sur des emballages de piles en pack de huit.
Je n’ai rien à prouver.
Je regarde autour de moi et j’écris ce que je vois.
Comme je l’ai toujours fait.

J’aime ce que je conçois, une sorte de tendresse apaisée et rassurante que j’entretiens pour ce que je fais exister de mes mains : des images, des idées, des icônes. Elles trouvent preneurs en toute occasion et en tout lieu, elles aussi sont foireuses et bancales mais elles sont moi, en partie du moins. Moi est très important. Je ne cesse de le souligner pour éviter que les autres l’oublient, l’humain étant très tête-en-l’air.
Mes idéaux sont clairs : j’offre un univers au parallélisme flagrant tout en créant la scission, en retour je m’octroie la jouissance et l’autosatisfaction. L’alimentation de mon côté foireux et bancal aussi, une batterie constante et durable, capable de traverser plusieurs systèmes solaires si fixée sur une sonde oblitérée de l’ultime lettre grecque.
La continuité se charge du restant, des aléas, des soubresauts de joie factice, des spasmes chrétiens latents, des nihilismes divers. Du vide et du relief.

Et malgré tout cela, malgré mon incertitude et ma fébrilité, vous pouvez me croire sur parole, je n’échangerais ma place pour rien au monde. On s’habitue à tout, principalement lorsque tout provient de soi et que l’on se considère à hauteur de la perception de sa propre valeur.
C'est-à-dire comme tout le monde.
Et c’est tout à fait désespérant.

 
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Glaüx

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Re:Tri sélectif : Omega-17
« Réponse #12 le: juin 10, 2007, 23:47:24 »
Stabilocock.


Je ne m'en lasse pas, et de ce fait je crois que je vais commenter chaque texte.


STABILOCOCK

fifi

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Re:Tri sélectif : Omega-17
« Réponse #13 le: juin 11, 2007, 08:50:24 »
faut avoir du temps à perdre, vraiment.
sans l'épreuve d'un libre examen il n'est possible ni de penser ni de former des opinions.
Kant

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Re:Tri sélectif : Omega-17
« Réponse #14 le: juin 12, 2007, 16:49:38 »
Pénétration intime du Rien
Posté le 01/03/2007
par Omega-17


Je vais avoir vingt-deux ans et j’écris ce que je vois.

Cette vision n’est pas servie sur un plateau, elle nécessite une dévotion à la structure et aux évolutions des éléments ambiants, aux contradictions entre sa propre quête et ses entreprises de fouille, à l’inexistence de palliatifs efficaces contre son interne déception. Rien ne se déploie plus sûrement et ne s’ancre avec plus de conviction au centre de l’homme néo-réaliste que la certitude de l’omniscience du vide à travers ses démarches laborieuses vers le sens absent. Une absence qui n’en est, réellement et par jeu d’observations simples, pas une à proprement parler car elle entendrait le non-fait actuel d’une présence anciennement acquise ce qui, de manière très désagréable à admettre tout d’abord puis devenant par récurrence bien plus convenu, n’est que le fruit d’un espoir et par extension d’une croyance, complètement vain.

Non, les gens ne savent pas tout cela.


