Céder au clan des plus agiles et aller au-delà.
Sauvage tu disais vouloir être et tu en es loin.
Dressée jusqu’à l’âme tu marches droit.
Tes yeux aveugles ne voient que la route tracée devant.
Tes yeux aveugles ne voient que le précipice.
Tu avances tu sais que tu tombes en avançant mais tu avances quand même.
Tu avances quand même tu sais que tu tombes mais tu ne vois pas le reste.
Dressée jusqu’à l’âme soulève un peu ta jupe et regarde ces pieds qui ne veulent pas te suivre.
Regarde-les qui reculent.
Plutôt la mort que ce chemin te crient-ils mais tu n’entends pas tes pieds.
Ils s’arment et te font boire.
Comme ils veulent ils te mènent.
Plouf.
Dans le précipice tu
« Plouf »
Demain est un autre demain.
Ce sera pareil et différent tu dis petite prophète de l’évidence.
On a gelé dans nos salons vides.
Il y avait les bruits dehors le béton et les rires des autres.
Cuicuicui.
C’est tout ce qu’il restera de nous cuicuicui.
De ne plus pouvoir manger parler boire de ne plus vivre au fond parce que le refus.
Le refus de ce trou.
Le refus du cœur fermé à toutes les rêveries blafarde vie de merde.
Blafarde vie de rien.
Blafarde quête de gloire.
Là où ivre égal voir.
Voir un peu de lumière sous les ombres et des solutions sous la route.
Et tes pieds t’écoutent tu n’écoutes pas tes pieds.
IVRE.
Cours dans cette direction IVRE et bois encore un peu IVRE et saute pour demain un autre jour.
Sa musique infernale.
Cette musique.
Le son de l’eau dans tes oreilles.
Celle dans ta bouche ton nez tu coules et tu sais nager.
L’air repris te voilà sur le bord d’un rocher.
Ils attendaient Dieu ce sera les pompiers.
Ils attendaient l’autre vie ce sera l’hôpital.
Ils attendaient le pardon ce sera les amis qui t’en veulent.
Ils attendaient quelque chose et ce n’est pas rien.
Car enfin on te voit.
La Zone -
Résumé : "Ils attendaient Dieu ce sera les pompiers". Rien que pour l'avant-dernière strophe, le poème vaut le coup qu'on s'accroche et qu'on se perde dans le labyrinthe des pronoms "je", "tu", "ils". Ou qu'on se perde tout court, c'est selon. Je ne sais pas comment les autres lecteurs interpréteront le texte mais moi, perso, j'en dis que tenter le suicide pour qu'enfin on te voie, c'est un pari risqué.
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= commentaires =
Dallaz, ton univerz impitoyable
Effectivement, John Kennedy ne s'en remettra pas cette fois.
C'est peut être en fait un texte écrit par Jackie O'Nazi dans le cadre de feu la Saint Con.
- Hypothèse 1 : ce texte serait un "vrai" texte suicidaire, au premier degré ; à ce compte-là, petit rappel, les vrais suicidaires n'en font pas des poèmes, ils agissent, c'est ce qui rend la chose atroce et insupportable, c'est ce qui fait qu'on se sent impuissant à vie, et dans moins d'un mois on pourra se souvenir encore un peu plus d'un pote d'ici qui n'a pas écrit un poème, mais qui l'a fait, et refait, jusqu'à y parvenir.
=> conséquence de l'hypothèse 1 : va chier, grosse pute en bois, quand on écrit un truc comme ça c'est qu'on pète dans le luxe émotionnel.
- Hypothèse 2, plus intéressante : ce texte est issu de la volonté de ridiculiser les faux suicidaires, ceux qui écrivent des pöwèmes sur le suicide, d'où sa qualité merdique et son absence totale de structure et de lien, son aspect de dégueulis pas même relu, juste gerbé tel quel et considéré comme suffisant (à tous les sens du terme).
=> conséquence de l'hypothèse 2 : ok, j'apprécie l'intention, mais demeure que le texte est hyper emmerdant, et faut pas se moquer des animaux inférieurs, c'est pas chrétien.