Chroniques du vide / Phase initiatique


Votre bermuda jaune à rayures bleu-marine et vos bretelles multicolores sitôt enfilés, vous trottez à la main de maman jusqu’au portail de l’école maternelle : vous n’avez plus peur de quitter la maison, bien au contraire, cet endroit et ses occupants vous sont déjà très pénibles. A présent, ce sont vos semblables approchant le mètre qui sont l’objet de votre appréhension. Qui sont ces gens… ? Ces êtres répugnants et débiles qui hurlent en jetant des morceaux de pâte à sel sur les toboggans ? Qui pleurent accroupis dans un coin, la bave au menton ? Qui rongent les pieds des tabourets en plastique en tournant sur eux-mêmes ?
Il y a bien lieu d’être inquiet, en effet.
On trouve ici des toilettes pour deux catégories d’individus : certaines sont réservées aux filles. On reconnaît aisément les adhérents de cette caste moins bruyante de l’humanité à la longueur de leurs cheveux. L’essentiel est là, le reste viendra plus tard.
Concernant leurs attributs et plus particulièrement leur silencieuse posture, ainsi qu’un certain lot de comportements médiocres auxquels vous n’avez pas encore été confronté.
Pour l’heure, vous avez d’autres ennuis. Moins existentiels mais tout de même bien fâcheux, proportions gardées en rapport à votre envergure. Lors de la récréation de l’après-midi, votre goûter au fromage blanc est tombé sur le goudron caillouteux. Vous avez d’abord constaté l’incident d’un air foncièrement attristé et pris note de la désolation qu’il pouvait opérer en vous, esprit fragile et battu aux vents des immensités organiques s’agitant sans raison apparente. Toucher cette chose flasque altérée par l’immondice noire que foulent sans vergogne les gens de ce monde fait brûler intensément tous vos feux de détresse. Vous pleurez maintenant. Vous n’avez aucun autre moyen d’exprimer votre frayeur en regard de ce ressenti étranger.
Vous ne mangerez probablement plus rien de ce genre puisque cette nourriture est souillée par ce que vous ne supportez déjà plus. Vous condamnerez ceux qui s’en rendront coupables.
Autour des jeux en plein air, vous divaguez lentement.
Vous commencez à pénétrer les notions de vide et d’inexistence. Et à vous y investir.
Suite à une altercation sans fondements et dont vous semblez être tout à fait étranger, un de ces êtres se propulse brutalement de ses membres beiges en votre direction. Il n’a pas la même pigmentation que vous. Ca ne vous effraie pas énormément et vous n’avez pas encore remarqué que ce symptôme dermatologique n’était pas sans rapport avec certains agissements, vous n’avez pas plus d’explications à ce sujet pour l’instant. Vous n’en obtiendrez pas de sa part d’ailleurs car il a choisi de vous mordre profondément la main, juste entre le pouce et l’index. Satisfait, il continue sa course-poursuite, son faciès simiesque déformé par ce qui semblerait s’assimiler à de la folie mais que vous apprendrez dans quelques temps à nommer décérébration. A nouveau, vous pleurez.
Il s’appelle Mourad, c’est un arabe : vous vous en souviendrez.
Bien plus longtemps que vous ne pouvez le croire à l’instant.
Vous comprenez que ces situations sont insupportables et un sentiment viscéral vous souffle qu’elles sont coutumières en ce monde et non accidentelles, comme vous le pensiez. Il y a bien trop d’humains, trop de cris et trop de ce vide général inqualifiable que vous sentez prendre une place envahissante dans votre cerveau. Vous ne savez pas que vous n’êtes encore qu’aux tout premiers et timides élancements de votre souffrance à venir.
Rien ne pourra plus vous séparer de cette vague gigantesque de malheur et de peine sans limites. Ni argent, ni gloire, ni femmes, ni réalisation de ce qui n’est pas encore consciemment votre destin ne sauront annihiler ce mal dont vous venez de faire la connaissance.
D’ores et déjà, vous aimeriez naïvement le réduire par la violence physique. Vous n’en avez pas vraiment les moyens techniques et votre peur revient alors vous rappeler à ce qui sera pour toujours votre condition. La frustration due à cette impuissance que vous considérez en ce moment comme une malédiction abaissante et cruelle sera votre planche de salut.
Elle vous apprendra en premier lieu la haine sourde et profonde, un élément indissociable de toute considération première de l’être humain. De manière plus élaborée et indiscutablement plus efficace, elle se chargera ensuite de vous inculquer les différents cheminements et applications du mépris. Celui-ci prendra une place particulière dans votre arsenal de lutte contre ceux qui refusent votre conception du monde, lui préférant la leur, plus apte à les combler par son non-sens justement.
Dans le même temps, vous aurez globalement admis qu’il existe des formes magistralement plus viles et concluantes de mener votre croisade que par les poings, arme dérisoire et tellement éphémère.
Face à l’incompréhension du genre humain pour ce que vous représentez, vous venez de poser la pierre initiale de l’édifice de votre vie.
Les bases sont là, reste à développer.


Chroniques du vide / Phase d’approche


Vous avez grandi. Mais vous n’êtes pas grand. Pas encore.
Les déboires de première enfance ont servi de prémices, l’absurdité des motivations vous a atteint, étayant peu à peu vos hypothèses, développant vos réflexions, affirmant votre positionnement. Vous êtes enclin au questionnement et il n’y a rien de surprenant en cela : vos fondements sont divergents de la majorité. Certains ont beau tenter de vous dissuader de cette certitude, leurs arguments manquent d’impact pour être satisfaisants, comme vous le pressentiez.
Vous rencontrerez par la suite des individus plus convaincants, ils feront office de test d’aptitude car leur perspicacité supérieure à la moyenne pourra brièvement remettre en question ce que vous pensiez être irrémédiable. Des sursauts d’hésitation liés à la part de votre volonté à vous défaire du poids de cette infirmité sociale. A savoir l’observation et l’étude du néant humain par la peur.
Vous ne mangez plus l’après-midi cependant l’humanité vous côtoie toujours, pas à pas, sur le bitume sale. Cela vous rend nerveux parfois, la torture que vous vous infligez prend un tournant décisif.
Les rêveries tourmentées ont laissé place à une évolution notable : vous déployez l’introspection.
Votre relation à l’autre devient largement altérée par la méfiance malgré un besoin d’appartenance auquel vous n’avez pas tout à fait renoncé et pourtant, le regret commence à vous être suspect. La liberté, elle, s’en voit désincarnée. Un idéal que vous continuez quand même à chérir, pour un temps.
Ces affres versant dans la contradiction seront temporaires, comme vous vous en doutez déjà. D’autres les remplaceront, plus omniprésentes, plus terrifiantes.
La misanthropie inhérente à ce que vous devenez produit également ses effets : alors que la biologie sonne le temps des amours d’apparat, vous cultivez patiemment le jardin à la française où vos semis d’orties et de ronces croissent depuis le bulbe de votre touchante et désordonnée insurrection, invisibles et impatients de jaillir à la face du monde, se voulant plus hostiles que leurs concurrents car issus d’une matrice plus élaborée.
Le résultat sera bien à la hauteur de vos espérances et plus encore.
Vous explorez les diverses modalités des faces obscures, l’expérience de la trahison, l’analyse de l’hypocrisie et la prise de contact avec des entités nobles telles que la cruauté ou l’égoïsme vous surprend mais ne vous laisse absolument pas indifférent.
Elle sera excessivement profitable car formatrice de l’homme hagard, incroyant de ses frères, individualiste et affranchi de certaines sangsues d’éthique grandement manipulatrices.
Actuellement, vous emmagasinez ces états de fait enrichis d’exemples, tels des flasques d’alcool dans les poches d’un imper surdimensionné : vous n’êtes pas sûr de grand-chose, mis à part de votre mode de pensée hostile aux convenances.
Tout ceci est en train de prendre forme et surgira le moment venu.
Les psychotropes alimentent chez vous une passion rapide mais dense qui vous semble sur le coup représenter un engagement total et inconditionnel, les ennuis d’ordre purement moraux et législatifs qui s’y greffent ne vous atteignent que très partiellement, à l’image du reste.
Vous garderez de cet épisode le seul compagnon fiable, le moins décevant : l’élément éthylique, son histoire, son potentiel, sa pérennité dans le mouvement. Là encore, vous ne reviendrez plus sur cette acceptation, votre confiance en ce concept très précis ne trouvera que de très rares failles dont la responsabilité échoira de nouveau à des incursions de spasmes, s’en dégager de manière absolue étant pure utopie.
La xénophobie élargie à l’ensemble de la planète à quelques exceptions près dont vous êtes, à votre niveau, un porteur non négligeable trouve dans l’histoire du siècle un écho majeur, la répulsion de la majorité, encore elle, à l’égard de ces évènements ne fait qu’exacerber votre intérêt dévorant pour cet autrichien spolié, marginal et finalement devenu un des hommes marquants au sein des archives mondiales du refus intolérant des valeurs vénérées par l’ensemble.
Plus tard, vous serez davantage critique à propos de cette passion, plus réaliste aussi. Non moins convaincu par la légitimité de l’idéologie sectaire et de l’indifférence, au mieux, de ce qui ne vous ressemblera pas. Vous acquerrez le statut de contempteur lucide, celui auquel vous aspiriez tant.
Vous marchez auprès de l’humiliation.
La dissociation aura tôt fait de s’immiscer en son antre avant de l’en expulser.
Vous avez déjà entamé le point de non-retour car votre choix a été celui de renier.
Cette décision salutaire vient d’entériner en bonne partie la nature de la suite des évènements. Ce qui vous attend échappe toujours à votre perception. Plus pour longtemps.
Vous connaissez le prix de votre dévotion au vide, à présent : il est celui de la solitude.
Le flottement et vingt-six entités pures en seront les porte-paroles.
Vous commencez à comprendre qu’il y a peut-être quelque chose de plus absolu que vous ne l’imaginiez sincèrement derrière vos doutes, votre séparatisme et l’idée puissante bien qu’encore discrète du potentiel qui est le vôtre.
Vous n’avez pas tort : vos défenses se sont organisées, l’édifice est prometteur, l’essentiel de vos forces semble rassemblé bien que vous les trouviez hésitantes et peu aptes au combat. La sérénité relative offerte par vos précédentes épreuves aura, à terme, le dessus sur ces manques d’assurance. Vous avez peur et la peur vous aidera très paradoxalement autant que véritablement à surmonter le restant de votre parcours jusque là en droite ligne de vos objectifs même si cela n’y paraît pas.
Car il vous faut dorénavant vivre.
Le plus pénible se profile et vous le savez.