- Hypothèse 3, sortie de la section "De ne plus pouvoir (...) cette musique", où on dirait que commencent quelques intentions rythmiques, quelques déplacements grammaticaux par rapport à la norme, une sorte de double slogan lexical qui casse les phrases, le "blafarde" et le "ivre" : ce texte est un brouillon, avec des possibilités intéressantes, mais pas relu et pas élaboré.
=> conséquence de l'hypothèse 3 : ben, au boulot, putain de feignasse.
Point commun des trois hypothèses : bordel qu'il est chiant, ce texte.
- Hypothèse 4 : le contexte est celui du Pont du Diable, à Saint Guilhem Le Désert, et faut le lire en capslock avec l'accent de l'arrière-pays héraultais.
=> conséquence comme à chaque fois qu'on met tout en capslock avec l'accent de l'arrière-pays héraultais : PUTAIN TROP BIEN CETTE BLAGUE MORT DE RIRE
Ceci n'est pas du tout un appel du pied à Cuddle, CUDDLE REVIENS S4IL TE PLAÏT REVIENS ALLEZ PUT2NG
Hum, si je décrypte de l'hypothèse 1 : anniversaire (triste) de la disparition d'un des Zonards fondateurs, il y a (20) ans ? qui, hasard ou coincidence, signait lui aussi d'un pseudo finissant en "z" au lieu de "s"... ?
C'est le moment d'en faire le cas échéant un texte (ou quoi d'autre) hommage ?
Sinon, pour en revenir au texte ici, moi j'ai bien aimé "plouf" et "cuicuicui", qui venaient, j'ai trouvé, justement apporter une sorte de contrepoint rythmique, d'un ensemble qui, comme je l'ai perçu, se situait d'avantage dans l'hypothèse 2.
Mais le mieux, comme toujours, serait que l'autrice vienne en causer ici, se défendre, nous insulter, etc.
Mais sait-elle seulement que son texte est publié ?
Franchement si j'avais le temps et l'énergie je créerai une boite mail "SAV" et j'enverrai des mails pour dire "trop couette ton texte tout pourrav est publié ! vient te faire démonter et argumenter pourquoi qu'il est pas si tout pourri, car que c'est vous les zonards que vous êtes pas capables de comprendre, bande de nazes".
D'ailleurs, j'ai toujours pas compris le jeu du texte d'hier, et surtout, j'ai pas joué, car j'aime pas jouer, quand y'a rien a gagner.
J'ai aussi deux hypothèses pour le texte d'hier, et autant en parler ici comme ça on pète pas le jeu de l'auteur :
- soit la réponse est HAHAHAHAHAAAN EN FAIT Y EN A PAS, d'où "preuve par 3", et pas 4, que la pensée serait une bouse
- soit l'auteur sait juste pas bien compter les syllabes, ce qui reste toujours possible, et a compté sur un de ses mots de trois syllabes avec un e final non prononcé, ou avec une diérèse non faite, et prouverait alors qu'il pense effectivement comme un gland.
Entre les deux, je suis pour l'hypothèse 1, mais je perdrai jamais une occasion de mépriser et dire du mal de quelqu'un, donc je garde la 2 sous l'aile.
@Glaüx-le-Chouette. "Grosse pute en bois" ?
Sérieusement ? Qui est suffisant : le texte, ou toi ?
Grosse pute en bois est une insulte historique de la Zone, à côté de "pianiste" par exemple, ou de "québécon".
J'ai pas vu où j'aurais dit que le texte était "suffisant". Je comprends donc pas bien ta question.
Si "grosse pute en bois" est une insulte historique de la Zone, alors il serait temps de changer l'Histoire. Ce ne peut pas être en soi un argument.
Ensuite, tu as bien parlé de texte "suffisant", en jouant sur les mots dans une parenthèse. Mais si je n'ai pas été claire dans ma question, je vais être plus directe : c'est toi qui es suffisant.
Ok pour faire avancer l'histoire, le choix de la familiarité zonarde de circonstance était malvenu et patriarcal. Pardon.
Au-delà de ça hésite pas à parler du texte, plutôt que des commentateurs que tu peux pas blairer.
Je le fais peut-être mal, mais j'essaie de le faire, pour ma part.
Au point de me perdre dans mes hypothèses de lecture, en effet.
Ce que je ne peux pas "blairer", c'est une certaine façon de s'adresser aux auteurs.
Quant à parler des textes, attendu que j'en rédige les présentations pour la moitié d'entre eux, je n'ai pas à recevoir de leçon sur ce point.
Bon, Laetitia, c'est la Zone ici ; c'est pas un site de léchage de pieds, c'est un site de critique littéraire à la hache et au burin. Et me reprocher une façon de m'adresser aux auteurs alors que je passe mon temps à m'efforcer de parler des textes et à rejeter la personne de l'auteur en-dehors de ma critique (même quand c'est vraiment pas de la tarte de le faire), c'est révéler que ce qui te pose problème, c'est pas mes critiques, c'est ma personne. Pas de problème avec ça. J'ai pas trop d'estime pour moi-même non plus. Mais dis-le moi dans le forum, pas hors-sujet sous des critiques de textes.
Comme disait Jésus : "Crachez-vous pas dessus mais dedans les uns les autres"
@Glaüx-le-Chouette pour le coup, il y a toujours des signes avant-coureurs d'un suicide. Et avancer que ceux qui se plaignent le plus sont ceux qui ont le moins de chance de se foutre en l'air, c'est des idées reçues, de la bouillie intellectuelle.
Bon après je m'en cogne s'il y a une véritable intention suicidaire. Il y a le 3114 pour ça.
Texte troll à mon sens, ou si ce n'est pas le cas, c'est d'un minable.
Bien sûr, qu'il y a des signes avant-coureurs. Bien sûr, qu'il y a des appels à l'aide.
Mais aucun suicidaire ne se dit "hmmm, cette fois, je vais vraiment me tuer ; vite, prenons la plume ! Je tiens un sujet !".
Aucun suicidaire ne prend le suicide comme motif littéraire, au moment où il approche vraiment de l'acte.
Personne ici n'a parlé de chance de passage à l'acte, je te rends ta bouillie, elle est pas à moi. En revanche je maintiens que prendre le suicide comme motif littéraire, ok si on a 13 ans, j'ai fait ça, on a toutes et tous fait ça, mais après, faut grandir un peu et prendre au sérieux la souffrance des autres. Y a sinon là-dedans une forme de vol, d'appropriation, qui comme engage assez fortement à vomir dans la gueule de celle ou celui qui pratique ça consciemment.
Ceci étant, mon hypothèse préférée (après celle de l'arrière-pays héraultais) reste la 3, celle d'un texte qui est en train de devenir de la musique et de se détacher de son sujet merdique de départ, mais est arrêté sur le bord du chemin pour une raison que j'ignore, et ferait bien de se sortir les doigts.
L'hypothèse 4 est tellement la meilleure, avec la cagole bourrée à la vodka redbull qui tente le saut de l'ange devant ses potes beaufs - qui écoutent du Kendji Girac à donf - et qui se mange le plat de sa vie en se brisant la moitié des côtes.
J'avoue c'est une hypothèse séduisante. Même si dans mon imaginaire bourré de gros clichés, la cagole n'est pas capable d'écrire ce texte (même si c'est pas du Baudelaire)
Sinon le texte est plutôt bon, il y a pas mal de trucs à repêcher (haha). La dissociation marche bien et donne une sensation vaporeuse à la lecture, ça évite les lourdeurs potentielles du sujet. Les images/formules claquent bien et se tiennent les unes après les autres (sauf les cuicuicui dont je n'ai pas compris la symbolique au milieu de tout ça. Les voix humaines sont quelque chose de dérisoire c'est ça ? ou une mouette passe en arrière-plan ? Mais ça fait pas cuicuicui une mouette). J'aime bien aussi le jeu sur la structure et les ruptures de rythme.
Et c'est vrai qu'au final on a l'impression bizarre d'un texte qui évacue presque le sujet principal pour créer un truc sympa de manière autonome.
Glaüx, on ne dit pas pute, mais périprostitutienne.
Pas mal, ce texte. J'ai connu une femme qui s'est brièvement réveillée de son Alzheimer et s'est jetée d'une falaise de 300 mètres. Ça m'a traumatisé. Ça a fait "splat", pas "plouf".
@Glaux Je suis une bouillie sentiente. Quelque part entre Un Dégueulis et le camé à la station essence.
Ca dépend comment tu traites le sujet du suicide aussi. Mais je te l'accorde, certainement pas sous cette forme.