Chroniques du vide / Phase finale


Le temps ne change pas les choses. Il les fait évoluer parfois ainsi que les gens qui gravitent frénétiquement ou difficilement autour d’elles. Et beaucoup moins souvent que les humains ne peuvent le penser. Rien n’a été créé vraiment mais certaines choses se perdent. Quand elles se transforment, on peut parler de miracles ou d’évènements de classe rarissime.
Vous n’êtes pas rare mais précieux.
La rareté inclurait la qualité de votre statut et bien des personnes de ce monde ont fait le même serment d’allégeance au dénigrement des principes dits fondamentaux. A tel point qu’ils en deviendraient presque majoritaires, s’il fallait les entendre. Vous êtes précieux car votre cheminement, malgré ses faiblesses et ses heurts, n’a pas renoncé à sa continuité.
La conception qui est aujourd’hui vôtre est demeurée monolithique.
Bien loin des préceptes humanistes prônant la diversité de culture et d’opinion, vous avez, avec une abnégation cautionnée par une confiance immatérielle et éthérée en votre intime définition, perforé les strates sociétales pour y chercher l’absence et le succès de cette entreprise n’a d’égal que la profondeur de vos interrogations concernant l’utilité des recommencements puisque vous avez cessé, au prix d’une multitude de démarches inévitablement infructueuses, de vous exprimer en terme de sens. Lui qui est maniement de minables alchimistes, agitant leurs fioles dans l’espoir fou de la découverte d’une formule qui finira par tromper définitivement le monde, le rendra aveugle à l’aberration, lui fera occulter à jamais sa non-condition, sa non-existence.
L’errance est un dommage pour ceux qui vous guettent, impuissants. Elle est un symptôme qui ne dit pas son nom. Celui d’une pathologie qui n’en est pas une non plus. Elle est l’éternité du script au-delà de la vie bien sûr mais surtout au-delà des jugements et de la pensée en elle-même.

Non, les gens ne savent pas tout cela.

 
Trafiquant d'organes
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